Mulet doré

Liza aurata | (Risso, 1810)

N° 2594

Méditerranée, Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord

Clé d'identification

Tête couverte de grosses écailles qui s'arrêtent au niveau des narines
Lèvre supérieure mince
Tache jaune or caractéristique située sur la partie haute et postérieure des opercules
Tache jaune plus diffuse en arrière de l'œil
Absence de tache noire à la base des pectorales

Noms

Autres noms communs français

Muge doré, daurin, tache jaune, aurin, mulet à tête fine

Noms communs internationaux

Golden mullet, golden grey mullet, long-finned grey mullet (GB), Cefalo dorato (I), Galupe, lisa dorada (E), Goldmeeräshe (D), Cipal zlatac (Croatie), Veshari (Albanie), Goldmulte (Danemark), Guldmulte (Suède), Myxinari (Grèce), Mugil zlotoglowy (Pologne), Tainha (P), Chefal (Roumanie), Altiinbas kefal (Turquie), Singil (Ukraine), Goudharder (Hollande), Gullmulte (Norvège), Kafal talaee (Iran)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Liza auratus (Risso, 1810)
Mugil auratus Risso, 1810
Mugil breviceps Valenciennes, 1836
Mugil cryptocheilos Valenciennes, 1836
Mugil cryptochilus Valenciennes, 1836
Mugil maderensis Lowe, 1839
Mugil octoradiatus Gunther, 1861

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Liza aurata peut être rencontrée en mer du Nord à partir du sud de la Norvège et de la Suède, en Manche, en Atlantique Nord-Est des îles Britanniques au Sénégal, en Méditerranée et en mer Noire. Rare au-delà du golfe de Gascogne, ce mulet est commun en Méditerranée.

Biotope

Le muge doré se tient dans la zone océanique (au-delà du plateau continental) durant la saison froide. Du printemps à l'automne, il regagne les eaux littorales en formant de grands rassemblements : côtes rocheuses, fonds sablonneux et vaseux. Il affectionne particulièrement les zones portuaires et les estuaires (eaux saumâtres) sans toutefois remonter dans les eaux douces.

Description

Le mulet doré Liza aurata montre un corps de section ovale, comprimé latéralement. Il mesure jusqu'à 50 cm de long et communément 30 à 40 cm. Son corps est large, gris argenté et paré de 8 à 9 lignes longitudinales gris sombre à gris brun. Le dos est sombre avec des reflets bleutés. Une tache jaune or caractéristique se situe sur la partie haute et postérieure des opercules. L'absence de tache noire à la base des pectorales différencie Liza aurata de l'espèce très proche Liza ramada.
Le mulet doré peut présenter une autre tache jaune plus diffuse en arrière de l'œil.
Sa tête est légèrement aplatie et couverte de grosses écailles qui s'arrêtent au niveau des narines. Ses yeux, proches du museau, sont partiellement protégés par une paupière adipeuse rudimentaire. Sa bouche est petite et terminale. Sa lèvre supérieure est fine par rapport aux autres espèces de mulets.
Sa première nageoire dorsale est située au milieu du corps, elle est composée de 4 rayons épineux. Sa seconde nageoire dorsale comprend 1 rayon épineux et 7 à 8 rayons mous, elle est pratiquement symétrique avec l'anale qui débute par 2 épines suivies de 7 à 8 rayons souples. Ses pectorales, relativement petites, sont haut placées. Sa caudale est large et échancrée.
Ses écailles sont cycloïdes* (lisses). La ligne latérale* est absente.

Espèces ressemblantes

Il y a, sur les côtes européennes, 5 autres espèces de muges :

Le muge lippu (Chelon labrosus) dont la lèvre supérieure est épaisse et pourvue de 3 à 5 rangées de papilles.

Le muge capiton ou mulet porc (Liza ramada) caractérisé par ses petites écailles et une tache noire à la base des pectorales.

Le muge sauteur (Liza saliens) sa lèvre supérieure est très fine et son corps est plus élancé que celui des autres muges.

Le muge cabot ou mulet à grosse tête (Mugil cephalus) a une grosse tête au museau arrondi et des paupières adipeuses particulièrement épaisses.

Le muge labeon (Oedalechilus labeo) reconnaissable à sa lèvre supérieure épaisse, lisse et surélevée.

La confusion est possible aussi avec le loup ou bar (Dicentrarchus labrax), mais la forme du corps ainsi que l'allure et la position de la bouche sont très différents. Autre critère de distinction pratique : chez le bar, la nageoire latérale est en dessous de la pointe de l'opercule branchial alors que chez le mulet, elle est au-dessus.

Alimentation

Les mulets ont un régime alimentaire très particulier, ils consomment des algues unicellulaires dont des diatomées, ceci explique la très grande longueur de l'intestin des Mugilidés, qui est une caractéristique de cette famille.
Durant la période où le muge doré est sur le littoral (du printemps au début de l'automne), il se nourrit essentiellement en «broutant» la végétation ou la vase pour en retenir les matières organiques dont les diatomées benthiques constituent la majeure partie. Mais les muges sont aussi de redoutables chasseurs, leur puissante caudale leur permet de bonnes accélérations pour capturer aisément athérines et autres petits poissons. Lorsque le muge doré regagne le large, il n'a que le plancton pélagique pour nourriture, toujours riche en phytoplancton en période hivernale. Pendant la reproduction, il cesse de se nourrir.

Reproduction - Multiplication

Espèce gonochorique* (sexes séparés). La reproduction a lieu de septembre à novembre, lorsque les muges repartent vers le large en grands rassemblements. Il est alors possible de les observer près de la surface. Les œufs (150 000 à 2 000 000 !) sont pélagiques*.

Vie associée

Dans les bancs de muges, il n'est pas rare de voir quelques loups de taille sensiblement égale, toutefois assez faciles à distinguer malgré une silhouette proche.

Divers biologie

Les muges ont la particularité de posséder un gésier, fait assez rare chez les poissons. Le gésier est une extension de l'estomac dont le rôle est de broyer des fragments d'aliments de consistance dure. Le muge a une dentition réduite et assez reculée dans la gorge, elle est dite «pharyngienne». C'est une caractéristique des animaux herbivores ou détritivores, sachant que les muges ingèrent beaucoup de vase, mais peuvent aussi happer quelques petits poissons, d'où l'importance du gésier.

Les mulets sont des poissons méfiants et relativement difficiles à approcher en plongée.

Informations complémentaires

La famille des Mugilidés, au niveau de l'ensemble des mers, est riche de 17 genres avec une centaine espèces. Des représentants fossiles sont identifiés depuis le Priabonien, période qui appartient à l'Eocène et qui remonte à -35 millions d'années.

Du point de vue culinaire les mulets ont souvent, à tort, mauvaise réputation. Tous les mulets sont pêchés et commercialisés, le mulet doré est le plus apprécié, sa chair est fine. L'élevage de cette espèce est également pratiqué (Mugiliculture).

La poutargue (ou boutargue) :

Appelée aussi « caviar de Méditerranée », c'est la double poche d'œufs de la femelle muge que l'on nomme ici le "poutarguier", qui subit une préparation particulière. Dès les poissons pêchés, les poches (ovaires entiers) sont extraites, les veines enlevées, les œufs vidés de leur sang puis les poches sont placées dans du gros sel pendant 6 à 8 heures avant d'être rincées et mises à sécher entre deux planches au soleil durant 2 à 3 jours. Ces planches sont lestées par des poids afin d'aplatir légèrement les deux poches d'œufs. Elles sont tournées toutes les douze heures jusqu'à ce qu'elles soient bien sèches. Elles sont ensuite pendues quelques jours avant d'être consommées, soit protégées par une couche de cire ou mises sous vide pour être commercialisées.

A l'origine, spécialité de la communauté juive, la poutargue, ou plutôt «boutargue» (de Batarkha en arabe, nom qui a été déformé à l'endroit même où c'en est la spécialité, à Martigues), est devenue un produit transformé et commercialisé sur tout le pourtour méditerranéen, notamment en Provence (Martigues), en Corse (Bastia), en Italie (sous le nom de "botargua"), en Tunisie... Actuellement il en est fabriqué en grandes quantités sur les côtes ouest africaines, en particulier en Mauritanie.
Les principaux marchés de revente sont la France, l'Italie mais aussi les Etats-Unis. En Mauritanie, les œufs transformés sont achetés 15 € le kilo aux pêcheurs, 25 € aux grossistes et finissent à plus de 100 € sur les étals (ordre de grandeur en 2004).

A Martigues, capitale provençale du "caviar de Méditerranée", la saison de pêche commence fin mai et se termine en août. Les mulets sont pêchés dans le canal de Caronte entre l'étang de Berre et la mer à l'aide du "calen", un simple filet droit qui barre le canal et qui est remonté à intervalles réguliers (voir photo). En Corse et notamment à Bastia on réalise aussi la poutargue à partir des œufs de mulets et c'est une des spécialités bastiaises (mulets pêchés au filet dans l'étang de Biguglia).

Qui sont les poutarguiers ? Plusieurs espèces de muges sont concernées selon les régions (Afrique du Nord, Mauritanie…) et surtout leurs périodes de reproduction et de migrations. Parmi ces espèces, on retrouve entre autres Liza aurata, Mugil cephalus, Mugil capurrii, Chelon labrosus. D'autres espèces sont également utilisées pour faire de la poutargue comme le loup (bar) par exemple.

Réglementation

Taille minimale autorisée pour la pêche : 20 cm (variable selon les régions).

Origine des noms

Origine du nom français

Muge : vient de mugil et désigne un poisson de mer à tête obtuse et à deux petites nageoires sur le dos.
Mulet : du latin [mullus] qui dérive du grec [mullos] et qui désigne dans les deux cas un poisson de mer dont les rougets et les mulets ou muges font partie.
doré : en raison des taches jaune doré qui le caractérisent.

Origine du nom scientifique

Liza : Jordan & Swain ont créé ce nom de genre en 1884 aux USA. Ils précisent, à l'époque, que les espèces américaines sont des Mugil et que celles de l'ancien monde sont des Liza. Ce nom de "Liza" a été choisi car il était communément utilisé dans le monde hispanique pour désigner les différents mulets.

aurata vient du provençal et signifie « doré », ceci en rapport avec la tache jaune operculaire. On retrouve ce nom chez d'autres animaux présentant une marque ou une coloration dorée : Sparus aurata, Gobius auratus, ...

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Famille Mugilidae Mugilidés 17 genres, environ 80 espèces. Écailles cycloïdes*, corps puissant, tête large, deux dorsales dont la 1ère épineuse. Intestin extrêmement long, de 24 à 26 vertèbres.
Genre Liza
Espèce aurata

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