Godiva quadricolore

Godiva quadricolor | (Barnard, 1927)

N° 4306

Indo-Pacifique, Méditerranée

Clé d'identification

Nudibranche pouvant atteindre 5 cm
Couleur orangée avec 2 lignes blanches allant des palpes labiaux jusqu'à la base des rhinophores
5 bouquets de cérates colorés (orange, bleu, violet, jaune) avec une pointe jaune vif
Palpes labiaux nettement plus grands que les rhinophores
Queue bleue, effilée, dépourvue de cérates

Noms

Autres noms communs français

Godive (ou godiva) à quatre couleurs

Noms communs internationaux

Four-colour nudibranch (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Hervia quadricolor Barnard, 1927

Distribution géographique

Indo-Pacifique, Méditerranée

Zones DORIS : Indo-Pacifique, Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Dans le bassin indo-pacifique, cette espèce a été identifiée en Afrique du Sud puis dans les zones centrales (Singapour, Philippines, Australie, Fidji...) et ouest (Hawaï). L'espèce est signalée en Nouvelle-Calédonie.
Dans l'Atlantique Est, elle est citée sur les côtes marocaines,
On la rencontre en Méditerranée occidentale (Italie, Espagne...). En France, il y a plusieurs signalements photographiques de plongeurs indiquant une présence dans l'étang de Thau (34).
On peut la considérer comme une espèce introduite, que ce soit en Méditerranée comme en Nouvelle-Calédonie.

Cette espèce fait partie de celles pour lesquelles l'arrivée sur nos côtes métropolitaines a été signalée par des amateurs avant de l'être par des scientifiques !

Biotope

On trouve la godiva quadricolore principalement sur les fonds des lagunes saumâtres, sur des herbiers de zostères ou sur la roche, généralement entre 1 et 20 m de profondeur.

Description

Cet éolidien peut généralement atteindre jusqu'à 5 cm de longueur voire davantage (un spécimen d'au moins 7 cm a été observé lors d'une plongée dans l'étang de Thau). Son corps est mince et se termine de manière effilée et il est couvert de cérates* répartis de chaque côté, en 5 bouquets. Ces cérates sont longs et présentent plusieurs couleurs, allant de l'orange au violet, en passant par le bleu, et se terminent par une pointe jaune vif. Chaque bouquet contient un nombre différent de cérates, le 1er entre 30 à 40 cérates, le deuxième environ 30, le troisième environ 25, le quatrième environ 20 et le cinquième entre 12 et 15. A noter que les cérates se trouvant vers l'extérieur sont plus courts que ceux qui se trouvent vers l'intérieur.
La tête de la godiva quadricolore est de couleur orange pâle avec 2 lignes blanches latérales allant des palpes labiaux à la base des rhinophores*. Les tentacules* et les rhinophores ont la même couleur que la tête avec les extrémités jaune soufre. Les rhinophores sont minces, légèrement ridés au repos mais annelés lorsqu'ils sont contractés.
Sa queue est bleue, effilée, dépourvue de cérates et longue (elle peut faire le tiers de la taille totale de l'animal).
Les palpes labiaux (buccaux) représentent plus de deux fois la longueur des rhinophores et sont de couleur orange avec une pointe jaune vif.

Espèces ressemblantes

Dondice banyulensis est présente dans la zone Méditerranée occidentale. Elle est de taille équivalente à la Godiva quadricolor mais ses cérates, moins colorés globalement (pas de violet ni de bleu sombre...) ont une pointe orange vif

Godiva rachelae est présente dans la zone Pacifique indo-occidentale. Elle diffère principalement de la Godiva quadricolor par la couleur de ses cérates qui est orange sur les deux tiers inférieurs et ceux-ci sont transparents sur leur tiers supérieur.

Hermissendra crassicornis (Eschscholtz, 1831) est présente dans le nord du Pacifique. Elle ne présente sur la tête qu'une ligne médiane jaune à orange vif.

Facelina quatrefagesi est présente en Méditerranée. Ces cérates sont bien plus courts et ses rhinophores bien plus lamellés.

Flabellina lineata est présente en Méditerranée. Ces cérates sont de teinte plus uniforme : rouge-orangé à brune. Une ligne blanche parcourt chacun de ses tentacules buccaux.

Alimentation

La godiva quadricolore se nourrit de polypes* d'hydraires ou de bryozoaires.
Le Dr Terry Gosliner, spécialiste des Opisthobranches, a également reporté que c'est une prédatrice vorace consommant d'autres Nudibranches !
Des prises de vues jointes ici et réalisées dans l'étang de Thau semblent montrer qu'elle peut consommer des anémones de mer.

Reproduction - Multiplication

Comme les autres Nudibranches, cette espèce est hermaphrodite* et pratique la reproduction sexuée.
Les œufs sont blancs, la ponte formant un cordon mince et disposé de façon circulaire, replié en spirale et en zigzag.

Divers biologie

Lorsqu'elle est agressée, la godiva quadricolore dresse brutalement ses cérates comme les piquants d'un hérisson. Cela lui permet de paraître plus grosse au yeux de ses prédateurs mais aussi de se protéger grâce aux cnidocystes* stockés dans les cnidosacs* situés au bout de ses cérates, rendant ainsi l'animal urticant.

Chez les éolidiens, les cérates contiennent un diverticule de l'appareil digestif et l'alimentation en détermine la couleur.

Origine des noms

Origine du nom français

Godiva quadricolore : traduction française du nom scientifique Godiva quadricolor.

Origine du nom scientifique

Godiva n'est pas une racine latine ni grecque. Le genre Godiva a été créé par Macnae en 1954 en référence à la longue chevelure rousse de Lady Godiva (plus de détails dans la fiche Dondice banyulensis).

Quadricolor : du latin [quattro] = quatre et [color] = couleur.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Aeolidiina Eolidiens Corps long et effilé portant des cérates simples, alignés ou non sur plusieurs rangées ou en bouquets. Tête avec deux paires de tentacules, la postérieure (rhinophores) sans gaine. Coins antérieurs du pied parfois effilés en tentacule. La majorité consomme des cnidaires mais certains mangent d’autres opisthobranches ou des œufs de poissons.
Famille Facelinidae Facelinidés Eolidiens au corps grêle, aux cérates groupés en faisceaux, sans pédoncule. En général tentacules pédieux, rhinophores à lamelles ou annelés.
Genre Godiva
Espèce quadricolor

Nos partenaires