Gobie à grosse tête

Gobius cobitis | Pallas, 1814

N° 1599

Manche, Atlantique et Méditerranée

Clé d'identification

Corps massif avec robe mimétique, de coloration variable
Tête large et épaisse (le plus grand gobie de Méditerranée)
Grosses lèvres, bouche légèrement oblique
Yeux en saillie, très hauts et très petits en proportion du corps
Deux nageoires dorsales, la première plus courte que la seconde
Pectorales larges et rondes avec rayons supérieurs totalement libres
Ventouse au niveau de la membrane pelvienne

Noms

Autres noms communs français

Gobie céphalote

Noms communs internationaux

Giant goby (GB), Ghiozzo testone, ghiozzo di buca (I), Cabot de roca, gobio de roca, ruc de roca, gobio gigante (E), Riesengrundel (D), Reuzengrondel (NL), Hlaváč velký (Tch)

Distribution géographique

Manche, Atlantique et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Gobius cobitis est une espèce assez commune en Méditerranée, mer Noire et mer de Marmara.
On le soupçonne d'évoluer vers le canal de Suez et de migrer vers la partie nord de la mer Rouge.
En Atlantique Est : on le trouve depuis les côtes de Mauritanie à la Grande-Bretagne et l'Irlande (côtes sud-ouest, de Wenbury aux îles Scilly) comme en Manche.

Biotope

Le gobie à grosse tête fréquente en sédentaire de petits fonds de la zone intertidale* ; il se rencontre à partir de quelques centimètres sous la surface jusqu'à une profondeur de 10 m environ (il pourrait néanmoins se rencontrer jusqu'à une quarantaine de mètres).
Ce poisson benthique* apprécie les fonds rocheux et les champs de blocs exposés au retournement. S'il aime pouvoir se dissimuler dans les anfractuosités, il ne dédaigne pas la présence des fonds sableux.

Les juvéniles préfèrent les lagunes côtières.

Description

Le gobie à grosse tête possède de fortes mâchoires, très puissantes. Il atteint communément une taille de vingt à vingt-cinq centimètres (avec un maximum de 27 cm) et pèse jusqu'à 300 g. Son corps est de forme subcylindrique, sa "nuque" couverte d'écailles. Ses yeux, modestes au regard du corps, se trouvent assez haut et en saillie.
Sa robe est sujette à des variations de couleurs, variant du noir au brun (alternant notamment entre les phases de chasse et de repos). Aux marbrures sombres se superposent des zones plus claires.

Nageoires :
La première dorsale courte, subtriangulaire, possède six rayons et la seconde dorsale en comprend douze à quatorze.
Les pectorales larges et rondes, avec rayons supérieurs totalement libres, forment une touffe crinoïde.
La nageoire pelvienne unique (en fait, il s'agit d'une paire réunie) est en forme de ventouse (de faible pouvoir d'adhérence), avec huit rayons.
La nageoire anale comprend douze rayons et la caudale de seize à dix-huit.

Espèces ressemblantes

Le risque de confusion le plus important réside avec Gobius paganellus (gobie paganel), qui présente une bordure colorée, de couleur crème ou orangée, bien visible sur la première nageoire dorsale.

G. geniporus Valenciennes, 1837 (Gobie à joues poreuses)
Ce gobie peut être confondu avec d'autres gobies à dominante beige vivant sur les fonds meubles. Il se distingue par une tache sombre sous l'œil et des rangées de papilles foncées au-dessus de la tête (critères distinctifs pas toujours perceptibles). Les joues sont criblées de nombreux pores.
Il mesure de 14 à 16 cm et fréquente davantage les fonds de sables et de graviers que G. cobitis.

G. niger Linnaeus, 1758 (Gobie noir)
Il se différencie principalement par sa taille (15 à 20 cm) et par sa première nageoire dorsale très développée. Coloration marbrée. Le mâle reproducteur est très sombre. G. niger vit principalement en eaux saumâtres et polluées tel qu'en estuaires, ports, chenaux ou lagunes.

G. ater
Bellotti, 1888 (Gobie de Bellotti)
Espèce de Méditerranée assez peu courante qui montre une fine bordure claire sur la première dorsale et ne dépasse pas 7 cm ; ce poisson fréquente plutôt les lagunes et les herbiers.

G. incognitus (Kovacic & Sanda, 2016) (Gobie moucheté)
Encore un petit poisson (10 cm maximum), avec une livrée assez claire, beige à gris sur le dos et légèrement jaunâtre en bas des flancs ; l'ensemble du corps est piqueté de noir. Des lignes sombres "traversent" chaque œil et se rejoignent sur le museau pour dessiner un "V" caractéristique.

Zosterisessor ophiocephalus possède généralement une barre oblique de couleur sombre au-dessous de l'œil, au contact de la joue, et une tache noire sur le pédoncule caudal.

Alimentation

Gobius cobitis consomme des arapèdes (Patella sp.), des amphipodes, des crabes : des coquilles sont fréquemment trouvées dans son estomac.
Ce poisson chasse également ses proies à l'affût, qu'il peut débusquer dans des trous refuges.
Il se nourrit également d'algues vertes (Enteromorpha), et de vers polychètes.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont nettement séparés chez le gobie à grosse tête. La livrée des mâles, en période de reproduction, est plus sombre que celle des femelles. Un comportement social prévaut à cette période, généralement entre mars et juin voire juillet (selon température de l'eau, avec variations sectorielles possibles ; ex : mars à mai sur Naples, mai à juillet en mer Noire) lors de la formation des couples. Pour que la femelle puisse frayer tranquillement et assurer la protection des œufs, le mâle construit un nid fait de pierres et de coquillages, voire d'autres matériaux.

Des hybridations seraient possible avec G. paganellus.

La reproduction ne peut normalement avoir lieu en milieu saumâtre ni en eau douce.
Après éclosion, les larves* planctoniques* nagent librement en surface.
Sa durée de vie est estimée à une dizaine d'années.

Vie associée

Gobius cobitis apprécie le voisinage de Anemonia viridis, peut-être pour mieux se protéger.
Parasite connu : Haliotrema cupensis (au niveau de l'arc branchial, préférentiellement).

Divers biologie

Le gobie à grosse tête est une espèce démersale* qui supporte donc une variation de milieu assez large, étant observable en estuaire et même en cuvette d'eau douce avec une amplitude de températures assez large et, en parallèle, une saturation en oxygène faible ou importante. Il possède certaines capacités amphibies.

Assez craintif, Gobius cobitis peut faire l'objet d'une approche facile, pour peu que l'on évite les gestes brusques.

Informations complémentaires

Aristote semble bien être le premier à s'être intéressé à ce poisson.

Origine des noms

Origine du nom français

La largeur de sa tête dépasse sa hauteur.

Origine du nom scientifique

Gobius, du latin [gobio], du grec [kobios], pour Aristote = goujon ; ce nom semblerait assez générique pour les petits poissons.
Linné, en 1758, crée le genre Gobius pour le distinguer de Gobio, celui du goujon précisément.

cobitis, de [cobitis] = gobitus = gobio

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Gobioidei Gobioïdes
Famille Gobiidae Gobiidés
Genre Gobius
Espèce cobitis

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