Dromie

Dromia personata | (Linnaeus, 1758)

N° 333

Méditerranée, Atlantique

Clé d'identification

Crabe arrondi à trapu, plus large que long, bombé
Pattes velues, brunes à pourpres sauf aux extrémités rose clair et lisses
Espèce nocturne
Crabe portant sur son dos éponges et colonies de tuniciers, maintenues grâce à ses pattes arrières

Noms

Autres noms communs français

Dromie velue, crabe-béret basque, crabe lanigère, crabe-pierre, crabe dormeur, crabe-éponge, crabe-nounours,
Noms régionaux : krank-voulouz (Breton), clospoing, crabe à laine, tourlourou (Cotentin), oumigrana durmeiré (Provençal et Languedocien), franquet dormidor de furari (Catalan)

Noms communs internationaux

Sponge crab, Teddy bear crab, sleepy crab (GB) , Granchio facchino, granzo del capotto (I), Dromia, cangrejo dormilón (E), Wollkrabbe (D), Wollkrab, sponskrab (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Dromia vulgaris (H. Milne Edwards, 1837)

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Espèce présente dans toute la Méditerranée, on peut la retrouver également en Atlantique oriental, de la mer du Nord au Sahara occidental (Rio de oro), Açores, Canaries et île de l'Ascension.

Biotope

Ce crabe se retrouve sur les fonds rocheux, dans les cavités et les fentes sous-marines. Espèce d'eaux généralement peu profondes, elle peut s'observer dès la surface mais également jusqu'au-delà de 130 m de profondeur. Une rencontre attestée à 201 m.

Description

Le corps est très arrondi, bombé. Il est plus large que long (sauf chez les très jeunes individus). Ce crabe parait assez trapu et même lourdaud. Sa carapace peut mesurer jusqu'à dix centimètres de large. Dromia personata possède dix pattes (péréiopodes), de diverses fonctions. Corps et pattes sont entièrement velus, duveteux et de couleur brun à pourpre.
Les pinces sont grandes et lourdes, munies également d'un court duvet ras. Seule l'extrémité de ces pinces est rose clair à mauve et lisse.
Les deuxième et troisième paires de pattes sont terminées par une griffe simple et tranchante.
A l'arrière du corps, les quatrième et cinquième paires de pattes sont courtes, également pubescentes (velues) et dirigées vers le haut, ramenées sur le céphalothorax*. Ces dernières pattes sont terminées par de petits crochets, sortes de fausses pinces incomplètes.
Le reste de l'animal est glabre.
Sur le bord frontal de la carapace de l'animal, les deux yeux sont petits mais bien visibles. Entre les yeux, on peut observer deux dents submédianes distinctes et une troisième plus basse et plus petite, moins visible. De chaque côté des yeux, sur le même bord frontal de la carapace, cinq larges dents antérolatérales, espacées entre elles de manière irrégulière.

On rencontre fréquemment cette espèce dissimulée sous un bouclier protecteur. En effet, la dromie se recouvre, pour se camoufler, d'éponges ou de tuniciers coloniaux notamment, qu'elle découpe consciencieusement sur le substrat. Elle porte ces morceaux sur son dos à l'aide de ses quatrième et cinquième paires de pattes postérieures. Les fausses pinces de ces dernières servent à maintenir l'épibionte*. On trouve le nom de "béret" pour ce couvre-chef. Certains de ces organismes épibiontiques recouvrent progressivement toute sa carapace. La technique de camouflage rend la dromie assez mimétique et elle s'en trouve difficilement observable lorsqu'elle reste statique.

Espèces ressemblantes

La taille assez importante des grands individus et leur côté trapu empêche généralement la confusion avec d'autres crabes. Le bout rose des pinces est un bon critère de discrimination.
En Méditerranée, il est donc difficile de confondre la dromie velue avec d'autres espèces.

Il existe toutefois une espèce de la famille Dromidés, originaire de l'ouest africain, Sternodromia spinirostris (Miers, 1881), qui a été signalée dans le golfe de Tarente en Italie (FAO). Si Dromia personata adulte est plus large que longue, Sternodromia spinirostris est aussi longue que large et en cela peut être confondue avec les juvéniles de Dromia personata, respectant souvent ces proportions égales.

Une autre espèce de dromie, Dromia marmorea Forrest, 1974, est présente en Atlantique.

Même si elles recouvrent également leur carapace d'organismes divers, notamment algaux, il est fort difficile de confondre la dromie avec les différentes araignées de mer Maja sp.. La forme des deux animaux n'est pas du tout la même et leur comportement non plus. Seul le mode de camouflage par utilisation d'épibiontes est plus ou moins commun.

Alimentation

Grâce à son camouflage, elle surprend les petits animaux dont elle se nourrit.

Reproduction - Multiplication

Espèce gonochorique*. Reproduction sexuée.

Les orifices génitaux sont situés ventralement, entre les pattes marcheuses. Le mâle doit retourner la femelle sur le dos afin de pouvoir introduire ses stylets copulateurs dans les vulves de sa partenaire. On observe donc une position "ventre à ventre" lors de la copulation.
La question de savoir si les deux protagonistes doivent lâcher leur éponge protectrice (pour des raisons de manipulation du partenaire avec les pattes arrières) reste posée. Jusqu'à un témoignage d'un mâle ET d'une femelle encore couverts.

Diamètre des œufs 0,5 mm. En Bretagne, les pontes ont lieu en juillet et larves rares dans le plancton en août. En Espagne, femelles ovigères* en juillet et en août. Les larves métazoés de l'espèce atteignent un stade presque mysidien.

Vie associée

Ce crabe établit une véritable association symbiotique avec des éponges (telles que Suberites massa) ou des tuniciers (comme Aplidium conicum). Pour cela, il va par exemple découper une éponge à la forme de sa carapace et la fixer sur son dos. Dans ce cas, il va profiter du camouflage du spongiaire ainsi que de sa protection olfactive.
La dromie voit sa carapace progressivement recouverte des divers épibiontes choisis. Ces derniers bénéficient de la mobilité du crabe qui leur confère ainsi une diversité alimentaire plus importante et une meilleure dispersion de leurs gamètes.

Informations complémentaires

La dromie est l'un des crabes les plus primitifs.

Principaux prédateurs de Dromia personata : le poulpe, des étoiles de mer, des poissons carnivores comme le mérou...

Origine des noms

Origine du nom français

Dromie : directement traduit du nom de genre scientifique.

Origine du nom scientifique

Dromia : provient du grec [dromos] = course, eu égard à la vélocité particulière de notre crustacé.
personata
: du latin [personata] = masquée. Allusion directe à son habitude de se camoufler avec un morceau d'éponge.
On pourrait donc traduire le nom scientifique de l'animal par "coureuse masquée".

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Arthropoda Arthropodes Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette.
Sous-embranchement Crustacea Crustacés Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes.
Classe Malacostraca Malacostracés 8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen.
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax.
Super ordre Eucarida Eucarides Présence d'un rostre.
Ordre Decapoda Décapodes La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises).
Sous-ordre Brachyura Brachyoures Les brachyoures ont un abdomen réduit replié sous le céphalothorax. Ils sont représentés par les crabes et les araignées de mer.
Famille Dromiidae Dromiidés
Genre Dromia
Espèce personata

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