Hervia

Cratena peregrina | (Gmelin, 1791)

N° 453

Méditerranée, Atlantique Est

Clé d'identification

Corps blanc
Papilles dorsales organisées en 8 à 10 bouquets
Tête avec deux taches oculaires orangées
Rhinophores orangés
Tentacules buccaux blancs

Noms

Autres noms communs français

Limace pélerine

Noms communs internationaux

Hervia (GB, I, E, D, NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Doris peregrina Gmelin, 1791
Hervia peregrina (Gmelin, 1791)
Rizzolia peregrina Trinchese, 1880
Hervia costai Haefelfinger, 1961

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Tout le bassin méditerranéen, mais aussi l'océan Atlantique Est : Portugal, Espagne, Sénégal, îles Canaries.
De nombreux ouvrages prétendent que l'hervia est une espèce endémique de la Méditerranée.

Biotope

On trouve l'hervia à toutes les profondeurs de mars à octobre, quand les hydraires du genre Eudendrium sont abondants. Ces rencontres se font principalement dans les 10 premiers mètres, de juillet à octobre, quand l’eau est à une température supérieure à 18 °C. Elles se tiennent, sur leurs hydraires, le plus souvent contre des parois rocheuses, dans des eaux claires et bien oxygénées.
En Méditerranée, on les rencontre le plus souvent sur les tombants rocheux du coralligène*.

Description

Cratena peregrina a généralement une taille de 3 cm, mais peut atteindre au maximum 5 cm.
Le corps est d’un blanc laiteux, avec des reflets orangés. Il comporte de multiples excroissances tubulaires orangées teintées de rouge, de brun et de violet (les cérates*) dont les extrémités pointues ont des reflets bleutés. Ces excroissances sont organisées en 8 à 10 bouquets situés transversalement à l’animal, et correspondent à des extensions des glandes digestives. Les reflets orangés du corps sont dus à la couleur des glandes sexuelles et digestives.
Le corps se termine par une longue queue effilée qui ne comporte pas d’appendice et qui représente un tiers de la longueur totale du nudibranche.
La tête, bien marquée, possède :

  • 2 rhinophores* lisses de couleur orange (voire rouge) dans la moitié supérieure,
  • 2 tentacules* buccaux d’un blanc laiteux, sans aucun reflet orange, qui sont environ deux fois plus longs que les rhinophores.
  • 2 taches ‘oculaires’ orange entre la base des rhinophores et des tentacules buccaux.

Il semblerait que la couleur des papilles dorsales soit variable. En revanche, le corps blanc et les taches oculaires orangées permettent à coup sûr de déterminer cette limace.

Espèces ressemblantes

Il n’existe pas d’espèce semblable car sa coloration est caractéristique.

Alimentation

L'hervia se nourrit des polypes d’hydraires particulièrement du genre Eudendrium qu’elle broute à l’aide de sa radula*.

Une publication de 2017 avance que les éolidiens mangeurs d'hydraires se nourriraient également du zooplancton* capturé par les polypes* du cnidaire et choisiraient prioritairement les polypes rassasiés en zooplancton par rapport aux autres polypes. Les auteurs de l'étude ont appelé ce mécanisme, visant à manger un organisme-proie au travers d'un autre organisme primo-prédateur : la kleptoprédation.

Reproduction - Multiplication

La reproduction a lieu de mars à septembre. L’espèce est hermaphrodite* synchrone (elle possède en même temps les gamètes* mâles et femelles) et un accouplement avec un congénère est nécessaire.
Cet accouplement a lieu par accolement des papilles génitales se trouvant sur le côté droit près des rhinophores, qui se conclut par un échange de spermatozoïdes*.
Lors de la ponte, les ovules sont fécondés par les spermatozoïdes du congénère.

Les œufs de Cratena peregrina sont agglomérés sous la forme de tortillons blancs. Ils éclosent au bout de 7 à 8 jours pour donner naissance à des larves* nageuses planctoniques*. Ces larves planctoniques se posent sur les hydraires Eudendrium dès qu’elles les détectent et se transforment en limaces rampantes. Une larve peut "voyager" près d'un an. Elle peut ne jamais se transformer en limace si elle ne trouve pas son hydraire favori.

Vie associée

L'hervia se rencontre souvent sur des hydraires du genre Eudendrium.

Divers biologie

L'hervia mange les hydraires sans déclencher leurs cellules urticantes (appelées nématocystes* ou cnidocystes*). Elle ne digère pas les cellules urticantes embryonnaires, mais les accumule dans une poche nommée cnidosac* située près du sommet des excroissances dorsales, et dans laquelle ces cellules se développent.
Si cette limace est agressée, les cellules urticantes se déclenchent et l’agresseur reçoit du venin toxique.
L'hervia, comme les autres éolidiens*, n’a pas de branchies. La respiration se fait par diffusion par toute la surface du corps. Les papilles dorsales augmentent largement cette surface.
La vie de l'hervia est brève, elle ne dépasse pas un ou deux mois. Durant la belle saison, il peut y avoir plusieurs générations. En hiver, les larves* assurent la permanence de l’espèce.

Origine des noms

Origine du nom français

Hervia est un ancien nom de genre de cette limace. L'origine de ce nom n’a pas été trouvée.

Origine du nom scientifique

Cratena : du latin [cratis] = grille, treillis.
peregrina : du latin "de l'étranger, étranger" mais cela peut être pris dans le sens de voyageur (faune de Perrier N°4) ou de pélerin (faune de Perrier N°10). Effectivement cette espèce est très mobile.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Aeolidiina Eolidiens Corps long et effilé portant des cérates simples, alignés ou non sur plusieurs rangées ou en bouquets. Tête avec deux paires de tentacules, la postérieure (rhinophores) sans gaine. Coins antérieurs du pied parfois effilés en tentacule. La majorité consomme des cnidaires mais certains mangent d’autres opisthobranches ou des œufs de poissons.
Famille Facelinidae Facelinidés Eolidiens au corps grêle, aux cérates groupés en faisceaux, sans pédoncule. En général tentacules pédieux, rhinophores à lamelles ou annelés.
Genre Cratena
Espèce peregrina

Nos partenaires