Claveline vaporeuse

Clavelina oblonga | Herdman, 1880

N° 4027

Atlantique tropical Ouest, Açores, Méditerranée

Clé d'identification

Colonie en boule vaporeuse
Tunique translucide mouchetée de très petits points blancs
Discrets cercles blancs discontinus autour des siphons
Taille des colonies : 10 à 20 cm, des individus : 1 à 3 cm

Noms

Autres noms communs français

Claveline mouchetée

Noms communs internationaux

Speckled sea-squirt (GB), Clavelina flegrea, clavelina screziata (I), clavelina moteada (E)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Chondrostachys oblonga (Herdman, 1880)
Stereoclavella oblonga (Herdman, 1880)
Steroclavella oblongus (Herdman, 1880)
Clavelina phlegraea Salfi, 1929 (n'est plus valide depuis 2016)

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest, Açores, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Caraïbes

Clavelina oblonga est originaire du sud-est des Etats-Unis et des Caraïbes. Elle est actuellement présente des Bermudes au Brésil en Atlantique Ouest. Elle s'est aussi installée depuis des dizaines d'années aux Açores, au Cap Vert, au Sénégal et dans quelques lagunes et étangs littoraux en Méditerranée occidentale (Sud Italie, Corse, Occitanie, delta de l'Èbre). La propagation de cette claveline est sans doute liée au trafic maritime (eaux des ballasts des navires) et à la conchyliculture (transport de naissains d'huîtres).

Biotope

La claveline vaporeuse affectionne les substrats* durs naturels ou artificiels. Elle ne se trouve qu'à faible profondeur (entre 1 et 10 m) et de préférence dans les mangroves, zones portuaires, lagons, étangs littoraux et fonds de baie ; en bref tout milieu "chargé" en sédiments. Les colonies poussent sur les racines de palétuviers, cordages, épaves, rocs, n'importe quelle structure solide disponible.

Description

Clavelina oblonga est une ascidie coloniale fixée qui ressemble à une grappe de clochettes translucides. Les individus (zoïdes*) mesurent de 1 à 3 cm de long et sont regroupés en bouquets souvent bien sphériques de 10 à 20 cm de diamètre. Chaque bouquet est constitué de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de zoïdes.
Les individus sont réunis par une base commune appelée stolon*.
Chaque zoïde, en forme de massue à long manche, est gélatineux, translucide et légèrement laiteux, rendant difficile l'observation des organes internes. Ceux-ci comprennent notamment une structure branchiale visible mouchetée de blanc formant des côtes. Le thorax* occupe à peu près la moitié du corps et est longé par une gouttière ciliée tachetée de blanc, menant à l'œsophage.
Au sommet se trouve le siphon* buccal (entrée de l'eau) alors que le siphon cloacal* (sortie de l'eau) est latéral et légèrement moins haut. Tous les deux voient leur bordure mouchetée de blanc.
La consistance est cartilagineuse et glaireuse au toucher. Hors de l'eau les colonies prennent l'aspect d'un amas serré de petites billes cartilagineuses presque transparentes.
Le sac branchial comprend au moins 15 rangées de fentes branchiales (stigmates*).

Espèces ressemblantes

Clavelina lepadiformis (Müller, 1776), la grande claveline est plus transparente et présente 3 anneaux blancs et 2 lignes blanches. Cette espèce est présente en Méditerranée et Atlantique proche.

Clavelina dellavallei (Zirpolo, 1825), la claveline bleutée de Méditerranée est souvent solitaire. Sa tunique est transparente, le sac branchial est strié de jaune clair et l'endostyle* forme une ligne bleu violacé ventrale. Cette espèce est présente en Méditerranée et Atlantique proche.

Diazona violacea Savigny, 1816, la diazone peut être confondue avec Clavelina oblonga ou C. lepadiformis. Les individus de forme plus cylindrique sont de même taille, les colonies sont plus denses et de couleur vert pâle ou jaune. Les lignes et cercles blancs ressemblent à ceux des deux Clavelina, mais le siphon cloacal montre souvent 6 lobes et la tunique est légèrement laiteuse. Tous les zoïdes sont réunis sur une base commune gélatineuse. Cette espèce est présente sur les côtes européennes.

Clavelina picta (Verrill, 1900), présente en Atlantique Ouest central est colorée de mauve.

Alimentation

La claveline vaporeuse est un filtreur* actif interne. L'eau est aspirée par le siphon* inhalant ou siphon buccal. Elle est filtrée dans un pharynx* branchial* criblé de petites fentes et passe par une vaste cavité péribranchiale appelée atrium* avant de ressortir par le siphon exhalant ou siphon cloacal*. Sur la face médio-ventrale du pharynx* on trouve une gouttière ciliée et glandulaire, l'endostyle*, tandis que la face médio-dorsale porte une rangée saillante de languettes ciliées, le raphé*. Les sécrétions muqueuses de l'endostyle engluent les particules alimentaires que l'eau amène dans le pharynx. Ces dernières s'accumulent dans le raphé dorsal et sont entraînées par les battements ciliaires jusqu'à l'estomac. Les déchets sont évacués par l'anus situé dans le siphon cloacal.
Elle se nourrit de phytoplancton*, de bactéries et de matière organique en suspension.

Reproduction - Multiplication

Clavelina oblonga a un cycle annuel de croissance commençant au printemps, période à laquelle les nouveaux zoïdes se développent à partir des larves* s'étant formées en hiver. La production larvaire s'effectue de juin à septembre, et est suivie d'une disparition des zoïdes.
L'animal se développe aussi par multiplication asexuée. Les zoïdes sont reliés entre eux par un stolon*. A la fin de l'été, les zoïdes disparaissent progressivement dans le stolon* basal nourricier. Au printemps certains individus se développent par strobilation* ou bourgeonnement. Lorsque le zoïde atteint sa taille adulte la reproduction sexuée entre en jeu.
Certaines études tendent à prouver que l'autofécondation est possible chez cette espèce.

Divers biologie

Dans les étangs et lagunes de Méditerranée la claveline vaporeuse présente un développement explosif du début de l'été au début de l'automne avant de disparaitre visuellement pendant tout l'hiver. Cette espèce envahissante peut gêner fortement la culture des huîtres et des moules pendant les mois chauds.

Informations complémentaires

Pendant plus de 80 ans les représentants méditerranéens de cette claveline vaporeuse ont été considérés à tort comme appartenant à une espèce endémique* différente de C. oblonga, sous le nom de Clavelina phlegraea Salfi, 1929. Une étude de 2016 (Ordóñez & col.) basée sur la morphologie et la génétique montre sans ambiguïté qu'il s'agit de la même espèce. Clavelina oblonga, originaire des Caraïbes, est donc installée en Méditerranée depuis près d'un siècle.

Origine des noms

Origine du nom français

Claveline vaporeuse par rapport à l'aspect des colonies sous l'eau où les individus semblent noyés dans une masse floue (proposition des auteurs du site DORIS).

Origine du nom scientifique

Clavelina : du latin [clava] = clou, massue, qui a la forme de massue

oblonga : du latin [oblongus] = allongé, oblong.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Clavelinidae Clavelinidés Ascidies pédonculées en forme de petites massues.
Genre Clavelina
Espèce oblonga

Nos partenaires