Clathrine-dentelle

Clathrina coriacea | (Montagu, 1814)

N° 4164

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Forme des petits coussins plats
Aspect d’un treillis
Couleur blanche, rose pâle ou jaunâtre
Oscule bien visible

Noms

Autres noms communs français

Clathrine blanche aplatie, clathrine blanche, clathrine tannée, clathrine-cuir, clathrine coriace

Noms communs internationaux

White clathrina, leathery clathrina, white lace calcareous sponge, lace sponge (GB), Clatrina bianca, spugna rete bianca (I), Clathrina blanco (E), Weisser Gitterkalkschamm (D), Witte traliekalkspons (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Spongia coriacea Montagu, 1814
Ascetta coriacea (Montagu, 1814)
Grantia coriacea
(Montragu, 1814)
Leucosolenia coriacea (Montagu, 1814)
Grantia multicavata Bean in Johnston, 1842
Leucosolenia himantia
Haeckel, 1869
Grantia himantia
(Haeckel, 1869)
Clathrina sulfurea
sensu Carter, 1871
Ascetta membranacea
Haeckel, 1872

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Clathrina coriacea est présente tout autour des îles Britanniques, en mer du Nord sur les côtes néerlandaises, en Manche et en Atlantique Nord-Est de l’Arctique à la Galice en Espagne. On la trouve également en Méditerranée nord occidentale et dans toute l’Adriatique (voir note dans informations complémentaires).

Biotope

Cette espèce sciaphile* vit dans l’étage infralittoral* sous les surplombs, sous les rochers ou dans les crevasses dans des sites bien oxygénés et dépourvus de dépôts sédimentaires. On peut la rencontrer également en épiphyte* entre les crampons de laminaires. Sa répartition bathymétrique* va du littoral jusqu’à 650 m de profondeur environ.

Description

C’est une éponge encroûtante de couleur blanche, rose pâle ou jaunâtre. Elle est composée de tubes fins (1 mm de diamètre environ) anastomosés* lui donnant l’aspect d’un treillis.
Elle forme des petits coussins relativement plats de quelques centimètres de diamètre. Plusieurs tubes se rejoignent pour former par endroits un oscule* bien visible à la surface de l’éponge. Cette dernière, fragile et délicate, est compressible et douce au toucher.

Voir la description microscopique dans la rubrique "Divers biologie˝.

Espèces ressemblantes

Le complexe des clathrinidés et des leucosolenidés comporte des espèces très proches les unes des autres difficiles à différencier. Une observation des spicules* au microscope demeure indispensable.

Borojevia cerebrum : forme nettement des accumulations cérébriformes. Elle est fixée au substrat* par un très court pédoncule.

Ascandra contorta : les tubes sont très enchevêtrés et contournés. Ils fusionnent d'une manière aléatoire.

Alimentation

Comme toutes les éponges, il s'agit d'un organisme filtreur* planctonophage*. L'eau est aspirée par pompage à l'intérieur à travers les pores* inhalants qui parsèment la surface de l'éponge. L’eau est ensuite filtrée par les choanocytes*, cellules ciliées spécifiques des éponges, qui tapissent la cavité intérieure (ou atrium*) et qui génèrent ce phénomène de pompage. Au passage les choanocytes retiennent les unicellulaires et les particules alimentaires contenues dans l'eau puis cette dernière est rejetée par les oscules terminaux.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.

Sexuée : La reproduction sexuée se fait de juillet à octobre quand l’eau est la plus chaude, la température de l’eau et l’habitat ayant une influence certaine sur la reproduction. L'espèce est vivipare*. La fécondation se fait dans l'éponge « mère » par un spermatozoïde* apporté par le courant d'eau et transporté jusqu'à l'ovocyte* par une cellule charriante. Le développement se fait dans les tissus maternels puis la larve* est évacuée par l’un des oscules. Cette larve, dite calciblastula, est ovoïde et entièrement ciliée. Elle va nager quelques heures avant de se fixer à demeure et de se métamorphoser en une nouvelle éponge.

Asexuée : par bourgeonnement*. La multiplication a lieu pendant l’été.

Divers biologie

Description microscopique : les seuls spicules calcaires présents sont des triactines* aux angles bien réguliers de 60-120 µm de longueur et de 6-12 µm de largeur.

Informations complémentaires

Des études récentes, avec notamment l’utilisation du séquençage de l’ADN; vont probablement modifier l’identification des différentes espèces et la répartition géographique de ce complexe des clathrinidés européens. En particulier la présence de Clathrina coriacea en Méditerranée sera probablement remise en cause.

Origine des noms

Origine du nom français

Clathrine : francisation du nom scientifique.

dentelle : les tubes fins anastomosés font penser à de la dentelle.


Origine du nom scientifique

Clathrina : du grec [clathr-] = grillage : faisant référence à l'aspect de cette éponge constituée d'amas de tubes, pouvant rappeler du grillage.

coriacea : mot latin = de cuir.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Calcarea / Calcispongia Eponges calcaires / Calcisponges

Eponges exclusivement marines. Squelette de spicules calcaires à 1 à 4 axes. Eau peu profonde, substrat dur. Vivipares, larve typique : coeloblastula ou amphiblastula.

Sous-classe Calcinea Calcines

Spicules à 3 rayons (triaxones) aux angles égaux et aux branches égales.

Ordre Clathrinida Clathrinides Eponges formées d'un réseau de tubes calcaires souples entremêlés de consistance gélatineuse.
Famille Clathrinidae Clathrinidés

 

Genre Clathrina
Espèce coriacea

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