Cellaire sinueuse

Cellaria sinuosa | (Hassall, 1840)

N° 2119

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Buissons souples
Ramifications dichotomiques
Couleur blanc-ivoire
Segments cylindriques et rigides d'environ 2 cm de long
Logettes de forme hexagonale allongée (caractère microscopique)

Noms

Autres noms communs français

Petite salicornaire

Noms communs internationaux

Sinuous cellaria (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Farcimia sinuosa Hassall, 1840
Salicornaria sinuosa Johnston, 1847

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est jusqu'à l'Espagne et Méditerranée.

Biotope

On rencontre cette espèce sur les fonds rocheux, les cailloutis ou les sables coquilliers de la zone infralittorale d'une dizaine de mètres jusqu'à 100 mètres de profondeur environ.

Description

Les représentants du genre Cellaria forment des colonies érigées, touffues, évoquant une algue tubulaire. Les rameaux à division dichotomique (rarement latérale), sont articulés par de petits joints chitineux souples de couleur foncée. Ces ramifications sont parfois inarticulées. Chaque segment (entre-noeud) est rigide, calcifié, cylindrique ou plus rarement aplati. L'identification de l’espèce est rarement possible sans observation microscopique (voir "Divers biologie").

Ce bryozoaire cheilostome* forme des buissons souples aux ramifications dichotomiques* bien distinctes. Les colonies se présentent en touffe dense, plus robuste que les 2 autres Cellaria d’Europe. La colonie mesure 4 à 5 cm de haut, elle atteint fréquemment 10 cm (rarement 15 cm). Les segments cylindriques ou entre-nœuds sont rigides, ils ont un diamètre d'à peine 1 mm pour 7 à 20 mm, voire 30 mm de longueur. Ils sont articulés et nettement renflés vers l’extrémité distale*, ce qui donne une certaine souplesse à la colonie.

La coloration générale est blanc ivoire, avec un joint noir, corné et souple, au niveau des ramifications (sur les "nœuds" articulés).
A la loupe binoculaire, on remarquera que les logettes sont réparties sur toute la surface (pourtour et longueur) des segments. Ces logettes ont une forme hexagonale allongée.

Espèces ressemblantes

Il existe plusieurs espèces de Cellaria : les différencier nécessite une observation microscopique pour voir la forme des logettes et des aviculaires*.

Cellaria fistulosa : ramifications plus petites. Souvent fixée en épibionte* sur des hydraires ou sur des coquilles.

Cellaria salicornioides : la cellaire salicornioïde montre un port moins touffu et moins compact que Cellaria fistulosa malgré une taille quasi identique. Ses autozoïdes sont ovales à hexagonaux.

Alimentation

Comme tous les bryozoaires, c'est un filtreur microphage qui se nourrit principalement d'algues unicellulaires planctoniques (diatomées). Les tentacules du lophophore sont ciliés et bien que l’aspiration soit assez faible, les mouvements des cils infléchissent la circulation porteuse des particules alimentaires.

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée : les polypides* sont hermaphrodites protandres*. Les larves sont incubées dans une poche, l’ovicelle* (l’espèce est vivipare*) puis après expulsion elles vont rejoindre le plancton pour une phase nageuse courte (quelques heures). Leur déplacement est assuré par de nombreux cils vibratiles qui vont leur permettre de rejoindre le substrat afin de s’y fixer et de s’y développer.
En Méditerranée, le développement des larves dans les ovicelles à lieu d'avril à novembre, la croissance des embryons en juin et juillet.
L’accroissement de la colonie passe par une phase asexuée par bourgeonnement des logettes chitineuses. Les polypides, bien qu’isolés les uns des autres vont rester en communication par des plaques en rosettes perforées de petits pores.

Vie associée

Les ramifications dressées offrent un support pour divers espèces : petites éponges (Sycon sp.), hydraires ou même d'autres bryozoaires.

Divers biologie

Cette espèce, sans être rare, n'est pas souvent observée. Localement, on peut trouver des concentrations de nombreux « buissons ».

Au large de la Bretagne, de fortes concentrations d'articles morts de cette espèce ont été découverts dans les sédiments atlantiques.

Description microscopique des espèces du genre Cellaria :

  • Autozoïdes organisés en séries longitudinales alternées (au moins 10 pour C. sinuosa, jusqu’à 7 pour les 2 autres espèces) s’ouvrant sur tout le pourtour des segments.
  • Surface apparente (partie non immergée dans la masse des rameaux) des autozoïdes à contours géométriques pentagonaux, hexagonaux, ogivaux ou en losanges.
  • Opesia à peine plus grande que l’ouverture, à bord distal semicirculaire, à bord proximal convexe en direction distale avec un processus médian plus ou moins marqué et latéralement deux condyles en forme de petites dents.
  • Dents similaires parfois retrouvées sur le bord distal de l’orifice. Aviculaires sporadiques, souvent petits, prenant la place d’un autozoïde ou intercalés dans une série (vicariants), à orifice fermé par un opercule chitineux.
  • Ovicelle complétement immergée, non visible à la surface à l’exception de son ouverture arrondie ou irrégulière, operculée, placée au dessus de l‘ouverture, à l’extrémité distale de l’autozoïde.
  • Lophophores à 13 à 15 tentacules. Colonie ancrée au substrat par une pelote de radicelles (rhizoïdes) tubuleuses et chitineuses issues des zoïdes de la partie basse des branches.

Description microscopique de l'espèce cellaria sinuosa :

  • Autozoïde typiquement hexagonal à rectangulaire allongé à larges extrémités et organisé en au moins 10 séries longitudinales (jusqu’à 16).
  • Aviculaire quadrangulaire, de la moitié de la taille d’un autozoïde, à la mandibule triangulaire arrondie positionnée en oblique par rapport à l’axe de l’entre-noeud.

Informations complémentaires

La houle et les palmes qui traînent... peuvent endommager ces colonies souples qui ondulent avec les mouvements de l'eau mais restent très fragiles de par leur fixation peu adhérente au substrat.

Origine des noms

Origine du nom français

Petite salicornaire : par comparaison avec les salicornes (plantes des rivages) qui se présentent sous l'aspect de segments successifs.

Origine du nom scientifique

Cellaria : du latin [cellarium] = chambre, cellule : ce qui correspond aux cistides* contenant les zoécies*.
sinuosa : du latin [sinus] = pli, courbe. Les informations à ce sujet sont rares. N'ayant pu trouver la description orginale de Hassall, nous supposons que cela correspond à la forme courbée (croissant de lune) de l'ouverture par laquelle sort le lophophore*.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Anasca Anasques La paroi frontale (ventrale) est membraneuse, flexible.
Famille Cellariidae Cellariidés
Genre Cellaria
Espèce sinuosa

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