Carangue franche

Caranx ruber | (Bloch, 1793)

N° 3325

Atlantique tropical Ouest et centre

Clé d'identification

Silhouette fuselée et symétrique
Bande bleu-noir et bleu clair le long du dos, se prolongeant sur le lobe inférieur de la caudale

Noms

Autres noms communs français

Carangue bleue, carangue à pisquettes, carangue comade, camade, cavally

Noms communs internationaux

Bar jack, crevalle jack, blue-striped cavalla (GB), Cibi carbonero, civil, cojinua carbonera (E), Jager (D), Xareu-carcoeiro (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Scomber ruber Bloch, 1793
Carangoides ruber (Bloch, 1793)

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest et centre

Zones DORIS : Caraïbes

Cette espèce est très commune en mer des Caraïbes, dans le golfe du Mexique, des Bermudes au nord jusqu'au Brésil au sud.

Elle a été signalée dans l'archipel des Açores (Atlantique Centre-Est).

Biotope

C'est une espèce des petits fonds qui chasse près des côtes, entre 0 et 30 m de profondeur.
Les juvéniles, pélagiques*, peuvent être observés sous les touffes de sargasses dérivant en surface.

Description

Cette carangue de taille moyenne (une quarantaine de centimètres environ) a une silhouette parfaite, fuselée et symétrique, sans bosse ni rupture de courbe.

Cette perfection des lignes est soulignée par une bande brune ou bleu-noir, plus ou moins marquée, qui commence sur le front, longe la nageoire dorsale, et se termine sur le lobe inférieur de la caudale. La bande sombre est soulignée à son tour par un ruban bleu électrique tout le long du dos, et parfois une fine ligne dorée se voit entre les deux bandes. La livrée est variable selon l'humeur et l'environnement : bleu argenté en pleine eau comme la plupart des pélagiques*, elle devient jaune, bronze, marron clair ou olivâtre lorsqu'elle chasse près du fond.

Les juvéniles (entre 2 et 6 cm) ont le corps barré de 6 bandes verticales foncées. Sur les adultes en situation de stress (pêche...) on peut les voir apparaître sous la forme de 6 fines lignes claires plus ou moins discontinues.

L'œil assez gros et rond est placé en arrière et au-dessus de la commissure des lèvres.

Le corps est aplati latéralement. La ligne latérale* s'incurve vers le haut dans sa partie antérieure.
La carène* latérale est peu marquée : à peine quelques écailles en relief sur le pédoncule caudal*.

La première pointe de la dorsale est souvent escamotée. La deuxième pointe et la nageoire anale sont implantées de façon symétrique. Les pectorales sont en forme de longue faucille transparente, parfois teintée de jaune.

Le pédoncule caudal est très fin et la caudale largement fourchue. Deux petites épines dirigées vers l'arrière se voient juste devant l'anus.

Espèces ressemblantes

La carangue coubali Caranx crysos a presque la même forme, avec une tête un peu plus arrondie, mais a une livrée uniforme, sans bande bleue ou noire.

La carangue jaune, Caranx bartholomaei, a le corps plus allongé et des marques jaunes sur la caudale, le long de la ligne latérale et sur le museau.

La carangue gros-yeux, Caranx latus, a comme son nom l'indique de gros yeux ronds et une queue jaune vif.

La sériole Seriola rivoliana, plus élancée, se distingue par un museau allongé et une trace noire qui va de la lèvre supérieure à la nageoire dorsale en traversant l'œil.

Alimentation

La carangue franche se nourrit principalement de petits poissons (labres, perroquets), mais aussi de crevettes, petits céphalopodes, et autres petits invertébrés qu'elle trouve en fouillant entre les blocs rocheux, dans les prairies de sargasses et les récifs coralliens.

Les juvéniles, pélagiques, se nourrissent principalement de zooplancton*.

Reproduction - Multiplication

La carangue franche se reproduit toute l'année, avec un pic pendant la saison sèche (février à août). A cette occasion elle se rassemble en grands bancs pour frayer.

Les larves* mènent une vie pélagique en suivant les courants avant de rejoindre les côtes.

Vie associée

La carangue franche se signale par son aptitude à profiter de la chasse d'autres poissons. Ses talents de pique-assiette sont incroyablement développés. Elle se "colle" littéralement à un autre poisson chasseur et se jette, avant lui, sur les petites proies que celui-ci débusque. Lorsqu'il s'agit d'un poisson de fond (raie, rouget), l'analyse des contenus stomacaux a montré que le résultat était décevant : la carangue semble avaler n'importe quoi, du sable, des débris de coquillages...

Comme beaucoup de prédateurs, elle prend le temps de la toilette. Ce sont en général les juvéniles du poisson-ange français et du manicou qui assurent ce service. La carangue étend alors sa bouche grande ouverte pour les inviter à déparasiter.

Divers biologie

Peu farouche et même curieuse, elle est relativement facile à observer. C'est la carangue la plus commune dans les Caraïbes.

Elle peut chasser en solitaire, en petits groupes de deux à une dizaine d'individus, ou s'associer à d'autres espèces (mérous, poissons-flûtes, sardes queue jaune, etc). Sa nage est extrêmement rapide.

Ce farouche carnivore est aussi la proie des dauphins et de poissons plus gros comme la grande sériole (Seriola dumerili), le thazard blanc (Scomberomorus cavalla), et les badèches (Mycteroperca venenosa).

Informations complémentaires

La carangue franche est pêchée occasionnellement mais peu consommée car sa chair, comme celle de nombreux poissons carnivores, peut être ciguatérique*.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom de "carangue franche" n'est pas évident à expliquer, on peut penser que c'est en raison de ses lignes nettes et de sa vivacité ?

Origine du nom scientifique

Caranx : dérivé de [caranga], mot emprunté à une langue amérindienne, et qui désigne un poisson des Antilles. Ce nom indigène a été recueilli par Plumier, et repris ensuite sous la forme "carangue" par Thomas Corneille dans son "Dictionnaire des Arts et des Sciences", avec une description assez fantaisiste. Le nom caranx apparaît dans l'Histoire Naturelle des Poissons (1802) de Lacepède et Buffon qui ont repris les dessins et notes non publiés de Plumier.

ruber : du latin [ruber] qui signifie rouge. M.E. Bloch a décrit initialement l'espèce sous le nom de Scomber ruber, "Die Rothe Makrele" ! La couleur rouge était probablement due au mode de naturalisation du spécimen.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Famille Carangidae Carangidés
Genre Caranx
Espèce ruber

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