Comatule brune

Capillaster multiradiatus | (Linnaeus, 1758)

N° 4798

Indo-Pacifique

Clé d'identification

Jusqu'à 30 bras plumeux, rarement plus, d'une vingtaine de cm de long
Bras de couleur brune ou rosée, pinnules noires
Segments brachiaux très courts, saillants, larges et anguleux
Avec ou sans ramifications claires

Noms

Autres noms communs français

Comatule multiradiée

Noms communs internationaux

Multiradiate feather star (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Asterias multiradiata Linnaeus, 1758
Comatula fimbriata Lamarck, 1816
Alecto fimbriata (Lamarck, 1816)
Actinometra fimbriata (Lamarck, 1816)
Actinometra borneensis Bell, 1882
Actinometra coccodistoma Carpenter, 1882
Actinometra coppingeri Bell, 1882
Actinometra multiradiata (Linnaeus, 1758)
Capillaster coccodistoma (Carpenter, 1882)
Capillaster clarki Reichensperger, 1913

Distribution géographique

Indo-Pacifique

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Il s’agit d’une espèce que l’on rencontre, d'ouest en est, de la mer Rouge jusqu'à l'océan Pacifique. Dans le Pacifique, on la rencontre depuis la Nouvelle-Calédonie jusqu'au Japon.
Pour la France, elle est présente à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie ; elle n’est pas signalée à la Réunion mais pourrait y être présente.

Biotope

C’est une comatule de la crête des récifs, qui aime pouvoir déplier ses bras dans un courant riche en plancton*. Elle préfère les récifs complexes avec de nombreuses cachettes, où elle pourra dissimuler son corps central et ne laisser émerger que ses bras. Elle est opportuniste et partage l’habitat avec d’autres espèces. On peut la trouver sur les éponges et les coraux.
Elle est présente sur des fonds de 1 à 300 m.

Description

C’est une comatule de taille moyenne, dont les bras, au nombre de 15 à 25, rarement 40, peuvent mesurer une vingtaine de centimètres maximum. Ces bras sont allongés, pourvus d’une tige centrale de couleur claire (brune, rose, orangée, verdâtre), très visible, en contraste avec les pinnules* noires. Les segments articulés qui composent ces bras sont très courts, beaucoup plus larges que haut, ce qui confère à cette espèce une bonne souplesse, lui permettant d’enrouler totalement ses bras pour les protéger derrière ces gros éléments saillants et anguleux.
Les pinnules les plus proches du disque central sont modifiées et servent à l’entretien et à la défense : très souples, elles sont pourvues de denticules* formant comme de petits peignes (caractéristique commune à la famille).

Cette espèce est pourvue sur sa face aborale* (la centrodorsale) d’une quinzaine de cirrhes* pour se fixer ou se déplacer, formant une touffe de longues griffes noires souvent colonisées par des algues grisâtres. Les cirrhes sont composés de 20 à 28 segments (rarement plus de 24).
La face supérieure du calice*, appelée tegmen*, porte la bouche en position excentrique, et un renflement central d’où part la colonne anale, crénelée ; cependant l’animal vous laissera rarement voir ces détails de son intimité.

Au niveau de la posture, cette espèce forme rarement des buissons touffus (contrairement à de nombreuses grosses espèces de la région ouest-Pacifique), préférant tenir ses bras plutôt allongés quand elle se nourrit, ou enroulés quand elle se sent menacée, jusqu’à former parfois une sorte de poing parfaitement régulier.

Espèces ressemblantes

Les crinoïdes sont de manière générale très difficiles à identifier sur le terrain, et dans la plupart des cas la coloration n’est d’aucun secours ; par ailleurs la plupart des espèces changent considérablement au cours de leur maturation (nombre de bras, couleurs, comportement…).

Les crinoïdes de la région néo-calédonienne sont très nombreux et difficiles à différencier ; cependant dans l’océan Indien, où cette espèce est parmi les plus abondantes, on la trouvera en compagnie de :

Tropiometra carinata : plus petite, plus cachée, avec des pinnules plus longues sur des bras plus courts, et généralement fauve et noire, mais sans le contraste typique de C. multiradiatus entre la tige et les pinnules.

Stephanometra indica : elle aussi plus petite, tenant ses bras soit en corolle ronde soit en double éventail. Elle est généralement plus colorée, avec des taches irrégulièrement concentriques. Strictement nocturne, elle monte au sommet des surplombs la nuit ; ses pinnules orales sont droites et pointues, formées de segments plus longs que larges.

Cenometra bella : offre elle aussi un contraste entre le rachis (structure centrale des bras) et les pinnules, mais les bras sont plus clairs, souvent blancs (parfois les bras sont noirs et les pinnules blancs). Elle enroule elle aussi ses bras en spirales, mais ceux-ci sont plus fins, et ne forment jamais de « poing » anguleux : les segments sont beaucoup moins larges et saillants. Les pinnules sont plus denses et plus « plumeuses ». Elle vit plus exposée, souvent perchée à la pointe des coraux noirs et gorgones, déployant ses bras en disque (ce que ne fait presque jamais C. multiradiatus).

Alimentation

C’est un filtreur* planctonivore*, nocturne et parfois diurne.
La comatule se nourrit aussi bien de phytoplancton* que de zooplancton*, qu’elle attrape dans le courant au moyen de ses pinnules.
Sur sa face orale, les pinnules sont, comme les branches des étoiles de mer, frangées de minuscules tubes, les pieds ambulacraires. Ils sécrètent une sorte de glu où se collent des larves* de crustacés et des débris d'organismes. Les particules glisseront ensuite comme sur des rails, le long de gouttières bordées de cils qui parcourent les bras jusqu'à la bouche ouverte au bord du calice.

Reproduction - Multiplication

C’est un animal ovipare* (qui pond des œufs) à sexes séparés (des individus mâles et des individus femelles). Il n’y a pas de différenciation externe visible entre les deux sexes.
La fécondation* est externe (libération des gamètes* dans l’eau). Les œufs sont conservés à la base des pinnules, jusqu’à l’éclosion, par les individus femelles. Les larves* sont pélagiques* pendant quelques jours (entraînées en pleine eau par les courants) puis elles se fixent dans un premier temps (quelques mois), sur le substrat* par un pédoncule* (stade pentacrine* où l’animal mesure quelques mm), avant le passage à une vie libre où les comatules perdront ce pédoncule pour le remplacer par des cirrhes. Au stade fixé, les comatules ressemblent à des lys de mer (crinoïdes vivant généralement en profondeur et possédant un pédoncule toute leur vie).

Vie associée

Certain vers polynoïdes sont observés sur cette espèce, ainsi que des crevettes palaemonidées.

Origine des noms

Origine du nom français

Comatule : du latin comatula, « petite chevelure », du nom de l’ordre de cette espèce.
brune : en raison de son patron de coloration, stable et relativement rare parmi les autres espèces.
Ce nom de comatule brune est une proposition du site DORIS.

Crinoïdes : [Krinon] = lys et [eides] = forme ; soit "en forme de lys".

Origine du nom scientifique

Capillaster : du latin [capillus] = cheveu, et [aster] = étoile.

multiradiatus : « avec de nombreux rayons » en latin (Linné croyait alors qu’il s’agissait d’une étoile de mer).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Crinozoa Crinozoaires Echinodermes présentant, au minimum au stade larvaire, un pédoncule les fixant au substrat. Les formes adultes libres savent nager.
Classe Crinoidea Crinoïdes Corps en forme de calice, 5 bras primaires bien définis et des bras terminaux longs et ramifiés. Certaines espèces sont fixées par un pédoncule articulé, d'autres sont libres et nageuses.
Ordre Comatulida Comatulides Seul ordre actuel, comprend 2 sous-ordres, l’un avec des organismes fixés, l’autre avec des organismes non fixés.
Famille Comatulidae Comatulidés
Genre Capillaster
Espèce multiradiatus

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