Calliostome

Calliostoma zizyphinum | (Linnaeus, 1758)

N° 1438

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique, Méditerranée

Clé d'identification

Coquille très conique, pointue et brillante, 30 mm de haut
8 à 10 tours de spire striés séparés par un cordon épais
Bandes transversales de couleur variable, en général rose, rouge ou mauve
Ouverture large et oblique colmatée par un opercule corné
Base très plate et striée

Noms

Autres noms communs français

Troque jujube

Noms communs internationaux

Painted topshell, common topshell (GB), Trottola zizifina (I), Trompo, peonza pintada (E), Bunter Jujubenkraisel, Spitzkreiselschnecke (D), Priktolhoren (NL), Caliostoma (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Trocas zizyphinum (Linnaeus, 1758)
Trocus zizyphinus (Linnaeus, 1758)
Trocas laevigatus (Sowerby, 1817)
Trochus conuloides Lamarck, 1822
Trocas albidus (Wood, 1828)
Calliostoma zizyphinum var. lyonsi (Leach in Forbes & Hanley, 1850)

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La distribution du calliostome s'étend depuis le nord de la Norvège jusqu'aux côtes portugaises, aux Canaries et aux Açores. Elle est présente en Manche, en mer du Nord, et dans l'ensemble du bassin méditerranéen.

Biotope

Le calliostome est une espèce commune de l'étage infralittoral, qui affectionne particulièrement les tombants et les surplombs rocheux, ainsi que les frondes des laminaires. On peut également le rencontrer en bas de l'estran, à l'abri de la lumière, dans les failles rocheuses fraîches et humides. Sa présence est signalée selon les sources jusqu'à 100 voire 300 mètres de profondeur.



Cette espèce est enfin observée dans des eaux saumâtres où elle tolère une salinité qui peut descendre jusqu'à 21 pour 1000.

Description

Calliostoma zizyphinum possède une coquille parfaitement conique, pointue, légèrement plus haute que large. Sa hauteur atteint le plus souvent 30 mm (rarement 35). Quand l'animal est adulte, la coquille peut présenter jusqu'à 8 ou 9 tours de spire (rarement 10), séparés par un cordon plus épais au-dessus de la suture. Les tours sont réguliers, spiralés, d'aspect finement strié, et brillants. Vers l'apex* la texture devient plus granuleuse. L'ouverture est relativement grande, oblique, plus ou moins quadrangulaire, et est fermée hermétiquement par un opercule* corné de forme circulaire lorsque l'animal se retire dans sa coquille. Quand il est en déplacement, cet opercule est bien visible au-dessus et à l'arrière du pied. La base est très aplatie, la face intérieure est nacrée.
Quelques bandes irrégulières ont une disposition transversale à celle des stries. Leur coloration peut varier du violacé au gris-rosé, au rose-rouge, à l'orangé, au verdâtre et au brun. Le cordon qui sépare les tours porte en alternance des taches rouges et des taches grisâtres. Certains spécimens peuvent présenter une teinte unie, mauve vif, brune, voire même totalement blanche pour les individus vivant en profondeur.
Le pied est de couleur brun orangé et porte quatre paires de tentacules sensoriels. La tête porte un mufle renfermant une radula* et deux longs tentacules ayant chacun un œil à leur base.

Espèces ressemblantes

Le troque jujube ne peut être confondu qu'avec d'autres calliostomes :

Calliostoma conulus Linnaeus, 1758 : la spire est plus pointue, nettement plus haute que large. La coquille est lisse, sa couleur est orange avec quelques fines saillies tachetées de blanc ou de rouge. Cette espèce vit en Atlantique et en Méditerranée, où elle est plus rare, au-delà de 10 mètres de profondeur.



Calliostoma granulatum (Born, 1778) : comme son nom l'indique, la coquille est plus granuleuse, les tours de spire comportent davantage de stries, la coquille est moins décorée. Cette espèce ne se rencontre que bas dans l'étage circalittoral et est remontée occasionnellement avec les filets de pêche.



Jujubinus striatus (Linnaeus, 1758) : cette espèce est beaucoup plus petite (8 mm de haut maximum). Seuls les jeunes individus peuvent éventuellement être confondus avec le troque jujube.

Alimentation

Les calliostomes sont principalement herbivores. Ils se nourrissent d'algues et de détritus végétaux qu'ils broutent au moyen de leur radula* râpeuse. Ils peuvent aussi, en l'absence d'algues, adopter un régime carnivore secondaire en consommant des animaux de petite taille comme des Spongiaires, des Hydraires, des Ascidies et des Bryozoaires.

Reproduction - Multiplication

L'espèce est gonochorique* (les sexes sont séparés). La reproduction a lieu au printemps et en été. La femelle pond des ovocytes immédiatement fécondés par le mâle. Les œufs, de couleur jaune pâle, sont agglomérés dans un ruban de mucus gélatineux, qui peut mesurer jusqu'à 35 mm de long pour 4 mm de diamètre, que la femelle fixe sur le substrat (roches ou algues). L'ensemble du développement larvaire a lieu au sein de l'œuf, qui contient des réserves dont les larves se nourrissent : il n'y a pas de phase planctonique. A l'issue de ce développement, qui dure de 7 à 10 jours, de jeunes calliostomes émergent du cordon et sont immédiatement benthiques.

Vie associée

Les vieux calliostomes sont parfois recouverts de divers épibiontes : algues encroûtantes, balanes et spirorbes. Il est à noter cependant que cette épibiose est rare et que la coquille des calliostomes est pratiquement toujours parfaitement propre. Pour ce faire, l'animal est capable de nettoyer sa coquille au moyen de son pied en extension et de sa radula : il la débarrasse continuellement des spores d'algues et des larves animales qui s'y fixent !

Origine des noms

Origine du nom français

Calliostome est la francisation du nom de genre scientifique Calliostoma.
Troque jujube : le terme "troque" est vague et est employé pour désigner de nombreuses espèces de gastéropodes de la famille des trochidés ; jujube à cause de sa (très lointaine !) ressemblance avec le fruit du jujubier, arbre épineux méditerranéen.

Origine du nom scientifique

Calliostoma : du grec [callios] = beauté ([calli] = beau) et [stoma] = bouche : le calliostome est donc un gastéropode qui a une belle bouche !
zizyphinum = du latin [zizyphus] = jujubier, pour la prétendue ressemblance avec le fruit de cet arbre. Zizyphus (ou Ziziphus) est encore aujourd'hui un nom de genre qui désigne de nombreuses espèces de plantes de la famille des Rhamnacées.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Vetigastropoda Vétigastropodes Coquille de forme très variable, la plupart des espèces possèdent un opercule. La tête possède une seule paire de tentacules céphaliques et le mufle porte la bouche. Des tentacules épipodiaux (à rôle sensoriel) sont présents sur les côtés du corps.
Famille Calliostomatidae Calliostomatidés

Coquille conique à spire régulière, pointue. Sculpture variable, de spirales perlées plus ou moins fines. Opercule spiralé corné.

Genre Calliostoma
Espèce zizyphinum

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