Nacre étendard

Atrina vexillum | (Born, 1778)

N° 1256

Zones côtières indo-pacifiques (dont mer Rouge, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française)

Clé d'identification

Coquille plantée verticalement dans le sédiment, semi- ou complètement enfouie
48 cm de hauteur pour 30 cm de largeur au maximum
Valves opaques, triangulaires et égales
Valves noires à reflets violets
Manteau sombre avec des zébrures blanches à orange foncé

Noms

Autres noms communs français

Pinne de mer, jambonneau de mer (nom général des nacres), ō’ota (Polynésien)

Noms communs internationaux

Flag pen shell (GB), Schinkenmuschel, Schwarze Schinkenmuschel, Flaggen Steckmuschel, Flaggenmuschel (D), Steekmossel (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Pinna vexillum Born, 1778
Atrina (Atrina) vexillum (Born, 1778)
Pinna nigra Chemnitz, 1785
Pinna gubernaculum Röding, 1798
Pinna nigra Dillwyn, 1817
Pinna nigrina Lamarck, 1819
Atrina gouldii banksiana Iredale, 1939

Distribution géographique

Zones côtières indo-pacifiques (dont mer Rouge, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française)

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]

Son aire de répartition connue s’étend de la côte est africaine (Mozambique) jusqu'à la Polynésie française, en incluant la mer Rouge, ainsi que du Japon jusqu'à Hawaï, avec comme limite sud la Nouvelle-Calédonie et le Queensland en Australie (Lemer & al., 2014, Poutiers, 1998, Rosewater, 1961).

Biotope

La nacre étendard vit dressée verticalement, semi-enfouie (parfois presque totalement) dans les substrats* meubles (sable ou vase) des lagons*.
Elle occupe les lagons peu profonds et relativement protégés de l’hydrodynamisme océanique direct permettant une stabilité sédimentaire suffisante pour l’ancrage du byssus* dont les nombreux filaments vont s'attacher en profondeur.
Cependant, on la rencontre jusqu'à 50 m de profondeur.

Description

La nacre étendard est une grande espèce de mollusque bivalve (48 cm de hauteur pour 30 cm de largeur au maximum), dont les valves* égales sont triangulaires, solides et opaques. Elles sont très effilées, à la pointe quelque peu galbée. Leur bord large est courbe. Cette forme de triangle allongé est d'autant plus anguleuse que l'individu est jeune.

En surface, les coquilles adultes ne présentent pas d’écailles ou alors très peu prononcées. Les deux valves sont souvent recouvertes d’épibiontes*, mais leur couleur interne est noire, avec par transparence une teinte violette. La partie nacrée* (en aragonite), disposée à l’intérieur des valves dans la zone antérieure, présente la particularité de conserver les cicatrices des muscles adducteurs* postérieur et antérieur.

Le bord du manteau* est la partie de l’animal s’exposant en dehors des valves lorsque celles-ci sont ouvertes. Il est bordé de lèvres dentelées noires. Ses couleurs varient, sur un fond sombre, du blanc à l’orange foncé et dessinent, sur le bord externe du repli, des zébrures parallèles à la marge des valves et, sur son côté intérieur, des zébrures plus fines et de mêmes couleurs, perpendiculaires à la marge des valves.

Espèces ressemblantes

La confusion est possible avec les autres espèces d’Atrina (par exemple Atrina exusta), surtout pour les juvéniles où une identification génétique est nécessaire.

Alimentation

Cette espèce est suspensivore* : les branchies*, assurant la fonction de respiration, filtrent aussi les particules organiques (plancton*) contenues dans l'eau dont la nacre se nourrit.
Son ancrage et sa position dans le substrat lui procurent un filtrage efficace.

Reproduction - Multiplication

Comme pour d'autres Pinnidés, on suppose une reproduction gonochorique* externe, soit une émission des gamètes* mâles et femelles, avec fécondation* en pleine eau. Cependant, dans cette famille, des cas d’hermaphrodisme* successif existent (Pinna nobilis) et pour la nacre étendard, rien n’est à ce jour confirmé (mai 2026). La durée de la phase larvaire* pélagique* est également inconnue.
En revanche, de récents travaux (Guttierez, Boissin & al., 2025, Guttierez, Mouronvalle & al., 2025) ont mis en évidence que sa dispersion larvaire, jusqu’alors supposée océanique, pourrait très bien se dérouler entièrement au sein des lagons. Ceci impacte la connectivité de ces populations et donc leur résilience face aux différentes perturbations. Par ailleurs, on y a découvert des structures familiales.

Vie associée

On retrouve parfois la nacre étendard associée avec le corail Acropora pulchra qui abrite son développement.

Les grandes valves de cette pinne permettent d’abriter dans la cavité de son manteau des organismes associés tels que les crevettes Tympanicheles ornatus et Ensiger custos (Bruce, 1977, De Gier & Fransen, 2023).

Hors du sédiment, les surfaces des valves peuvent porter divers épibiontes*, notamment des algues, des éponges et d'autres invertébrés.

Divers biologie

Les individus les plus âgés formellement identifiés chez Atrina vexillum peuvent atteindre 11 ans (Silina, 2012), ce qui confirme le caractère longévif* de l’espèce. En raison de son mode de reproduction à fécondation externe, de sa phase larvaire planctonique et d’un cycle de vie relativement lent, l’espèce apparaît particulièrement vulnérable face aux perturbations environnementales de plus en plus fréquentes (pressions anthropiques*, dégradation des habitats, anomalies thermiques), qui peuvent compromettre le recrutement et la stabilité des populations (Guttierez, 2025).

L'extérieur des valves est constitué de colonnes prismatiques de calcite (Zoellner & Zlotnikov, 2019). Ces dernières sont particulièrement fragiles si la matrice biologique les soudant entre elles se retrouve déshydratée, ce qui les détériore très rapidement quand les valves des individus morts sont exondées. En revanche, immergées, les valves mortes permettent d’abriter une multitude d’organismes.

Statuts de conservation et réglementations diverses

En Polynésie française, l'espèce bénéficie d'une protection de catégorie A, depuis l'Arrêté 466 du 22 mars 2018 (interdiction de la prélever, de la détenir, de la transporter, de l'exporter ou de l'importer).
Cependant, elle est toujours exploitée commercialement dans certains pays asiatiques.

Origine des noms

Origine du nom français

Nacre : du latin [nacrum], en référence à la couche interne nacrée des valves ;
Étendard : traduit directement le latin [vexillum] et donc son implantation verticale dans le substrat.

Origine du nom scientifique

Atrina : du latin [a] = privatif, [thrix/trichos] = poil, [-ina] = diminutif : bivalves lisses, dépourvus des formations foliacées et épineuses présentes sur les coquilles du genre voisin Pinna. Genre introduit en 1842 par le zoologiste britannique John Edward Gray (1800-1875) ;

vexillum : du latin [vexillum] = étendard, drapeau, pavillon, en référence à la forme triangulaire et élancée de la coquille, évoquant un étendard dressé verticalement dans le substrat.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 216652

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Autobranchia Autobranches
Infra-classe Pteriomorphia Ptériomorphie
Ordre Ostreida Ostréides
Super-famille Pinnoidea
Famille Pinnidae Pinnidés Coquille enfoncée verticalement par l'extrémité pointue dans le sable ou la vase, et fixée par un byssus.
Genre Atrina
Espèce vexillum

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