Coquille plantée verticalement dans le sédiment, semi- ou complètement enfouie
48 cm de hauteur pour 30 cm de largeur au maximum
Valves opaques, triangulaires et égales
Valves noires à reflets violets
Manteau sombre avec des zébrures blanches à orange foncé
Pinne de mer, jambonneau de mer (nom général des nacres), ō’ota (Polynésien)
Flag pen shell (GB), Schinkenmuschel, Schwarze Schinkenmuschel, Flaggen Steckmuschel, Flaggenmuschel (D), Steekmossel (NL)
Pinna vexillum Born, 1778
Atrina (Atrina) vexillum (Born, 1778)
Pinna nigra Chemnitz, 1785
Pinna gubernaculum Röding, 1798
Pinna nigra Dillwyn, 1817
Pinna nigrina Lamarck, 1819
Atrina gouldii banksiana Iredale, 1939
Zones côtières indo-pacifiques (dont mer Rouge, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française)
Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]Son aire de répartition connue s’étend de la côte est africaine (Mozambique) jusqu'à la Polynésie française, en incluant la mer Rouge, ainsi que du Japon jusqu'à Hawaï, avec comme limite sud la Nouvelle-Calédonie et le Queensland en Australie (Lemer & al., 2014, Poutiers, 1998, Rosewater, 1961).
La nacre étendard vit dressée verticalement, semi-enfouie (parfois presque totalement) dans les substrats* meubles (sable ou vase) des lagons*.
Elle occupe les lagons peu profonds et relativement protégés de l’hydrodynamisme océanique direct permettant une stabilité sédimentaire suffisante pour l’ancrage du byssus* dont les nombreux filaments vont s'attacher en profondeur.
Cependant, on la rencontre jusqu'à 50 m de profondeur.
La nacre étendard est une grande espèce de mollusque bivalve (48 cm de hauteur pour 30 cm de largeur au maximum), dont les valves* égales sont triangulaires, solides et opaques. Elles sont très effilées, à la pointe quelque peu galbée. Leur bord large est courbe. Cette forme de triangle allongé est d'autant plus anguleuse que l'individu est jeune.
En surface, les coquilles adultes ne présentent pas d’écailles ou alors très peu prononcées. Les deux valves sont souvent recouvertes d’épibiontes*, mais leur couleur interne est noire, avec par transparence une teinte violette. La partie nacrée* (en aragonite), disposée à l’intérieur des valves dans la zone antérieure, présente la particularité de conserver les cicatrices des muscles adducteurs* postérieur et antérieur.
Le bord du manteau* est la partie de l’animal s’exposant en dehors des valves lorsque celles-ci sont ouvertes. Il est bordé de lèvres dentelées noires. Ses couleurs varient, sur un fond sombre, du blanc à l’orange foncé et dessinent, sur le bord externe du repli, des zébrures parallèles à la marge des valves et, sur son côté intérieur, des zébrures plus fines et de mêmes couleurs, perpendiculaires à la marge des valves.
La confusion est possible avec les autres espèces d’Atrina (par exemple Atrina exusta), surtout pour les juvéniles où une identification génétique est nécessaire.
Cette espèce est suspensivore* : les branchies*, assurant la fonction de respiration, filtrent aussi les particules organiques (plancton*) contenues dans l'eau dont la nacre se nourrit.
Son ancrage et sa position dans le substrat lui procurent un filtrage efficace.
Comme pour d'autres Pinnidés, on suppose une reproduction gonochorique* externe, soit une émission des gamètes* mâles et femelles, avec fécondation* en pleine eau. Cependant, dans cette famille, des cas d’hermaphrodisme* successif existent (Pinna nobilis) et pour la nacre étendard, rien n’est à ce jour confirmé (mai 2026). La durée de la phase larvaire* pélagique* est également inconnue.
En revanche, de récents travaux (Guttierez, Boissin & al., 2025, Guttierez, Mouronvalle & al., 2025) ont mis en évidence que sa dispersion larvaire, jusqu’alors supposée océanique, pourrait très bien se dérouler entièrement au sein des lagons. Ceci impacte la connectivité de ces populations et donc leur résilience face aux différentes perturbations. Par ailleurs, on y a découvert des structures familiales.
On retrouve parfois la nacre étendard associée avec le corail Acropora pulchra qui abrite son développement.
Les grandes valves de cette pinne permettent d’abriter dans la cavité de son manteau des organismes associés tels que les crevettes Tympanicheles ornatus et Ensiger custos (Bruce, 1977, De Gier & Fransen, 2023).
Hors du sédiment, les surfaces des valves peuvent porter divers épibiontes*, notamment des algues, des éponges et d'autres invertébrés.
Les individus les plus âgés formellement identifiés chez Atrina vexillum peuvent atteindre 11 ans (Silina, 2012), ce qui confirme le caractère longévif* de l’espèce. En raison de son mode de reproduction à fécondation externe, de sa phase larvaire planctonique et d’un cycle de vie relativement lent, l’espèce apparaît particulièrement vulnérable face aux perturbations environnementales de plus en plus fréquentes (pressions anthropiques*, dégradation des habitats, anomalies thermiques), qui peuvent compromettre le recrutement et la stabilité des populations (Guttierez, 2025).
L'extérieur des valves est constitué de colonnes prismatiques de calcite
(Zoellner & Zlotnikov, 2019). Ces dernières sont particulièrement
fragiles si la matrice biologique les soudant entre elles se retrouve
déshydratée, ce qui les détériore très rapidement quand les valves des
individus morts sont exondées. En revanche, immergées, les valves mortes
permettent d’abriter une multitude d’organismes.
En Polynésie française, l'espèce bénéficie d'une protection de catégorie A, depuis l'Arrêté 466 du 22 mars 2018 (interdiction de la prélever, de la détenir, de la transporter, de l'exporter ou de l'importer).
Cependant, elle est toujours exploitée commercialement dans certains pays asiatiques.
Nacre : du latin [nacrum], en référence à la couche interne nacrée des valves ;
Étendard : traduit directement le latin [vexillum] et donc son implantation verticale dans le substrat.
Atrina : du latin [a] = privatif, [thrix/trichos] = poil, [-ina] = diminutif : bivalves lisses, dépourvus des formations foliacées et épineuses présentes sur les coquilles du genre voisin Pinna. Genre introduit en 1842 par le zoologiste britannique John Edward Gray (1800-1875) ;
vexillum : du latin [vexillum] = étendard, drapeau, pavillon, en référence à la forme triangulaire et élancée de la coquille, évoquant un étendard dressé verticalement dans le substrat.
Numéro d'entrée WoRMS : 216652
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda | Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes | Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire. |
| Sous-classe | Autobranchia | Autobranches | |
| Infra-classe | Pteriomorphia | Ptériomorphie | |
| Ordre | Ostreida | Ostréides | |
| Super-famille | Pinnoidea | ||
| Famille | Pinnidae | Pinnidés | Coquille enfoncée verticalement par l'extrémité pointue dans le sable ou la vase, et fixée par un byssus. |
| Genre | Atrina | ||
| Espèce | vexillum |
Bivalves (ou Lamellibranches)
L’ō’ota de Bora
Individu semi-enfoui dans un substrat sableux.
Lagon de Bora-Bora, Polynésie française, océan Pacifique, 8 m
05/2022
Bivalves (ou Lamellibranches)
Manteau zébré
Vue de dessus d’un individu dont le bord du manteau referme la cavité formée par les deux valves (cavité palléale*). Ce réflexe de fermeture du manteau précède celui de la fermeture des valves. Les couleurs de ce rebord varient du jaune au brun.
Lagon de Bora-Bora, Polynésie française, océan Pacifique, 5 m
05/2022
A l'abri
Cette nacre occupe les lagons peu profonds et relativement protégés de l’hydrodynamisme océanique direct permettant une stabilité sédimentaire suffisante pour l’ancrage du byssus dont les nombreux filaments vont s'attacher en profondeur.
Baie des Tortues, Mayotte (976), océan Indien
01/11/2010
Valves ouvertes
Le repli du manteau est bordé de lèvres dentelées noires.
Nouméa, Nouvelle-Calédonie, océan Pacifique, 5 m
2007
Croissance parallèle
Ces deux individus se sont développés de manière parallèle. Bien que cette espèce ne soit pas strictement grégaire, lorsque l’environnement est favorable à son développement, il est possible d’observer des densités élevées d’individus. Les contraintes environnementales, notamment le courant, peuvent conduire les individus à s’orienter selon un même axe.
Lagon de Bora-Bora, Polynésie française, océan Pacifique, 5 m
05/2022
Très ensablé
La nacre étendard vit dressée verticalement, semi-enfouie (ici presque totalement) dans les substrats meubles des lagons.
Bambo-Est, Mayotte (976), océan Indien
24/05/2010
Détail
Il s'agit d'une vue zoomée de l'individu précédent.
Les couleurs du bord du manteau dessinent, à l'extérieur, des zébrures parallèles à la marge des valves et, à l'intérieur, des zébrures plus fines et de mêmes couleurs, perpendiculaires à la marge des valves.
Bambo-Est, Mayotte (976), océan Indien
24/05/2010
Bien installé
Cette photo illustre le lien étroit entre ce bivalve et le substrat. Certains individus sont fortement enfouis et ne laissent apparaître qu’une mince ouverture pour se nourrir et respirer. Cela souligne que les éléments de pollution particulaire, qui se déposent dans le substrat, peuvent être accumulés par les organismes filtreurs, en particulier chez les espèces vivant enfouies.
Lagon de Bora-Bora, Polynésie française, océan Pacifique, 13 m
05/2022
Environnement de protection
Le manteau de cet individu est très clair.
La détermination est donc à confirmer.
Mitsio, Madagascar, océan Indien, 20 m
02/11/2019
Rédacteur principal : Thomas GUTTIEREZ
Correcteur : Yves MÜLLER
Responsable régional : Sylvie DIDIERLAURENT
Lemer S., Buge B., Bemis A., Giribet G., 2014, First molecular phylogeny of the circumtropical bivalve family Pinnidae (Mollusca, Bivalvia) : Evidence for high levels of cryptic species diversity, Molecular Phylogenetics and Evolution, 75, 11-23.
Guttierez T., Planes S., 2024, Understanding the population structure of Atrina vexillum, giant bivalves, in French Polynesia, International Congress in Ecology and Evolution, SFE, hal-04946111.
Guttierez T., 2025, Écologie et génétique des populations d'Atrina vexillum en Polynésie française : support pour la conservation de l'espèce, Theses.hal.science, Université Paris sciences et lettres, 229p.
Guttierez T., Boissin E. Planes S., 2025, Genetic Relatedness and Parentage Analysis as a Framework to Enhance Local Conservation Strategies for Marine Species, Ecology and Evolution,15(9), e72184.
Guttierez T., Mouronvalle C., Boissin E, Planes S., 2025, Development of 30 microsatellite markers for genetic analysis of Atrina vexillum, Molecular Biology Reports, 52(1), 450.
Poutiers J-M., 1998, The Living Marine Resources of the Western Central Pacific, Volume 1. Seaweeds, corals, bivalves and gastropods, Rome, FAO, 686p.
Rosewater J., 1961, The family Pinnidae in the Indo-Pacific, In Indo-Pacific Mollusca, 1(4), 175-226. United States National Museum.
Silina A.V., 2012, Growth of Bivalve Atrina vexillum in the Gulf of Thailand, Journal of Shellfish Research, 31(4), 989-995.
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