Distaplia à grande larve

Distaplia magnilarva | (Della Valle, 1881)

N° 1864

Méditerranée occidentale, Adriatique Nord et Atlantique Nord-Est limitrophe

Clé d'identification

Petites (1 à 2 cm) ascidies coloniales pédonculées en forme de coussinet aplati
Une double couronne de zoïdes converge vers un siphon cloacal commun (= un système)
Siphon cloacal commun situé au sommet du coussinet
Coloration très variable mais le plus souvent rose rougeâtre lavé de pourpre ou de violet

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Distaplia mgnilarva Della Valle, 1881 (erreur typographique dans la publication originale)
Distaplia stelligera (Giard, 1899)
Holozoa magnilarva, Salfi, 1925

Distribution géographique

Méditerranée occidentale, Adriatique Nord et Atlantique Nord-Est limitrophe

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Distaplia magnilarva est une espèce européenne. Elle est connue de Méditerranée occidentale et d'Adriatique du Nord. Sa présence dans l'Atlantique Nord-Est limitrophe reste à confirmer, mais elle semble avoir été identifiée aux Açores en 2016.

Biotope

Distaplia magnilarva se fixe sur des substrats* durs dans des zones ombragées. On l'observera en particulier sur les parois verticales, sous les surplombs ou sous les pierres. Elle est présente dès les premiers mètres et jusqu'à au moins 70 m de profondeur.

Description

Distaplia magnilarva forme de petites colonies pédonculées*, de 1 à 2 cm de diamètre, terminées par une, deux voire plus, têtes arrondies, à peine bombées. Une double couronne de zoïdes entoure un siphon* cloacal commun situé au sommet du coussinet (cette unité anatomique autonome s'appelle chez les ascidies coloniales un "système"). Il peut y avoir deux (parfois plus) systèmes et donc deux siphons communs sur un même coussinet ou, sur les coussinets allongés, un siphon cloacal unique et étiré en son centre. Cependant, le plus souvent il n'y a qu'un seul système par coussinet.

Les colonies sont typiquement de couleur rose lavé de pourpre mais des colonies rose orangé, voire violettes existent aussi. Les pédoncules*, relativement larges, sont plus clairs que la tête de la colonie. La tunique commune montre une fine granulation blanchâtre éparse.

Le siphon oral possède 6 lobes arrondis et très transparents. Il montre de très fins tentacules* souvent de couleur blanche. Ces tentacules sont au nombre d'une quinzaine et de deux longueurs différentes. Le siphon cloacal de chaque individu, dirigé vers le cloaque commun et caché à l'intérieur de la colonie, porte une languette simple très développée se dirigeant vers le siphon cloacal commun. L'extrémité de cette languette est visible au niveau du bord du siphon cloacal commun sous la forme de très petits points blancs. Le nombre de ces points blancs correspond au nombre de zoïdes de chaque système.

En période hivernale les coussinets se contractent, les siphons sont moins visibles et l'aspect général peut faire penser à une éponge.

Espèces ressemblantes

Distaplia rosea, longtemps confondu avec Distaplia magnilarva, présente une organisation semblable mais forme des coussinets plus étendus constitués de nombreux petits systèmes, souvent réunis par leur base et de couleur rose plus pâle et plus translucide. De plus, chez Distaplia rosea, les ouvertures buccales sont bien plus difficilement observables in situ. Espèce atlantico-méditerranéenne.

Eudistoma rubrum se présente sous la forme d'un petit coussin plat encroûtant de couleur lilas et aux individus organisés en étoile autour des siphons cloacaux rapprochés entre eux mais qui ne forment pas de vrais siphons cloacaux communs. Espèce méditerranéenne.

L'organisation générale rappelle celle des ascidies coloniales du genre Aplidium dont, par exemple, les petites colonies des formes méditerranéennes d'Aplidium elegans et d'Aplidium aff. nordmanni.

Alimentation

Comme les autres tuniciers, c'est un animal filtreur*. L'eau, chargée des particules nutritives, pénètre par le siphon* buccal. Ce dernier est muni d'une couronne de tentacules sensoriels, lesquels par contraction sont capables d'empêcher l'entrée d'objets aspirés de trop grande taille. Le liquide qui a pénétré dans l'animal débouche à l'intérieur d'un sac branchial*, puis est amené au niveau de fentes que l'on appelle les trémas* ou stigmates*. Il passe ensuite dans la cavité péribranchiale, puis ressort par le siphon cloacal*.
Les particules sont retenues au niveau des fentes du filtre et sont enrobées par du mucus, l'ensemble constituant un agrégat nutritif qui est conduit par le battement des cils vers l'estomac via l'œsophage. La digestion y est facilitée par l'action d'une glande digestive qui est accolée à l'estomac. Après le passage dans l'intestin, les déchets de la digestion sont évacués, sous forme de chapelets de fèces*, par un anus débouchant dans le siphon cloacal.

Reproduction - Multiplication

Distaplia magnilarva est une espèce vivipare*. Les zoïdes* d'une même colonie sont, soit mâles, soit femelles. Les larves*, très caractéristiques avec les pédicules (voir le dessin de la larve) des ventouses renflés à leur base, sont incubées dans une poche développée au niveau du thorax (voir "Divers biologie").

Reproduction asexuée (ou multiplication asexuée) : la formation de la colonie peut commencer par bourgeonnement à partir de l’individu souche après fixation et métamorphose* de la larve.

Divers biologie

Description microscopique interne :
Comme presque tous les représentants de la famille des Holozoidés (Holozoidae), il y a : 4 rangs de stigmates au niveau du sac branchial ; environ 30-35 stigmates par demi-rangée ; un estomac lisse muré ; la présence d'un réservoir gastrique ; colonie soit mâle, soit femelle ; une poche de couvaison.
Le corps de la grande larve mesure à maturité environ 2,5 mm de long et sa queue 1,5 mm. Elle porte trois organes adhésifs placés sur un processus ventral et qui sont typiquement renflés à leur base.

Origine des noms

Origine du nom français

Distaplia à grande larve est une traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Distaplia : ce nom de genre a été créé par Antonio Della Valle en 1881 par la contraction de deux noms de genres ressemblants, Distomus et Aplidium.

magnilarva : du latin [magnum] = grand et de [larva] = larve, signifie "grande larve" en rapport avec la grande taille des larves de cette espèce.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Holozoidae Holozoidés

Zoïdes complètement englobés dans une tunique commune, habituellement organisés en système autour d'un cloaque commun élaboré. 6 lobes au siphon buccal et 6 lobes ou un bord lisse au siphon cloacal. 3 ou 4 rangs de stigmates, rarement 5 ou 6.

Genre Distaplia
Espèce magnilarva

Nos partenaires