Aplysille rose

Aplysilla rosea | (Barrois, 1876)

N° 3550

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Eponge encroûtante de couleur rose à rouge-brique
Présence de petits conules correspondant à l'extrémité des fibres du squelette
Oscules à l'extrémité de petites cheminées
Compressible et douce au toucher

Noms

Noms communs internationaux

Encrusting rose sponge (GB)

Synonymes du nom scientifique actuel

Verongia rosea Barrois, 1876

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]

Sa distribution semble assez étendue. On peut l'observer en mer du Nord, en Manche, sur les côtes nord-est de l'océan Atlantique ainsi qu'en Méditerranée.

Biotope

Cette espèce plutôt sciaphile* se rencontre dès les premiers mètres sous les surplombs, dans les fissures de la roche, sous les cailloux et les coquilles de mollusques, sous le couvert des algues ou des posidonies ainsi que dans les grottes superficielles. Passé 20-30 mètres, elle fréquente tous types de parois dont, en Méditerranée, le coralligène*. Elle a été observée jusqu'à 640 mètres de profondeur.

Description

Cette éponge encroûtante, de couleur rose à rouge-brique, forme des plaques plus ou moins étendues pouvant atteindre une vingtaine de cm². Son épaisseur ne dépasse pas 5 mm. Elle est compressible et douce au toucher. On distingue à sa surface un réseau d'épaississements. Sa surface est hérissée de petits conules* hauts de 2 à 3 mm, correspondant à l'extrémité des fibres du squelette ; ils sont espacés à intervalle de 5 mm environ
Les pores* inhalants* sont de petites tailles et difficilement observables à l'œil nu. Les oscules*, larges de 1 à 3 mm, sont souvent situés à l'extrémité de petites cheminées.

Voir la description microscopique dans la rubrique "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

Aplysilla sulfurea Schulze, 1878 : son aspect général est semblable mais sa couleur est jaune.

Hexadella racovitzai Topsent, 1896 : d’aspect fibreux, elle forme des plaques de recouvrement dont la surface est beaucoup plus importante. Elle est dépourvue de fibres squelettiques. Elle possède également des oscules* beaucoup plus grands.

Dysidea avara (Schmidt, 1862) : elle présente de nombreux lobes tubulaires élevés à l'extrémité desquels s'ouvrent de grands oscules.

Alimentation

Comme toutes les autres éponges, Aplysilla rosea se nourrit et capte l’oxygène en créant dans ses chambres internes un courant d’eau. Celui-ci est engendré par le battement des cils de certaines cellules spécifiques aux Spongiaires : les choanocytes*.
La nourriture de ce filtreur suspensivore* se compose de plancton* (en particulier d'organismes dinoflagellés*) et de particules organiques détritiques en suspension. L’ensemble pénètre avec le courant d'eau via de tout petits trous, les pores* inhalants* ou ostioles* puis est capté par les choanocytes.
La digestion est intracellulaire, les déchets non métabolisables sont évacués via des orifices (ou pores) exhalants : les oscules*.

Reproduction - Multiplication

Le mode habituel de reproduction de cette espèce hermaphrodite* s'effectue par voie sexuée.
La fusion des gamètes* mâles et femelles donne un œuf qui est incubé quelques temps dans le corps de l'éponge mère : c'est une espèce vivipare*.
Les larves* de type "parenchymella"* sont libérées en été au moment où la température de l'eau est la plus élevée. Ce sont des larves ciliées* nageuses qui se fixent rapidement pour donner de nouvelles éponges.

Chez certaines éponges, il existe un mode de multiplication par voie asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l'éponge mère pour se fixer un peu plus loin.
Ce mode existe peut-être, mais n'a pas été décrit chez Aplysilla rosea.

Les éponges ont une grande capacité de régénération.

Vie associée

L’aplysille rose vit parfois en épibionte* des valves de Arca noae, Pinna nobilis ou Mytilus galloprovincialis.

Cette éponge est la proie favorite du mollusque gastéropode nudibranche Felimida luteorosea.

Divers biologie

L'observation au microscope permet de découvrir un squelette de fibres de spongine* dendritiques* plus ou moins ramifiées, assez longues (5 à 6 mm) mais variables en épaisseur (50 à 300 µm). Ces fibres ont la particularité d'être toujours pourvues d'une moelle striée transversalement et d'être dépourvues de corps étrangers (grains de sable, spicules* d'autres éponges).
Cette espèce ne possède pas de spicules*.

Informations complémentaires

Aplysilla rosea et Aplysilla sulfurea ont souvent été considérées comme une variété de couleur d'une seule et même espèce. Il semble qu'après des études récentes elles soient considérées dorénavant comme deux espèces distinctes.

Origine des noms

Origine du nom français

Aplysille : francisation du nom latin.

rose : couleur de cette espèce.

Origine du nom scientifique

Aplysilla : du grec [aplusias] = saleté et [-illa] = suffixe servant à former un diminutif. On pourrait donc traduire par petite saleté. Pline, naturaliste romain, donne le nom d'Aplysia à une espèce grossière d'éponge (Rémy Perrier IA).

rosea
: mot latin = rose (couleur).

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 132296

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymella.

Sous-classe Keratosa Kératoses
Ordre Dendroceratida Dendrocératides Démosponges dont le squelette est constitué de fibres de spongine qui s’élèvent d’une plaque basale également en spongine et sont le plus souvent dendritiques. Pas de différences observables entre fibres primaires et secondaires. Les fibres ont toujours une moelle distincte et sont fortement stratifiées. Eponges vivipares, la larve est de type ‘parenchymella’.
Famille Darwinellidae Darwinellidés Eponges dont le squelette est composé uniquement de fibres de spongine à l’aspect dendritique*.
Genre Aplysilla
Espèce rosea

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