Turbicellépore couronnée

Turbicellepora coronopus | (Wood, 1844)

N° 1770

Méditerranée et Atlantique Est européen

Clé d'identification

Colonies encroûtantes, courtes, massives de forme grossièrement cylindrique
Colonies épaisses de plusieurs millimètres
Surface irrégulière, moyennement rugueuse au toucher
Coloration blanche à jaunâtre, parfois verdie par des micro-algues

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Cellepora coronopus Wood, 1844
Schismopora coronopus Canu et Bassler, 1928
Osthimosia coronopus Lagaaij, 1952

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique Est européen

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Turbicellepora coronopus est une espèce présente en Méditerranée et en Adriatique, ainsi que sur les côtes tempérées de l'Atlantique Nord-Est.

Biotope

Turbicellepora coronopus se rencontre principalement entre 20 et 80 mètres de profondeur, dans les fonds détritiques* côtiers et coralligènes*, sur diverses concrétions ou débris coquilliers.

Description

Turbicellepora coronopus forme des colonies encroûtantes, courtes, massives, de forme grossière, subcylindrique, parfois noduleuse. La taille de la colonie peut atteindre quelques centimètres de longueur. La couleur des colonies "propres", non verdies par des micro-organismes (voir § "Vie associée"), est blanche à jaunâtre. La surface est rugueuse, poreuse (celleporiforme) et montre des zoïdes* à l'orientation très irrégulière, désordonnée. La colonie constituée de plusieurs couches de zoïdes empilés les uns sur les autres peut atteindre une épaisseur de plusieurs millimètres (plus de 10 mm).

Voir la rubrique "Divers biologie" pour la description microscopique.

Espèces ressemblantes

Turbicellepora avicularis forme des colonies brunes aux longues branches, se terminant en pointe, souvent sur des supports filiformes.

Turbicellepora tubigera porte des zoïdes noyés dans la masse, peu distincts, contrairement à T. coronopus où ceux-ci restent bien visibles.

Turbicellepora magnicostata, pour sa forme atlantique, forme des colonies fort semblables à T. avicularis (longues branches en pointe). Mais cette espèce est répandue en Méditerranée avec des colonies de forme différente, en amas noduleux, un peu comme T. coronopus.
 
Cellepora pumicosa forme des colonies massives, en dômes de consistance pierreuse et de teinte orangée. La surface finement hérissée et régulièrement bosselée est rugueuse au toucher. L’épaisseur de ces colonies encroûtantes peut avoisiner 2 cm et la taille peut atteindre 10/12 cm. On les trouve sous les plafonds mais aussi sous forme de petits manchons autour d’algues ou d’hydraires.

Schizomavella mamillata forme des plaques encroûtantes épaisses, mamelonnées, à la surface grenue et jaune vif.

Alimentation

Les individus de la colonie se nourrissent d’éléments planctoniques* ou de particules organiques en suspension, capturés par le lophophore* (tentacules* ciliés* en couronne autour de la bouche), englués dans un mucus et apportés à la bouche : ce sont des suspensivores* actifs car les tentacules des lophophores créent des microcourants qui dirigent les proies vers la bouche. Ces tentacules sont dépourvus de cellules urticantes.

Reproduction - Multiplication

Comme tous les bryozoaires, cette espèce est capable de se reproduire de manière sexuée. Les œufs fécondés vont incuber dans une chambre (ovicelle*) avant d’être libérés sous forme de larves*. La larve nageuse va ensuite se fixer pour bourgeonner* une nouvelle colonie par multiplication asexuée. Cette multiplication asexuée peut aussi se faire à partir d’un fragment cassé ou d’un clivage de la colonie en plusieurs colonies filles, qui vont pousser dans des directions différentes.
Les ovicelles de T. coronopus sont observées en mai, août et octobre, les embryons ou les larves en octobre en Méditerranée.

Vie associée

Une épibiose* (vie fixée) importante se développe sur la majorité des colonies. Elle est constituée d’organismes microscopiques (algues unicellulaires, folliculinidés, foraminifères, ...) et est matérialisée par la couleur verdâtre à brunâtre que prennent les colonies. Cette épibiose ne semble pas affecter la vivacité de la colonie qui continue à présenter un duvet dense de tentacules (lophophores) dans les zones verdies.

Divers biologie

Description microscopique :
- Les zoïdes sont lisses et renflés (0,60 x 0,45 mm environ). La paroi frontale montre quelques rares pores marginaux (ou pores aréolaires). L'ouverture présente un large sinus proximal peu profond, bien visible (encoche en V bien marquée) et un péristome* peu développé ne masquant pas l'ouverture.
- Les aviculaires* sont de deux types uniquement : un aviculaire oral (labial) constant, petit, non pédonculé*, sans rostre*, latéral, à mandibule subogivale* et un seul autre type d'aviculaire inter-zoïdal, disséminé, grand (0,35 x 0,20 mm) à très large mandibule spatulée arrondie et irrégulièrement orientée à la surface de la colonie. La barre d'articulation de la grande mandibule spatulée est étroite chez T. coronopus et montre une petite excroissance centrale (columelle*).
- Ovicelle* au-dessus de l'ouverture, globuleuse, plus ou moins enfoncée, percée de plus de 12 pores (Turbicellepora avicularis et T. tubigera en ont moins de 12). L'opercule* de l'ouverture ne participe pas à l'obstruction de l'ovicelle.

Origine des noms

Origine du nom français

Turbicellépore couronnée est une francisation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Turbicellepora : de [turba] = trouble, en désordre, de [cella] = petite chambre, cellule, loge, cabinet et de [pora] qui signifie pore, poreux.

coronopus : du latin [coronopus] = corne de cerf. C'est d'ailleurs le nom d'espèce du plantain corne de cerf (Plantago coronopus, végétal). Mais l'on peut peut-être ici simplement se référer à [corona] = couronne, guirlande ? Notons qu'il est difficile d'indiquer quelle structure anatomique de l'espèce ressemblerait à une couronne ou encore à des cornes de cerf. Le lien est peut-être l'aspect de velours brun des bois de cerf quand ils viennent de pousser (à confirmer).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores Paroi frontale calcifiée sous laquelle un sac flexible invaginé s'ouvre sur l’extérieur par un pore médian situé derrière le péristome et nommé ascopore.
Famille Celleporidae Celléporidés Colonies encroûtantes ou dressées, fortement calcifiées, épaisses et où les loges sont disposées sans ordre, en plusieurs assises.
Genre Turbicellepora
Espèce coronopus

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