Coryne d'Agassiz

Sphaerocoryne agassizii | (McCrady, 1859)

N° 2818

Atlantique Nord-Ouest et Ouest tropical

Clé d'identification

Très petit hydrozoaire benthique en forme de massue
En colonies associées aux éponges
Tentacules capités dispersés en sphère autour de l'hydranthe

Noms

Autres noms communs français
Sphérocoryne des éponges
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Corynitis agassizii Mc Crady, 1859
Dipurella clavata Hargitt, 1902 (hydroméduse)
Syncoryne linvillei Hargitt, 1904

Distribution géographique

Atlantique Nord-Ouest et Ouest tropical

Zones DORIS : Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest

Cette espèce a été initialement décrite de la côte Atlantique des USA (Massachussetts, Virginie).

Les signalements de Sphaerocoyne bedoti aux Bermudes, au Panama, en Colombie et aux Antilles sont très probablement relatifs à cette même espèce (seul l'examen des méduses pourrait le confirmer). De même pour l'exemplaire photographié à Madère sur l'éponge Petrosia ficiformis dans l'ouvrage de P. Wirtz : l'espèce serait donc amphi-atlantique des régions tropicales à tempérées.

Biotope

Les colonies croissent sur ou dans des éponges : les stolons courent sous la surface et les hydranthes sortent par intervalles.

Description

C'est un très petit organisme (5 - 6 millimètres de hauteur, jusqu'à 10 millimètres tout étiré) qu'on aperçoit en groupes à la surface de certaines éponges, en lumière rasante.

Le polype* ou hydranthe* est en forme de massue, posé sur un pédoncule court et trapu, non ramifié. Sur la partie la plus large de l'hydranthe sont implantés une vingtaine de tentacules* en 3 ou 4 couronnes serrées. Ces tentacules portent un renflement à leur extrémité, on dit qu'ils sont capités. Les "boutons" au bout des tentacules transparents forment visuellement une sphère autour de l'hydranthe, un peu comme une fusée de feu d'artifice.

Les hydranthes sont reliés entre eux par un réseau d'hydrorhizes* rampantes, le plus souvent cachées sous l'éponge qui sert de support.

Espèces ressemblantes

Heterocoryne caribbensis Wedler & Larson, 1986 ressemble beaucoup à celle-ci, néanmoins un examen attentif montre que les tentacules capités sont trifides. D'autre part cette espèce affectionne tout particulièrement une éponge rouge comme substrat*.

Sphaerocoryne bedoti Pictet, 1893, décrite de l'Archipel des Moluques, est une espèce très ressemblante présente dans l'Indo-Pacifique, du Japon à l'Afrique du Sud.

Alimentation

Les colonies se nourrissent du plancton* capturé par les hydranthes. Il se peut que l'association avec une éponge leur permette de profiter d'un courant de filtration faible mais constant, qui ramène les particules alimentaires à portée des minuscules tentacules des polypes.

Reproduction - Multiplication

Sur les individus fertiles on peut voir des bourgeons médusaires, de couleur rose orangé, se développer parmi les tentacules. Ils portent quatre ébauches de tentacules capités. Deux, puis les quatre tentacules se développent séquentiellement au fur et à mesure de la croissance de la méduse.

Vie associée

Ces petits hydrozoaires sont toujours associés à une éponge, mais ils ne manifestent pas une grande sélectivité : on les trouve par exemple sur Agelas dispar, Aplysina fistularis, Xestospongia muta, Ircinia sp, Spirastrella sp...

Ils ne s'installent pas dans les orifices de l'éponge, mais passent à travers les tissus extérieurs et ne peuvent pas se rétracter à l'intérieur.

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation et légère abréviation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Sphaerocoryne : du grec [sphaira] = ballon, boule, sphère ; et [coryn] =massue. Ceci s'applique à la forme trapue du polype (bâtonnet à gros bout).

agassizii : en hommage à Louis Agassiz, "à qui l'Amérique doit sa première publication spécifiquement dédiée aux Méduses" (McCrady).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Ordre Anthoathecata Anthoathécates

Hydraires dont la phase polype est dépourvue de thèques protectrices rigides. Phase polype presque exclusivement benthique, quelques espèces tropicales sécrétant un exosquelette calcaire (coraux de feu). Méduse avec ombrelle haute possédant des ocelles, les gonades se développent autour du manubrium.

Sous-ordre Capitata Capités

Tentacules des polypes le plus souvent capités (avec des nématocystes groupés en « boutons »), parfois seulement chez les juvéniles. Longs pédoncules fixés ou ancrés dans le sédiment. Anthoméduses. Quelques espèces sécrètent un squelette calcaire.

Famille Sphaerocorynidae Sphérocorynidés

Hydozoaires benthiques coloniaux, polypes reliés par des stolons, tentacules capités. Médusoïdes libres, rudimentaires, en forme d'ombrelle à 4 canaux radiaires.

Genre Sphaerocoryne
Espèce agassizii

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