Ruppie spiralée

Ruppia spiralis | Linnaeus ex Dumortier 1827

N° 5183

Europe (lagunes de Méditerranée, d'Atlantique Nord-Est, de Manche, de mer du Nord et de mer Baltique)

Clé d'identification

Plante subaquatique à tiges très ramifiées et très fines
Peut mesurer jusqu’à 2 m en été et s’étaler en surface par petits fonds
Rhizomes enfouis dans le sédiment (sable ou vase)
Fruits portées par un pédoncule long et enroulé en spirale caractéristique (juin - septembre)

Noms

Noms communs internationaux

Spiral Tasselweed, spiral Ditchgrass (GB) Schraubige Salde, Strand-Salde (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Note. L’espèce a longtemps été appelée, de façon erronée, Ruppia cirrhosa (Petagna) Grande, 1918 qui est un synonyme d’une des deux autres espèces de Ruppia présentes en France, Ruppia maritima Linnaeus 1753.

Distribution géographique

Europe (lagunes de Méditerranée, d'Atlantique Nord-Est, de Manche, de mer du Nord et de mer Baltique)

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce d'Europe

Cette plante subaquatique est présente dans les lagunes des côtes de mer Noire (Crimée), de Méditerranée, d'Atlantique Nord-Est, de Manche, de mer du Nord et de mer Baltique.
En France métropolitaine elle est bien présente dans les lagunes du golfe du Lion et du golfe de Gascogne. Elle devient plus rare vers la Côte d’Azur, en Manche et en mer du Nord.

Biotope

Cette phanérogame* ne se développe pas en mer. Elle se rencontre dans les eaux calmes et saumâtres* d’anciens marais salants, de lagunes de petite taille ou dans les anses abritées de lagunes plus grandes.

Les signalisations en eau douce sont probablement des erreurs d’identification de Ruppia maritima Linnaeus, une espèce qui ne se rencontre pas en milieu très saumâtre contrairement à ce que pourrait laisser supposer son nom.

Description

La ruppie spiralée est une plante vivace* à tiges vertes, souples, ramifiées, chaque ramification se terminant par une feuille longue (environ 10 cm), très fine (< 1 mm), à apex* pointu et à marges bordées de très fines dents.
La plante est ancrée dans le sédiment (sablo-vaseux) par une tige souterraine, ou rhizome*, grâce à des racines adventives*.
La plante peut atteindre 2 mètres de longueur/hauteur en été, au point que la partie supérieure de la plante peut s’étaler en surface, pour les spécimens ancrés à faible profondeur. Elle est généralement plus petite, voire absente (limitée au rhizome) en hiver, par perte d’une grande partie des tiges dressées et des feuilles.
Le rhizome permet une multiplication végétative des pieds de ruppies qui forment alors des peuplements denses et étendus, véritables prairies sous-marines, appelées « herbiers ».
Si les peuplements peuvent devenir très grands, une colonisation commence par de petites taches, sans doute au départ à partir de graines transportées par des oiseaux, ensuite par arrachement d’une partie du rhizome qui va se replanter plus loin.

Les fleurs apparaissent entre juin et septembre. Elles sont portées par un long pédoncule floral droit. Après fécondation*, ce pédoncule s’allonge puis s’enroule en spirale, ce qui permet de distinguer cette espèce de Ruppia maritima chez qui le pédoncule fructifère ne s’enroule pas après fécondation.

Espèces ressemblantes

La ruppie maritime (Ruppia maritima) qui est généralement inféodée aux eaux douces et ne produit jamais de pédoncule fructifère spiralé.

Stuckenia pectinata (ex. Potamogeton pectinatus) qui est une espèce très ressemblante morphologiquement, sauf pour l’inflorescence* et le fruit qui sont différents et les feuilles qui ont un apex à marges lisses. Il pousse dans des eaux globalement moins saumâtres que Ruppia spiralis.

Ces deux espèces, contrairement à R. spiralis, ne présentent pas de pédoncule fructifère spiralé.

Alimentation

Comme les autres plantes à chlorophylle, Ruppia spiralis est autotrophe* pour le carbone : elle pratique la photosynthèse* à partir de l’eau et du dioxyde de carbone dissous.
Elle synthétise les autres molécules que les sucres à partir des éléments trouvés dissous dans l’eau et le substrat.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être asexuée (fragmentation du rhizome) et sexuée (fleurs pollinisées par le courant, ce qui génère des graines).

Les fruits/graines sont portés par le long pédoncule en forme de spirale caractéristique de l’espèce. La période d'observation de ces spirales s'étale de juillet à septembre dans les lagunes méditerranéennes.

Vie associée

Les herbiers peuvent être mixtes avec d’autres plantes, notamment Zostera noltei et Stuckenia pectinata. Dans les plus grandes lagunes, qui peuvent être très agitées en cas de vent, le système racinaire des Ruppia spiralis est insuffisant pour lui permettre d’éviter l’arrachement, mais suffisant si elle est associée à Z. noltei.

Comme les autres herbiers, les Ruppia spiralis sont vite le support d’algues épiphytes* (Cladophora, Polysiphonia,...) qui leur confisquent une partie de la lumière. R. spiralis n’est « nue » que les premiers mois en sortie de dormance, lors de la phase de croissance rapide (mars à mai…). Elle héberge également de petits gastéropodes comme Ecrobia ventrosa.

Divers biologie

Ruppia spiralis est mangée par les anatidés (les cygnes, les oies et les canards qui participent ainsi à la dissémination des graines) et sans doute par les saupes dans les grandes lagunes.

R. spiralis peut supporter de grandes variations de salinité (de 10 à 80 g.L-1).

Informations complémentaires

La valeur écologique de Ruppia spiralis est élevée. Sa présence est un critère de qualité pour le classement de la masse d’eau au sens de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau).

Notez que toutes les publications citées pour rédiger la fiche utilise le nom de Ruppia cirrhosa alors qu'elles traitent bien de Ruppia spiralis. Il s'agit d'une erreur fréquente jusqu'à il y a peu de temps.

Réglementation

L’espèce est protégée en région PACA sous le nom erroné de Ruppia maritima. Ceci s’explique par le fait que les deux espèces de Ruppia, Ruppia spiralis et Ruppia maritima (Synonyme : Ruppia cirrhosa) ont longtemps été confondues.

Origine des noms

Origine du nom français

Ruppie spiralée évoque l'aspect du long pédoncule en forme de spirale qui porte les fruits.

Origine du nom scientifique

Ruppia : dédié au botaniste allemand Heinrich Bernhard Rupp,

spiralis : du grec ancien [speira] : tourner, tordre.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Liliopsida Monocotylédones Un seul cotylédon* dans la graine. Les nervures des feuilles sont parallèles.
Sous-classe Alismatidae Alismatidées
Ordre Alismatales Alismatales
Famille Ruppiacea Ruppiacés
Genre Ruppia
Espèce spiralis

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