Pocillopore corne d’élan

Pocillopora grandis | Dana, 1846

N° 2147

Mer Rouge, Indo-Pacifique tropical

Clé d'identification

Colonies branchues pouvant atteindre 1 m de diamètre
Branches larges, épaisses et aplaties peu divisées
Verrues régulières en taille et espacement
Couleur marron ou rose
Espèce commune à faible profondeur jusqu'à 20 m en milieux exposés

Noms

Autres noms communs français

Corail framboise brun

Noms communs internationaux

Antler coral, elkorn coral (GB), Cuerno de anta (E), Eydoux-Porenkoralle (D)

Synonymes du nom scientifique actuel

Pocillopora elongata Dana, 1846
Pocillopora eydouxi Milne Edwards, 1860
Pocillopora coronata Gardiner, 1897
Pocillopora rugosa Gardiner, 1897
Pocillopora symmetrica Thiel, 1932

Cette espèce est souvent nommée sous le nom Pocillopora eydouxi Milne Edwards & Haime, 1860 (c'est le cas dans la publication de référence [Schmidt-Roach 2014]), malgré l'existence du synonyme Pocillopora grandis Dana, 1846 qui a l'antériorité et qui est accepté par WorMS.

Distribution géographique

Mer Rouge, Indo-Pacifique tropical

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]

Cette espèce est largement répandue dans tout le domaine indo-pacifique tropical, depuis la mer Rouge et l'Afrique de l'Est jusqu'aux îles Hawaï et à Panama. La limite nord est au Japon, la limite sud est au niveau de l'île Lord Howe. Elle est présente dans tous les DROM français du domaine Indo-Pacifique.
Cette distribution sera affinée dans les années à venir, les recherches en cours sur le genre Pocillopora pourraient modifier la répartition réelle de cette espèce.

Biotope

Ce corail est très commun à faible profondeur jusqu'à 20 m et peut se rencontrer jusqu'à 40 m. Il est abondant en mode exposé sur les fronts récifaux et les lieux exposés aux courants violents. On le rencontre sur des substrats* durs.
Il peut construire des récifs de peuplements monospécifiques* pouvant atteindre plusieurs mètres de diamètre.

Description

Les coraux de la famille des Pocilloporidés se caractérisent par des colonies branchues qui portent des verrues. Les calices* sont immergés dans la structure de base, ils sont de petite taille et ne dépassent pas 3 mm de diamètre.

L'espèce P. grandis forme des colonies hémisphériques pouvant atteindre 1 m de diamètre. Elle présente des branches dressées, épaisses (2 à 4 cm d'épaiseur), larges et aplaties qui sont peu et irrégulièrement divisées. Les branches peuvent être très espacées ou compactes surtout dans les milieux exposés aux courants violents. Les verrues, de taille identique, sont régulièrement espacées.

L'arrangement des polypiérites* est de type plocoïde* (murailles bien séparées). La couleur est marron ou vert plus ou moins foncé. Une columelle* styliforme est présente (voir paragraphe "divers biologie").

Espèces ressemblantes

Pocillopora meandrina présente la même aire de répartition (sauf mer Rouge). Elle ressemble à P. grandis, formant des buissons pouvant atteindre 30 cm de diamètre, avec des branches plates, souvent incurvées, qui partent radialement du point initial de développement de la colonie. Les verrues sont uniformes et petites. Les extrémités des branches ne portent généralement pas de verrues. Les colonies sont de couleur uniforme pouvant être jaune, marron, rose, bleue ou verte. Cette espèce est commune sur les faces exposées des récifs. La différence majeure entre P. grandis et P. meandrina est dans la forme de la columelle.

Pocillopora woodjonesi
a une aire de répartition qui va du nord-est de l'océan Indien au Pacifique Est. La limite nord est au sud de la mer de Chine. Elle est présente dans tous les DROM français du domaine Indo-Pacifique. C'est une espèce peu commune, de 60 cm de diamètre maximum, qui se rencontre dans les habitats exposés aux vagues entre 2 et 26 m de profondeur. Elle ressemble à P. grandis avec des branches plus grosses et plus évasées.

Pocillopora verrucosa
présente la même aire de répartition. Les colonies, de couleur crème, marron ou rose, peuvent atteindre 50 cm de diamètre. Les branches sont plus petites, compactes et de taille uniforme, leur extrémité est arrondie. Les verrues sont proéminentes et de tailles irrégulières. Elle est abondante en mode abrité ou plus agité mais rare en mode très exposé.

Alimentation

Comme tous les coraux hermatypiques*, Pocillopora grandis se nourrit grâce aux algues symbiotiques* contenues dans l'endoderme et qui fabriquent des sucres par photosynthèse*. Les polypes*, munis de cellules urticantes, les cnidocytes*, peuvent aussi capturer de petits organismes planctoniques*.

Reproduction - Multiplication

Cette espèce est hermaphrodite*, et libère les gamètes* mâle et femelle peu avant la marée basse à la pleine lune ou dans les jours qui suivent. Les ovocytes* contiennent des algues symbiotiques* zooxanthelles* héritées des parents.
P. grandis est sexuellement mature quand il atteint un diamètre d'environ 35 cm, soit vers l'âge de 7 à 8 ans.
Cette espèce peut aussi se reproduire par voie asexuée par fragmentation ou bourgeonnement.

Vie associée

De nombreuses espèces animales vivent en association avec les Pocilloporidés. Parmi les poissons vivant entre leurs branches, on trouve très communément des poissons-demoiselles, tels que Dascyllus aruanus, Dascyllus trimaculatus et Chromis viridis, qui forment des nuages au-dessus des colonies et se réfugient dans les entrelacs des branches à la moindre alerte ou pour se reposer. On trouve aussi des poissons-faucons et éperviers de la famille des Cirrhitidés.

De nombreux crustacés vivent aussi en association avec ces coraux : des copépodes endo et ectoparasites*, ainsi que des crevettes de la famille des Alphéidés et des petits crabes (genres Trapezia, Tetralia, …) qui protègent le corail hôte des attaques de l'étoile de mer couronne du Christ Acanthaster planci.
Plusieurs espèces de crabes de la famille des Cryptochiridés forment des cavités (galles) sur les branches du corail hôte dans lesquelles ils vivent, pouvant se retrouver enfermés suite à la croissance du corail. Le plus commun de ces crabes est Hapalocarcinus marsupialis.

L'oursin des Galapagos Eucidaris galapagensis qui est souvent observé broutant sur ce corail est utilisé comme biomarqueur du développement des récifs de Pocilloporidés.

Divers biologie

Plusieurs critères de différenciation entre espèces de Pocillopora ne sont visibles qu'après examen attentif du squelette. Les calices de cette espèce mesurent entre 0,6 et 1 mm de diamètre.
La columelle styliforme de P. grandis peut varier d'un calice à l'autre par le nombre de stylets qui la composent (de 1 à 3). Les septes sont peu développés et arrangés en 2 cycles de 6, le 2e cycle étant très faiblement développé.

La croissance peut atteindre 5 cm par an, et dépend des conditions environnementales (favorisée par une température élevée et un environnement turbulent).

Réglementation

Depuis 2008, Pocillopora grandis est inscrit sous le nom de Pocillopora eydouxi sur la liste rouge de l'UICN sous le statut NT (Near Threatened, soit quasi-menacé). L'UICN a motivé sa décision en considérant la dégradation de son habitat.

La cueillette de ce corail est interdite à Mayotte par arrêté préfectoral.

Comme tous les autres scléractiniaires, cette espèce est aussi soumise à réglementation par son inscription à l'Annexe 3 du Protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées à la Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (dit Protocole SPAW ou de Kingston).

Origine des noms

Origine du nom français

Pocillopore corne d'élan se réfère à la forme des branches épaisses et aplaties. Corail framboise brun se réfère à sa ressemblance avec le corail framboise P. verrucosa excepté la couleur.
Certains noms vernaculaires seront amenés à évoluer quand la taxonomie de ces espèces sera définitive (la concordance des couleurs et des noms semble moins évidente actuellement).

Origine du nom scientifique

Pocillopora : du latin [pocillum] = petite coupe et [porus] = pore. Les polypiérites* ont une forme de petite coupe.

grandis : du latin [grandis] = grand, aux grandes proportions.
eydouxi : en l'honneur de Joseph Fortuné Théodore Eydoux (1802-1841), naturaliste et chirurgien à bord de "La Favorite" (1830-32) et "La Bonite" (1836-37), il co-publia des ouvrages naturalistes issus de ces expéditions.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 206952

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Famille Pocilloporidae Pocilloporidés
Genre Pocillopora
Espèce grandis

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