Animal du planctoni entièrement transparent
Corps comprimé latéralement et dépourvu de cérates
Peut atteindre 55 mm de longueur
Queue verticale, longue et parfois bilobée comme celle d'un poisson
Une paire de rhinophores longs et filiformes dans un plan perpendiculaire au corps
Glande digestive en forme de X
Gonade en 2 lobes
Nudibranche feuille
Pink-spotted fishdragon (GB)
Phylliroe bucephalum Lamarck, 1816
Phylliroe roseum d'Orbigny, 1836
Phylliroe sanzoi Sparta, 1925
Plusieurs genres ont été créés autrefois : Eurydice par Eschscholtz en 1825, Phylirine par Menke en 1844, Acura par Adams & Adams en 1854.
Méditerranée et océan Atlantique
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ● CaraïbesPhylliroe bucephala est observé en Méditerranée et dans l'océan Atlantique.
Phylliroe bucephala est un nudibranche épipélagique*. Cette espèce vit dans les couches supérieures des eaux chaudes.
Phylliroe
bucephala
est un nudibranche du plancton* entièrement
transparent. Son corps comprimé latéralement est dépourvu de cérates*. Sa longueur peut atteindre 55 mm. La queue est verticale, longue et parfois bilobée* comme celle d'un poisson. La
tête, avec une bouche terminale, porte, un peu en arrière,
une paire de
rhinophores* longs
(1/3 de la longueur du corps) et filiformes (dans un plan perpendiculaire au corps). Le
pied est réduit. Différents organes dont la
glande digestive (en forme de X avec un rétrécissement au milieu de chaque branche)
sont visibles à travers la peau. La gonade* est à deux lobes.
Deux espèces différentes de Phylliroe existeraient au niveau mondial :
Phylliroe bucephala Péron et Lesueur, 1810 et Phylliroe lichtensteinii (Eschscholtz, 1825).
Différents auteurs constatent des différences morphologiques et anatomiques plus ou moins constantes :
Il existe un autre genre (avec une seule espèce) connu de nudibranche pélagique* dans les mers d’Europe : Cephalopyge trematoides (Chun, 1889). Chez cette espèce, le corps n’est pas comprimé aussi latéralement, la queue est légèrement tronquée. Les rhinophores épais et lisses sont portés par un bourrelet saillant. La glande digestive est en forme de Y. Ce nudibranche n'est pas bioluminescent*. Il a été observé en de nombreux endroits tropicaux et subtropicaux et en Méditerranée. Il parasite le siphonophore cosmopolite (et commun plutôt en profondeur) : Nanomia bijuga (Delle Chiaje, 1844). Ce dernier vit en essaims.
Dans la zone bathypélagique*, un étrange nudibranche (Bathydevius caudactylus) également transparent et bioluminescent (mais il nage horizontalement) a été découvert en 2000. Il mesure de 56 à 145 mm de longueur. Comme Melibe leonina et Tethys fimbria, il capture ses proies (de petites crevettes Mysidacées) avec un capuchon. Il vit près de la côte pacifique de l'Amérique du Nord et certainement ailleurs (Robison & Haddock, 2024).
Chaque juvénile de Phylliroe bucephala se fixe à l’intérieur d'une cloche de l’hydroméduse Zanclea costata Gegenbaur, 1857 en utilisant son pied. Il dérive avec la méduse et se nourrit du manubrium* mais également de tout ce que son hôte a mangé.
Adulte, Phylliroe bucephala se nourrit ensuite des parties restantes du corps de l’hydroméduse. Une petite partie de la cloche de la méduse reste fixée à son pied.
A partir de 12 mm de longueur, l’adulte se libère des restes de la cloche de la méduse et nage seul à la recherche d’autres organismes planctoniques, d’autres méduses comme par exemple des méduses Aequorea sp., mais aussi des appendiculaires comme Oikopleura (Vexillaria) albicans (Leuckart, 1854) et des siphonophores.
Comme la plupart des nudibranches, Phylliroe bucephala est hermaphrodite*. La copulation a été observée, par des plongeurs, pour des animaux de taille supérieure à 32 mm. La fécondation* est interne et réciproque. Les deux animaux sont tête-bêche et nagent ensemble, en spirale, pendant environ 6 minutes.
En Méditerranée, la ponte a lieu de novembre à juillet. Les cordons d’œufs, longs de 6 mm, contiennent environ 12 œufs d’un diamètre de 0,11 mm. Les pontes ne sont pas abondantes : environ 240 œufs par adulte. Après 7 à 9 jours à 13 °C, chaque œuf donne une larve* véligère* nageant librement (probablement pendant au moins deux semaines). Les phases de la métamorphose* et de la fixation sont inconnues. Probablement avant la métamorphose, la larve véligère se fixe à la paroi interne de la cloche d’une hydroméduse Zanclea costata. Ensuite la croissance est très rapide.
Les Phylliroe bucephala juvéniles sont parfois considérés comme des parasites de l’hydroméduse Zanclea costata.
Certaines ramifications du tube digestif peuvent contenir des zooxanthelles* symbiotiques*. Il est possible qu’ils les obtiennent à partir de leurs proies (Lalli & Gilmer, 1989).
Phylliroe bucephala peut être parasité par des trématodes fixés sur sa peau ou dans le corps.
Contrairement aux autres nudibranches pélagiques (familles des Glaucidés et Fionidés : des éolidiens), les individus de la famille des Phylliroidés présentent une morphologie très atypique, notamment une forme corporelle comprimée latéralement qui leur permet de nager dans la colonne d’eau.
Phylliroe bucephala nage en pleine eau à 15 cm/s (Lalli & Gilmer, 1989) avec des mouvements ondulatoires latéraux lents de sa queue verticale aplatie comme font certains poissons. Il s’agit d’un cas d’évolution convergente. La morphologie de ce nudibranche est semblable à celle des poissons. Les autres nudibranches pélagiques, comme Glaucus atlanticus, ont une morphologie d’éolidien.
Cette espèce est très bioluminescente* et émet des éclairs de lumière azurée lorsqu’elle est dérangée.
Une observation attentive de P. bucephala révèle deux types de luminescence : une faible lumière diffuse sur l’ensemble du corps, y compris les rhinophores*, et une luminescence vive, limitée à certains points, généralement absente des rhinophores ou de la région caudale et plus abondante dans le tiers postérieur que dans les tiers antérieur ou médian du corps.
Certains nudibranches présentent une fluorescence (Betti & al, 2021) sur certains appendices mais pas de bioluminescence sauf chez deux genres éloignés Kaloplocamus et Plocamopherus (Polyceridés : Triophinés), et sert de mécanisme de défense en cas de perturbation (Vallès et Gosliner 2006).
Chez Phylliroe, la disposition des structures bioluminescentes le long des bords dorsal et ventral du corps, ainsi que sa transparence, entraînent une rupture des lignes du corps et permettent ainsi probablement à l'animal de se camoufler face à d'éventuels prédateurs, comme cela a été démontré chez d'autres organismes pélagiques* (Johnsen & al. 2004).
Autrefois, plusieurs auteurs ont décrit la méduse Zanclea costata (anciennement sous le nom de Mnestra parasites) comme un parasite* de Phylliroe bucephala alors que ce sont les larves du nudibranche qui sont considérées comme des parasites de la méduse.
Phylliroe bucéphale : nom donné, en 1810, par les naturalistes français François Péron (1775-1810) et Charles Alexandre Lesueur (1778-1846). Le nom scientifique a été donné, ensuite, par Lamarck.
Phylliroe : le genre Phylliroe est un taxon* de nudibranches pélagiques* marins, décrit en 1810, mais il n'existe aucune référence mythologique ou historique à ce nom dans les sources disponibles.
bucephala : du latin [bucephala] = à tête de bœuf, probablement pour les deux très longs rhinophores*, c’est également le nom du cheval d’Alexandre le Grand (-356 -323).
Cephalopyge : du grec [kephale] = tête et de [pyge] = derrière, qui désigne la position de l'anus près de la tête.
Mnestra : est une Danaïde dans la mythologie grecque.
lichtensteinii : cette espèce a été dédiée, en 1825, au naturaliste allemand Martin Heinrich Carl Lichtenstein 1780-1857 par le naturaliste germano-balte Johann Friedrich Eschsholtz (1793-1831).
Numéro d'entrée WoRMS : 581832
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Infra-classe | Euthyneura | Euthyneures | Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère. |
| Subter-classe | Ringipleura | ||
| Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
| Ordre | Nudibranchia | Nudibranches | Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre. |
| Sous-ordre | Dendronotina / Dendronotacea | Dendronotinés / Dendronotacées | Corps long et effilé. Appendices dorsaux en aiguille, en cigare ou branchus. Tête généralement pourvue de tentacules enroulés (rhinophores*) qui peuvent se rétracter dans des gaines. Rhinophore en tube ou en coupe. Mangeurs de Cnidaires. |
| Super-famille | Dendronotoidea | ||
| Famille | Phylliroidae | Phylliroidés | |
| Genre | Phylliroe | ||
| Espèce | bucephala |
Un bel exemplaire de Phylliroe bucephala en vue latérale (Indo-Pacifique)
Le contour du corps est marqué par des points bioluminescents. Seul le rhinophore de droite est bien visible.
Black Water Dive, Tulamben (Bali, Indonésie), 5-15 m
11/2025
La queue caractéristique de Phylliroe bucephala (Indo-Pacifique)
Les deux rhinophores et la queue aplatie ainsi que les glandes sexuelles (orange) sont bien visibles.
Black Water Dive, Tulamben (Bali, Indonésie), 5-15 m
11/2025
Une autre vue de Phylliroe bucephala avec peut-être le reste de la méduse
Les deux rhinophores et les gonades orange sont visibles. Juste au-dessus des rhinophores, la petite boule pourrait bien être le reste de la méduse Zanclea costata consommée par cet individu.
Black Water Dive, Tulamben (Bali, Indonésie), 5-15 m
11/2025
Nudibranche pélagique en Guadeloupe
L'animal faisait 1 à 2 cm. Le corps est de forme discoïde allongé avec une sorte de nageoire caudale à l'arrière (à droite). Le corps est très mince et transparent.
Guadeloupe, 5 m
18/06/2017
Animal vu de dessus
Les rhinophores, en bas, sont perpendiculaires au corps aplati
Guadeloupe, 5 m
18/06/2017
Au palier en Méditerranée
Phylliroe bucephala est vu de dessus. Le corps est très aplati et les deux rhinophores très longs sont caractéristiques. Juste en dessous peut-être les restes de la cloche de la méduse.
Le Grec, Porquerolles (83), 3 m
24/04/2026
Une autre vue, au palier, en Méditerranée
L'animal est vu de 3/4 et, à gauche, on distingue bien la queue dans un mouvement de nage latéral de droite à gauche.
Le Grec, Porquerolles (83), 3 m
24/04/2026
Phylliroe bucephala en pleine eau en Méditerranée
L'animal est presque vu latéralement, un des rhinophores est bien visible ainsi que la glande digestive en X. La queue est en haut.
En pleine eau, Sausset-les-Pins (83), 5 m
06/05/2018
Phylliroe bucephala nageant en Méditerranée
La queue, comme celle d'un poisson, à gauche est bien visible.
En pleine eau, Sausset-les-Pins (83), 5 m
06/05/2018
La queue de Phylliroe bucephala en Méditerranée
La queue aplatie latéralement est visible du dessus
En pleine eau, le Bassin, Agay Saint Raphaël (83), 5 m
28/04/2025
Phylliroe bucephala en Corse
L'animal est de travers. En bas les deux longs rhinophores et en haut la queue aplatie.
Golfe d'Ajaccio (2B)
20/04/2026
Phylliroe bucephala et Zanclea costata
A : Larve de P. bucephala fixée dans la cloche de la méduse
B : Individu plus âgé qui a consommé une partie de la méduse
C : Adulte nageant librement avec la cloche de la méduse réduite (Z) encore attachée au pied
A et B images redessinées de Martin & Brickman 1963 par Carol M. Lalli et Ronald W. Gilmer en 1989.
C : dessin modifié et redessiné de Ankel, 1952 par Carol M. Lalli et Ronald W. Gilmer en 1989.
Reproduction de documents anciens
1989
Bioluminescence
Phylliroe bucephala a été stimulé artificiellement et représenté dans l'obscurité pour montrer les points lumineux.
Dessin de M. Panceri, 1872, Etudes sur la phosphorescence des animaux marins
Reproduction de documents anciens
1872
Rédacteur principal : Yves MÜLLER
Vérificateur : Pascal GIRARD
Responsable régional : Yves MÜLLER
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La page de Phylliroe bucephala sur le site de référence de DORIS pour les mollusques : MolluscaBase
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