Phyllidie bleue, à lignes noires et tubercules jaunes
Rhinophores jaunes
3 bandes longitudinales noires pouvant être interrompues ; la bande centrale est noire
2 à 4 tubercules jaunes sur la bande centrale, ne se rejoignant jamais
Bord du manteau bleu-gris
Pas de ligne noire sur la sole pédieuse
Celestial phyllidia, sky blue phyllidia (GB), Blaue Warzenschnecke (D)
Phyllidia nobilis Farran 1905
Phyllidia honloni Risbec 1956
Phyllidia picta Pruvot-Fol 1957
Phyllidia alia Yonow, 1984
Océan Indien, Pacifique Ouest
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueLa phyllidie céleste est commune dans le domaine indo-pacifique tropical, depuis l'Afrique du Sud jusqu'au Pacifique Ouest. On peut la rencontrer à La Réunion, à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie.
Cette phyllidie se rencontre sur les récifs coralliens.
La phyllidie céleste est de forme large et ovale. Sa taille moyenne est de 33 mm mais elle peut atteindre jusqu'à 60 mm de long. Les couleurs de base de son manteau sont le bleu-gris, le noir et le jaune. Les rhinophores* sont jaunes avec des extrémités arrondies et portent de 19 à 26 lamelles. La face dorsale du manteau (notum*) comporte de nombreuses protubérances irrégulières, coniques ou anguleuses, dont la base est de couleur bleu-gris et les sommets sont jaunes. Ces protubérances sont de consistance dure et sont dues à la présence de spicules calcaires dans le manteau.
Dans cette famille, aucun panache branchial n'est présent sur le dos. Les branchies se trouvent cachées sous le manteau.
Le manteau porte trois bandes longitudinales noires, deux latérales et une centrale, séparées par des bandes bleues qui supportent les tubercules coiffés de jaune. Les bandes noires peuvent être interrompues : elles débutent à l'arrière des rhinophores et convergent vers l'arrière de l'animal dans la zone où se situe l'anus.
Deux petits tubercules (rhinotubercules) jaunes sont situés juste derrière les rhinophores. Il y a toujours un tubercule devant les rhinophores et un à l'arrière, situés sur la bande centrale.
Il y a toujours 2 à 4 gros tubercules disposés sur la ligne noire centrale, mais ceux-ci ne se rejoignent jamais pour former une crête continue.
Le bord du manteau est de couleur bleu-gris, entrecoupé parfois de méandres noirs, et porte de petits tubercules dont les plus gros peuvent être coiffés de jaune.
Les tentacules oraux sont gris. Le pied est uniformément gris. La sole (partie du pied en contact avec le substrat) ne porte pas de ligne médiane longitudinale noire.
Le dessin des juvéniles est plus simple, avec des lignes bleu-gris non interrompues qui forment un dessin en Y caractéristique.
Tous les nudibranches du genre Phyllidia ont des rhinophores jaunes.
Plusieurs phyllidies du genre Phyllidia ayant les mêmes couleurs de base, peuvent être confondues avec la phyllidie céleste. Armez-vous de patience, regardez sous la jupe (présence ou pas de bande noire) et surtout regardez bien la présence de la ligne centrale noire, qui même interrompue, vous guidera vers la bonne détermination.
Phyllidia varicosa Lamarck, 1801 a les mêmes couleurs de base, mais a de 3 à 5 crêtes de tubercules continues, sur un fond de couleur bleu-gris, dont une centrale. Ces crêtes sont alternées de bandes noires. La sole pédieuse porte une ligne longitudinale noire. L'anus est dorsal.
Elle a une large distribution dans l'Indo-Pacifique Ouest, le Pacifique central et la mer Rouge. En eaux françaises, elle est présente à La Réunion, Mayotte et en Nouvelle-Calédonie.
Phyllidia rueppelii (Bergh, 1869) a une couleur dominante bleu sombre à noire sur le manteau dorsal qui forme des coulures qui rejoignent le bord du manteau, laissant apparaître des zones bleu clair. Elle présente une ligne orange sur le bord du manteau dorsal. Les tubercules centraux sont arrondis, larges et ovales. Leur base est bleu clair et leur sommet est jaune. Les zones noires portent des tubercules. L'anus est ventral. Elle est présente en mer Rouge et dans le golfe d'Oman.
Phyllidia tula Er. Marcus & Ev. Marcus, 1970 possède une ligne longitudinale sur la sole, mais le pied est de couleur gris très foncé, les protubérances sont arrondies et séparées, ne formant pas de crête sur le manteau dorsal. Elle a été décrite de Micronésie mais sa présence est attestée en Polynésie française.
Phyllidia picta Pruvot-Fol, 1957 (souvent citée sous son synonyme Fryeria menindie) a un anus ventral. La couleur noire est dominante sur le manteau dorsal et forme des coulures qui rejoignent le bord du manteau, laissant apparaître des zones bleu clair en forme de croissant. Les zones noires sont lisses et ne portent pas de tubercules. Le dos présente 3 rangées de tubercules à base large de couleur bleu clair, non contigus, et coiffés de jaune. Elle est présente dans le Pacifique Ouest (Indonésie, mer d'Andaman et a été vue dans l'océan Indien aux îles Christmas). La validité de cette espèce a été longtemps controversée (considérée comme un synonyme de P. coelestis), mais est maintenant établie.
Phyllidia marindica (Yonow & Hayward, 1991) a les mêmes couleurs de base, mais présente une crête centrale bleu-gris pouvant être discontinue et portant des tubercules jaunes, flanquée de part et d'autre d'une bande noire. Les côtés et le bord du manteau sont bleu-gris, parcourus de lignes noires transversales. La face ventrale et le pied sont gris, il n'y a pas de ligne noire sur la sole pédieuse. Elle se rencontre dans l'océan Indien de l'Afrique de l'Est à l'Australie de l'Ouest. En eaux françaises, elle est visible à Mayotte et à La Réunion.
Les Phyllidiidés se nourrissent d'éponges. Elles n'ont ni mâchoires, ni radula*, les phyllidies n'ont pas d'estomac. Elles dévaginent un intestin céphalique sur la proie. Les substances acides prédigèrent les tissus des éponges et ensuite aspirent les produits prédigérés.
Nous n'avons pas trouvé d'information sur la nourriture spécifique de la phyllidie céleste.
La reproduction a lieu deux à deux, en position tête-bêche comme pour la grande majorité des nudibranches. En effet, l'appareil génital émerge du pied, sur la partie droite de l'animal, un peu derrière sa tête. Les individus étant hermaphrodites, il y a un échange réciproque des gamètes et chaque individu va ensuite pouvoir produire une ponte. Les Phyllidiidés font une ponte en ruban.
Le genre Phyllidia comporte 27 espèces connues (consultation WorMS de janvier 2013), Phyllidia varicosa étant la plus commune.
La famille des Phyllidiidés est caractérisée par l'absence de branchie dorsale. Les branchies se trouvent, sous forme de lamelles, le long du pied, sous le manteau.
Les juvéniles de Pearsonothuria graeffei (holothurie) ressemblent à Phyllidia coelestis ou P. varicosa jusqu'à ce qu'ils atteignent la taille maximale de la limace, alors ils prennent leur coloration adulte. Il s'agirait d'un cas de mimétisme batésien*. Cette remarque, issue de la référence [Behrens 2005] ne fait cependant pas l'unanimité.
Depuis la publication de Valdès en 1999, le genre Fryeria, qui se distinguait du genre Phyllidia uniquement par la position de l'anus (ventral pour Fryeria, dorsal pour Phyllidia), n'est plus considéré comme valide. Toutes les Fryeria ont été rebaptisées Phyllidia. Néanmoins, l'ancien nom de genre est encore visible dans de nombreux livres et sites web.
Phyllidie céleste est la traduction littérale du nom scientifique.
Phyllidia : du latin [Phyllis –idis] (lui-même d'origine grecque), nom féminin. Fille de Lycurgue, roi de Thrace, fut changée en amandier (Gaffiot)
coelestis : du latin [coelestis] = céleste, divin, merveilleux, du ciel.
Numéro d'entrée WoRMS : 212836
Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
---|---|---|---|
Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
Ordre | Nudibranchia | Nudibranches | Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre. |
Sous-ordre | Doridina | Doridiens | Corps aplati. Anus dorsal entouré complètement ou partiellement par des branchies de remplacement ramifiées qui peuvent être rétractées (voire absentes). Mangeurs d’éponges, habituellement armés de spicules calcaires internes. |
Famille | Phyllidiidae | Phyllidiidés | Corps ovale, pas de branchies dorsales (lamelles sous le manteau autour du pied), rhinophores lamellés rétractiles, manteau dur avec des tubercules, motifs et couleurs contrastés. |
Genre | Phyllidia | ||
Espèce | coelestis |
Individu typique
Les couleurs de base du manteau sont le bleu-gris, le noir et le jaune. Les rhinophores sont jaunes avec des extrémités arrondies. Le manteau porte trois bandes longitudinales noires, deux latérales et une centrale, séparées par des bandes bleues qui supportent les tubercules coiffés de jaune. Les bandes noires peuvent être interrompues. Il y a toujours 2 à 4 gros tubercules disposés sur la ligne noire centrale, mais ceux-ci ne se rejoignent jamais pour former une crête continue.
Mayotte, Piste de Ski, 15 m
08/12/2006
Individu aux larges bandes noires
Cet individu présente de larges bandes noires et des tubercules de petite taille. Le bord du manteau est de couleur bleu-gris et porte de petits tubercules dont les plus gros peuvent être coiffés de jaune.
Lembeh (Indonésie), 15 m
09/04/2009
Détail des tubercules
Il y a toujours 2 à 4 gros tubercules disposés sur la ligne noire centrale, mais ceux-ci ne se rejoignent jamais pour former une crête continue. Deux petits rhinotubercules jaunes sont situés juste derrière les rhinophores. Il y a toujours un tubercule devant les rhinophores et un à l'arrière, situés sur la bande centrale.
Puerto gallera (Philippines), 17 m
10/04/2007
Individu de la Réunion
Cet individu présente des bandes noires étroites.
La Réunion (974), St Leu, Sec Jaune, 5 m
03/01/2008
Juvénile vu de dessus
Le dessin des juvéniles est plus simple, avec des lignes bleu-gris non interrompues qui forment un dessin en Y caractéristique.
Archipel des Togian (Sulawesi), 8 m, de nuit
16/10/2004
Gros tubercules
Cet individu présente des tubercules particulièrement gros comparés à sa taille.
Archipel des Togian (Sulawesi), 20 m
05/04/2006
Deux individus
Le plus petit est un juvénile, portant peu de tubercules.
Mayotte, Jardin Japonais, 12 m
02/12/2008
Avec une autre phyllidie
Comparée à sa voisine, la phyllidie céleste est de petite taille et plutôt aplatie.
Komodo (Indonésie), 15 m
25/07/2008
En balade
On aperçoit sur cette photo des foraminifères de l'espèce Marginopora vertebralis, une des rares à être visible à l'œil nu (diamètre de 2 cm).
Siladen (Bunaken, Nord-Sulawesi), 5 m
07/2002
Rédacteur principal : Véronique LAMARE
Vérificateur : Yves MÜLLER
Responsable régional : Véronique LAMARE
Valdés Á., Gosliner T.M., 1999, Phylogeny of the radula-less dorids (Mollusca, Nudibranchia), with the description of a new genus and a new family, Zoologica Scripta, 28, 315-360.
La page de Phyllidia coelestis dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN