Mérou royal

Mycteroperca rubra | (Bloch, 1793)

N° 904

Méditerranée et Atlantique Est

Clé d'identification

Silhouette allongée et trapue
Livrée brune ou rouge foncé, parfois marbrée
Flancs à lignes irrégulières foncées
Dorsale : partie arrière plus haute que partie avant
Anale dense

Noms

Autres noms communs français

Badèche rouge, badèche peigne, mérou gitan, mérou à museau pointu, vieille à peigne (Guadeloupe)

Noms communs internationaux

Comb grouper, mottled grouper (GB), Gitano, cuna negra (E), Cernia rossa, sciaranna boccaccia (I), Gefleckter Zackenbarsch (D), Garoupa-chumbo (P), Yaatënt (en wolof au Sénégal)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Epinephelus ruber Bloch, 1793
Mycteroperca scirenga (Rafinesque, 1810)
Sparus scirenga Rafinesque, 1810
Serranus nebulosus Cocco, 1833
Serranus tinca Cantraine, 1835
Serranus emarginatus Valenciennes, 1843
Cerna macrogenis Sassi, 1846
Serranus armatus Osório, 1893

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Il est présent en Atlantique Est, depuis le golfe de Gascogne jusqu'en Angola, et, bien que rare, en Méditerranée. Il n'est pas répertorié en Adriatique.
Sa présence dans les îles de l'Atlantique Est, comme au Cap Vert ou aux Açores, a été signalée mais après identification, l'espèce répertoriée s'est avérée être Mycteroperca fusca.

Biotope

Le mérou royal est une espèce sédentaire et solitaire, vivant à proximité du littoral, à des profondeurs variant entre 15 et 100 m, même s'il est plus fréquent de le rencontrer dans la zone des 50 m.
Il affectionne les fonds rocheux ou l'orée des prairies sous-marines. Il peut aussi se satisfaire de fonds sableux.

Description

La taille du mérou royal peut atteindre 80 cm, mais sa longueur moyenne se situe autour de 50 cm.
Sa forme générale est allongée mais trapue, comprimée latéralement. Le corps est recouvert d'écailles rugueuses, même sur la base des nageoires.
Sa livrée est brune ou rouge foncé, plus ou moins marbrée de tons plus clairs. Les tons s'éclaircissent sur les flancs qui peuvent être marqués de lignes irrégulières, foncées.
La nageoire dorsale est en deux parties : des rayons épineux à l'avant, des rayons souples à l'arrière. Ceux-ci sont plus hauts que les rayons épineux. La nageoire anale est dense : 11 ou 12 rayons mous, et longue. Ces deux dernières caractéristiques sont une exception chez les mérous, ce qui permet de distinguer le mérou royal. La nageoire caudale se termine de façon pratiquement droite.
La silhouette, enfin, est marquée par une mâchoire inférieure très proéminente. La tête est pointue. L'œil est petit et l'opercule est muni de trois épines. Dans la bouche, les dents s'alignent sur deux rangées.

Espèces ressemblantes

La badèche (Epinephelus costae) est de couleur brun-beige assez pâle, avec 4-5 lignes sombres plus ou moins visibles dans la moitié supérieure. Sa zone de distribution est équivalente.
Le mérou gris (Epinephelus caninus) est de couleur argentée à brune, avec parfois 4 à 5 bandes larges verticales plus foncées. Deux lignes obliques plus sombres, et toujours visibles, partent de l'œil vers l'opercule. Sa zone de distribution est presque la même mais il remonte beaucoup moins au nord.
Le mérou des îles ou badèche rouge insulaire (Mycteroperca fusca) est très ressemblant et a même été longtemps confondu avec le mérou royal. Il est d'ailleurs impossible de les distinguer sans examen interne. Seule la distribution peut aider car le mérou des îles ne se rencontre qu'autour des îles de l'Atlantique tropical est.

Alimentation

C'est un prédateur puissant et vorace qui chasse à l'affût sur son propre territoire. Il se nourrit surtout de petits poissons, mais aussi de céphalopodes.

Reproduction - Multiplication

Le mérou royal devient mature vers 4-5 ans, ce qui correspond environ à 40 cm de longueur.
Il est hermaphrodite protogyne* (d'abors femelle) et change de sexe au cours de sa vie, vers 9 ans et plus de 50 cm de longueur.
En Méditerranée, le frai a lieu à la fin du printemps.

Divers biologie

Ce n'est pas une espèce commune.
Il peut peser jusqu'à 4 kg.

Informations complémentaires

C'est un poisson dont la chair, très bonne, est recherchée.

Réglementation

En Europe, cette espèce est réglementée comme tous les mérous, hors Epinephelus marginatus. La capture par pêche ou chasse sous marine est autorisée si et seulement si l'individu mesure au moins 45 cm.
Il est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure.
Par arrêté préfectoral du 23/12/2013, la pêche sous-marine, de loisir ou commerciale est interdite pour 10 ans dans la région P.A.C.A. Il en est de même pour la région Corse qui en autorise cependant la pêche commerciale.

Origine des noms

Origine du nom français

Mérou : de l'espagnol [mero] = mérou,
royal : une hypothèse pourrait être que le rouge évoque la couleur des rois ou des dignitaires de haute lignée.

Origine du nom scientifique

Mycteroperca : du grec [mykter] = nez et du grec [perke] = perche,
rubra : du latin [rubrum] = rouge.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Percoidei Percoïdes Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous.
Famille Serranidae Serranidés 1 à 3 épines sur l’arrière de l’opercule.
Genre Mycteroperca
Espèce rubra

Nos partenaires