Étoile à sept bras individualisés et allongés
Grande taille, envergure de 40 à 60 centimètres
Bras souvent de longueurs inégales
Couleur orangée à rouge, texture lisse et veloutée
Épines latérales et podia longs et nombreux
Luidia, étoile à sept branches, étoile ciliée
Seven-armed starfish, seven rayed starfish (GB), Estrella de mar de siete brazos, estrella de hondura (E), Estrella de set braços (Cat), Schmalarmiger Grossplattenstern, Siebenarmiger Seestern (D), Zevenarmige zeester (NL)
Asterias ciliaris Philippi, 1837
Luidia fragilissima Forbes, 1839
Hemicnemis ciliaris Müller & Troschel, 1840
Asterias pectinata Couch, 1840
Asterias imperati Delle Chiaje, 1841
Manche, Atlantique Nord, Méditerranée
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]La distribution de Luidia ciliaris s'étend de la Norvège aux côtes ouest-africaines et aux îles du Cap-Vert. L'étoile semble rare sur les côtes françaises de Manche, de mer du Nord et de Méditerranée.
L'étoile à sept bras affectionne les fonds sablo-vaseux, depuis la surface jusqu'à une profondeur moyenne de 400 mètres. Certains chalutages témoignent encore de sa présence vers 600 mètres. Il est également possible de l'observer sur des fonds de granulométrie plus importante (graviers, coquilles, cailloutis...)
Elle recherche l'obscurité : elle sera observée plus fréquemment à partir d'une vingtaine de mètres.
Au repos, elle est fréquemment enfouie, toujours partiellement. En chasse, elle arpente rapidement le substrat.
Avec une taille pouvant atteindre soixante centimètres, Luidia ciliaris est une des plus grandes espèces d'étoiles métropolitaines. Elle est immédiatement caractérisée par sept bras. Hormis les cas d'amputations volontaires (l'étoile possède la faculté de se séparer d'un bras en cas de danger) ou accidentelles, ce nombre semble une constante chez cette espèce.
L'étoile étant de plus douée en permanence d'un grand pouvoir de régénération, il est fréquent d'observer sept bras de tailles inégales ! Ces derniers sont bien individualisés, larges et allongés. De section à peu près circulaire, leur face dorsale est légèrement aplatie, et leur extrémité est plus ou moins pointue. Latéralement, ils sont bordés de nombreuses épines blanches fortes et cylindriques.
Dorsalement, le tégument a une texture homogène lisse proche du velours. Le disque central est fréquemment bombé, la plaque madréporique est peu visible.
Ventralement, les larges sillons ambulacraires accueillent quatre rangées de longs et nombreux podia blancs dépourvus de ventouse.
La couleur de l'étoile à sept bras oscille habituellement entre l'orange pâle et le rouge. La face ventrale est claire.
Luidia ciliaris possède sept bras, souvent de longueurs inégales. Il est difficile de la confondre avec une autre étoile le long des côtes métropolitaines.
Citons tout de même une espèce proche plutôt rare, d'allure très semblable mais plus régulière : Luidia sarsi, qui se distingue de Luidia ciliaris par une taille inférieure (35 cm maximum), une teinte brune, et qui possède toujours cinq bras de taille identique.
L'étoile à sept bras est carnivore : prédateur vorace, elle se délecte essentiellement d'autres échinodermes : oursins de sable, comme Echinocardium cordatum, Brissus sp., Spatangus sp., mais aussi étoiles (Asterias rubens, Astropecten irregularis...), et ophiures (Ophiocomina nigra, Ophiothrix fragilis...).
Elle est également capable de s'attaquer à des bivalves et à des crustacés.
Le cas échéant, elle peut se contenter de débris organiques et de cadavres.
Il s'agit d'un chasseur redoutable : de par la rapidité de l'animal, la capture des proies est d'une grande efficacité. L'étoile doit cette rapidité au nombre et à la longueur de ses pieds ambulacraires. La présence de l'étoile est rapidement perçue par ses proies (signaux olfactifs ?) qui détalent le plus vite possible, chacun à sa manière : il est alors possible d'observer, autour de l'étoile et dans un rayon constant, un désert biologique !
Quand une proie de grande taille est saisie, l'étoile est à même de distordre voire de rompre l'agencement des plaques qui entourent sa bouche afin de pouvoir l'avaler ! La digestion est permise par la sécrétion d'un mucus très acide.
Comme de nombreuses autres espèces d'étoile, Luidia ciliaris est gonochorique*. La reproduction est sexuée et a lieu au début de l'été. Les femelles sont les premières à émettre leurs gamètes*. Cette émission stimule ensuite la libération des gamètes mâles. La fécondation a lieu en pleine eau et donne après trois à quatre jours une larve pélagique d'aspect très différent, la bipinnaria. Celle-ci finit par tomber sur le fond et donne, après quatre mois, vers octobre, une jeune étoile d'environ trente-cinq millimètres.
L'étoile à sept bras est dotée par ailleurs d'une très importante faculté de régénération. Elle est douée d'autotomie* en cas de confrontation avec un prédateur. La scission d'un bras est suivie en permanence de sa repousse. Ceci explique que les bras de cette étoile ont souvent des tailles différentes.
Selon les sources, la longévité de cette espèce varie de 2 à 4 ans.
La couleur de l'étoile à sept bras peut varier selon la région. Des individus blanc cassé (côtes norvégiennes) et même brun foncé (Madère) peuvent être observés.
Il est rappelé au plongeur qu'il ne faut pas manipuler les organismes marins : Luidia ciliaris est extrêmement fragile et se brise facilement. Pour cette raison, Forbes en 1839 a nommé l'espèce Luidia fragilissima !
Luidia ciliaris est située au sommet d'un réseau trophique qui régule les populations d'échinodermes, notamment celles des ophiures, étoiles et oursins de sable. Des études menées dans le sud de la Grande-Bretagne ont montré que l'importance des populations d'Ophiocomina nigra et d'Ophiothrix fragilis est toujours inversement proportionnelle à celle de Luidia ciliaris. Ces proportions peuvent varier d'une année à l'autre.
Afin de protéger les élevages d'huîtres en baie de Quiberon de l'étoile Asterias rubens, des expériences d'introduction de Luidia ciliaris ont été menées.
Etoile à 7 bras, étoile à sept branches : cette espèce est caractérisée par une symétrie heptamérique (d'ordre sept),
Luidia est la reprise du nom de genre scientifique ;
Etoile ciliée : traduction de ciliaris.
Luidia : en hommage à Edward Lhwyd (ou Lloyd ou Llhuid ou encore Luidius), naturaliste britannique (1660-1709) ;
ciliaris : du latin [ciliaris] = cilié : les bras de cette espèce sont bordés de nombreuses épines qui confèrent à l'étoile une allure ciliée. Les nombreux podia allongés renforcent cet aspect.
Numéro d'entrée WoRMS : 123920
Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
---|---|---|---|
Embranchement | Echinodermata | Echinodermes | Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement. |
Sous-embranchement | Asterozoa | Astérozoaires | Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes. |
Classe | Asteroidea | Astérides | Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer. |
Ordre | Paxillosida | Paxillosides | Face dorsale recouverte de paxilles*. |
Famille | Luidiidae | Luidiidés | |
Genre | Luidia | ||
Espèce | ciliaris |
Heptamérie
Luidia ciliaris est caractérisée par sept bras, un nombre constant chez cette espèce. Ceux de cet individu sont tous de même longueur. Il est probable que cette étoile a encore ses sept bras originels.
Plougasnou (29), 18 m
2009
Des bras de tailles variables
La longueur des sept bras de Luidia ciliaris est souvent variable, de par ses importantes capacités d'autotomie et de régénération.
Sous-marin U171, Groix (56), 40 m
01/07/2006
Disque central bombé
Le disque central de l'étoile à sept bras est fréquemment bombé sur sa face dorsale.
Le Guilvinec (29), 15 m
10/05/2008
De longs podia
Les podia de Luidia ciliaris sont très longs, ce qui donne aux bras un aspect cilié. Ils ont valu à l'étoile son nom d'espèce.
Sous-marin U171, Groix (56), 40 m
01/07/2006
Un monstre de 60 centimètres !
Le photographe parle d'"un monstre de 60 centimètres d'envergure". C'est en effet à peu près la taille maximale atteinte par cette espèce.
Epave du Sablier, Locquirec (29), 20 m
2009
Surface dorsale
La surface dorsale est lisse. Le tégument possède une texture veloutée.
Sous-marin U171, Groix (56), 40 m
01/07/2006
Enfouie
L'étoile à sept bras affectionne les fonds meubles qui lui permettent de s'enfouir.
Ile de Houat (56), 20 m
29/06/2008
En Méditerranée
La présence de Luidia ciliaris est plutôt rare en Méditerranée.
Cet individu semble immense par rapport au petit octocoralliaire fiché dans le sable...
Port-Cros (83), 10 m, de nuit
23/07/2007
En chasse
Grâce à ses longs et nombreux podia, Luidia ciliaris se déplace très rapidement. Cet individu rampe sur un massif rocheux recouvert de cliones jaunes (Cliona celata), d'algues rouges encroûtantes et de mirabelles de mer, Stolonica socialis.
Pointe du Raz (29), 20 m
05/2008
Repas
Cet individu adopte une position dressée caractéristique : il est en train de se repaître d'ophiures ou d'un oursin de sable...
Observez par ailleurs que six des sept bras sont en phase de régénération !
Ile de Houat (56), 20 m
29/06/2008
Autotomie
Le photographe signale un bras sectionné net à sa base : cette espèce d'étoile pratique continuellement l'autotomie en cas de confrontation avec un prédateur.
Carantec (29), 25 m
14/08/2008
Régénération
Observez la repousse d'un petit bras. Elle fait suite à une amputation, volontaire ou non.
Ile Bono, Sept Iles, Perros-Guirec (22), 25 m
17/05/2008
Jeune individu
Ce petit individu ne mesure pas plus de quelques centimètres !
Plouguerneau (29), 20 m
01/05/2009
Rédacteur principal : Frédéric ZIEMSKI
Vérificateur : Yves MÜLLER
Responsable régional : Frédéric ZIEMSKI
Responsable régional : Yves MÜLLER
Barthélémy G., 1992, Lutte biologique contre la prolifération de l'étoile de mer Asterias rubens en baie de Quiberon, Société Française de Malacologie, LES MOLLUSQUES MARINS. BIOLOGIE ET AQUACULTURE, Ifremer, Actes de Colloques, n° 14, p. 93-106 (pdf disponible ici).