Limace-bulle mesurant jusqu’à 3,3 cm
Présence d'une coquille, partiellement recouverte par les parapodes dorsaux
Corps blanc translucide couvert de taches brunes et de points blancs
Manteau couvert de points orange
Tache sombre entre les yeux et sur le haut des parapodes
Bouclier céphalique profondément bilobé
2 petits yeux noirs au milieu du bouclier céphalique
Haminoé japonaise
Japanese bubble snail, japanese bubble-shell snail (GB), Japanse zeepbelslak (NL)
Bulla (Haminea) flavescens A. Adams, 1850
Haminoea flavescens (A. Adams, 1850)
Haminea flavescens (A. Adams, 1850)
Haminea binotata var. japonica Pilsbry, 1895
Haminoea japonica Pilsbry, 1895
Haloa (Haloa) margaritoides Kuroda & T. Habe, 1971
Haloa margaritoides Kuroda & T. Habe, 1971
Haminoea margaritoides (Kuroda & Habe, 1971)
Haminoea callidegenita G. D. Gibson & F.-S. Chia, 1989
Atlantique Nord-Est, Méditerranée, Indo-Pacifique
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]Originaire des côtes japonaises et coréennes, la limace-bulle japonaise se retrouve maintenant dans de nombreuses autres régions telles que l’Atlantique Nord-Est (Espagne et France), la mer du Nord (Belgique et Pays-Bas), la Méditerranée (Espagne, France et Italie) et le Pacifique Nord-Est (côte Ouest des Etats-Unis et du Canada), probablement une partie des côtes chinoises, jusqu’aux régions tempérées chaudes (Qingdao, Shandong).
En France, elle est observée sur les côtes bretonnes, dans les étangs bordant la Méditerranée (Etang de Berre, Etang de Vaccarès, Etang de l’Or, Etang de Pérols, Etang de Thau) et à Marennes (Golfe de Gascogne).
La limace-bulle japonaise est benthique, elle vit dans les eaux abritées sur des sols meubles (vasières, estuaires), des structures artificielles ou parmi les algues dont elle se nourrit. La limace-bulle japonaise se trouve de la surface jusqu’à environ 15 m de profondeur.
Cette espèce a une grande tolérance environnementale. Elle est euryhaline* (salinité de 18 à 40 ‰) et eurytherme* (elle supporte une large éventail de température de l’eau). Ce qui lui permet de coloniser de nombreux milieux.
La limace-bulle japonaise mesure généralement entre 2 et 2,5 cm et peut atteindre les 3,3 cm. La coquille, transparente, quant à elle est plus petite et ne peut pas contenir tout le corps de l’animal. Elle fait, au maximum 2,8 cm de long et présente des stries spiralées.
Le corps pâle et translucide, grisâtre, brunâtre, olivâtre ou verdâtre, est couvert de taches brunes et de points blancs. Sous la fine coquille jaunâtre transparente légèrement allongée, on peut apercevoir le manteau* qui est blanc et parcouru de taches brunes et de points orange. Deux parapodes*, couvrant très partiellement la coquille, ont leur partie postérieure très sombre.
Un bouclier céphalique*, large et aplati avec une marge postérieure profondément bilobée (comme des oreilles de lapin), présente deux yeux centrés, petits et noirs, avec une zone périoculaire dépigmentée, à l’avant de l’organisme. Une tache sombre est visible au centre de la tête. Une partie du pied s’étend à l’arrière de l’animal.
La limace-bulle japonaise peut être confondue avec d’autres Haminoeidés du genre Haminoea. Cependant, le genre Haloa se différencie du genre Haminoea par le bouclier céphalique profondément bilobé ainsi que par la présence de stries spiralées sur la coquille. Ces deux critères étant difficilement visibles en plongée, on notera également l’importance de regarder le haut des parapodes foncé et la tache sombre au centre de la tête.
Haminoea navicula est plus grande que Haloa japonica, sa coquille est plus épaisse et opaque et la coloration est généralement plus foncée.
Haminoea orbignyana a une coquille en forme de poire.
Haminoea orteai a une zone périoculaire pigmentée contrairement à Haloa japonica et à d’autres Haminoea de l’Atlantique qui ont une zone dépigmentée autour des yeux. Il en va de même pour Haminoea exigua considérée par une étude de 2023 comme étant potentiellement conspécifique* avec Haminoea orteai.
Haminoea hydatis a des lobes parapodiaux aux bords foncés et des points blancs sur le bord du bouclier céphalique.
Haminoea vesicula : espèce native du Pacifique nord-est avec laquelle H. japonica a été historiquement confondue. Certaines populations attribuées à H. vesicula ou décrites comme espèces nouvelles correspondent en réalité à H. japonica.
Et éventuellement avec des juvéniles d’autres espèces de Céphalaspides à coquille bulloïde.
La limace-bulle japonaise se nourrit d’algues rouges et vertes. Elle a été vue en train de se nourrir, entre autres, des algues du genre Ulva. Cet animal peut également se nourrir du biofilm* de diatomées* présent sur différentes surfaces.
Elle se nourrit en raclant le support (algues par exemple) avec sa radula*. En arrière de la masse buccale se trouve un gésier musculaire, qui contient trois grandes plaques chitineuses de taille égale et de forme symétrique qui broient les matériaux ingérés.
La limace-bulle japonaise est un organisme hermaphrodite* simultané ovipare* : deux individus s’accolent en même temps pour échanger leur sperme suite à une pénétration mutuelle et la fécondation* interne a lieu plus tard. La morphologie de l’organe reproducteur mâle est d’ailleurs un des critères qui permettent de différencier les différentes espèces de limace-bulle.
Le cycle de reproduction a lieu une fois par an (une génération par an) et l’organisme meurt peu de temps après la période de ponte.
La ponte forme une masse de mucus ovoïde ou en forme de haricot dans laquelle sont incluses des capsules* ovigères* transparentes. Chaque capsule contient généralement un œuf. Les œufs produits ont un diamètre allant de 259 à 278 µm. Ils sont rassemblés par groupes de 200 à 700 œufs.
Si ce mucus vient à être endommagé ou n’est pas assez épais, les larves* véligères* planctoniques*seront lécithotropiques* et se métamorphoseront* hors de l’œuf dans les 20 jours qui suivent. En revanche, si le mucus est épais et intact, des petites limace-bulles japonaises sortiront déjà formées de leur capsule. Cette double possibilité de développement des œufs s’appelle la poecilogonie. Ce phénomène offre l’avantage adaptatif de permettre un renouvellement immédiat au sein d’une population tout en favorisant la dispersion des larves.
Cette espèce est associée aux ulves (Ulva spp.), aux algues filamenteuses, aux zostères, aux substrats riches en diatomées* benthiques* et aux zones à forte production primaire et à forte accumulation de matière organique.
La limace-bulle japonaise est l’hôte d’un trématode parasite* qui peut affecter l’Homme et provoquer des démangeaisons (dermatite cercarienne) en pénétrant dans la peau chez l’être humain. Toutefois le parasite* ne se développe pas jusqu’à la métamorphose* dans notre espèce. Les cas de ce parasite n’ont été signalés qu’en Amérique du Nord (baie de San Francisco aux Etats-Unis) jusqu’à présent.
Les prédateurs potentiels sont des poissons benthiques*, des crustacés décapodes, des étoiles de mer, des annélides polychètes et d’autres mollusques.
La coquille de la limace-bulle japonaise est très fine et trop petite pour y accueillir la totalité du corps de l’animal. Ce gastéropode est également dépourvu d’opercule* qui pourrait lui permettre de se protéger.
Bien que ce ne soit pas un critère visible en plongée, les caractéristiques de la radula* (langue râpeuse des mollusques) permet d’identifier cette espèce (formule radulaire* : 24–33 × 21–12.1.1.1.12–21).
L’escargot bulle japonais hors de son aire de répartition originale proviendrait, selon une étude génétique, du Nord-Est du Japon. Cette zone ne comportant pas de ports majeurs, les auteurs de l’étude ont exclu l’invasion par les eaux de ballast des bateaux. Le vecteur de transport de l’escargot bulle japonais serait donc le transport de naissains* d’huîtres (Magallana gigas) et de palourdes japonaises (Ruditapes philippinarum).
Anciennement désignée sous le nom de Haminoea japonica, elle est aujourd’hui placée dans le genre Haloa à la suite de travaux de phylogénie* moléculaire et d’anatomie comparée ayant démontré la polyphylie de Haminoea sensu lato.
Une grande partie de la littérature écologique, invasive et parasitologique antérieure à 2019 emploie le nom Haminoea japonica.
Limace-bulle japonaise : francisation du nom commun anglais. Le mot "bulle" fait référence à la coquille ronde à l’aspect d’une bulle.
Haloa : probablement dû au fait que la première description de ce genre (originellement un sous-genre de Haminoea (Pilsbry, 1921)) a été faite sur base d’individus en provenance de Hawaï. Dans la mythologie hawaïenne, il s’agit d’une figure mythologique née des dieux et ancêtre des humains.
japonica : désignant l’aire de distribution native de cet organisme de l’Asie orientale.
Numéro d'entrée WoRMS : 1374250
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Subter-classe | Tectipleura | Tectipleures | |
| Ordre | Cephalaspidea | Céphalaspides | Coquille externe ou interne, spiralée, très fine et réduite. Tête élargie en bouclier. Yeux développés. Pas de rhinophores. Cavité palléale à droite avec une branchie plissée. Parfois des parapodes. Marins et fouisseurs sur les fonds de sédiments. |
| Super-famille | Haminoeoidea | Haminoeoidés | |
| Famille | Haminoeidae | Haminoeidés | Coquille externe large et gonflée, fragile, qui peut contenir l'animal rétracté. Pas d'opercule. Bouclier céphalique arrondi, extensions tentaculaires postéro-latérales en forme d'oreille, qui cachent souvent l'avant de la coquille. Lobes parapodiaux de grande taille, qui souvent se rejoignent dorsalement au dessus de la coquille. |
| Genre | Haloa | ||
| Espèce | japonica |
Gastéropodes Opisthobranches
Limace-bulle japonaise
Les points orange sont bien visibles.
Etang de Berre (13), 2 m
11/11/2022
Gastéropodes Opisthobranches
En Zélande
Cette limace-bulle japonaise sur une algue feutre (Codium fragile) permet de mettre en évidence les parapodes foncés qui recouvrent partiellement la coquille ainsi que le bouclier céphalique profondément bilobé.
Dreischor (Pays-Bas), 3 m
10/09/2023
Au bord d’une ulve
Cette photo illustre bien la tache sombre entre les yeux ainsi que la zone périoculaire dépigmentée.
Etang de Berre (13), 2 m
04/11/2023
Robe beige et noire
Limace-bulle japonaise à la robe beige et noire à côté de petits escargots (Pusillina lineolata).
Etang de Berre (13), 3 m
01/08/2020
En plein repas
Deux limace-bulles japonaises sur une ulve qui constitue l’un de leurs mets (ou plutôt le biofilm de diatomées).
Etang de Berre (13), 2 m
11/2023
A la queuleuleu
Deux individus de limace-bulle japonaise qui se suivent. Il pourrait s'agir d'un possible prélude à l’accouplement.
Etang de l’Estomac, Fos-sur-mer (13), 1,8 m
18/04/2025
Ponte jaune
La ponte de la limace-bulle japonaise regroupe de 200 à 700 œufs rassemblés dans un mucus transparent qui les protège.
Etang de Thau (34), 2 m
29/08/2018
Coquilles vides
La coquille de la limace-bulle japonaise est transparente et trop petite pour y recueillir le corps entier de l’animal.
Etang de Berre (13), 2 m
23/08/2025
Rédacteur principal : Pierrot VAN DER AA
Vérificateur : Yves MÜLLER
Responsable régional : Pascal GIRARD
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