Grande tubulaire

Tubularia indivisa | Linnaeus, 1758

N° 558

Manche, Atlantique, Méditerranée

Clé d'identification

Hydrocaule droit et non annelé, jaune, jamais ramifié
Tête (ou polype), piriforme, rose
Vit en colonie

Noms

Noms communs internationaux
Oaten pipes hydroid, flower-head hydroid, tall tubularia (GB), Tubalaria grande (E), Röhrenpolyp (D), Orgelpijppoliep, penneschaft (NL)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Tubularia couthouyi L. Agassiz, 1862

Distribution géographique

Manche, Atlantique, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Manche, des côtes de Norvège à la Bretagne Nord, mer du Nord, Atlantique Nord de l’Ecosse à la côte basque, Méditerranée, golfe du Saint-Laurent.

Biotope

Fonds rocheux et épaves envasés de l’infralittoral* jusqu’à 300 m de profondeur, dans des eaux baignées de courants assez forts.

Description

Cet hydraire comporte une tige tubulaire de consistance cornée de couleur jaune foncé surmontée d’une « tête » ou hydropolype, piriforme, dont la bouche est entourée d’une double rangée de tentacules roses plus ou moins foncés. La hauteur d’un individu est généralement de 5 à 15 cm mais peut atteindre exceptionnellement 40 cm, le diamètre de l’hydropolype peut varier de 10 à 15 mm. Cette espèce forme des colonies peu touffues dont les individus sont reliés à la base par un stolon, les tiges ou pédoncules étant plus ou moins enlacés en spirale.

Espèces ressemblantes

Ectopleura larynx : plus petite (3 à 4 cm), couleur plus pâle, tige grêle, sinueuse et ramifiée.

Alimentation

Filtreur microphage*. La colonie s’alimente en capturant les petits animalcules du plancton* et la matière organique en suspension dans l’eau.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés avec des polypes* mâles et femelles. Ces derniers sont fertiles au printemps. Des grappes de petits bourgeons ou gonophores* (organes reproducteurs), de couleur rougeâtre, se forment entre les tentacules. Après fécondation, de petites méduses, ne se détachant pas, apparaissent et donnent naissance à une larve “actinula” qui va tomber rapidement sur le fond, se déplacer à l’aide de ses tentacules puis se fixer à proximité. Après la reproduction, les têtes vont tomber puis se régénérer à l’extrémité des tiges au cours de l’été.

Vie associée

On trouve plusieurs mollusques nudibranches, prédateurs de ce Tubularia : Coryphella spp., Facelina spp., Eubranchus sp., Dendronotus frondosus ainsi que le petit gastéropode ovulidé Simnia patula.

Divers biologie

Cette espèce se rencontre toute l’année, mais les colonies sont plus développées à la fin de l’hiver et au début du printemps. Souvent au début de l’été il ne reste plus que les tubes sans les polypes.

Informations complémentaires

Les peuplements de cette espèce constituent des indicateurs des conditions de l’environnement. Il existe un faciès à Tubularia indivisa qui est caractéristique des sites à hydrodynamisme extrême. Dans certains cas cette espèce subsiste seule et constitue un revêtement des roches. Le faciès à Tubularia indivisa serait un dérivé du faciès à Corynactis – Alcyonium digitatum (caractéristique d’un hydrodynamisme intense) du fait d’un appauvrissement de la biodiversité dû à un hydodynamisme extrême (cf. Vie sous-marine en Bretagne en bibliographie).

Origine des noms

Origine du nom français

Grande : taille la plus importante des deux espèces des côtes européennes.
Tubulaire : voir origine latine.

Origine du nom scientifique

Tubularia : du latin [tubulus] = petit tube, en rapport avec les tiges creuses de l’hydraire.
indivisa (latin) : non ramifiée (la tige).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Anthoathecata Anthoathécates

Hydraires dont la phase polype est dépourvue de thèques protectrices rigides. Phase polype presque exclusivement benthique, quelques espèces tropicales sécrétant un exosquelette calcaire (coraux de feu). Méduse avec ombrelle haute possédant des ocelles, les gonades se développent autour du manubrium.

Sous-ordre Capitata Capités

Tentacules des polypes le plus souvent capités (avec des nématocystes groupés en « boutons »), parfois seulement chez les juvéniles. Longs pédoncules fixés ou ancrés dans le sédiment. Anthoméduses. Quelques espèces sécrètent un squelette calcaire.

Famille Tubulariidae Tubulariidés Grands hydraires solitaires en forme de fleurs.
Genre Tubularia
Espèce indivisa

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