Coquille arrondie et globuleuse, en forme de cœur (vue de profil)
Mesure entre 6 et 8 cm de longueur
Coquille légère, équivalve, inéquilatérale
Sommets enroulés en spirale
Couleur blanc sale ou fauve, parfois striée de rouge brun
Périostracum épais vert très foncé, rouge brun ou brun foncé
Aspect lisse et porcelané à l'intérieur
Trois dents cardinales visibles dans chaque valve
Cœur, isocarde globuleuse, cor de chasse
Ox heart, heart cockle (GB), Cuore di Bue (I), Cor de bou (E), Ochsenherz, Menschenherz (D), Ossenhartschelp (NL),Tungemusling (Danois)
Cardium humanum Linnaeus, 1758
Isocardia (Isocardia) cor (Linnaeus, 1758)
Chama cor Linnaeus, 1767
Glossus cor (Linnaeus, 1767)
Isocardia cor (Linnaeus, 1767)
Glossus rubicundus Poli, 1795
Isocardia globosa Lamarck, 1801
Buccardium commune Megerle von Mühlfeld, 1811
Bucardia communis Schumacher, 1817
Isocardia hibernica Reeve, 1845
Isocardia linnaei Locard, 1886
Isocardia cor var. valentiana Pallary, 1903
Atlantique Nord-Est, Méditerranée et Adriatique
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]Glossus humanus est observé depuis la Norvège et l’Islande jusqu’au Maroc, pour la côte de l’Atlantique Nord-Est, et en Méditerranée. Cette espèce a été signalée aux Açores (Poppe & Goto, 1993).
Glossus humanus semble avoir une distribution dispersée. Cette espèce est absente de la mer du Nord et n’est présente en Manche qu’à son extrémité occidentale.
Glossus humanus vit sur des substrats* meubles vaseux à des profondeurs comprises entre 7 et 250 m, mais cette espèce est plus fréquente à plus de 50 mètres de profondeur.
Ce gros bivalve vit faiblement enfoui dans le sédiment, les crochets* (umbos*) vers le bas, laissant apparents le bord ventral de la coquille et les siphons*.
La coquille arrondie et globuleuse de ce bivalve, dont la vue de profil est en forme de cœur, peut mesurer jusqu’à 16 cm de longueur mais elle mesure généralement entre 6 et 8 cm. La coquille est légère, équivalve*, asymétrique (inéquilatérale*). Les crochets* (ou sommets* ou umbos *), enroulés en spirale, sont situés dans la moitié antérieure de la coquille. Cette dernière est de couleur blanc sale ou fauve, parfois striée de rouge brun est recouverte d’un périostracum* épais vert très foncé, rouge brun ou brun foncé chez l’adulte, jaune verdâtre clair chez les juvéniles. Il est souvent recouvert de « poils » courts et fermes rayonnant à partir des sommets..La sculpture est composée de lignes concentriques (les stades de croissance sont souvent nets) et de très fines lignes rayonnantes. Le ligament*, externe, de couleur brune, forme une large bande arquée depuis le bord postérieur de la lunule* jusqu’à environ la moitié de la distance vers le bord postérieur.
L'intérieur, les valves* présente un aspect lisse et porcelané*, tandis que la ligne palléale* est mal définie (il n’y a pas de sinus* palléal). La cicatrice du muscle adducteur* postérieur est plus grande que la cicatrice antérieure, plus profonde.
Trois dents cardinales* sont visibles à l'intérieur de chaque valve*, toutes approximativement parallèles à la ligne d’articulation, et ne divergent pas des sommets. Sur la valve droite, les deux dents cardinales antérieures sont disposées côte à côte, l’une au-dessus de l’autre, avec un espace profond entre elles, et la dent cardinale postérieure se trouve immédiatement derrière la dent supérieure. Sur la valve gauche, deux dents cardinales sont situées vers le bas sur la plaque d’articulation ; elles sont petites et « alignées », séparées uniquement par une rainure latérale, tandis que la troisième est dorsale, longue, en forme de crête, s’étendant presque jusqu’à l’extrémité du ligament.
Par sa forme caractéristique et ses sommets enroulés, cette espèce ne peut pas être confondue avec d'autres bivalves.
Glossus humanus est suspensivore*. Cette espèce se nourrit de plancton* et d’autres particules microscopiques qu’elle filtre à l’aide de ses branchies*. L’eau entre par le siphon* inhalant* et passe sur les branchies. Celles-ci retiennent les particules alimentaires en les enveloppant de mucus et le tout est transporté par des mouvements ciliaires jusqu’aux palpes* labiaux* et à la bouche. L’eau et les particules non retenues sont rejetées par le siphon* exhalant*.
Chez Glossus humanus, les sexes sont séparés. Les gonades* des individus adultes (testicules ou ovaires) sont blanches. Les gamètes* (spermatozoïdes*, ovules*) sont libérés dans l’eau de mer vers la fin du mois d’août et en septembre. La fécondation* est externe (dans le milieu environnant). Les œufs se développent en larves* trochophores* planctoniques* puis se métamorphosent* en jeunes bivalves benthiques*.
Glossus humanus vit dans de la vase molle et de ce fait, d’autres espèces de ce milieu peuvent être rencontrées comme Brissopsis lyrifera, Nucula sulcata, occasionnellement Aporrhais serresiana.
Des colonies de l’hydrozaire Bougainvillia sp. ont souvent été observées se développant sur les coquilles de spécimens plus âgés, près des bords postérieurs des valves*. Sur un spécimen extrêmement grand, prélevé à l’aide d’un chalut à panneaux dans le Loch Sween (Ecosse) et mesurant 11 cm de longueur sur 10,2 cm de largeur, plusieurs petites anémones étaient fixées près des bords postérieurs des valves (Owen, 1953).
Du fait de la forme bombée et de la légèreté de sa coquille, de la musculature peu développée de son pied, Glossus humanus est adapté au milieu vaseux et meuble. Ces caractéristiques lui évitent de s’enfoncer davantage sous la surface du sédiment et ainsi de colmater ses siphons* courts.
Cette espèce est peu répandue, voire rare.
Le pied possède une glande byssale, mais le byssus* n’a été observé que chez les plus jeunes spécimens.
L'animal est extrêmement sensible à toute forme de vibrations (Owen 1953).
Cœur de bœuf fait allusion à la forme caractéristique de cette espèce.
Bon nombre des noms génériques et spécifiques qui ont été attribués à cette espèce tiennent au fait que la coquille, vue de face, ressemble au cœur d'un mammifère.
Glossus : du grec [gloss-] = langue. Le naturaliste italien Guiseppe Saverio Poli (1746-1825), a construit une classification personnelle des bivalves. Il utilisait deux noms de genres, l’un pour les parties molles : ici Glossus, l’autre pour la coquille : Glossoderma (comme pour Cerastoderma : la coque commune cf Cerastoderma edule). Seul le nom de genre Glossus a été conservé.
humanus : le naturaliste suédois Carl von Linné, en 1758 a nommé cette espèce Cardium humanum = cœur humain, du latin [cardium] = cœur et [humanum] = humain du fait de sa ressemblance avec un cœur humain. G.S. Poli, en donnant le nom de genre Glossus, a supprimé cette analogie avec notre organe. De plus Poli a donné le nom d’espèce rubicundus = rubicond (peut-être du fait de la couleur rouge du périostracum* chez les adultes) qui n’a pas été conservé.
Le zoologiste français Jean Baptiste Monet chevalier de Lamarck (1744-1829) a appelé cette espèce Isocardia cor : Isocardia fait allusion à la symétrie des deux valves* en forme de cœur et cor signifie également cœur en latin, mais du fait de la loi d’antériorité, cette dénomination n’a pas été retenue.
Numéro d'entrée WoRMS : 140023
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda | Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes | Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire. |
| Sous-classe | Autobranchia | Autobranches | |
| Infra-classe | Heteroconchia | Hétéroconchie | |
| Subter-classe | Euheterodonta | Euhétérodonte | |
| Super ordre | Imparidentia | Imparidenties | |
| Ordre | Venerida | Vénérides | Coquille mince, allongée, dure et costulée, bâillante à une ou aux deux extrémités. Ligament à la fois interne et externe. |
| Super-famille | Glossoidea | ||
| Famille | Glossidae | Glossidés | |
| Genre | Glossus | ||
| Espèce | humanus |
Bivalves (ou Lamellibranches)
Gros bivalve au sommet en crochet tirebouchonné
A gauche une valve droite.
A droite une valve gauche d'un autre individu avec à la surface 2 tubes calcaires de vers annélide.
Port de Carro (13), 7 m
Ces coquilles ont été trouvées dans un tas de bivalves morts, sans doute rejetées par un chalutier à l'entrée du port de pêche de Carro dans les Bouches-du-Rhône. Cette espèce vit le plus souvent en grande profondeur semi enterrée sur des fonds vaseux, on ne la voit pas sur les plages, mais elle est parfois remontée dans les filets des pêcheurs.
08/06/2024
Bivalves (ou Lamellibranches)
Spécimen de collection
Les deux valves sont présentées sommets en bas, à gauche valve gauche, à droite valve droite
Spécimen chaluté dans le golfe de Gascogne (Atlantique) à 200 m de fond en 1903.
Musée océanographique de Monaco, collection du Prince Albert I.
27/12/2024
Gravure ancienne
Sur cette gravure ancienne d’Alphonse d’Apreval, l’auteur Philippe Dautzenberg précise que : « cette belle espèce, remarquable par sa forme globuleuse, est la seule de ce genre à être représentée en Europe ». Il l’a décrit sous le nom synonymique d’Isocardia cor.
Fig. 155 dans "Atlas de poche des coquilles des côtes de France" pat Ph. Dautzenberg
Reproduction de documents anciens
1913
Animal vivant vu de dessus
Les siphons (à gauche) et le pied (à droite) sont visibles.
Planche XV : "On the Isocardia cor of the Irish seas" (Atlantique) de J. Bulwer
Reproduction de documents anciens
1895
Les siphons
Les siphons sont courts, entourés d’une gaine commune d’environ 90 tentacules ou plus ; le siphon inhalant, à gauche, est entouré d’une seconde gaine (non représentée ici) d’environ 50 tentacules. Les siphons sont mouchetés de plages brun rougeâtre et de blanc opaque.
Détail de la figure 5 p 94, dans "On The Biology Of Glossus Humanus (L.) (Isocardia Cor Lam.)" de G. Owen On The Biology Of Glossus Humanus (L.) (Isocardia Cor Lam.)..
Reproduction de documents anciens
1953
Vue de l'intérieur de la valve droite
Cette vue met en évidence le crochet enroulé (qui fait partie du côté dorsal de la coquille !).
Seule la cicatrice du muscle adducteur postérieur est visible sur ce dessin
Fig. 46, p. 94 dans "British Bivalve Seashells" par N. Tebble. 'Isle of Man, Atlantique Est)
Reproduction de documents anciens
1976
Vue du crochet
A gauche valve droite, à droite valve gauche de deux individus différents.
L'enroulement des crochets caractéristique de cette espèce est bien visible.
Port de Carro (13), 7 m
08/06/2024
Vues de l'intérieur des valves de deux individus différents
A gauche : valve droite, l'intérieur montre des tubes calcaires d'annélides polychètes, la ligne palléale n'est pas visible.
A droite : valve gauche, l'intérieur est propre, l'animal à 2 reprises a eu des problèmes de croissance. La ligne palléale n'est pas visible non plus.
Port de Carro (13), 7 m
08/06/2024
Gravure ancienne
L’auteur décrit ce mollusque bivalve sous le nom d’Isocarde globuleuse Isocardia cor, Lamarck.) et note qu’il porte vulgairement dans les collections le nom de Cœur de bœuf, ou Cœur à velouté, qu’il se trouve dans les mers d’Europe, et principalement dans la Méditerranée
Planche 254 dans "Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle et des phénomènes de la nature" par F.-E. Guérin
Reproduction de documents anciens
1836
Rédacteur principal : Yves MÜLLER
Vérificateur : Philippe LE GRANCHÉ
Responsable régional : Yves MÜLLER
Bulwer J., 1825, On the Isocardia cor of the Irish seas, Zoological journal, 2, 357-361.
Guérin F. E. (sous la direction de), 1836, Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle et des phénomènes de la nature, Tome quatrième, Au bureau de souscription, Paris, 1-640.
Lamy E., 1920, Revision des Cypricardiacea et des Isocardiacea vivants, Journal de conchyologie, 64, 259-367.
Nicol D., 1951, Recent species of the cyrenoid pelecypod Glossus, Journal of the Washington Academy of Sciences, 41, 142-146.
Owen G.,1953, On The Biology Of Glossus Humanus (L.) (Isocardia Cor Lam.), Journal of the Marine Biological Association of the United Kingdom, 31(1), 85-106.
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La page de Glossus humanus sur le site de référence de DORIS pour les mollusques : Molluscabase
La page de Glossus humanus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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