Cœur de bœuf

Glossus humanus | (Linnaeus, 1758)

N° 5919

Atlantique Nord-Est, Méditerranée et Adriatique

Clé d'identification

Coquille arrondie et globuleuse, en forme de cœur (vue de profil)
Mesure entre 6 et 8 cm de longueur
Coquille légère, équivalve, inéquilatérale
Sommets enroulés en spirale
Couleur blanc sale ou fauve, parfois striée de rouge brun
Périostracum épais vert très foncé, rouge brun ou brun foncé
Aspect lisse et porcelané à l'intérieur
Trois dents cardinales visibles dans chaque valve

Noms

Autres noms communs français

Cœur, isocarde globuleuse, cor de chasse

Noms communs internationaux

Ox heart, heart cockle (GB), Cuore di Bue (I), Cor de bou (E), Ochsenherz, Menschenherz (D), Ossenhartschelp (NL),Tungemusling (Danois)

Synonymes du nom scientifique actuel

Cardium humanum Linnaeus, 1758
Isocardia (Isocardia) cor (Linnaeus, 1758)
Chama cor Linnaeus, 1767
Glossus cor (Linnaeus, 1767)
Isocardia cor (Linnaeus, 1767)
Glossus rubicundus Poli, 1795
Isocardia globosa Lamarck, 1801
Buccardium commune Megerle von Mühlfeld, 1811
Bucardia communis Schumacher, 1817
Isocardia hibernica Reeve, 1845
Isocardia linnaei Locard, 1886
Isocardia cor var. valentiana Pallary, 1903

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Méditerranée et Adriatique

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ○ [Méditerranée française]

Glossus humanus est observé depuis la Norvège et l’Islande jusqu’au Maroc, pour la côte de l’Atlantique Nord-Est, et en Méditerranée. Cette espèce a été signalée aux Açores (Poppe & Goto, 1993).

Glossus humanus semble avoir une distribution dispersée. Cette espèce est absente de la mer du Nord et n’est présente en Manche qu’à son extrémité occidentale.

Biotope

Glossus humanus vit sur des substrats* meubles vaseux à des profondeurs comprises entre 7 et 250 m, mais cette espèce est plus fréquente à plus de 50 mètres de profondeur.

Ce gros bivalve vit faiblement enfoui dans le sédiment, les crochets* (umbos*) vers le bas, laissant apparents le bord ventral de la coquille et les siphons*.

Description

La coquille arrondie et globuleuse de ce bivalve, dont la vue de profil est en forme de cœur, peut mesurer jusqu’à 16 cm de longueur mais elle mesure généralement entre 6 et 8 cm. La coquille est légère, équivalve*, asymétrique (inéquilatérale*). Les crochets* (ou sommets* ou umbos *), enroulés en spirale, sont situés dans la moitié antérieure de la coquille. Cette dernière est de couleur blanc sale ou fauve, parfois striée de rouge brun est recouverte d’un périostracum* épais vert très foncé, rouge brun ou brun foncé chez l’adulte, jaune verdâtre clair chez les juvéniles. Il est souvent recouvert de « poils » courts et fermes rayonnant à partir des sommets..La sculpture est composée de lignes concentriques (les stades de croissance sont souvent nets) et de très fines lignes rayonnantes. Le ligament*, externe, de couleur brune, forme une large bande arquée depuis le bord postérieur de la lunule* jusqu’à environ la moitié de la distance vers le bord postérieur.

L'intérieur, les valves* présente un aspect lisse et porcelané*, tandis que la ligne palléale* est mal définie (il n’y a pas de sinus* palléal). La cicatrice du muscle adducteur* postérieur est plus grande que la cicatrice antérieure, plus profonde.
Trois dents cardinales* sont visibles à l'intérieur de chaque valve*, toutes approximativement parallèles à la ligne d’articulation, et ne divergent pas des sommets. Sur la valve droite, les deux dents cardinales antérieures sont disposées côte à côte, l’une au-dessus de l’autre, avec un espace profond entre elles, et la dent cardinale postérieure se trouve immédiatement derrière la dent supérieure. Sur la valve gauche, deux dents cardinales sont situées vers le bas sur la plaque d’articulation ; elles sont petites et « alignées », séparées uniquement par une rainure latérale, tandis que la troisième est dorsale, longue, en forme de crête, s’étendant presque jusqu’à l’extrémité du ligament.

Espèces ressemblantes

Par sa forme caractéristique et ses sommets enroulés, cette espèce ne peut pas être confondue avec d'autres bivalves.

Alimentation

Glossus humanus est suspensivore*. Cette espèce se nourrit de plancton* et d’autres particules microscopiques qu’elle filtre à l’aide de ses branchies*. L’eau entre par le siphon* inhalant* et passe sur les branchies. Celles-ci retiennent les particules alimentaires en les enveloppant de mucus et le tout est transporté par des mouvements ciliaires jusqu’aux palpes* labiaux* et à la bouche. L’eau et les particules non retenues sont rejetées par le siphon* exhalant*.

Reproduction - Multiplication

Chez Glossus humanus, les sexes sont séparés. Les gonades* des individus adultes (testicules ou ovaires) sont blanches. Les gamètes* (spermatozoïdes*, ovules*) sont libérés dans l’eau de mer vers la fin du mois d’août et en septembre. La fécondation* est externe (dans le milieu environnant). Les œufs se développent en larves* trochophores* planctoniques* puis se métamorphosent* en jeunes bivalves benthiques*.

Vie associée

Glossus humanus vit dans de la vase molle et de ce fait, d’autres espèces de ce milieu peuvent être rencontrées comme Brissopsis lyrifera, Nucula sulcata, occasionnellement Aporrhais serresiana.

Des colonies de l’hydrozaire Bougainvillia sp. ont souvent été observées se développant sur les coquilles de spécimens plus âgés, près des bords postérieurs des valves*. Sur un spécimen extrêmement grand, prélevé à l’aide d’un chalut à panneaux dans le Loch Sween (Ecosse) et mesurant 11 cm de longueur sur 10,2 cm de largeur, plusieurs petites anémones étaient fixées près des bords postérieurs des valves (Owen, 1953).

Divers biologie

Du fait de la forme bombée et de la légèreté de sa coquille, de la musculature peu développée de son pied, Glossus humanus est adapté au milieu vaseux et meuble. Ces caractéristiques lui évitent de s’enfoncer davantage sous la surface du sédiment et ainsi de colmater ses siphons* courts.

Informations complémentaires

Cette espèce est peu répandue, voire rare.
Le pied possède une glande byssale, mais le byssus* n’a été observé que chez les plus jeunes spécimens.
L'animal est extrêmement sensible à toute forme de vibrations (Owen 1953).

Origine des noms

Origine du nom français

Cœur de bœuf fait allusion à la forme caractéristique de cette espèce.
Bon nombre des noms génériques et spécifiques qui ont été attribués à cette espèce tiennent au fait que la coquille, vue de face, ressemble au cœur d'un mammifère.

Origine du nom scientifique

Glossus : du grec [gloss-] = langue. Le naturaliste italien Guiseppe Saverio Poli (1746-1825), a construit une classification personnelle des bivalves. Il utilisait deux noms de genres, l’un pour les parties molles : ici Glossus, l’autre pour la coquille : Glossoderma (comme pour Cerastoderma : la coque commune cf Cerastoderma edule). Seul le nom de genre Glossus a été conservé.

humanus : le naturaliste suédois Carl von Linné, en 1758 a nommé cette espèce Cardium humanum = cœur humain, du latin [cardium] = cœur et [humanum] = humain du fait de sa ressemblance avec un cœur humain. G.S. Poli, en donnant le nom de genre Glossus, a supprimé cette analogie avec notre organe. De plus Poli a donné le nom d’espèce rubicundus = rubicond (peut-être du fait de la couleur rouge du périostracum* chez les adultes) qui n’a pas été conservé.

Le zoologiste français Jean Baptiste Monet chevalier de Lamarck (1744-1829) a appelé cette espèce Isocardia cor : Isocardia fait allusion à la symétrie des deux valves* en forme de cœur et cor signifie également cœur en latin, mais du fait de la loi d’antériorité, cette dénomination n’a pas été retenue.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 140023

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Autobranchia Autobranches
Infra-classe Heteroconchia Hétéroconchie
Subter-classe Euheterodonta Euhétérodonte
Super ordre Imparidentia Imparidenties
Ordre Venerida Vénérides

Coquille mince, allongée, dure et costulée, bâillante à une ou aux deux extrémités. Ligament à la fois interne et externe.

Super-famille Glossoidea
Famille Glossidae Glossidés
Genre Glossus
Espèce humanus

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