Doto onusta

Doto onusta | Hesse, 1872

N° 6209

Atlantique Nord-Est,

Clé d'identification

Sur l'hydraire Dynamena pumila dans la zone de balancement des marées
Peut atteindre 11 mm de longueur
Corps blanc jaunâtre avec quelques petites taches rouge brun à noires
4 à 8 paires de cérates
Grand point noir à l'extrémité des tubercules des cérates
Rhinophores minces et translucides avec de petites taches blanches
Gaine des rhinophores avec une encoche postérieure

Noms

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est,

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]

Doto onusta a été observée pour la première fois en Bretagne, puis en Irlande et sur les côtes des îles Britanniques jusqu'en Norvège.
Cette espèce semble préférer les eaux tempérées plus froides.

Biotope

Doto onusta vit sur l'hydraire Dynamena pumila présent sur des algues brunes de la zone de balancement des marées comme le Fucus serratus et l'Ascophyllum nodosum en conséquence dans des habitats rocheux.

Description

Doto onusta peut atteindre 11 mm de longueur. Son corps blanc jaunâtre présente quelques petites taches rouge brun à noires. Sur le dos, on observe 4 à 8 paires de cérates* de la même couleur qui émergent d'une zone dépourvue de pigment. Chaque cérate porte environ 5 rangs de tubercules*; chacun terminé par un point noir. Les rhinophores* sont minces et translucides avec des petites taches blanches. Le bord des gaines des rhinophores a également quelques petites taches blanches et une encoche postérieure.

Espèces ressemblantes

Le genre Doto est particulièrement difficile à identifier sur la seule base morphologique.
Il est, sur le plan taxonomique*, l'un des genres les plus complexes de nudibranches en raison de la nature cryptique* de ses espèces, de leur petite taille et de l'homogénéité de leurs caractéristiques internes et externes.

Les analyses phylogénétiques* et de délimitation des espèces suggèrent que la coloration et la morphologie externe sont souvent peu fiables pour différencier les espèces (Vàsquez-Alcaide & al, 2026).
La distinction des espèces du genre Doto repose souvent davantage sur l’hydraire hôte et la répartition géographique que sur la seule coloration externe.

Dans l’Atlantique Nord-Est, il y a 20 espèces répertoriées de Doto, dont 14 considérées comme autochtones.
Ces espèces sont généralement définies sur la base de caractères externes, tels que la coloration, le nombre et la forme des appendices dorsolatéraux (les cérates*) et la morphologie de la gaine du rhinophore*. Dorénavant, des données moléculaires sont disponibles pour 13 d'entre elles.

Nous présentons ici les espèces reconnues de l'Atlantique Nord-Est (plusieurs de ces espèces sont issues du complexe Doto coronata) :

  • Doto arteoi Ortea, 1978. Cette espèce est seulement présente au nord de l'Espagne, sur l'hydraire Laomedea sp.
  • Doto coronata (Gmelin, 1791), le corps est allongé : étroit, translucide, de couleur crème à blanc, avec des points irréguliers rouges à marron dispersés sur toute la surface, à l'exception du dos autour des cérates. La gaine des rhinophores est cylindrique, symétrique, avec des ponctuations rouges à la base et sur les bords. Cette espèce est présente en Atlantique Nord-Est, en Atlantique Nord-Ouest et en Méditerranée. Toutefois cette espèce est considérée comme un complexe d'espèces*, le groupe "coronata", morphologiquement proches.
  • D. cuspidata Alder & Hancock, 1862 : vit sur Nemertesia ramosa ; le corps est fortement marqué de brun foncé ou noir ; des glandes pâles sont présentes à l'extrémité des tubercules des cérates.
  • D. fragilis Forbes, 1838) (pas de données moléculaires). Cette espèce a été observée sur les hydraires Nemertesia antennina, Nemertesia ramosa, Halecium halecinum et Halecium muricatum. Le corps est brun mais il n’y a pas de taches plus foncées ; des glandes blanches sont présentes le long des flancs du corps. Il y a jusqu'à 10 paires de cérates, chacun comportant jusqu'à 13 cercles concentriques de tubercules pâles.
  • D. eireana Lemche 1976 est présente sur Amphisbetia operculata. Son corps est blanc avec des taches brunes comme sur les tubercules des cérates.
  • D. hydrallmaniae Morrow, Thorpe & Picton, 1992 est observée sur Hydrallmania falcata. On distingue de grandes taches rouge foncé sur les tubercules et des marques rouge foncé sur les faces internes des cérates.
  • D. hystrix Picton & G. H. Brown, 1981 est présente sur l'hydraire Schizotricha frutescens. Les cérates n’ont pas de taches, mais de longs tubercules pointus, le bord des gaines des rhinophores porte une série de pointes.
  • D. koenneckeri Lemche, 1976. Cette espèce est observée sur Aglaophenia pluma, Lytocarpia myriophyllum. Il y a des taches sombres en forme de virgule sur les tubercules des cérates et le corps présente une coloration brune avec une bande latérale pâle.
  • D. lemchei Ortea & Urgorri, 1978. Cette espèce est observée sur Aglaophenia tubulifera. Il n’y a pas de taches sur les tubercules, le corps présente une teinte brune avec sur la tête du brun pâle.
  • D. maculata (Montagu, 1804). Cette espèce est présente sur l'hydraire Schizotricha catharinae. Sur les tubercules des cérates et sur le corps, on observe la présence de taches rouges. Les tubercules des cérates sont allongés et le tubercule terminal est souvent sans taches.
  • D. millbayana Lemche, 1976. Cette espèce est observée sur les hydraires Plumularia setacea et Kirchenpaueria halecioides ou K. pinnata. Son corps est blanc avec des stries rouges ou noires et il y a de multiples taches à la surface des cérates en plus des taches terminales sur les tubercules. Des taches rouges sont présentes sur et entre les tubercules des cérates et sur le corps, un bord blanc est bien visible autour des gaines des rhinophores (synonyme : Doto dunnei).
  • D. oblicua Ortea & Urgorri, 1978. Cette espèce est observée sur Amphisbetia operculata.
  • D. pinnatifida (Montagu, 1804) présente deux caractéristiques qui lui sont propres : des tubercules (les picots) à pointe noire sur les côtés du corps et des taches noires sur le bord des gaines rhinophores.
  • D. sarsiae Morrow, Thorpe & Picton, 1992 est observée sur l'hydraire Coryne (anciennement Sarsia) exima. On observe de grandes taches rouges sur les tubercules des cérates et sur le corps. Les cérates sont en forme de massue, avec un tubercule terminal émoussé.
  • D. tuberculata Lemche, 1976 est présente sur Sertularella gayi et Abietinaria sp. L’animal est jaune pâle avec des tubercules tachetés de noir. Les tubercules sont disposés en rangées sur le dos. C'est une espèce proche de D. pinnatifida. La ponte est différente.
  • D. verdicioi Ortea & Urgorri, 1978. Cette espèce est observée sur Aglaophenia sp.

D’autres nudibranches de petite taille pourraient être confondus avec les Doto :

Pour de nombreuses espèces de Doto, l'hydraire proie est déterminant.

Alimentation

Doto onusta se nourrit de l'hydraire Dynamena pumila qui vit en milieu rocheux dans la zone de balancement des marées sur des algues brunes comme le Fucus serratus et l'Ascophyllum nodosum.

Comme les autres mollusques gastéropodes, Doto onusta possède une radula*, mais avec peu de dents. Les Doto n'attaquent pas et n'ingèrent pas les polypes des hydraires sur lesquels on les trouve presque toujours, mais se nourrissent plutôt en perforant le périsarc* à l'aide de leurs dents radulaires extrêmement petites et fines et en aspirant le liquide du cœnosarc*.

L’espèce est spécialisée dans l’exploitation du cœnosarc des hydraires. Cette stratégie permet l’exploitation des tissus internes sans détruire les colonies d’hydraires.

Reproduction - Multiplication

Les Doto, comme les autres nudibranches, sont hermaphrodites*. La reproduction est sexuée et a lieu presque toute l’année. Les individus produisent des gamètes* mâles et femelles dans des gonades* visibles par transparence au niveau des cérates* des deuxième, troisième paires jusqu’à la sixième paire.

Le Dr Lemche (Just & Edmunds, 1985) représente la ponte sur le thalle* d'une algue brune. L'hydraire proie Dynamena pumila étant de petite taille, cela expliquerait cette disposition originale chez les Doto ! La ponte représentée est, comme chez la plupart des espèces de ce genre, un ruban plat blanc sinueux fixé par la tranche.
Des larves* véligères* planctotrophes* sont libérées dans le plancton*. Ensuite elles subissent une métamorphose* avant de s'installer sur l'hydraire proie.
La forte fécondité compense une mortalité larvaire élevée en phase planctonique.

Vie associée

Doto onusta vit sur l'hydraire Dynamena pumila qui est présent sur les algues brunes comme les Fucus serratus et Ascophyllum nodosum.

Divers biologie

Les Doto n’ont pas de cnidosacs* mais possèdent sur les cérates* de grosses cellules glandulaires, que l'on suppose à rôle défensif. Ces sécrétions glandulaires constituent un mécanisme de défense chimique probable.

Cette espèce appartient au groupe "coronata" dont les différents représentants sont difficiles à différencier, ce sont souvent les espèce proies qui permettent de faciliter l'identification.

Informations complémentaires

Les Doto sont de petites espèces mais, en général, assez faciles à observer car leurs pontes sur les hydraires, bien que petites, sont bien visibles.
Doto onusta est en revanche rarement observée par les plongeurs car elle vit dans la zone de balancement des marées.

Origine des noms

Origine du nom français

Doto onusta est la simple reprise du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Doto : il s'agit du nom d’une Néréide de la mythologie grecque. Ce nom de genre a été donné, en 1807, par le zoologiste allemand Ludwig Gilbert Lorenz Oken (Okenfuss) (1779-1851).

onusta : du latin [onusta] = plein, chargé, rempli de, surchargé, accablé. Ce nom d'espèce a été donné par le zoologiste français Charles Eugène Hesse (1801-1890) sans explication.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 182730

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Heterobranchia Hétérobranches
Infra-classe Euthyneura Euthyneures

Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère.

Subter-classe Ringipleura
Super ordre Nudipleura Nudipleures
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Dendronotina / Dendronotacea Dendronotinés / Dendronotacées Corps long et effilé. Appendices dorsaux en aiguille, en cigare ou branchus. Tête généralement pourvue de tentacules enroulés (rhinophores*) qui peuvent se rétracter dans des gaines. Rhinophore en tube ou en coupe. Mangeurs de Cnidaires.
Super-famille Dendronotoidea
Famille Dotidae Dotïdés

Limaces de petite taille. Rhinophores simples avec un fourreau. Présence d'un voile à la place des tentacules buccaux. 5 à 9 paires de cérates massifs et tuberculés.

Genre Doto
Espèce onusta

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