Sur l'hydraire Dynamena pumila dans la zone de balancement des marées
Peut atteindre 11 mm de longueur
Corps blanc jaunâtre avec quelques petites taches rouge brun à noires
4 à 8 paires de cérates
Grand point noir à l'extrémité des tubercules des cérates
Rhinophores minces et translucides avec de petites taches blanches
Gaine des rhinophores avec une encoche postérieure
Atlantique Nord-Est,
Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises]Doto onusta a été observée pour la première fois en Bretagne, puis en Irlande et sur les côtes des îles Britanniques jusqu'en Norvège.
Cette espèce semble préférer les eaux tempérées plus froides.
Doto onusta vit sur l'hydraire Dynamena pumila présent sur des algues brunes de la zone de balancement des marées comme le Fucus serratus et l'Ascophyllum nodosum en conséquence dans des habitats rocheux.
Doto onusta peut atteindre 11 mm de longueur. Son corps blanc jaunâtre présente quelques petites taches rouge brun à noires. Sur le dos, on observe 4 à 8 paires de cérates* de la même couleur qui émergent d'une zone dépourvue de pigment. Chaque cérate porte environ 5 rangs de tubercules*; chacun terminé par un point noir. Les rhinophores* sont minces et translucides avec des petites taches blanches. Le bord des gaines des rhinophores a également quelques petites taches blanches et une encoche postérieure.
Le genre Doto est particulièrement difficile à identifier sur la seule base morphologique.
Il est, sur le plan taxonomique*, l'un des genres les plus complexes de nudibranches en raison de la nature cryptique* de ses espèces, de leur petite taille et de l'homogénéité de leurs caractéristiques internes et externes.
Les analyses phylogénétiques* et de délimitation des espèces suggèrent que la coloration et la morphologie externe sont souvent peu fiables pour différencier les espèces (Vàsquez-Alcaide & al, 2026).
La distinction des espèces du genre Doto repose souvent davantage sur l’hydraire hôte et la répartition géographique que sur la seule coloration externe.
Dans l’Atlantique Nord-Est, il y a 20 espèces répertoriées de Doto, dont 14 considérées comme autochtones.
Ces espèces sont généralement définies sur la base de caractères externes, tels que la coloration, le nombre et la forme des appendices dorsolatéraux (les cérates*) et la morphologie de la gaine du rhinophore*. Dorénavant, des données moléculaires sont disponibles pour 13 d'entre elles.
Nous présentons ici les espèces reconnues de l'Atlantique Nord-Est (plusieurs de ces espèces sont issues du complexe Doto coronata) :
D’autres nudibranches de petite taille pourraient être confondus avec les Doto :
Pour de nombreuses espèces de Doto, l'hydraire proie est déterminant.
Doto onusta se nourrit de l'hydraire Dynamena pumila qui vit en milieu rocheux dans la zone de balancement des marées sur des algues brunes comme le Fucus serratus et l'Ascophyllum nodosum.
Comme les autres mollusques gastéropodes, Doto onusta possède une radula*, mais avec peu de dents. Les Doto n'attaquent pas et n'ingèrent pas les polypes des hydraires sur lesquels on les trouve presque toujours, mais se nourrissent plutôt en perforant le périsarc* à l'aide de leurs dents radulaires extrêmement petites et fines et en aspirant le liquide du cœnosarc*.
L’espèce est spécialisée dans l’exploitation du cœnosarc des hydraires. Cette stratégie permet l’exploitation des tissus internes sans détruire les colonies d’hydraires.
Les Doto, comme les autres nudibranches, sont hermaphrodites*. La reproduction est sexuée et a lieu presque toute l’année. Les individus produisent des gamètes* mâles et femelles dans des gonades* visibles par transparence au niveau des cérates* des deuxième, troisième paires jusqu’à la sixième paire.
Le Dr Lemche (Just & Edmunds, 1985) représente la ponte sur le thalle* d'une algue brune. L'hydraire proie Dynamena pumila étant de petite taille, cela expliquerait cette disposition originale chez les Doto ! La ponte représentée est, comme chez la plupart des espèces de ce genre, un ruban plat blanc sinueux fixé par la tranche.
Des larves* véligères* planctotrophes* sont libérées dans le plancton*. Ensuite elles subissent une métamorphose* avant de s'installer sur l'hydraire proie.
La forte fécondité compense une mortalité larvaire élevée en phase planctonique.
Doto onusta vit sur l'hydraire Dynamena pumila qui est présent sur les algues brunes comme les Fucus serratus et Ascophyllum nodosum.
Les Doto n’ont pas de cnidosacs* mais possèdent sur les cérates* de grosses cellules glandulaires, que l'on suppose à rôle défensif. Ces sécrétions glandulaires constituent un mécanisme de défense chimique probable.
Cette espèce appartient au groupe "coronata" dont les différents représentants sont difficiles à différencier, ce sont souvent les espèce proies qui permettent de faciliter l'identification.
Les Doto sont de petites espèces
mais, en général, assez faciles à observer car leurs pontes sur les hydraires,
bien que petites, sont bien visibles.
Doto onusta est en revanche rarement observée par les plongeurs car elle vit dans la zone de balancement des marées.
Doto onusta est la simple reprise du nom scientifique.
Doto : il s'agit du nom d’une Néréide de la mythologie grecque. Ce nom de genre a été donné, en 1807, par le zoologiste allemand Ludwig Gilbert Lorenz Oken (Okenfuss) (1779-1851).
onusta : du latin [onusta] = plein, chargé, rempli de, surchargé, accablé. Ce nom d'espèce a été donné par le zoologiste français Charles Eugène Hesse (1801-1890) sans explication.
Numéro d'entrée WoRMS : 182730
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Mollusca | Mollusques | Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. |
| Classe | Gastropoda | Gastéropodes | Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. |
| Sous-classe | Heterobranchia | Hétérobranches | |
| Infra-classe | Euthyneura | Euthyneures | Gastéropodes hétérobranches possédant une disposition particulière non croisée du système nerveux, résultant de la torsion puis détorsion de la larve véligère. |
| Subter-classe | Ringipleura | ||
| Super ordre | Nudipleura | Nudipleures | |
| Ordre | Nudibranchia | Nudibranches | Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre. |
| Sous-ordre | Dendronotina / Dendronotacea | Dendronotinés / Dendronotacées | Corps long et effilé. Appendices dorsaux en aiguille, en cigare ou branchus. Tête généralement pourvue de tentacules enroulés (rhinophores*) qui peuvent se rétracter dans des gaines. Rhinophore en tube ou en coupe. Mangeurs de Cnidaires. |
| Super-famille | Dendronotoidea | ||
| Famille | Dotidae | Dotïdés | Limaces de petite taille. Rhinophores simples avec un fourreau. Présence d'un voile à la place des tentacules buccaux. 5 à 9 paires de cérates massifs et tuberculés. |
| Genre | Doto | ||
| Espèce | onusta |
Gastéropodes Opisthobranches
Avec Dynamena pumila
Animal de petite taille vivant sur Dynamena pumila. La tête est à gauche et les rhinophores sont rétractés dans leur gaine. Les masses blanches visibles à travers la peau du dos seraient des œufs.
Bouguezen, Ouessant (29), 2 m
04/05/2025
Gastéropodes Opisthobranches
Vue détaillée
La tête est à droite, les rhinophores tachetés de blanc sont en extension.
Bouguezen, Ouessant (29), 2 m
04/05/2025
Deux individus
Le plus grand a la tête en bas (le rhinophore gauche est bien visible), les taches brun foncé sur le dos sont nombreuses.
A gauche, en bas, un individu plus petit n'est pas très net.
En haut de la photo, une ponte.
Ouessant (29)
04/05/2025
Dessins de H. Lemche
A, B et C : vues dorsale, latérale droite et ventrale
D : un seul cérate (x 3)
E : une ponte sur le thalle d'une algue brune et à côté, une représentation de l'hydraire proie.
Planche 11 in H. Just & M. Edmunds, 1985
Reproduction de documents anciens
1985
Rédacteur principal : Yves MÜLLER
Vérificateur : Pascal GIRARD
Responsable régional : Pascal GIRARD
Hesse E., 1872, Diagnoses de nudibranches nouveaux des côtes de Bretagne, Journal de Conchyliologie, 20, 345-348.
Hesse H., 1873, Memoire sur douze mollusques nudibranches nouveaux, recueillis en rade de Brest, Journal de Conchyliologie, 3(21), 305-322, pls. 12-13, plate XIII.
Lemche H., 1976, New British species of Doto Oken, 1815, Journal of the Marine Biological Association of the United Kingdom, 56, 691-706.
Picton B., 1978, A review of the genus Doto (Mollusca : Opisthobranchia), in the N.E. Atlantic and Mediterranean, Porcupine Newsletter 1(5), 71-77.
Vàsquez-Alcaide D., Salvador X., Giribet G., Hooker Y., Dchrödl M., Moles J., 2026, A systematic revision of the speciose sea slug genus Doto (heterobranchia: Nudibranchia) - from the Mediterranean to South America., Marine Biodiversity, 56, 7, 35p.
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