Cyerce grecque

Cyerce graeca | Thompson, 1988

N° 2407

Méditerranée & Macaronésie

Clé d'identification

Petite limace d'environ 10 mm
Cérates gonflés, blanc translucide et parfois bordés de digitations blanc opaque à brunes
Quelques mouchetures blanches sur les cérates
Rhinophores enroulés et biramés
Vit sur les algues dont elle se nourrit

Noms

Noms communs internationaux

Cierce greca (I)

Distribution géographique

Méditerranée & Macaronésie

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Principalement méditerranéenne, l'espèce Cyerce graeca a été observée initialement en mer Ionienne (Grèce) puis en mer Adriatique (Croatie). En France, elle a également été rapportée sur la Côte d'Azur. Signalée aussi aux Baléares et en Catalogne (Espagne).
Dans l'Atlantique proche, l'espèce a été signalée en deux occasions dans deux archipels de Macaronésie : Madère et les Açores.

Biotope

L'espèce peut être trouvée entre 1 m et 25-30 m sur les algues qui poussent sur des substrats* durs et exposés à la lumière. Ces algues constituent sa nourriture.

Description

Les spécimens observés dans la description initiale mesuraient jusqu'à 11 mm de longueur.
La couleur générale du corps est blanc translucide. Les cérates* sont assez développés, ovoïdes et gonflés. Ils sont mobiles, d'un blanc translucide avec des mouchetures blanches superficielles. Ils se terminent généralement par une rangée de digitations brunes à l'aspect un peu émoussé. La couleur brune semble plus présente sur les cérates les plus inférieurs.
Lorsque la face dorsale de l'animal est visible, celle-ci semble montrer un motif pigmenté brun-chocolat à partir de l'arrière des taches oculaires. La glande digestive foncée est également parfois perceptible par transparence.
Le pied comporte un sillon longitudinal et se termine dans sa partie antérieure par un propodium* bilabié qui pointe sous les tentacules* oraux. Ceux-ci sont blanc pâle.
Les rhinophores* enroulés s'organisent en deux paires car ils sont biramés. La rame supérieure est parfois plus foncée que la rame inférieure. La partie frontale de la tête porte deux taches oculaires noires bien visibles en arrière des rhinophores.

Espèces ressemblantes

Dans la zone de distribution méditerranéenne, nous pouvons citer deux espèces :

  • Mourgona borgninii (Trinchese, 1896), relativement rare et mal connue mais qui a une apparence proche. La partie dorsale du pied est blanchâtre à brune et les semis blancs sur les cirres* translucides ne sont pas cantonnés à la bordure des cérates.
  • Cyerce cristallina est également présente dans la zone. Mais elle est plus grande et massive. De plus, la frange pourpre de ses nombreux cérates peu arrondis la distingue définitivement de Cyerce graeca.
Géographiquement plus éloignées,
  • Cyerce antillensis Engel, 1927 est très ressemblante à C. graeca mais sa distribution est caraïbe.
  • Cyerce elegans, esthétiquement proche, pourrait aussi être confondue avec C. graeca mais cette espèce vit en zone indo-pacifique.
    La confusion est donc impossible avec ces deux espèces.

Alimentation

La cyerce grecque appartient à l'ordre des sacoglosses et, comme l'écrasante majorité d'entre eux, est herbivore. On peut ainsi la rencontrer sur l'udotée (Flabellia petiolata) ou la monnaie de Poséidon (Halimeda tuna).
Sa radula* lui permet de percer la paroi des cellules végétales pour en aspirer le contenu. Cela leur a valu le surnom anglais de "sap-sucking sea-slugs" : limaces de mer suceuses de sève.

Reproduction - Multiplication

La papille génitale est classiquement localisée sur la partie postérieure droite de la tête.
Les œufs sont minuscules, de couleur nacrée et forment un ruban qui sera disposé (en spirale ?) sur le thalle* de l'algue de prédilection de la cyerce grecque, probablement à l'automne.

Divers biologie

La radula*, sorte de langue râpeuse, comporte une seule file de dents (formule* radulaire généralement rencontrée : 16 à 17 x (0-1-0)) en forme de scalpel dont la première est utilisée pour percer la paroi des cellules des algues. Les dents usées tombent dans un sac buccal où elles sont stockées. Le terme sacoglosse (ordre taxonomique de cette espèce) dérive de cette particularité de la radula (glosse = langue) dont l'extrémité antérieure plonge dans ce sac de récolte. La taille de ce sac augmente donc avec l'âge de l'animal.

La papille anale, courte et pâle, est située latéro-dorsalement sur le côté droit, au niveau des cérates les plus antérieurs. Elle n'est généralement pas visible par le plongeur.

Sous les zones brunes des cérates, des sortes de petites formes opalescentes peuvent parfois aussi être observées et correspondent probablement à des glandes à caractère défensif.
La cyerce grecque peut perdre ses cérates par autotomie*. Cela implique qu'ils ne contiennent pas de glandes digestives ou de structures de réserves alimentaires. Les cérates perdus ou largués semblent animés d'une vie propre pendant plusieurs heures et changent constamment de forme ! Cela aurait pour effet de distraire d'éventuels prédateurs.
L'animal est capable de régénérer les cérates perdus.

Origine des noms

Origine du nom français

Cyerce grecque : traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Cyerce : l'origine du nom de genre est incertaine, Bergh, descripteur de ce genre, n'ayant pas donné d'indication. Le mot Cyerce pourrait être issu du latin [circius] = vent du nord-ouest, les mots cyerce ou cers désignant le vent d'ouest soufflant dans le sud-ouest de la France et particulièrement violent sur le bas Languedoc. Bergh, habitué à créer des noms de genre d'après des personnages de la mythologie ou des légendes, aurait pu être séduit par la consonance mythologique de ce mot, circius.

graeca
: grecque, de Grèce. Le nom fait allusion à l'origine géographique des premiers spécimens décrits et qui avaient été collectés en mer Ionienne (Grèce).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Heterobranchia Hétérobranches
Ordre Sacoglossa Sacoglosses Coquille à paroi fine et en forme d’œuf ou de 2 valves, ou absente. Les espèces sans coquille sont pourvues de parapodies ou de cérates. 2 paires ou pas de tentacules sur la tête (rhinophores en tube).
Famille Hermaeidae Hermaeidés
Genre Cyerce
Espèce graeca

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