Oursin-biscuit réticulé

Clypeaster reticulatus | (Linnaeus, 1758)

N° 5372

Indo-Pacifique central

Clé d'identification

Forme ovale allongée à pentagonale
Face aborale légèrement élevée vers le centre
Marge arrondie et épaissie, formant souvent un bourrelet
Face orale nettement concave
De petite taille, ± 6 cm de longueur
5 marques en forme de larges pétales sur la face aborale du test
Bouche située en position centrale de la face inférieure
Migration de l’anus en bordure arrière de la face inférieure du test
Piquants modifiés en soies fines et courtes
Couleur variable : grisâtre, jaunâtre avec des taches rougeâtres ou brunâtres

Noms

Autres noms communs français

Dollar de sable réticulé, oursin de sable aplati, biscuit de mer réticulé, clypéastre scutiforme

Noms communs internationaux

Flat sand urchin, reticulated sea biscuit, sea biscuit (GB), Dólar de arena reticulado, galleta de mar reticulado (E)

Synonymes du nom scientifique actuel

Echinus reticulatus Linnaeus, 1758
Clypeaster (Rhaphidoclypus) reticulatus (Linnaeus, 1758)
Echinodiscus reticulatus (Linnaeus, 1758)
Rhaphidoclypus reticulatus (Linnaeus, 1758)
Scutella reticulatus (Linnaeus, 1758)
Clypeaster scutiformis Lamarck, 1816
Laganum scutiforme
(Lamarck, 1816)
Lagana ovalis Blainville, 1834
Echinanthus coleae Gray, 1851
Echinanthus oblongus Gray, 1851

Distribution géographique

Indo-Pacifique central

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique

Cet oursin est largement répandu dans tout l’Indo-Pacifique tropical, de l’Afrique de l’Est à Hawaii, et de Taïwan à la Nouvelle-Calédonie. Sa présence en mer Rouge est à confirmer (confusion possible avec C. humilis). Il est présent dans tous les outre-mer français de cette région.

Biotope

On trouve cette espèce le plus souvent à faible profondeur sur les fonds sableux ou limoneux à proximité des herbiers marins. Elle peut se cacher le jour, à l’abri de la lumière, sous des blocs de corail, voire des rochers, et on la croisera plus facilement de nuit. Elle a été récoltée jusqu'à 125 m de profondeur.

Description

Cet oursin plat irrégulier a une forme ovale allongée à pentagonale avec un épaississement marginal. La face aborale* est légèrement en saillie vers le centre et l'on observe une dépression entre la zone où sont dessinés les pétales et le bord du test. Cette dépression permet de différencier cette espèce des autres espèces du genre Clypeaster fréquentant la même zone géographique. La face orale* est, quant à elle, nettement concave, avec des sillons nutritifs sans relief.

De petite taille, les dimensions moyennes de cette espèce tournent généralement autour de 6 cm de longueur, 5 cm de largeur et 1 cm d’épaisseur. La longueur maximale observée est de 11 cm.

On distingue sur la face aborale du test* 5 marques en forme de pétales, disposées en étoile, aux extrémités arrondies et fermées, appelées aires ambulacraires*. Ces plaques ambulacraires sont parsemées de deux rangées de pores disposés de façon régulière. Les pétales sont très élargis, et occupent plus des 2/3 du rayon du test, s’arrêtant en général au début du renflement marginal.
La bouche (péristome*) est située en position centrale de la face aborale, au fond d’une dépression marquée et arrondie et le périprocte*, qui entoure l’anus, a migré en bordure postérieure de la face inférieure du test.

Les nombreux piquants (ou radioles*) sont fixés sur de petits tubercules et modifiés en des soies fines et courtes. Ceux de la face orale sont courts, environ 3 mm, souples et pointus, ceux de la face aborale deux fois plus courts.
Les podia* de la zone aborale sont modifiés en branchies. La locomotion est principalement assurée par les piquants, contrairement aux oursins réguliers qui utilisent surtout leurs podia.
Cinq pores* génitaux, par où se produit l’émission des gamètes*, s’ouvrent à l’apex* du test, aux aisselles des pétales.

La couleur de cet oursin est très variable : grisâtre, jaunâtre, avec des taches rougeâtres ou brunâtres réparties sur les bords et pouvant former un motif grossièrement réticulé.
Le test nu est blanchâtre d’où ressort la partie centrale des plaques qui est brunâtre.

Espèces ressemblantes

Le genre Clypeaster compte au moins 45 espèces actuelles dont certaines partagent la même aire de répartition, et bien plus de fossile.

Clypeaster humilis (Leske, 1778) : de taille sensiblement identique, sa forme est plus elliptique, son test* est plus plat et n‘a pas d’épaississement marginal. Sur la face orale, les cinq sillons nutritifs sont profondément enfoncés, critère très discriminant.

Clypeaster oshimensis Ikeda, 1935 : espèce plus rare, essentiellement répartie du Japon à la Nouvelle-Calédonie. Le centre du test est renflé mais pas la marge, le pétale antérieur, disposé vers l’avant, est ouvert et les autres fermés, et la bouche n’a qu’une faible dépression, entre cinq sillons ambulacraires marqués. Espèce uniformément brune quand elle est vivante.

Clypeaster rarispinus de Meijere, 1903 : cette espèce, beaucoup plus rare, a une forme franchement pentagonale, les côtés étant d’égale longueur. Les pétales ne dépassent guère la moitié du rayon.

Dans les autres bassins océaniques on trouvera d’autres espèces comme le gros Clypeaster subdepressus (Gray, 1825) aux Caraïbes. Toutefois la répartition bien différente rend la confusion impossible.

Dans la même famille, l’espèce Arachnoides placenta (Linnaeus, 1758) peut être ressemblante et fréquente elle aussi l’Indo-Pacifique central (principalement Indonésie et Australie). Toutefois, le test est ici tout à fait discoïde et plat, et les pétales bifides et droits, ne formant pas d’ellipses.

Dans d’autres familles d’oursins irréguliers, on trouvera des espèces moins ressemblantes mais avec lesquelles la confusion peut rester possible, en particulier :

Jacksonaster depressum (L. Agassiz, 1841) : le test est beaucoup plus plat et les pétales sont plus étroits (non elliptiques), avec l’extrémité pointue et ouverte.
Idem pour les autres Laganidae comme Laganum laganum.

Alimentation

L’oursin-biscuit réticulé se nourrit en fouillant le sable et en filtrant de grandes quantités de sédiment grâce à ses podia* spécialisés qui entourent sa bouche. Ce détritivore* sélectionne les particules alimentaires qui s’y trouvent : diatomées*, foraminifères, débris d’algues, micro-organismes divers… Il semble avoir une prédilection particulière pour le foraminifère Amphistegina lessoni, qu’on trouvera souvent en quantité à proximité de sa bouche.

Ce "labourage" de la couche superficielle du sédiment participe, très certainement, à l'aération et à l'enrichissement du sable, favorisant ainsi les successions écologiques parmi les des algues et bactéries qui s'y trouvent.

Reproduction - Multiplication

Il y a des oursins mâles et des oursins femelles, c'est une espèce gonochorique*. Comme tous les échinides, cette espèce est ovipare*, la fécondation est externe et se fait dans l’eau de mer. Les embryons* se développent en larves*, des échinopluteus, qui mènent une vie planctonique* pendant plusieurs mois avant de tomber au fond et de se transformer en petits oursins.

Informations complémentaires

On distingue une sous-espèce Clypeaster reticulatus sundaicus Mortensen, 1948 largement répandue dans tout l’Indo-Pacifique qui a les bords du test plus minces.

Cet oursin irrégulier est trouvé régulièrement à l’état fossile. Il est apparu au Pléistocène, première époque géologique du système quaternaire de l’ère du Cénozoïque (3.60-0.01 Ma).

Origine des noms

Origine du nom français

Oursin-biscuit : du fait de la ressemblance de ces oursins avec de gros biscuits, et pour les différencier des oursins plats (ou « dollars des sables »), terme plutôt réservé aux membres du groupe des Scutelloida, plus discoïdes.

réticulé : la base d'insertion des piquants dessinent sur le test un réseau en toile d’araignée.

Origine du nom scientifique

Clypeaster : du latin [clĭpĕus]= bouclier et [astēr] = étoile

reticulatus : du latin [reticulum] = filet à petites mailles, motif en réseau.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 213362

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Echinozoa Echinozoaires Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer.
Classe Echinoidea Echinides Ce sont les oursins. Forme globuleuse ou hémisphérique, squelette qui porte des piquants mobiles, des pédicellaires et des pieds ambulacraires. Pouvoir de régénération limité.
Sous-classe Euechinoidea Euéchinides Oursins plus ou moins sphériques, dits "oursins réguliers". Plaques ambulacraires composées. Bouche ventrale et anus dorsal. 
Infra-classe Irregularia Irregulariés

Il s'agit d'oursins irréguliers, c'est à dire montrant une symétrie bilatérale (avant-arrière). Ils sont généralement plats et vivent enfouis. La bouche et l'anus se trouvent déplacés. Les pores génitaux demeurent situés au sommet de la face aborale.

Subter-classe Neognathostomata Neognathostomatés
Super ordre Luminacea Luminacés
Ordre Clypeasteroida Clypéastéroïdes Symétrie bilatérale, ambulacres disposés en pétales. Aplatissement du test, bouche et anus sur la même face.
Sous-ordre Clypeasterina Clypéastérines
Famille Clypeasteridae Clypéastéridés
Genre Clypeaster
Espèce reticulatus

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