Forme ovale allongée à pentagonale
Face aborale légèrement élevée vers le centre
Marge arrondie et épaissie, formant souvent un bourrelet
Face orale nettement concave
De petite taille, ± 6 cm de longueur
5 marques en forme de larges pétales sur la face aborale du test
Bouche située en position centrale de la face inférieure
Migration de l’anus en bordure arrière de la face inférieure du test
Piquants modifiés en soies fines et courtes
Couleur variable : grisâtre, jaunâtre avec des taches rougeâtres ou brunâtres
Dollar de sable réticulé, oursin de sable aplati, biscuit de mer réticulé, clypéastre scutiforme
Flat sand urchin, reticulated sea biscuit, sea biscuit (GB), Dólar de arena reticulado, galleta de mar reticulado (E)
Echinus reticulatus Linnaeus, 1758
Clypeaster (Rhaphidoclypus) reticulatus (Linnaeus, 1758)
Echinodiscus reticulatus (Linnaeus, 1758)
Rhaphidoclypus reticulatus (Linnaeus, 1758)
Scutella reticulatus (Linnaeus, 1758)
Clypeaster scutiformis Lamarck, 1816
Laganum scutiforme (Lamarck, 1816)
Lagana ovalis Blainville, 1834
Echinanthus coleae Gray, 1851
Echinanthus oblongus Gray, 1851
Indo-Pacifique central
Zones DORIS : ● Indo-PacifiqueCet oursin est largement répandu dans tout l’Indo-Pacifique tropical, de l’Afrique de l’Est à Hawaii, et de Taïwan à la Nouvelle-Calédonie. Sa présence en mer Rouge est à confirmer (confusion possible avec C. humilis). Il est présent dans tous les outre-mer français de cette région.
On trouve cette espèce le plus souvent à faible profondeur sur les fonds sableux ou limoneux à proximité des herbiers marins. Elle peut se cacher le jour, à l’abri de la lumière, sous des blocs de corail, voire des rochers, et on la croisera plus facilement de nuit. Elle a été récoltée jusqu'à 125 m de profondeur.
Cet oursin plat irrégulier a une forme ovale allongée à pentagonale avec un épaississement marginal. La face aborale* est légèrement en saillie vers le centre et l'on observe une dépression entre la zone où sont dessinés les pétales et le bord du test. Cette dépression permet de différencier cette espèce des autres espèces du genre Clypeaster fréquentant la même zone géographique. La face orale* est, quant à elle, nettement concave, avec des sillons nutritifs sans relief.
De petite taille, les dimensions moyennes de cette espèce tournent généralement autour de 6 cm de longueur, 5 cm de largeur et 1 cm d’épaisseur. La longueur maximale observée est de 11 cm.
On distingue sur la face aborale du test* 5 marques en forme de pétales, disposées en étoile, aux extrémités arrondies et fermées, appelées aires ambulacraires*. Ces plaques ambulacraires sont parsemées de deux rangées de pores disposés de façon régulière. Les pétales sont très élargis, et occupent plus des 2/3 du rayon du test, s’arrêtant en général au début du renflement marginal.
La bouche (péristome*) est située en position centrale de la face aborale, au fond d’une dépression marquée et arrondie et le périprocte*, qui entoure l’anus, a migré en bordure postérieure de la face inférieure du test.
Les nombreux piquants (ou radioles*) sont fixés sur de
petits tubercules et modifiés en des soies fines et courtes. Ceux de la face
orale sont courts, environ 3 mm, souples et pointus, ceux de la face aborale
deux fois plus courts.
Les podia* de la zone aborale sont modifiés en branchies. La locomotion est principalement assurée par les piquants, contrairement aux oursins réguliers qui utilisent surtout leurs podia.
Cinq pores* génitaux, par où se produit l’émission des gamètes*, s’ouvrent à l’apex* du test, aux aisselles des pétales.
La couleur de cet oursin est très variable : grisâtre, jaunâtre, avec des taches rougeâtres ou brunâtres réparties sur les bords et pouvant former un motif grossièrement réticulé.
Le test nu est blanchâtre d’où ressort la partie centrale des plaques qui est brunâtre.
Le genre Clypeaster compte au moins 45 espèces actuelles dont certaines partagent la même aire de répartition, et bien plus de fossile.
Clypeaster humilis (Leske, 1778) : de taille sensiblement identique, sa forme est plus elliptique, son test* est plus plat et n‘a pas d’épaississement marginal. Sur la face orale, les cinq sillons nutritifs sont profondément enfoncés, critère très discriminant.
Clypeaster oshimensis Ikeda, 1935 : espèce plus rare, essentiellement répartie du Japon à la Nouvelle-Calédonie. Le centre du test est renflé mais pas la marge, le pétale antérieur, disposé vers l’avant, est ouvert et les autres fermés, et la bouche n’a qu’une faible dépression, entre cinq sillons ambulacraires marqués. Espèce uniformément brune quand elle est vivante.
Clypeaster rarispinus de Meijere, 1903 : cette espèce, beaucoup plus rare, a une forme franchement pentagonale, les côtés étant d’égale longueur. Les pétales ne dépassent guère la moitié du rayon.
Dans les autres bassins océaniques on trouvera d’autres espèces comme le gros Clypeaster subdepressus (Gray, 1825) aux Caraïbes. Toutefois la répartition bien différente rend la confusion impossible.
Dans la même famille, l’espèce Arachnoides placenta (Linnaeus, 1758) peut être ressemblante et fréquente elle aussi l’Indo-Pacifique central (principalement Indonésie et Australie). Toutefois, le test est ici tout à fait discoïde et plat, et les pétales bifides et droits, ne formant pas d’ellipses.
Dans d’autres familles d’oursins irréguliers, on trouvera des espèces moins ressemblantes mais avec lesquelles la confusion peut rester possible, en particulier :
Jacksonaster depressum (L. Agassiz, 1841) : le test est beaucoup plus plat et les pétales sont plus étroits (non elliptiques), avec l’extrémité pointue et ouverte.
Idem pour les autres Laganidae comme Laganum laganum.
L’oursin-biscuit réticulé se nourrit en fouillant le sable et en filtrant de grandes quantités de sédiment grâce à ses podia* spécialisés qui entourent sa bouche. Ce détritivore* sélectionne les particules alimentaires qui s’y trouvent : diatomées*, foraminifères, débris d’algues, micro-organismes divers… Il semble avoir une prédilection particulière pour le foraminifère Amphistegina lessoni, qu’on trouvera souvent en quantité à proximité de sa bouche.
Ce "labourage" de la couche superficielle du sédiment participe, très certainement, à l'aération et à l'enrichissement du sable, favorisant ainsi les successions écologiques parmi les des algues et bactéries qui s'y trouvent.
Il y a des oursins mâles et des oursins femelles, c'est une espèce gonochorique*. Comme tous les échinides, cette espèce est ovipare*, la fécondation est externe et se fait dans l’eau de mer. Les embryons* se développent en larves*, des échinopluteus, qui mènent une vie planctonique* pendant plusieurs mois avant de tomber au fond et de se transformer en petits oursins.
On distingue une sous-espèce Clypeaster reticulatus sundaicus Mortensen, 1948 largement répandue dans tout l’Indo-Pacifique qui a les bords du test plus minces.
Cet oursin irrégulier est trouvé régulièrement à l’état fossile. Il est apparu au Pléistocène, première époque géologique du système quaternaire de l’ère du Cénozoïque (3.60-0.01 Ma).
Oursin-biscuit
: du fait de la ressemblance de ces oursins avec de gros biscuits, et pour les
différencier des oursins plats (ou « dollars des sables »), terme plutôt
réservé aux membres du groupe des Scutelloida, plus discoïdes.
réticulé : la base d'insertion des piquants dessinent sur le test un réseau en toile d’araignée.
Clypeaster : du latin [clĭpĕus]= bouclier et [astēr] = étoile
reticulatus : du latin [reticulum] = filet à petites mailles, motif en réseau.
Numéro d'entrée WoRMS : 213362
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Echinodermata | Echinodermes | Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement. |
| Sous-embranchement | Echinozoa | Echinozoaires | Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer. |
| Classe | Echinoidea | Echinides | Ce sont les oursins. Forme globuleuse ou hémisphérique, squelette qui porte des piquants mobiles, des pédicellaires et des pieds ambulacraires. Pouvoir de régénération limité. |
| Sous-classe | Euechinoidea | Euéchinides | Oursins plus ou moins sphériques, dits "oursins réguliers". Plaques ambulacraires composées. Bouche ventrale et anus dorsal. |
| Infra-classe | Irregularia | Irregulariés | Il s'agit d'oursins irréguliers, c'est à dire montrant une symétrie bilatérale (avant-arrière). Ils sont généralement plats et vivent enfouis. La bouche et l'anus se trouvent déplacés. Les pores génitaux demeurent situés au sommet de la face aborale. |
| Subter-classe | Neognathostomata | Neognathostomatés | |
| Super ordre | Luminacea | Luminacés | |
| Ordre | Clypeasteroida | Clypéastéroïdes | Symétrie bilatérale, ambulacres disposés en pétales. Aplatissement du test, bouche et anus sur la même face. |
| Sous-ordre | Clypeasterina | Clypéastérines | |
| Famille | Clypeasteridae | Clypéastéridés | |
| Genre | Clypeaster | ||
| Espèce | reticulatus |
Oursins (Échinides)
Dans l'herbier
On trouve cette espèce le plus souvent à faible profondeur sur les fonds sableux ou limoneux, à proximité des herbiers marins.
Ile de Mayotte, archipel des Comores, canal du Mozambique
24/03/2017
Oursins (Échinides)
Face orale
La couleur de cet oursin est très variable : grisâtre, jaunâtre, avec des taches rougeâtres ou brunâtres réparties sur les bords.
Ce spécimen a
été retourné, et on distingue des foraminifères discoïdes amenés vers la bouche
par les podia.
Pulau Dua, Sulawesi central, Indonésie, 10 m, de nuit
05/12/2023
Gros plan montrant les différents organes
Ce gros plan nous permet d’observer certaines structures de Clypeaster reticulatus : radioles, podia et podia respiratoires.
Sada, île de Mayotte (976), archipel des Comores, 1 m
29/09/2018
Radioles modifiées
Les piquants ou radioles sont très nombreux et modifiés en des soies fines, formant un tapis de velours.
Pulau Dua, Sulawesi central, Indonésie, 10 m, de nuit
05/12/2023
De profil
Cette vue de la face latérale montre bien la légère concavité du test et l’épaisseur de la bordure, qui le distingue des autres oursins plats de la région.
Pulau Dua, Sulawesi central, Indonésie, 10 m, de nuit
05/12/2023
Test seul
Le test de Clypeaster reticulatus est de forme ovale allongée à pentagonale.
Lagon de Saint-Pierre, île de la Réunion, archipel des Mascareignes, 2 m, sable
03/1987
Morphologie de la face aborale
On distingue, sur la face aborale du test, 5 marques en forme de pétales, disposées en étoile, ainsi que cinq pores génitaux par où se produit l’émission des gamètes.
Lagon de Saint-Pierre, île de la Réunion, archipel des Mascareignes, 2 m, sable
03/1987
Morphologie de la face orale
Le périprocte, qui entoure l’anus, a migré en bordure de la face inférieure du côté postérieure du test.
Lagon de Saint-Pierre, île de la Réunion, archipel des Mascareignes, 2
m, sable
03/1987
Dessin naturaliste
Dessin naturaliste montrant la face orale du test et sa vue de profil.
Dessin d'artiste d'après le dessin original dans « The test architecture of Clypeaster (Echinoidea, Clypeasteroida) and its phylogenetic significance » (2011)
09/09/2025
Rédacteur principal : Philippe LE GRANCHÉ
Correcteur : Frédéric DUCARME
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
Gray J.E., 1851, Description of two new genera and some new species of Scutellidae and Echinolampidae in the Collection of the British Museum, Proceedings of the Zoological Society of London, 19, 34-38.
Lindley I.D., 2003, Echinoids of the Kairuku Formation (Lower Pliocene), Yule Island, Papua New Guinea : Clypeasteroida, Proceedings of the Linnean Society of New South Wales, 124, 125-136.
Mihaljevic M., Jerjen I., Smith A.B., 2011, The test architecture of Clypeaster (Echinoidea, Clypeasteroida) and its phylogenetic significance, Zootaxa, 2983, 21-38.
Mooi R., Van Noordenburg H., 2021, A new species and comparative morphology of Philippine sea biscuits (Echinoidea: Clypeaster), Zootaxa, 4964, 1, 1-36.
Rout S.S., Dash B., Raut D., Raman A.V., 2020, New record of the echinoid Clypeaster reticulatus (Linnaeus, 1758) off Andhra Pradesh, east peninsular India Indian, Journal of Geo Marine Sciences, 49(12), 1866-1868.
La page de Clypeaster reticulatus sur le site de référence de DORIS pour les échinodermes : WoRMS
La page de Clypeaster reticulatus dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
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