Oursin irrégulier aplati
Forme elliptique à sub-pentagonale, à bord épais et arrondi
Face aborale renflée
Cinq ambulacres en forme de fleur en léger relief
Face orale concave
Bouche entourée de cinq sillons nourriciers
Test recouvert d'un tapis épais et compact de fines radioles
Dollar des sables africain, scutelle placunaire, scutelle ambigène
African sand dollar, common sand dollar, cake urchin, sea biscuit (GB)
Echinanthus humilis Leske, 1778
Stolonoclypus humilis (Leske, 1778)
Clypeaster ambigenus (Lamarck, 1816)
Clypeaster placunarius (Lamarck, 1816)
Echinanthus placunarius (Lamarck, 1816)
Echinodiscus placunarius (Lamarck, 1816)
Scutella ambigena Lamarck, 1816
Scutella placunaria Lamarck, 1816
Clypeaster rumphii Des Moulins, 1837
Echinanthus explanatus Gray, 1851
Echinanthus productus Gray, 1851
Clypeaster latus Herklots, 1854
Clypeaster tumescens Herklots, 1854
Clypeaster saisseti Michelin, 1861
Mer Rouge, Indo-Pacifique tropical Ouest
Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]Ce clypeastéridé a une répartition géographique assez large au sein de l'océan Indien. En effet, on peut l’observer de la mer Rouge aux Philippines, le long de la côte est africaine (Kenya, Tanzanie, Mozambique, Madagascar) ainsi que dans les archipels des Seychelles et des Maldives. A notre connaissance il n'est pas signalé à Mayotte ni à la Réunion.
Il est également présent dans l’océan Pacifique occidental notamment en Australie et en Nouvelle-Calédonie.
Cette distribution suggère une bonne capacité de dispersion larvaire, malgré un mode de vie strictement benthique à l’état adulte.
Clypeaster humilis est un oursin fouisseur qui vit, le plus souvent enterré dans le sable, sur des fonds de sable grossier souvent envasés, des premiers mètres sous la surface jusqu’à plus de 200 m de profondeur.
Sa forme aplatie facilite sa progression et son enfouissement dans le sédiment.
Clypeaster humilis est un oursin irrégulier qui présente une symétrie bilatérale. Certains individus ont une forme aplatie, ovale, sub-pentagonale, d'autres une forme elliptique à bord épais ou arrondi. Le test* mesure jusqu'à 105 mm de long et 85 mm de large pour 20 à 40 mm d'épaisseur. Sa largeur maximale se trouve au niveau des pétales* postérieurs, souvent après une légère indentation.
La face aborale* (dorsale) est presque plane dans sa partie périphérique mais souvent renflée et gibbeuse, formant une bosse dans sa partie centrale, surtout chez les plus vieux spécimens. Elle possède cinq ambulacres* qui forment un motif de fleur caractéristique de ce groupe. Les pétales sont larges, arrondis, fermés distalement et isométriques*. Ils occupent approximativement les trois quarts de la surface du test. Le pétale antérieur est légèrement plus long que les quatre autres. Les podia* sont modifiés en papules* respiratoires (podia dépourvus de ventouses) au niveau des pétales. Au sommet du test, à la jonction des pétales, se trouve le système apical*, de forme pentagonale, composé de la plaque madréporique* et de 5 pores* génitaux, les gonopores*.
La face ventrale ou orale* est concave. Cette concavité est plus prononcée à proximité de la bouche et le long des sillons. La bouche, de forme pentagonale, est située au centre du test*. Elle est entourée de cinq sillons nourriciers, droits, fins et non ramifiés, disposés en étoile.
L'anus a migré vers la périphérie : il est disposé sous le bord postérieur du test. De forme légèrement ovale, il est allongé transversalement.
Le test est recouvert d'un tapis épais et compact de fines radioles* (piquants) à extrémité distale* renflée, de couleur jaunâtre à brun-rouge, qui lui servent à se déplacer et à s’enfouir dans le sable. Ces piquants sont articulés sur de petits tubercules* dont l’aréole* est légèrement enfoncée dans le test. Les pétales sont soulignés de couleur plus sombre.
Le test nu est blanc à jaunâtre. La structure interne comporte un système de piliers denses, sortes de contreforts mieux développés près de la marge, ce qui assure au test une certaine solidité.
Les pédicellaires* sont petits, de forme dactyle* à trois doigts, ou mors (à l’image des mâchoires de tenailles), qui forment une pince à trois côtés, courbes et lisses.
L’ensemble de cette morphologie traduit une forte spécialisation pour la vie fouisseuse dans les sédiments meubles.
Dans l’Indo-Pacifique occidental, l’association d’un test aplati, d’une
face orale concave, de pétales larges fermés distalement et d’un tapis
dense de radioles fines permet de reconnaître facilement cette espèce.
En pratique, la combinaison de la forme générale, de la concavité orale, de la présence de sillons nourriciers et du nombre de gonopores permet d’écarter la plupart des espèces proches.
Comme la plupart des oursins irréguliers, Clypeaster humilis a une activité nocturne. Il se nourrit de diatomées*, de foraminifères, de micro-organismes et de particules de matière organique (débris d'algues, petits gastropodes, vers et autres formes de vie) présents dans le sable.
Il filtre le sédiment à l'aide de ses radioles* puis de ses podia* buccaux. Un courant de cils mobiles va entraîner ces particules vers le bord du corps, puis au-dessous vers les sillons ventraux et enfin vers la bouche. Il joue ainsi un rôle important dans le recyclage de la matière organique du sédiment.
Cet échinide est une espèce gonochorique* : il y a des oursins mâles et des oursins femelles, mais d’apparence semblable. La fécondation se produit dans l'eau de mer. Les voies de sortie des gamètes*, les gonopores*, au nombre de 5, sont situées au centre de la face aborale* du dollar des sables.
Les œufs puis les larves* pluteus* (échinopluteus chez l’oursin) séjournent dans le plancton* pendant plusieurs semaines avant de se fixer sur le fond pour entamer leur métamorphose* en oursin juvénile.
Cette longue phase planctonique assure une large dispersion géographique de l’espèce.
Clypeaster humilis peut se retrouver associé, dans un même lieu, à d’autres oursins de l’ordre des Clypéastéroïdes tels Jacksonaster depressum ou Echinodiscus truncatus.
On observe parfois une association entre cet oursin et un ver annélide polychète Oxydromus spinapandens (Storch & Niggemann, 1967), qui se rencontre sur la membrane péristomiale et sur le test, entre les piquants aboraux.
Il existe d’importantes variations individuelles de forme selon les régions.
Cet oursin a un comportement grégaire, on peut le rencontrer localement en grand nombre, les individus distants les uns des autres de quelques centimètres.
De nombreux gisements fossiles ont été découverts dans la région de Tjidamar dans le sud de l’Indonésie ainsi que dans les dépôts littoraux subfossiles ou tertiaires de la mer Rouge, du golfe Persique (île de Karak) et de l’île de Java (Indonésie).
Des traces de prédation par les poissons ont été détectées sur des tests fossiles de Clypeaster humilis en mer Rouge.
Oursin des sables : oursin qui vit dans le sable plus ou moins grossier.
africain : espèce essentiellement présente sur les côtes orientales de l’Afrique : il est par exemple l’espèce la plus commune de son (vaste) genre en mer Rouge ou aux Maldives.
Clypeaster : du latin [clĭpĕus]= bouclier et [astēr] = étoile. En rapport avec sa forme qui peut faire penser à un bouclier et ses 5 zones ambulacraires* pétaloïdes disposées en étoile.
humilis : mot latin = bas, près du sol, peu élevé.
Numéro d'entrée WoRMS : 213364
| Termes scientifiques | Termes en français | Descriptif | |
|---|---|---|---|
| Embranchement | Echinodermata | Echinodermes | Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement. |
| Sous-embranchement | Echinozoa | Echinozoaires | Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer. |
| Classe | Echinoidea | Echinides | Ce sont les oursins. Forme globuleuse ou hémisphérique, squelette qui porte des piquants mobiles, des pédicellaires et des pieds ambulacraires. Pouvoir de régénération limité. |
| Sous-classe | Euechinoidea | Euéchinides | Oursins plus ou moins sphériques, dits "oursins réguliers". Plaques ambulacraires composées. Bouche ventrale et anus dorsal. |
| Infra-classe | Irregularia | Irregulariés | Il s'agit d'oursins irréguliers, c'est à dire montrant une symétrie bilatérale (avant-arrière). Ils sont généralement plats et vivent enfouis. La bouche et l'anus se trouvent déplacés. Les pores génitaux demeurent situés au sommet de la face aborale. |
| Subter-classe | Neognathostomata | Neognathostomatés | |
| Super ordre | Luminacea | Luminacés | |
| Ordre | Clypeasteroida | Clypéastéroïdes | Symétrie bilatérale, ambulacres disposés en pétales. Aplatissement du test, bouche et anus sur la même face. |
| Sous-ordre | Clypeasterina | Clypéastérines | |
| Famille | Clypeasteridae | Clypéastéridés | |
| Genre | Clypeaster | ||
| Espèce | humilis |
Oursins (Échinides)
Motif en forme de fleur
Les ambulacres forment un dessin en forme de fleur à 5 pétales.
Secret Bay, Anilao, île de Panay, archipel des Visayas occidentales, Philippines
13/05/2018
Oursins (Échinides)
Forme pentagonale
Cet oursin possède un corps irrégulier de forme plus ou moins pentagonale.
Ile de Landaa Giraavaru, atoll Maalhosmadulu Sud, atoll de Baa, Maldives
18/08/2014
Face aborale
La face aborale (dorsale) est presque plane dans sa partie périphérique mais souvent renflée et gibbeuse (bossue) dans sa partie centrale.
Ile de Lembeh, Sulawesi du Nord, Indonésie, mer des Moluques, 15 m
03/04/2009
Par petits fonds
On trouve cet oursin à faible profondeur sur les fonds sableux, ici un jeune exemplaire.
Ile de Pemba, archipel de Zanzibar, Tanzanie, 0 m
22/12/2017
Piquants fins et denses
Le test est recouvert d'un tapis dense de fins piquants.
Three Corner Beach, Hurghada, Egypte, mer Rouge, 6 m (sable)
28/10/1990
Test nu blanc
Le test nu de cet oursin est blanc à jaunâtre, il est composé de carbonate de calcium renforcé par une armature en cristaux de calcite dans une structure caractéristique appelée stéréome.
Three Corner Beach, Hurghada, Egypte, mer Rouge, 6 m (sable)
28/10/1990
Ambulacres et système apical
On distingue sur la face aborale cinq ambulacres qui forment un motif de fleur en relief, et au centre le système apical, de forme pentagonale, composé de la plaque madréporique et de 5 pores génitaux.
Three Corner Beach, Hurghada, Egypte, mer Rouge, 6 m (sable)
28/10/1990
Face orale
On observe au centre de la face ventrale ou orale la bouche entourée de cinq sillons nourriciers, droits et disposés en étoile.
Three Corner Beach, Hurghada, Egypte, mer Rouge, 6 m (sable)
28/10/1990
Tubercules et aréoles
Sur cette partie de la face orale en gros plan, on distingue les tubercules sur lesquels sont articulées les radioles ainsi que les aréoles qui entourent ces tubercules.
Three Corner Beach, Hurghada, Egypte, mer Rouge, 6 m (sable)
28/10/1990
Face aborale
Sur ce dessin ancien de la face aborale, on remarque bien le corps irrégulier, renflé et les 5 ambulacres imitant une fleur à 5 pétales.
Planche 17 (fig. A) de l'ouvrage "Jacobi Theodori Klein naturalis dispositio echinodermatum" par N.G. Leske
Reproduction de documents anciens
1778
Bouche et sillons
Sur ce dessin ancien de la face orale, on observe une concavité à proximité de la bouche et le long des ambulacres. On y trouve la bouche, de forme pentagonale, située au centre et entourée de 5 sillons nourriciers.
Planche 17 (fig. A) de l'ouvrage "Jacobi Theodori Klein naturalis dispositio echinodermatum" par N.G. Leske
Reproduction de documents anciens
1778
Morphologie
Ce dessin met en évidence les différences morphologiques entre faces aborale et orale de cet oursin des sables.
Dessin (pl. 9) extrait de l'ouvrage de H. Michelin : "Notice sur quelques espèces d'Echinides provenant de la Nouvelle-Calédonie"
Reproduction de documents anciens
1861
Quelques détails d’un individu fossile
2c : coupe longitudinale, 2 e,f,g : demi-mâchoires, 2l : radiole, 2m : tubercules supérieurs, 2n : tubercules inférieurs, 2o : madréporite.
Planche 35, fig. 2 dans "Monographie des clypéastres fossiles" par H. Michelin
Reproduction de documents anciens
1861
Pour mieux comprendre
Quelques précisions anatomiques pour mieux comprendre.
Planche 19 (figs C & D) de l'ouvrage "Jacobi Theodori Klein naturalis dispositio echinodermatum" par N.G. Leske
Reproduction de documents anciens
1778
Photographies de R. Kœhler en laboratoire
Sur ces photos d’un Clypeaster humilis de la mer Rouge on peut observer : 1. Le test ouvert par la face ventrale (l’appareil masticateur a été laissé en place), 2. La face dorsale d'un individu, 3. La face dorsale d’un autre individu, 4. Le même échantillon que celui de la fig. 1, mais l’appareil masticateur a été enlevé, 5. La coupe verticale du test d'un échantillon desséché, 6. L’appareil masticateur, face dorsale.
Planche 3 dans «Échinides du Musée indien à Calcutta, II, Clypeastridés et cassidulidés » par R. Kœhler
Reproduction de documents anciens
1922
Rédacteur principal : Philippe LE GRANCHÉ
Correcteur : Frédéric DUCARME
Responsable régional : Philippe LE GRANCHÉ
Clark A.M., Rowe F.W.E., 1971, Monograph of shallow-water Indo-West Pacific echinoderms, Trustees of the British Museum (Natural History), London, 1-238, pls 1-31.
David B., Mooi R., Néraideau D., Saucede T., Villier L., 2009, Évolution et radiations adaptatives chez les échinides, Elsevier, C. R. Palevol, 8(2-3), 189-207.
Kœhler R., 1922, Echinides du Musée Indien á Calcutta, II: Clypeastrides et Cassidulides. Echinoderma of the Indian Museum, 9, 5-161.
Mihaljevic M., Jerjen I., Smith A.B., 2011, The test architecture of Clypeaster (Echinoidea, Clypeasteroida) and its phylogenetic significance, Zootaxa, 2983, 21-38.
Michelin H., 1861, Notice sur quelques espèces d'Échinides provenant de la Nouvelle-Calédonie, Revue et magasin de zoologie pure et appliquée, 2(13), 325-329.
Michelin H., 1861, Monographie des clypéastres fossiles, Bulletin de la Société géologique de France, 2, 7, 2, pls. IX-XXXVI, 101-147.
Nebelsick J.H., Kampfer S., 1994, Taphonomy of Clypeaster humilis and Echinodiscus auritus from the Red Sea, Echinoderms through Time, Balkema, Rotterdam, 803-808.
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Storch V., Niggemann R., 1967, Auf Echinodermen lebende Polychaeten, Kieler Meeresforschungen, 23, 2, pls. 2, 156-164.
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La page de Clypeaster humilis dans l'Inventaire National du Patrimoine Naturel : INPN
La page de Clypeaster humilis sur le site de référence de DORIS pour les échinodermes : World Echinoidea Database
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