Oursin des sables africain

Clypeaster humilis | (Leske, 1778)

N° 2337

Mer Rouge, Indo-Pacifique tropical Ouest

Clé d'identification

Oursin irrégulier aplati
Forme elliptique à sub-pentagonale, à bord épais et arrondi
Face aborale renflée
Cinq ambulacres en forme de fleur en léger relief
Face orale concave
Bouche entourée de cinq sillons nourriciers
Test recouvert d'un tapis épais et compact de fines radioles

Noms

Autres noms communs français

Dollar des sables africain, scutelle placunaire, scutelle ambigène

Noms communs internationaux

African sand dollar, common sand dollar, cake urchin, sea biscuit (GB)

Synonymes du nom scientifique actuel

Echinanthus humilis Leske, 1778
Stolonoclypus humilis (Leske, 1778)
Clypeaster ambigenus (Lamarck, 1816)
Clypeaster placunarius (Lamarck, 1816)
Echinanthus placunarius (Lamarck, 1816)
Echinodiscus placunarius (Lamarck, 1816)
Scutella ambigena Lamarck, 1816
Scutella placunaria Lamarck, 1816
Clypeaster rumphii Des Moulins, 1837
Echinanthus explanatus Gray, 1851
Echinanthus productus Gray, 1851
Clypeaster latus Herklots, 1854
Clypeaster tumescens Herklots, 1854
Clypeaster saisseti Michelin, 1861

Distribution géographique

Mer Rouge, Indo-Pacifique tropical Ouest

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique, ○ [Mer Rouge]

Ce clypeastéridé a une répartition géographique assez large au sein de l'océan Indien. En effet, on peut l’observer de la mer Rouge aux Philippines, le long de la côte est africaine (Kenya, Tanzanie, Mozambique, Madagascar) ainsi que dans les archipels des Seychelles et des Maldives. A notre connaissance il n'est pas signalé à Mayotte ni à la Réunion.
Il est également présent dans l’océan Pacifique occidental notamment en Australie et en Nouvelle-Calédonie.

Cette distribution suggère une bonne capacité de dispersion larvaire, malgré un mode de vie strictement benthique à l’état adulte.

Biotope

Clypeaster humilis est un oursin fouisseur qui vit, le plus souvent enterré dans le sable, sur des fonds de sable grossier souvent envasés, des premiers mètres sous la surface jusqu’à plus de 200 m de profondeur.
Sa forme aplatie facilite sa progression et son enfouissement dans le sédiment.

Description

Clypeaster humilis est un oursin irrégulier qui présente une symétrie bilatérale. Certains individus ont une forme aplatie, ovale, sub-pentagonale, d'autres une forme elliptique à bord épais ou arrondi. Le test* mesure jusqu'à 105 mm de long et 85 mm de large pour 20 à 40 mm d'épaisseur. Sa largeur maximale se trouve au niveau des pétales* postérieurs, souvent après une légère indentation.

La face aborale* (dorsale) est presque plane dans sa partie périphérique mais souvent renflée et gibbeuse, formant une bosse dans sa partie centrale, surtout chez les plus vieux spécimens. Elle possède cinq ambulacres* qui forment un motif de fleur caractéristique de ce groupe. Les pétales sont larges, arrondis, fermés distalement et isométriques*. Ils occupent approximativement les trois quarts de la surface du test. Le pétale antérieur est légèrement plus long que les quatre autres. Les podia* sont modifiés en papules* respiratoires (podia dépourvus de ventouses) au niveau des pétales. Au sommet du test, à la jonction des pétales, se trouve le système apical*, de forme pentagonale, composé de la plaque madréporique* et de 5 pores* génitaux, les gonopores*.

La face ventrale ou orale* est concave. Cette concavité est plus prononcée à proximité de la bouche et le long des sillons. La bouche, de forme pentagonale, est située au centre du test*. Elle est entourée de cinq sillons nourriciers, droits, fins et non ramifiés, disposés en étoile.

L'anus a migré vers la périphérie : il est disposé sous le bord postérieur du test. De forme légèrement ovale, il est allongé transversalement.

Le test est recouvert d'un tapis épais et compact de fines radioles* (piquants) à extrémité distale* renflée, de couleur jaunâtre à brun-rouge, qui lui servent à se déplacer et à s’enfouir dans le sable. Ces piquants sont articulés sur de petits tubercules* dont l’aréole* est légèrement enfoncée dans le test. Les pétales sont soulignés de couleur plus sombre.

Le test nu est blanc à jaunâtre. La structure interne comporte un système de piliers denses, sortes de contreforts mieux développés près de la marge, ce qui assure au test une certaine solidité.

Les pédicellaires* sont petits, de forme dactyle* à trois doigts, ou mors (à l’image des mâchoires de tenailles), qui forment une pince à trois côtés, courbes et lisses.

L’ensemble de cette morphologie traduit une forte spécialisation pour la vie fouisseuse dans les sédiments meubles.

Dans l’Indo-Pacifique occidental, l’association d’un test aplati, d’une face orale concave, de pétales larges fermés distalement et d’un tapis dense de radioles fines permet de reconnaître facilement cette espèce.

Espèces ressemblantes

  • Clypeaster amplificatus Koehler, 1922 : cette espèce beaucoup plus rare est très grande et totalement plate, sans convexité dorsale ni concavité buccale. Connue de très peu d’exemplaires, elle semble endémique* de mer Rouge.
  • Clypeaster fervens Koehler, 1922 : sa forme est assez allongée avec un contour pentagonal. Ses dimensions (56x50 mm) sont nettement inférieures. Les pétales s’élargissent énormément, occupant la majorité de la face aborale, et le pétale antérieur est très ouvert.
  • Clypeaster rarispinus de Meijere, 1903 : sa taille est nettement plus petite (± 40 mm), la forme de son test est plus ronde et ses contours plus irréguliers. Son aire de répartition semble restreinte à l’océan Indien occidental.
  • Clypeaster reticulatus (Linnaeus, 1758) : de taille sensiblement identique, sa forme est moins elliptique, son test* est plus épais, notamment à la marge. Sur la face orale, les cinq sillons nutritifs sont absents, critère très discriminant.
  • Toujours dans la famille des Clypeasteroidés, l’espèce Arachnoides placenta peut être assez ressemblante et fréquente elle aussi l’Indo-Pacifique central (principalement l'Indonésie et l'Australie). Toutefois, le test est ici tout à fait discoïde, et les pétales droits, ne forment pas d’ellipses.
  • Au sein de la famille des Laganidés, Jacksonaster depressum (L. Agassiz, 1841), l'oursin-crêpe de Jackson se différencie par un test moins épais et par des pétales plus droits et pointus, ouverts aux extrémités et moins largement arrondis. Il ressemble ainsi davantage à une crêpe qu’à un biscuit.
  • Dans la même famille, les espèces du genre Peronella peuvent être ressemblantes mais avec là encore des pétales plus fins et pointus. Elles sont pourvues de seulement 4 gonopores* (situés à la base des pétales chez Peronella tuberculosa, ou Peronella orbicularis, aux pétales plus courts) sur la face aborale. Les gonopores peuvent toutefois être difficilement visibles sur les individus vivants ou mal conservés.
  • Toujours dans cette même famille, un risque de confusion existe avec le genre Laganum, et en particulier l’espèce-type* Laganum laganum. Toutefois, cette espèce est à la fois plus épaisse et plus aplatie (bord et apex* sans relief), avec des formes plus arrondies, et surtout son périprocte* est allongé verticalement, situé à mi-chemin entre la bouche et la marge arrière. Là encore, les pétales sont pointus et étroits.
  • Dans l’Indo-Pacifique, on trouve également la famille des Astriclypeidés, assez ressemblante mais avec des pétales plus courts et surtout un test perforé de lunules* (comme, en Amérique, la famille des Mellitidés).

En pratique, la combinaison de la forme générale, de la concavité orale, de la présence de sillons nourriciers et du nombre de gonopores permet d’écarter la plupart des espèces proches.

Alimentation

Comme la plupart des oursins irréguliers, Clypeaster humilis a une activité nocturne. Il se nourrit de diatomées*, de foraminifères, de micro-organismes et de particules de matière organique (débris d'algues, petits gastropodes, vers et autres formes de vie) présents dans le sable.

Il filtre le sédiment à l'aide de ses radioles* puis de ses podia* buccaux. Un courant de cils mobiles va entraîner ces particules vers le bord du corps, puis au-dessous vers les sillons ventraux et enfin vers la bouche. Il joue ainsi un rôle important dans le recyclage de la matière organique du sédiment.

Reproduction - Multiplication

Cet échinide est une espèce gonochorique* : il y a des oursins mâles et des oursins femelles, mais d’apparence semblable. La fécondation se produit dans l'eau de mer. Les voies de sortie des gamètes*, les gonopores*, au nombre de 5, sont situées au centre de la face aborale* du dollar des sables.

Les œufs puis les larves* pluteus* (échinopluteus chez l’oursin) séjournent dans le plancton* pendant plusieurs semaines avant de se fixer sur le fond pour entamer leur métamorphose* en oursin juvénile.

Cette longue phase planctonique assure une large dispersion géographique de l’espèce.

Vie associée

Clypeaster humilis peut se retrouver associé, dans un même lieu, à d’autres oursins de l’ordre des Clypéastéroïdes tels Jacksonaster depressum ou Echinodiscus truncatus.

On observe parfois une association entre cet oursin et un ver annélide polychète Oxydromus spinapandens (Storch & Niggemann, 1967), qui se rencontre sur la membrane péristomiale et sur le test, entre les piquants aboraux.

Divers biologie

Il existe d’importantes variations individuelles de forme selon les régions.

Cet oursin a un comportement grégaire, on peut le rencontrer localement en grand nombre, les individus distants les uns des autres de quelques centimètres.

Informations complémentaires

De nombreux gisements fossiles ont été découverts dans la région de Tjidamar dans le sud de l’Indonésie ainsi que dans les dépôts littoraux subfossiles ou tertiaires de la mer Rouge, du golfe Persique (île de Karak) et de l’île de Java (Indonésie).

Des traces de prédation par les poissons ont été détectées sur des tests fossiles de Clypeaster humilis en mer Rouge.

Origine des noms

Origine du nom français

Oursin des sables : oursin qui vit dans le sable plus ou moins grossier.

africain : espèce essentiellement présente sur les côtes orientales de l’Afrique : il est par exemple l’espèce la plus commune de son (vaste) genre en mer Rouge ou aux Maldives.

Origine du nom scientifique

Clypeaster : du latin [clĭpĕus]= bouclier et [astēr] = étoile. En rapport avec sa forme qui peut faire penser à un bouclier et ses 5 zones ambulacraires* pétaloïdes disposées en étoile.

humilis : mot latin = bas, près du sol, peu élevé.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 213364

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Echinozoa Echinozoaires Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer.
Classe Echinoidea Echinides Ce sont les oursins. Forme globuleuse ou hémisphérique, squelette qui porte des piquants mobiles, des pédicellaires et des pieds ambulacraires. Pouvoir de régénération limité.
Sous-classe Euechinoidea Euéchinides Oursins plus ou moins sphériques, dits "oursins réguliers". Plaques ambulacraires composées. Bouche ventrale et anus dorsal. 
Infra-classe Irregularia Irregulariés

Il s'agit d'oursins irréguliers, c'est à dire montrant une symétrie bilatérale (avant-arrière). Ils sont généralement plats et vivent enfouis. La bouche et l'anus se trouvent déplacés. Les pores génitaux demeurent situés au sommet de la face aborale.

Subter-classe Neognathostomata Neognathostomatés
Super ordre Luminacea Luminacés
Ordre Clypeasteroida Clypéastéroïdes Symétrie bilatérale, ambulacres disposés en pétales. Aplatissement du test, bouche et anus sur la même face.
Sous-ordre Clypeasterina Clypéastérines
Famille Clypeasteridae Clypéastéridés
Genre Clypeaster
Espèce humilis

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