Eponge chinoise

Celtodoryx ciocalyptoides | (Burton, 1935)

N° 1432

Atlantique, mer du Nord, mer jaune, mer du Japon

Clé d'identification

Forme massive ou forme à papilles
Couleur jaune poussin
Consistance molle
Nombreux épibiontes

Noms

Autres noms communs français
Eponge celte
Noms communs internationaux
Bleke badspons (NL)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Celtodoryx girardae Perez, Perrin, Carteron, Vacelet & Boury-Esnault, 2006

Distribution géographique

Atlantique, mer du Nord, mer jaune, mer du Japon

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette éponge est originaire de la mer jaune et de la mer du Japon. On rencontre désormais cette éponge en Atlantique (France) et en mer du Nord.
En France, cette éponge est signalée en Ria d'Etel (56), dans le golfe du Morbihan (56), dans le bassin d'Arcachon (33) et au nord, sur les côtes de Hollande (Oosterschelde).

Biotope

On trouve cette éponge dans les zones semi-fermées (golfes, rias...) avec de forts apports terrestres. Elle se fixe dans les zones de courant, sur les roches et les tombants rocheux, ainsi que sur des fonds caillouteux, sableux (coquillier). Des observations la signalent fréquemment entre 2 m et 20 m, plus rarement à 40 m.

Description

On distingue deux formes :
- la forme massive : épaisse, aux contours arrondis, caractéristique des "vieilles" éponges.
- la forme digitiforme, en papilles : papilles tordues, très irrégulière. Ses dimensions sont difficiles à évaluer du fait de son recouvrement par d'autres espèces. Les plus grands individus atteignent 50 cm d'épaisseur pour une largeur de 60 cm, la largeur la plus fréquente se situant entre 20 et 30 cm. Les oscules ne sont pas visibles. Elle a une consistance souple, élastique, mais parfois compacte pour les formes massives. La surface est très irrégulière, granuleuse et retient de nombreuses particules et épibiontes *, ce qui masque sa couleur jaune poussin.

Espèces ressemblantes

Lors d'une plongée, peu de confusion possible du fait de son aspect et de sa coloration jaune pâle.
Cependant, la forme en papilles peut ressembler à l'éponge-pinceau Ciocalypta penicillus, mais cette dernière a une forme beaucoup plus régulière (papilles coniques, droites, non ramifiées). L'aspect et la coloration peuvent parfois se rapprocher de l'éponge mie de pain Halichondria panicea, mais sur l'éponge celte, les oscules ne sont pas aussi visibles que sur l'éponge mie de pain.

Reproduction - Multiplication

Aucune information spécifique sur la reproduction de cette espèce.
La période de reproduction sexuée de cette éponge est mal connue et actuellement étudiée. La reproduction asexuée, par fractionnement, permet à cette éponge d'élargir ses sites de colonisation.

Vie associée

L'éponge chinoise est une éponge invasive récemment apparue (année 1996 pour les premières observations). Là où elle s'implante, elle entre en compétition avec les espèces locales pour l'occupation de l'espace et notamment d'autres éponges. Dans le golfe du Morbihan, elle englobe progressivement la base de la gorgone Eunicella verrucosa.
Sa surface rugueuse lui permet d'accueillir de nombreux épibiontes. Des algues rouges et des hydraires plumulaires comme Aglaophenia sont fréquemment observés sur cette éponge.

Divers biologie

Lorsqu'elle est sortie de l'eau, cette éponge produit un abondant mucus transparent fait essentiellement de polysaccharides, ce qui constitue un excellent critère d'identification pour les scientifiques. Bien sûr, ce critère ne doit pas être retenu par les plongeurs non scientifiques, car en plus de raisons éthiques, nous n'avons pas le droit de prélever!!
Cette éponge invasive, récemment introduite, se développe dans plusieurs zones ostréicoles de nos côtes, ce qui laisse penser que c'est un facteur d'introduction possible, bien que les chercheurs n'aient actuellement aucune certitude. L'étude de 2011 réalisée par D. Henkel et D. Janussen ont mis en évidence que notre espèce bretonne est bien originaire de mer du Japon et qu'elle aurait été introduite avec des huîtres.
Elle semble régresser lors des périodes de froid important et prolongé (forte mortalité dans le golfe de Morbihan durant l'hiver 2003).

Informations complémentaires

Les spicules sont de nature siliceuse.
On trouve 4 types de spicules* :
1 : microsclères isochèles* arqués (40-50 µm)
2 : microbaguettes oxychètes (75-80 µm)
3 : baguettes tylotes à tête épineuse (200 µm)
4 : baguettes strongyles* (300 µm)
(dimensions moyennes pouvant varier).

Origine des noms

Origine du nom français

Eponge chinoise : cette éponge est originaire de Chine.
Eponge celte : proposition du site DORIS, les premières observations de cette éponge étant particulièrement concentrées sur le Morbihan.

Origine du nom scientifique

Celtodoryx : de [Celto] : référence géographique, pays Celte, en référence aux sites de découverte de cette espèce, dans le golfe du Morbihan ; et de [doryx] : vient du grec "dory", qui signifie lance, et fait sans doute allusion aux spicules oxes et styles présents dans ces éponges.
Le x final est souvent utilisé dans cet ordre de Démosponges un peu fourre-tout (cf. Lissodendoryx, Acanthodoryx) c'est aussi un clin l'œil au nom du petit Gaulois intrépide qui résiste encore et toujours dans son petit village de Bretagne (n'oublions pas que le premier nom d'espèce proposé était morbihanensis !).
ciocalyptoides : de [cio] = colonne, [calypt] = enveloppe, couvercle et [oide] = qui a l'aspect de. Peut-être dû à sa forme en papilles.
girardae : d'après Annie Girard, qui la première a fait des observations de cette éponge, en 1996, en Ria d'Etel.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Ordre Poecilosclerida Poécilosclérides « Eponges à spicules variés ». Charpente de spicules siliceux (styles ou acanthostyles) renforcée de spongine. Plusieurs types de mégasclères et de microsclères (chèles, sigmas...).
Sous-ordre Myxillina Myxillines
Famille Coelosphaeridae Coelosphéridés
Genre Celtodoryx
Espèce ciocalyptoides

Nos partenaires