Anémone à rameaux

Lebrunia danae | (Duchassaing & Michelotti, 1860)

N° 1268

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Anémone brun rougeâtre
Pseudo-tentacules charnus, se ramifiant de façon dichotome
Boutons bleuâtres aux intersections
Toujours sous les pierres ou coraux

Noms

Autres noms communs français
Anémone fourchue
Noms communs internationaux
Branching anemone, brown gill-bearing anemone (GB)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Lebrunia neglecta Duchassaing & Michelotti, 1860
Oulactis danae Duchassaing & Michelotti, 1860

Bizarrement, dans le même mémoire, Duchassaing a décrit sous deux noms de genre et d'espèce différents ce qu'on admet aujourd'hui être la même espèce. Les illustrations montrent très clairement les pseudo-tentacules caractéristiques, avec leurs boutons sur les ramifications.
Cas d'école : le nom valide aujourd'hui est composé du nom d'espèce danae (neglecta étant déjà attribué) et rattaché par Pax, 1910 au genre Lebrunia également créé par Duchassaing. Les parenthèses sont donc nécessaires bien que les deux éléments de la combinaison proviennent du même auteur et de la même publication originale !

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Lebrunia danae est signalée aux Bahamas, en Floride, dans tout l'arc antillais : Cuba, Petites Antilles, Bonaire, Curaçao ; au Mexique, au Brésil.

Biotope

Cette anémone vit à petite profondeur (entre 6 m et 20 m) en milieu récifal. Elle s'abrite sous les rochers et coraux ou dans les fissures, ne laissant dépasser que ses tentacules.

Description

L'anémone à rameaux vit en partie cachée sous un abri d'où ne dépasse qu'une partie de ses tentacules. La couleur d'ensemble est brun rougeâtre, mais certains spécimens sont plus clairs et leur couleur varie entre le beige et le jaune verdâtre.
La colonne, cachée, est lisse et allongée, solidement fixée par la base à un substrat solide. La couronne de tentacules qui surmonte la colonne est beaucoup plus large et peut s'étaler jusqu'à 25 cm de diamètre. Ces tentacules sont de deux types :
- à la périphérie, rayonnent de 4 à 8 gros tentacules ou pseudo-tentacules de section cylindrique. Ils se ramifient de façon dichotome* en formant des rameaux aplatis, foisonnants, qui masquent la bouche et la colonne. Des acrocystes* (capsules bourrées de cellules urticantes) de couleur bleuâtre ou blanc sale sont portés sur la face supérieure des rameaux, au niveau des ramifications. Certains spécimens ont les derniers segments soulignés de blanc sur leur face supérieure. Ces frondes se rétractent en l'absence de lumière, ce qui rend le repérage de nuit très difficile même si on connaît l'emplacement exact de l'anémone.
- les tentacules de la couronne interne, cachés de jour, sont au nombre d'une centaine. Fins et assez courts (de même taille que le disque), ils sont marqués de petites ponctuations blanchâtres qui sont des batteries de nématocystes*, hautement virulentes elles aussi.

Espèces ressemblantes

Aucune autre anémone ne lui ressemble, mais un plongeur distrait pourrait la confondre avec une touffe d'algue brune dichotome. Un simple effleurement fait tout de suite la différence : en effet l'anémone se rétracte d'un mouvement saccadé (et le contact avec l'algue serait tout à fait indolore !).

Alimentation

Comme beaucoup d'anthozoaires tropicaux vivant à faible profondeur, Lebrunia danae joue sur les deux tableaux :  prédation et symbiose avec des micro-algues photosynthétiques, au moyen de structures anatomiques spécialisées :

- de jour, les tentacules simples sont rétractés et la bouche invisible. Les pseudo-tentacules ramifiés se gonflent et se déploient de façon à couvrir un maximum de surface ensoleillée, exposant ainsi à la lumière les zooxanthelles* hébergées dans ces structures. Les substances élaborées par ces symbiontes profitent indirectement à l'anémone.

- dès le coucher du soleil, les pseudo-tentacules en rameaux se rabattent progressivement, découvrant les tentacules simples qui s'allongent et se déploient dans le courant, prêts à saisir toute petite proie passant à leur portée pour l'amener à la bouche.

Reproduction - Multiplication

Aucune donnée d'observation sur la reproduction de cette espèce.

Vie associée

On trouve occasionnellement, parmi les pseudo-tentacules ou juste hors de leur portée, une ou deux crevettes qui y évoluent prudemment à l'abri des prédateurs : Ancylomenes pedersoni, Periclimenes yucatanicus, Periclimenes rathbunaeThor amboinensis, ou le crabe tour Eiffel Stenorhynchus seticornis. Le petit crabe velu Mithraculus cinctimanus est parfois bien caché sous les rameaux.
Tous ces commensaux évitent le contact mortel avec les vésicules urticantes et les tentacules de l'anémone, en se tenant sous les frondes ou sur le disque oral.

Informations complémentaires

Le contact avec n'importe quelle partie de cette anémone provoque de violentes brûlures, comme c'est presque toujours le cas dans la famille des Aliciidés. Les vésicules hémisphériques contiennent d'énormes nématocystes (environ 50 à 100 µ) capables de paralyser quasi instantanément un petit crabe qui entrerait en contact avec eux.
Les tentacules "vrais" sont si collants qu'ils peuvent se détacher de l'anémone et rester sur la proie.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom d'anémone à rameaux décrit l'aspect des pseudo-tentacules, seuls visibles de jour.

Origine du nom scientifique

Le genre Lebrunia a été dédié par Duchassaing à un M. Lebrun, "naturaliste distingué" résidant à Saint Thomas (Antilles néerlandaises).

danae est un hommage à J.D. Dana (1813-1895), géologue et zoologiste, descripteur d'un grand nombre d'espèces de crustacés et d'anthozoaires.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Actiniaria Actiniaires Polypes solitaires souvent colorés, en général fixés à un substrat dur par un large disque pédieux. Organismes parfois mobiles.
Sous-ordre Nynantheae Thenaria Nynanthées Thenaria
Famille Aliciidae Aliciidés
Genre Lebrunia
Espèce danae

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