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Fiche Espèce (N°786) |
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(N°786)
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| Manta birostris (Walbaum, 1792) |
| Cosmopolite des mers tropicales |
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| Raie manta |
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Poissons cartilagineux (requins, raies...) |
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| Manta géante, diable de mer |
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| Giant manta, giant devil ray, manta ray, devilfish, atlantic manta (GB), Diavolo di mare (I), Manta gigante (E), Riesenmanta, Riesen-Teufelsrochen (D), Manta, duivelsrog (NL), Jamanta, diabo-do-mar (P), Fafa piti (Tahitien) |
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Clef d'identification |
Deux nageoires céphaliques de grande taille en avant de la tête Corps aplati, 2,2 fois plus large que long Envergure maximale de 8 m Fentes branchiales sur le ventre Ventre généralement blanc, taché de noir, dos noir taché de blanc Queue courte Bouche terminale |
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Distribution |
| On rencontre la raie manta dans la plupart des mers tropicales du globe (circumtropicale), mais aussi dans certaines eaux tempérées (Canaries, Madère). En Atlantique Ouest, on la trouve des Bermudes à la Caroline du Sud (parfois plus au nord puisqu’elle a été observée au Canada), et du Brésil à l’Uruguay. Elle n’est pas présente en mer des Caraïbes. |
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Biotope |
C’est une espèce pélagique, habituellement observée près de la surface, rarement à plus de 40 m de profondeur, mais présente jusqu’à 120 m de profondeur. Elle est souvent observée dans les passes récifales. Elle fréquente les eaux côtières, près des récifs coralliens. |
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Description |
Manta birostris est la plus grande des raies. Elle peut atteindre une envergure de 7 m (maximum connu 8 m) et un poids de 1400 kg, (maximum connu 3 tonnes !). Elle possède un corps aplati. Les yeux et les spiracles* sont latéraux alors que les fentes branchiales sont sur le ventre. L’envergure est environ 2,2 fois la longueur du corps (queue exclue). La tête est très large, et porte deux nageoires céphaliques deux fois plus longues que larges qui sont des extensions de ses nageoires pectorales. Lorsque la raie se déplace, ces deux lobes sont enroulés en spirale et pointés vers l’avant pour favoriser la pénétration dans l’eau. Pour se nourrir, elle les déroule afin de s’en servir pour canaliser l’eau vers sa bouche. La bouche, de forme rectangulaire, est en position terminale. La queue est courte et ne possède pas d’épine. Le ventre de l’animal est généralement blanc, taché de noir. Le dos est noir, voire bleu nuit, et porte parfois de larges taches blanches. Plus rarement, on rencontre des individus totalement noirs. Chaque individu possède une coloration unique qui peut servir à l’identifier. Elle se déplace en déplaçant ses nageoires simultanément de haut en bas, donnant cette fantastique impression qu’elle vole sous l’eau. |
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Espèces ressemblantes |
| Manta birostris est souvent confondue avec les raies du genre Mobula. Elle s’en distingue par la position terminale de la bouche, l’absence de dent sur la mâchoire supérieure, une queue beaucoup plus courte et dépourvue d’aiguillon. |
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Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides |
Brachioptilon hamiltoni Cephalopterus manta Cephalopterus vampyrus Ceratoptera alfredi Ceratoptera johnii Manta alfredi Manta americana Manta ehrenbergi Manta hamiltoni Raja birostris Raja manatia |
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Raies |
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Vue de face en déplacement |
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Vue de face, en phase de nutrition |
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Participants |
Rédacteur principal
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| Jean-Pierre BEDEL |
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Vérificateur
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| Véronique LAMARE |
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Responsable régional
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| Véronique LAMARE |
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Création le : 24/03/2008
Dernière modification le 11/12/2009 09:26:00 |
Les * dans les textes
renvoient au glossaire |
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Classification |
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Termes scientifiques
(international) |
Termes en français |
Descriptif/
caractéristiques
succinctes du groupe |
| Embranchement |
Chordata |
Chordés |
Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés. |
| Sous-embranchement |
Vertebrata |
Vertébrés |
Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux. |
| Classe |
Chondrichthyes |
Chondrichthyens |
Squelette cartilagineux, deux nageoires dorsales et une anale (primitivement), nageoire caudale hétérocerque*, deux paires de nageoires paires, bouche disposée sur la face ventrale. |
| Sous-classe |
Elasmobranchii |
Elasmobranches |
Squelette des nageoires pectorales tribasal. Deux nageoires dorsales. 5 ou 6 paires de fentes branchiales et des spiracles. |
| Super-ordre |
Euselachii |
Sélaciens |
Raies et requins.
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| Ordre |
Rajiformes |
Rajiformes |
Les Rajiformes regroupent l'essentiel des raies. Poissons cartilagineux sans vessie natatoire, très plats mais apparentés aux requins. |
| Famille |
Myliobatidae |
Myliobatidés |
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| Genre |
Manta |
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| Espèce |
birostris |
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Origine du nom français |
Diable de mer : nom donné par les pêcheurs du monde entier. Des légendes rapportent que la raie manta pouvait entraîner par le fond les bateaux de pêche. En Polynésie, on raconte qu’elle venait recouvrir, de son large « manteau », les pêcheurs de perles, apnéistes, pour les noyer… Les faits démontrent qu’elle est totalement inoffensive pour l’homme…
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Origine du nom scientifique |
Manta : de l’espagnol [manta] = manteau. birostris : littéralement « à deux rostres », en référence aux deux cornes à l’avant de la tête. |
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Alimentation |
| La raie manta se nourrit de plancton, de crustacés et occasionnellement de petits poissons qu’elle dirige vers sa très grande bouche à l’aide de ses nageoires céphaliques. La mâchoire inférieure est pourvue de centaines de très petites dents dont on ignore la fonction. |
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Reproduction - Multiplication |
La raie manta est une espèce ovovivipare : les œufs éclosent à l’intérieur du corps de la femelle, les jeunes se nourrissant initialement de leurs réserves vitellines puis absorbant un fluide composé de mucus, graisses et protéïnes fourni par la mère grâce à des structures spécialisées. Celle-ci met bas jusqu’à deux petits par portée qui pèsent environ 10 kg et mesurent plus d’un mètre d’envergure. Les ptérygopodes* (organes copulateurs du mâle) sont situés à la naissance de la queue. Ce sont des structures molles et cartilagineuses très semblables à celles que l’on recontre chez les requins. L’accouplement dure environ deux minutes, il est précédé par une poursuite de la femelle par le mâle durant laquelle le couple effectue des vrilles et des loopings spectaculaires. |
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Vie associée |
La raie manta est souvent accompagnée par le remora (Remorina albescens). On rencontre également la raie manta aux « stations de nettoyage » où elle laisse aux labres nettoyeurs (Labroides dimidiatus) le soin de nettoyer ses fentes branchiales. |
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Divers biologie |
La raie manta vit en petits groupes, il est rare de la rencontrer seule. Elle a une longévité estimée à 20 ans. Elle est d’un naturel placide et curieux et s’approche volontiers des plongeurs. Elle ne connaît guère de prédateurs, seuls des individus blessés peuvent faire partie du menu des requins. Elle fait parfois des bonds de plusieurs mètres au dessus de la surface, retombant dans une gerbe d’eau spectaculaire (dommage pour l’embarcation qui se trouverait là). |
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Espèce réglementée |
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Manta birostris est classée comme « quasi menacée » (NT) dans la liste rouge de l’IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Suivant la délibération n° 1988-184 de l’Assemblée Territoriale de Polynésie française, la capture, l'enlèvement, la destruction, le ramassage, le transport, le colportage, l'utilisation et la commercialisation du tout ou partie d'une raie manta était strictement interdite en Polynésie Française. La mention de cette espèce a été retirée des textes en 2002 mais un projet de loi de pays concernant les espèces menacées est actuellement (2007) en discussion. |
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Informations complémentaires |
Comme pour beaucoup d’élasmobranches, les traits de vie de cette espèce (longévité importante, faible fécondité) la rendent très sensible à l’exploitation par l’homme. Quelques pêcheries de raies manta existent pourtant aux Philippines, Mexique, Mozambique, Madagascar, Inde, Sri lanka, Brésil, Tanzanie et Indonésie. Les nageoires, la peau, le foie, la chair et les filaments branchiaux sont utilisés pour le marché local ou exportés. La demande récente pour les filaments branchiaux, qui sont séchés et exportés sur les marchés asiatiques, a fait augmenter de manière très importante la pression de pêche sur les Manta et Mobula. Les raies manta font aussi partie des captures accessoires des thoniers senneurs ainsi que des systèmes de protection contre les requins.
Des déclins de populations ont été notés aux Philippines, Mexique, Inde, Sri lanka, et Indonésie. Bien que des données de pêches soient rarement disponibles, la faible taille des populations ainsi que les migrations peu importantes font que le risque d’extinction local est important avec peu de possibilité que les populations disparues soient remplacées naturellement.
Les diverses pressions anthropiques (pêche directe ou indirecte, pollution, exploitation des milieux côtiers) dans les zones importantes pour l’espèce (reproduction, mise bas, nourriceries pour les jeunes), où les individus se concentrent, sont aussi un danger pour cette espèce.
Il a été démontré que certaines populations de raies manta (Hawai’i, Yap) n'ont quasiment pas d’échanges avec d’autres populations et présentent une grande fidélité envers certains sites avec peu ou pas de déplacements en dehors des groupes d’îles. Ailleurs, d’autres études ont montré que certains individus sont résidents alors que d’autres se déplacent. Dans beaucoup d’endroits, Nouvelle-Calédonie par exemple, il est connu que l’observation des mantas est liée aux saisons.
Du fait de ces différences de comportements suivant les sites et suivant les individus, les mesures de gestion ne peuvent être que locales. |
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Références bibliographiques |
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(Ouvrage collectif),
1984,
READER’S DIGEST BOOK OF THE GREAT BARRIER REEF,
ed. Reader Digest, Sydney, 384p. |
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(Ouvrage collectif),
1992,
POISSONS DE POLYNESIE,
ed. Les éditions du Pacifique, 370p. |
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Mélançon C.,
1972,
LES POISSONS DE NOS EAUX,
ed. du Jour, Montréal 455p. |
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Randall J.E.,
2005,
REEF AND SHORE FISHES OF THE SOUTH PACIFIC. NEW CALEDONIA TO TAHITI AND THE PITCAIRN ISLANDS,
University of Hawaï Press, Honolulu, 707p. |
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Stevens J.D.,
1988,
LES REQUINS,
Encyclopédie Visuelle, ed. Bordas, 240p. |
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Weinberg S.,
1996,
DECOUVRIR LA MER ROUGE ET L’OCEAN INDIEN,
ed. Nathan nature, France, 415p. |
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Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce |
La page sur Manta birostris sur le site de référence de DORIS pour les poissons : FishBase
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