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  Fiche Espèce   (N°698)
 
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(N°698)  
Astropecten aranciacus (Linnaeus, 1758)
Méditerranée, océan Atlantique proche
Grande étoile-peigne
 
Astérides (étoiles de mer)
 
 
Etoile à peignes
Red comb-(sea)star (GB), Stella di mare pettine, stella pettine maggiore (I), Estrella de arena anaranjada (E), (Roter) Kamm Seestern, Roter Kammstern, Mittelmeer Kammstern (D)
 Critères de reconnaissance
La plus grande étoile-peigne métropolitaine (jusqu'à 60 cm d'envergure)
Face dorsale bombée
Nombreuses paxilles rouge orangé à brun pâle sur la face dorsale
Une rangée latérale de fortes épines pointues blanchâtres
Etoile d'ordinaire nocturne, enfouie le jour
 Distribution
On trouvera la grande étoile-peigne dans l'ensemble du bassin méditerranéen. Sa distribution s'étend aux côtes portugaises et aux côtes ouest africaines jusqu'en Sierra-Leone.
 Biotope
Cette espèce affectionne presque exclusivement les fonds sableux, plus rarement les herbiers de posidonies et de zostères, depuis la surface jusqu'à une centaine de mètres de profondeur. Enfouie le jour, elle s'extirpe du sable dès la tombée de la nuit pour chasser. C'est donc la nuit et sur fond sableux qu'il faudra plonger si on veut avoir une chance d'observer cette espèce !
 Description
Astropecten aranciacus est la plus grande espèce d'étoile-peigne que l'on pourra rencontrer sur le littoral métropolitain. Elle peut atteindre une envergure de soixante centimètres !
La face dorsale, bombée et percée d'une unique plaque madréporique excentrée, est parsemée d'une multitude de petites pièces squelettiques appelées paxilles* dont la couleur varie du rouge orangé au brun pâle. La face dorsale est de plus totalement dépourvue de pédicellaires*.
Sur le bord supérieur des bras, et sur toute la périphérie de l'étoile, on observe une rangée de plaques, dites supramarginales (car situées au dessus du bord de l'étoile). Elles sont de couleur brune, granuleuses, et portent deux rangées de petites épines. A l'aisselle de chaque bras, elles n'en portent qu'une seule.
Sur le bord inférieur des bras, on observe une autre rangée de plaques, dites inframarginales (car situées en dessous du bord de l'étoile). Elles portent une rangée de fortes épines très rigides et pointues, dont la disposition alignée évoque un peigne. Ces piquants couleur chair, qui mesurent de un à deux centimètres, sont annelés de rouge puis de blanc à leur base. Les plaques inframarginales portent jusqu'à 5 épines supplémentaires (habituellement 2 à 3), beaucoup plus petites, parfois aplaties. La face ventrale et les pieds ambulacraires*, dépourvus de ventouses, sont jaunâtres.
Il est très rare d'observer une grande étoile peigne avec un nombre de bras différent de 5.
 Espèces ressemblantes
En Méditerranée, il existe 5 autres espèces du genre Astropecten.
Elles diffèrent par la disposition de leurs piquants, et par leur taille. Citons:

Astropecten bispinosus (étoile-peigne hérissée) : les bras sont plus effilés, le disque central est étroit, et le long des bras les piquants sont érigés vers le haut. La face latérale des plaques marginales est nue ;

Astropecten irregularis (étoile-peigne commune) : couleur jaune orangé à brune, 20 cm maximum. Une tache oculaire rose violacé à l'extrémité de chaque bras. Absence de piquants sur les plaques supramarginales (pour les individus méditerranéens uniquement) ;

Astropecten jonstoni (étoile-peigne de Johnston) : les cinq bras sont parfaitement triangulaires. Le disque central est large. Couleur grise parfois bleutée, les plaques supramarginales forment un contour bleu-vert net. La base des piquants est annelée d'orange. La taille ne dépasse pas les 8 centimètres ;

Astropecten platyacanthus (étoile-peigne à piquants plats) : espèce jumelle de A. bispinosus. Les bras sont plus effilés, le disque central est étroit, une rangée de piquants érigés vers le haut, une autre rangée de piquants souvent rabattus le long des bras. La face latérale des plaques marginales est hérissée de courtes et fortes épines ;

Astropecten spinulosus (petite étoile-peigne) : comme son nom vernaculaire l'indique, sa taille dépasse rarement les 8 centimètres, et elle arbore toujours une couleur brun chocolat. C'est en outre la seule espèce du genre à posséder de vrais podia terminés en ventouse.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Asteracanthion tenuispinus
Asterias savaresi
Asterias tenuispina

Asterias aranciaca Linnaeus, 1758
Asterias aurantiaca Tiedemann, 1816
Astropecten crenaster Dujardin & Hupé, 1862
Astropecten perarmatus Perrier, 1869
Astropecten meridionalis Studer, 1876
Astropecten antarcticus Studer, 1876
Astropecten gruveli Koehler, 1912

Dans la littérature scientifique, l'orthographe du nom d'espèce varie : auranciacus (un "u" s'est intercalé), aurantiacus (en plus du "u", le "c" est remplacé par un "t"), et même aurantciacus (cf. ITIS) !
 
   
  La grande étoile-peigne  
   
  Un peu de vocabulaire  
   
  Gros plan de la surface dorsale  
   
  50 cm de diamètre !  
   
  Corps épais et bombé  
   
  Plaque madréporique  
   
  Face orale  
   
  En quête de nourriture  
   
  C'est l'heure du repas !  
   
  Un bivalve au menu  
   
  Retournement  
   
  Enfouissement  
   
  Quatre bras  
   
  Régénération  
   
  Repousse d'un bras sectionné  
   
  Laisse de mer : face dorsale  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Frédéric ZIEMSKI Détail
Rédacteur  
Delphine COELHO-MANDES Détail
Vérificateur  
Roberto PILLON Détail
Vérificateur  
Frédéric ANDRÉ Détail
Responsable régional  
Frédéric ZIEMSKI Détail
 
     
Création le : 17/04/2008
Dernière modification le 12/05/2013 17:04:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Echinodermata Echinodermes   Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement. 
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires  Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes. 
Classe Asteroidea Astérides  Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer. 
Ordre Paxillosida Paxillosides  Face dorsale recouverte de paxilles*. 
Famille Astropectinidae Astropectinidés  Ce sont les étoiles peigne, dont les bras sont bordés de piquants rigides. 
Genre Astropecten     
 
Espèce aranciacus     
 
 
 Origine du nom français
Grande étoile-peigne : "étoile-peigne" est la traduction directe de Astropecten, c'est de plus une des plus grandes espèces que l'on pourra rencontrer sur nos côtes, avec une envergure pouvant atteindre les soixante centimètres !
 Origine du nom scientifique
Astropecten : du grec [aster] = étoile, et du latin [pecten] = peigne, les rangées de piquants alignés évoquant des peignes,
aranciacus : du latin [aurantium] = orangé, à cause de la couleur orange de cette étoile.
 Alimentation
Prédateur très vorace, la grande étoile-peigne a un régime carnivore. Elle se nourrit de gastéropodes, de bivalves, de vers et d'oursins des sables (Echinocardium) dont elle est très friande.
Grâce à ses pieds ambulacraires* nombreux et disposés sur 4 rangées par bras, elle parvient à déceler la présence des proies enfouies, et est capable de les extirper de leur cachette. Elle creuse alors le sable en le rejetant latéralement. Les petits organismes (vers, gastéropodes) sont piégés par les bras de l'étoile puis acheminés vers la bouche par les podia*. Quand les proies sont plus volumineuses (bivalves, oursins), elle dévagine son estomac afin de déverser des enzymes digestives, et elle n'a plus qu'à aspirer le contenu de sa victime, préalablement liquéfié.
 Reproduction - Multiplication
La reproduction est sexuée. Elle fait intervenir des gamètes* des deux sexes. Les étoiles se redressent alors sur leurs bras, et émettent en pleine eau des nuages de semence. La fécondation donne une larve* dipleurula, qui rejoint la microfaune du plancton*. Après quelques semaines, la larve subit une métamorphose. Alors que la grande majorité des larves d'Astérides passent par deux stades larvaires supplémentaires, dits bipinnaria puis brachiolaria, les étoiles du genre Astropecten n'ont pas de phase brachiolaria, ce qui est un caractère primitif du groupe. La larve bipinnaria tombe sur le fond et se transforme directement en une minuscule étoile-peigne, qui ne tardera pas à s'enfouir.

Les étoiles-peigne ont par ailleurs la capacité de régénérer efficacement tout ou partie d'un membre abîmé ou amputé (voir photos).
 Divers biologie
La grande étoile-peigne est capable de parcourir une distance de 25 m pendant la nuit pour se nourrir. Après quelques jours, elle revient précisément à son point de départ ! De retour, et grâce à ses pieds ambulacraires, elle s'enfouit dans un mouvement de rotation qui laisse une trace spiralée à la surface du sédiment, une sorte de moule externe !
 Informations complémentaires
Les étoiles-peigne sont fréquemment vendues séchées dans les boutiques pour touristes !

Après une tempête, on peut en retrouver dans la laisse de mer.
 Références bibliographiques
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Bergbauer M., Humberg B., 2000, LA VIE SOUS-MARINE EN MEDITERRANEE, Guide Vigot, ed. Vigot, 318p.
Campbell A.C., Nicholls J., 1986, GUIDE DE LA FAUNE ET DE LA FLORE LITTORALES DES MERS D’EUROPE, coll. « Les guides du naturaliste », ed. Delachaux & Niestlé, 322p.
Göthel H., 2006, FAUNA MARINA DEL MEDITERRANEO, ANIMALES INFERIORES Y PECES, ed. Omega, Barcelona, 327p.
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Kœhler R., 1921, FAUNE DE FRANCE : ECHINODERMES, ed. P. Lechevalier, 210p.
Mojetta A., Ghisotti A., 1995, FLORE ET FAUNE DE LA MEDITERRANEE, Guide Vert, ed. Solar, France, 318p.
Ocaña Martin A., Sanchez Tocino L., Lopez Gonzalez S. & Viciana Martin J.F., 2000, GUIA SUBMARINA DE INVERTEBRADOS NO ARTROPODOS, ed. Comares, Granada, Espana, 471p.
Riedl R., 2000, FAUNA Y FLORA DEL MAR MEDITERRANEO, (3ème édition), ed. Omega, Barcelona, Espana, 858p.
Weinberg S., 1996, DECOUVRIR LA MEDITERRANEE, ed. Nathan nature, 352p.
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  ZIEMSKI Frédéric, COELHO-MANDES Delphine, ANDRÉ Frédéric, PILLON Roberto,  in : DORIS, 12/5/2013 : Astropecten aranciacus (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=698