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France
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  Fiche Espèce   (N°652)
 
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(N°652)  
Carybdea marsupialis (Linnaeus, 1758)
Océan Atlantique, Méditerranée, Asie du Sud-Est
Carybdée marsupiale
 
Cubozoaires (Cuboméduses)
 
 
Guêpe de mer, cuboméduse
Box jellyfish, box jelly (GB), Avispón marino (E), Würfelqualle (D)
 Critères de reconnaissance
Méduse à l'ombrelle cubique, fort transparente, de 4 cm de hauteur
Apex de l'ombrelle aplati et légèrement concave
Ectoderme finement moucheté de points blancs
4 tentacules épais d'une quarantaine de centimètres maximum annelés et de section ronde
 Distribution
Cette méduse affectionne tout particulièrement les eaux tropicales et subtropicales : Asie du Sud-Est, Australie, Philippines, Japon, Polynésie. Elle fait toutefois quelques incursions en eaux plus tempérées de juin à septembre, comme dans l'océan Atlantique Nord, le bassin méditerranéen, le Pacifique Nord (Californie). Sa présence en Méditerranée est attestée depuis 1957, y compris en mer Adriatique.
 Biotope
Cette méduse est pélagique* et occupe les premiers mètres sous la surface des eaux chaudes à tempérées.
 Description
Carybdea marsupialis est l'unique espèce de cuboméduse que l'on pourra rencontrer dans les eaux métropolitaines. Comme son nom l'indique, l'ombrelle de cette méduse est cubique, elle présente 4 faces, la partie apicale de l'ombrelle est elle-même aplatie et légèrement concave. La hauteur du "cube" ne dépasse pas 4 centimètres. La surface externe de l'ectoderme est finement mouchetée de points blancs. Aux quatre coins de l'ombrelle pendent quatre expansions, les pedalia, sur lesquels s'enracinent quatre tentacules simples et épais, de section ronde. Ceux-ci sont légèrement rétractables, et mesurent en extension jusqu'à 10 fois la taille de l'ombrelle, soit 40 centimètres. Leur surface est annelée. Dans les eaux méditerranéennes, ils sont faiblement urticants. Entre deux tentacules et sur chaque face, au-dessus du bord de l'ombrelle, une rhopalie* (organe sensoriel).
La nage de cette méduse est très rapide. Ses rhopalies étant très perfectionnées, ses changements de trajectoire sont tout aussi rapides et inattendus. La nage se fait grâce aux contractions rapides d'un vélum* analogue à celui des hydroméduses, et n'a rien à voir avec les mouvements amples des scyphoméduses.
Cette espèce est quasiment invisible le jour, à cause de sa taille et de la forte transparence de son ombrelle.
 Espèces ressemblantes
Dans les eaux françaises métropolitaines, il n'y a pour l'instant aucune autre espèce de cuboméduse. En Polynésie on pourra trouver Chiropsalmus quadrigatus et Chironex fleckeri, qui n'ont pas 4 tentacules simples mais de nombreux tentacules sur chaque pedalium. Ces méduses sont redoutables. Elles sont surtout abondantes le long de la barrière de corail australienne, où elles ont causé 67 décès depuis 1885.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Medusa marsupialis Linnaeus, 1758
Charybdea marsupialis Linnaeus, 1758
Charubdea marsupialis Linnaeus, 1758
 
   
  Une guêpe de mer...  
   
  Gros plan sur l'ombrelle  
   
  Une ombrelle cubique  
   
  Captures  
   
  Captures 2  
   
  Captures 3 en gros plan  
   
  Nage active  
   
  Changement de trajectoire  
   
  De jour  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Frédéric ZIEMSKI Détail
Vérificateur  
Anne PROUZET Détail
Responsable régional  
Frédéric ZIEMSKI Détail
 
     
Création le : 06/07/2008
Dernière modification le 04/05/2013 16:55:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Cnidaria Cnidaires  Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula. 
Sous-embranchement Medusozoa Médusozoaires  Cnidaires présentant une phase méduse acraspède (le plus souvent libre et pélagique) dans leur cycle de reproduction. Scyphoméduses, cuboméduses et stauroméduses. 
Classe Cubozoa Cubozoaires  Cuboméduses, essentiellement tropicales. Ombrelle transparente de forme cubique. Tentacules regroupés en quatre bouquets à chaque coin du cube, sur des expansions appelées pedalia. Nématocystes hautement vénimeux. 
Ordre Carybdeida Carybdéides  Cuboméduses possédant des tentacules simples, non réunis en bouquets. 
Famille Carybdeidae Carybdéidés   
Genre Carybdea     
 
Espèce marsupialis     
 
 
 Origine du nom français
Cuboméduse : à cause de sa forme cubique,
guêpe de mer : à cause de la piqûre extrêmement douloureuse de certaines espèces de la même famille. En espagnol, "avispón marino" signifie frelon de mer,
carybdée marsupiale : nom vernaculaire directement dérivé du nom scientifique. Ce terme n'est plus tellement utilisé de nos jours. Il l'était plus fréquemment par contre par Péron et Lesueur dans leurs comptes-rendus d'expéditions.
 Origine du nom scientifique
Carybdea : Charybde est un personnage mythologique : fille de Poséidon et de Gaia, elle fut foudroyée par Zeus pour vol, et changée en un gouffre marin. Elle était alors capable d'engloutir les poissons et les navires ! Pour Péron et Lesueur, ce terme signifie "estomac en forme de petit gouffre".
marsupialis : du grec [marsupi] = sac, bourse, l'ombrelle de cette méduse ressemblant à une petite bourse.
 Alimentation
Cette méduse capture ses proies à l'aide des cnidocytes* qui garnissent la surface des quatre tentacules. Le venin contenu dans les nématocystes* est particulièrement foudroyant pour les petites proies. Alors que la plus grande partie des méduses se contentent d'agglutiner le plancton*, Carybdea marsupialis peut attraper des proies plus volumineuses comme de petits poissons. Il s'agit d'une espèce carnivore vorace et prédatrice.
 Reproduction - Multiplication
Les sexes sont séparés, et après émission dans l'eau des deux types de gamètes* (spermatozoïdes et ovules) par les méduses mâles et femelles, il y a fécondation, qui donne une larve* ciliée et nageuse caractéristique des Cnidaires, la planula*. Cette larve va se transformer en un petit polype*, qui ne va pas se fixer mais rester pélagique*. Après quelques heures ce polype va se transformer directement en une minuscule éphyrule. Celle-ci possède 24 minuscules tentacules. Un mois plus tard, ces tentacules se résorbent, et les 4 tentacules définitifs ainsi que les 4 rhopalies se forment.

Le cycle de reproduction d'une cuboméduse diffère donc de celui des scyphoméduses par le fait qu'il n'y a jamais fixation de la planula, et qu'il n'y a pas non plus de strobilisation du polype. La partie asexuée du cycle de reproduction classique des Cnidaires a donc disparu.
 Divers biologie
Les rhopalies de Carybdea marsupialis sont complexes et évoluées. Elles réagissent à toute variation d'intensité lumineuse, et la méduse modifie rapidement sa trajectoire.
Ces méduses seraient même attirées par la lumière et traqueraient les phares de plongée (observation des photographes Grégory Dallavalle et Gilles Cavignaux).

Les individus fréquentant les eaux méditerranéennes et celles de la Caraïbe sont moins urticants que les individus australiens. Le contact est parfois douloureux mais ne nécessite pas forcément d'hospitalisation. Contrairement aux espèces tropicales, il semble que la piqûre de cette méduse soit bénigne. Des plongeurs mentionnent même que le contact avec la peau ne provoque aucun effet.
 Références bibliographiques
Goy J., 1995, LES MEDUSES DE PERON ET LESUEUR. UN AUTRE REGARD SUR L'EXPEDITION BAUDIN, Histoire des sciences, C.T.H.S., Paris, 395p.
Hofrichter R., 2002, DAS MITTELMEER-FAUNA, FLORA, OKOLOGIE BAND II/1 : SYSTEMATISCHER TEILE (MIKROORGANISMEN, PFLANZEN UND NIEDERE TIERE), ed. Spektrum Akademischer Verlag, 859p.
Wrobel D., Mills C., 1998, PACIFIC COAST PELAGIC INVERTEBRATES, A GUIDE TO THE COMMON GELATINOUS ANIMALS, Sea Challengers, Monterey Bay, aquarium Monterey, USA California, 108p.
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  ZIEMSKI Frédéric, PROUZET Anne,  in : DORIS, 4/5/2013 : Carybdea marsupialis (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=652