Petit cérianthe

Synarachnactis lloydii | (Gosse, 1859)

N° 458

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Atlantique Nord-Ouest, Méditerranée

Clé d'identification

Deux rangées de tentacules
Vit librement à l’intérieur d’un long tube membraneux
Tube souple jusqu’à 20 cm de longueur
Tentacules de la couronne externe souvent clairs avec des bandes brun foncé
Tentacules de la couronne interne toujours unis
Animal enfoui verticalement dans le sédiment

Noms

Autres noms communs français

Cérianthe solitaire

Noms communs internationaux

Lesser cylinder-anemone, burrowing anemone, northern cerianthid, North Sea tube anemone, North Sea cerianthid, ceriantharian anemone (GB), Cerianto pequeño (E), Nordsee-Zylinderrose (D), Viltkokeranemoon, grauwe cilinderroos (NL)

Synonymes du nom scientifique actuel

Cerianthus lloydii Gosse, 1859
Arachnactis lloydii (Gosse, 1859)
Cerianthus borealis Danielssen, 1860
Cerianthus lloydii borealis Danielssen, 1860
Cerianthus lütkenii Andres, 1883
Cerianthus danielsseni Levinsen
Arachnactis bournei Fowler, 1897 (stade larvaire)
Synarachnactis bournei (Fowler, 1897) (stade larvaire)
Cerianthus septentrionalis Van Beneden, 1923

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Atlantique Nord-Ouest, Méditerranée

Zones DORIS : ● Europe (côtes françaises), ○ [Méditerranée française], ○ [Atlantique Nord-Est, Manche et mer du Nord françaises], ● Atlantique Nord-Ouest

Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est, Atlantique Nord-Ouest, Méditerranée (peu fréquent)

Biotope

Le petit cérianthe est une espèce de l’étage infralittoral*. Il vit entre 1 et 100 m de profondeur, sur des substrats* meubles : vase, sable, parfois sur fonds de graviers ou de maërl*, et des fonds vaseux aux abords des ports. Il peut se rencontrer également dans les crevasses.

Description

Synarachnactis lloydii est un animal à symétrie bilatérale, dépourvus de squelette. Il vit solitaire, fiché verticalement dans le sédiment dans un tube souple de 2 cm de diamètre et qui peut atteindre 20 cm de longueur. Ce tube est composé de mucus et de nématocystes* explosés.

La bouche est entourée d’une double rangée concentrique de tentacules*. Les tentacules buccaux, ceux de l’intérieur, ne mesurent que quelques millimètres de longueur alors que ceux de la couronne externe, dont le nombre peut aller jusqu’à 70, atteignent 3 cm. Au moindre danger, le petit cérianthe peut rapidement disparaître dans son tube. Il n’y a pas de disque basal adhésif ; il est capable de se déplacer et de reconstruire un nouveau tube.

La couleur de la colonne est variable : brune, beige ou rose ; les tentacules de la couronne externe sont souvent clairs avec des bandes brun foncé, ceux de la couronne interne, toujours unis, sont le plus souvent bruns, blancs ou verdâtres.

Espèces ressemblantes

Arachnanthus oligopodus (Cerfontaine, 1891) : enfoui de jour, il n’est visible que la nuit. Le nombre de ses tentacules* est inférieur à 30, ils sont blancs striés de brun sur un même plan. La colonne, blanc translucide, est cylindrique et mesure 40 cm de hauteur. Son aire de répartition se limite au bassin méditerranéen.

Cerianthus membranaceus (Gmelin, 1791) : espèce plus grande dont le tube muqueux, large, épais et aggloméré de débris divers peut atteindre 1 m de longueur. La couleur des tentacules est plus vive.

Pachycerianthus multiplicatus Carlgren, 1912 : ce cérianthe est nettement plus grand puisqu’il peut avoir jusqu’à 200 tentacules marginaux pour un diamètre d’environ 300 mm et que le tube dans lequel il vit mesure près d’un mètre de longueur.
Son aire de distribution se limite à la mer du Nord, aux côtes nord-ouest de l’Ecosse et aux îles Scilly, au sud-ouest de la Grande-Bretagne.

Pachycerianthus solitarius (Rapp, 1829) : sa colonne est lisse, élancée et cylindrique. Elle s’élève à 40 cm environ au-dessus du sédiment. La couronne possède de longs tentacules sur 3 niveaux bien distincts. Son aire de répartition se limite à la Méditerranée.

Alimentation

Animal carnivore, le petit cérianthe capture des proies planctoniques* proches du fond (hydroméduses, jeunes poissons) ou benthiques* comme des petits crustacés (amphipodes, mysidacés, décapodes), au moyen de ses tentacules* garnis de cellules urticantes, les cnidocytes*.

Il mange également la méiofaune*, cette petite faune interstitielle du sable riche en copépodes et en nématodes.

Reproduction - Multiplication

La reproduction du petit cérianthe est sexuée. L’animal est hermaphrodite* protandre*, il émet d'abord des gamètes* mâles, qui féconderont des gamètes femelles pour donner des larves* nageuses, les arachnactis, de forme plus ou moins sphérique, dont la colonne déjà formée est courte et trapue. Elles possèdent, selon l’âge, jusqu’à 11 petits tentacules* marginaux et 8 minuscules tentacules labiaux. Généralement incolores et translucides, les larves plus âgées deviennent brunâtres ou jaunâtres. Chez les larves matures, sur le point de s’installer sur le fond et de commencer une existence benthique sessile*, la colonne s’allonge, jusqu’à environ 5 mm de long.

La reproduction a lieu de janvier à août (surtout de mars à mai) et la période planctonique* est longue de 3 à 4 mois.

La présence de larves dans le plancton pendant une longue période peut expliquer la large répartition géographique de cette espèce.

Origine des noms

Origine du nom français

Petit : le plus petit des cérianthes de nos eaux.

cérianthe : d’après l’origine latine de l’ancien nom de genre.

Origine du nom scientifique

Synarachnactis : du grec [sýn] = avec, ensemble, du grec [ărachnē] = araignée et du grec [aktis] = rayon. Le nom arachnactis a été donné par le naturaliste norvégien Michael Sars (1805-1869) en 1846 à partir de l'observation des larves* planctoniques* de cérianthes qui présentent des tentacules rayonnants. Le préfixe syn a été donné par le zoologiste suédois spécialiste des cnidaires Oskar Henrik Carlgren (1865-1954) en 1924 afin de créer un nouveau genre.

lloydii : de William Lloyd (1815-1880) scientifique et directeur de l'aquarium du Crystal Palace, dans la banlieue sud de Londres. Il a trouvé Synarachnactis lloydii dans le détroit de Menai, au Pays de Galles, trois ans avant que le zoologiste britannique Philip Henry Gosse (1810-1888) ne le décrive.


Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 1674631

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Sous-embranchement Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Classe Hexacorallia Hexacoralliaires

Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.

Ordre Ceriantharia Cerianthaires

Grandes anémones solitaires fouisseuses vivant dans un tube. Deux verticilles de tentacules de tailles et de couleurs différentes.

Famille Synarachnactidae Synarachnactidés
Genre Synarachnactis
Espèce lloydii

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