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  Fiche Espèce   (N°334)
 
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(N°334)  
Gnathophyllum elegans (Risso, 1816)
Méditerranée, Atlantique oriental
Crevette drimo
 
Crustacés Malacostracés (crabes, crevettes...)
 
 

Drimo, crevette-arlequin, crevette ponctuée, crevette-porcelaine

Mediterranean bumblebee shrimp, spotted bumblebee shrimp (GB), Gambero vinaio (I), Camarón de lunares, drimo, gambita de lunares amarillos (E), Gepunktete Harlekingarneche, Gepunktete Hummelgarnele, Gepunktete Garnele Mittelmeer (D), Camarão pontilhado (P), Goudgestippelde bumblebee garnaal (NL), Kreveta nádherná (Tchéquie)

 Clef d'identification

Animal oblong d'environ 20 à 40 mm de long
Corps brun foncé à noir avec des petits points plus clairs de couleur jaune
A l'avant, le rostre est blanc
Les deux premières paires de pattes, blanches, portent des pinces
Longues antennes et pattes ambulatoires violettes et bleuâtres

 Distribution
Espèce rencontrée sur tout le pourtour méditerranéen. Dans l'Atlantique oriental, l'espèce est également citée sur les côtes du Maroc, de Madère, des Açores, des Canaries et des îles du Cap Vert.
 Biotope
La crevette drimo vit entre la surface et quarante mètres de profondeur, sous les pierres, sur des parois rocheuses et des substrats durs (coralligène), plus rarement dans les herbiers. On la trouve également très souvent dans les grottes sous-marines.
 Description
Gnathophyllum elegans est une crevette pouvant atteindre une taille de 40 mm maximum (27 mm pour les mâles et 40 mm pour les femelles). Son corps oblong a un aspect très particulier en forme d'obus. La carapace est lisse. La couleur générale du corps tourne autour de nuances de brun carmélite ponctuée de nombreux petits points jaune doré.
Le céphalothorax est terminé à l'avant par un petit rostre blanc bien visible, court et étroit. Celui-ci porte cinq dents supérieures et une dent inférieure (sous le rostre).
Les quatre antennes de la drimo, épineuses à leur base, sont violettes translucides. Leur longueur correspond à la longueur du corps de la crevette. Le pédoncule des yeux est plutôt jaune et les jolis yeux, bleus.
L'animal possède dix pattes. Les pinces sont portées par les deux premières pattes de couleur blanche. La première paire de pattes est beaucoup moins développée que la seconde paire, plus grosse. Les autres paires de pattes, graciles et destinées à la locomotion (les péréiopodes*), montrent une teinte bleue à violette.
Le dernier segment de l'abdomen, juste avant le telson*, est violet. Derrière cet anneau violet, les pièces natatoires de la queue sont arrondies, blanches et ciliées.
 Espèces ressemblantes

Compte tenu de la forme et de la couleur, toutes deux très particulières, de l'animal, il est fort improbable de confondre Gnathophyllum elegans avec une autre espèce dans sa zone de distribution.

Néanmoins, on peut citer une espèce proche, la crevette-bourdon Gathophyllum americanum Guérin-Méneville, 1855, dont la présence cosmopolite -Atlantique Ouest, Pacifique (Polynésie française), Indo-Pacifique, océan Indien (île de la Réunion)...- a été signalée également dans l'archipel des Canaries que fréquente la crevette drimo. De forme très proche de Gnathophyllum elegans, la robe de la crevette-bourdon est jaune rayée de noir et cette seule différence visuelle permet de lever le doute.
Plusieurs autres espèces du genre Gnathophyllum sont connues dans l'Indo-Pacifique mais ne fréquentent pas les mêmes eaux que notre crevette.

 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Alpheus elegans Risso, 1816
Drimo elegans Risso, 1826

 
  Crevettes et apparentés : Caridés, Sténopodidés...
   
  Une des crevettes les plus remarquables  
   
  Brune à pois d'or  
   
  Une forme caractéristique  
   
  Détail de la tête  
   
  Céphalotorax  
   
  Premières paires de pattes  
   
  Transparence du telson  
   
  Avec l'astérie glaciaire  
   
  Sur une holothurie brune  
   
  A l'entrée d'une grotte  
   
  Azuréenne  
   
  Provençale de dos  
   
  Sur le tombant corse  
   
  Détail de la robe (1)  
   
  Détail de la robe (2)  
   
  Belle andalouse  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Pascal TRELUT Détail
Vérificateur  
Alain-Pierre SITTLER Détail
Correcteur scientifique  
Pierre NOËL Détail
Responsable régional  
Alain-Pierre SITTLER Détail
 
     
Création le : 19/12/2008
Dernière modification le 13/12/2009 20:35:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Arthropoda Arthropodes  Animaux dont le corps et les pattes sont segmentés. L’exosquelette dur est articulé. Les yeux sont composés et latéraux. 
Sous-embranchement Crustacea Crustacés  Arthropodes principalement aquatiques possédant deux paires d’antennes biramées, 2 paires de maxilles, des appendices biramés sur le tronc. 
Classe Malacostraca Malacostracés  8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen. 
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés   Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax. 
Super-ordre Eucarida Eucarides  Présence d'un rostre. 
Ordre Decapoda Décapodes  La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises). 
Sous-ordre Caridea Caridés  Les caridés sont caractérisés par des pléopodes natatoires. C'est à ce groupe qu'appartiennent  une grande partie des espèces de crevettes. 
Famille Gnathophyllidae Gnathophyllidés   
Genre Gnathophyllum     
 
Espèce elegans     
 
 
 Origine du nom français

Crevette drimo : Drimo est l'ancien nom de genre de l'animal (genre formé par Risso).
Drimo était une des Alcyonides. Les Alcyonides, filles du géant Alcyonée étaient au nombre de douze (sept selon les sources). Désespérées par la mort de leur père, elles se jetèrent à la mer et furent changées en alcyons (martins-pêcheurs).

 Origine du nom scientifique

Gnathophyllum : du grec [gnathos] = mâchoire et [phyllum] = feuille. Les animaux appartenant à ce genre possèdent des pattes-mâchoires externes foliacées qui les distinguent des genres proches.
elegans : du latin [elegans] = délicat, élégant.

 Alimentation

La crevette drimo se nourrit de vers et de petits mollusques.
Elle chasse la nuit et reste à l'abri sous les rochers durant la journée.

Notons que des aquariophiles ont pu observer qu'en milieu artificiel, Gnathophyllum elegans semblait apprécier les actinies et ont précisé que la crevette les dévorait de l'intérieur...
De même et en milieu naturel, selon Gonzàlez Pérez [1995] cette espèce se rencontre occasionnellement sur Arbacia lixula et Holothuria sp., et selon Wirtz [1997] sur l’actinie Telmactis cricoides... Qu'en est-il de la réalité alimentaire de Gnathophyllum elegans et de la part d'adaptation déviante induite par la captivité ?

 Reproduction - Multiplication

La reproduction de Gnathophyllum elegans, espèce gonochorique*, est de type sexuée.
L'espèce présente un dismorphisme sexuel : les femelles sont plus grandes que les mâles.
La période de ponte se situe entre juillet et septembre. C'est, comme chez beaucoup d'Arthropodes, la femelle qui porte les œufs. Ceux-ci sont de couleur brun-violacé, lie-de-vin.

 Vie associée
La crevette drimo développe parfois une association de type commensale avec des oursins ou des holothuries.
En effet, on a pu observer en aquarium que la crevette Gnathophyllum elegans recherchait le contact avec les Echinodermes en général, l'étoile de mer Echinaster sepositus, l'astérie glaciaire Marthasterias glacialis ou l'oursin noir Arbacia lixula en particulier.
En milieu naturel, il arrive également de la trouver en compagnie d'astéries ou d'holothuries. Mais aucune hypothèse ne permet encore d'expliquer définitivement ce comportement. Le caractère commensal de cette espèce mériterait d’être précisé.
 Divers biologie

Il est possible d'observer de singulières différences de couleurs, d'un individu à l'autre et notamment des écarts de transparence chez le même individu entre le jour et la nuit. Il a été observé, en aquarium, des crevettes drimo qui devenaient quasiment transparentes la nuit. Peu de rapports très explicites en ce sens dans le milieu naturel à notre connaissance même si l'on peut trouver sur certains sites web des photos de crevettes drimo très claires, évoquant  un début de coloration nocturne plus transparente. [NB. Pour savoir si une crevette est réellement en phase nocturne, il faut regarder les yeux ; s'ils brillent et réfléchissent la lumière, les hormones (qui contrôlent la pigmentation) sont en équilibre nocturne ; il faut parfois plusieurs heures pour arriver à cet état après la tombée de la nuit].

 Informations complémentaires
En plongée, c'est généralement la nuit (ou bien dans des grottes obscures où elle se remarque aisément sur les murs nus) que l'on rencontre Gnathophyllum elegans. Il convient donc de s'approcher d'elle avec lenteur et douceur, en faisant attention à l'éclairage, phares notamment. La crevette a en effet tendance à essayer de se cacher rapidement sous la lumière et aux premiers coups de flash.

Fiche MNHN/DORIS
 Références bibliographiques
Bergbauer M., Humberg B., 2000, LA VIE SOUS-MARINE EN MEDITERRANEE, Guide Vigot, ed. Vigot, 318p.
Debelius H., 2001, CRUSTACEA GUIDE OF THE WORLD, ed. Ikan, Allemagne, 321p.
FFESSM, CNEBS, 2004, A LA DECOUVERTE DE LA VIE SOUS-MARINE, Subaqua, HS n° 1 (2ème ed.), ed. Arc en ciel, 144p.
Noël P. Y. , 1992, CLE PRELIMINAIRE D'IDENTIFICATION DES CRUSTACEA DECAPODA DE FRANCE ET DES PRINCIPALES AUTRES ESPECES D'EUROPE, Collection patrimoines naturels, Secrétariat de la Faune et de la Flore, Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, 9, 145p.
Udekem d'Acoz C. d', 1999, INVENTAIRE ET DISTRIBUTION DES CRUSTACES DECAPODES DE L'ATLANTIQUE NORD-ORIENTAL, DE LA MEDITERRANEE ET DES EAUX CONTINENTALES ADJACENTES AU NORD DE 25°N, Collection Patrimoines Naturels, Service du patrimoine naturel, MNHN Paris, 40, 383p.
Weinberg S., 1996, DECOUVRIR LA MEDITERRANEE, ed. Nathan nature, 352p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce

Desmarest A-G., 1825, CONSIDERATIONS GENERALES SUR LA CLASSE DES CRUSTACES et description des espèces de ces animaux, qui vivent dans la mer, sur les côtes, ou dans les eaux douces de la France, F.G. Levraut, 446p.

Gonzalez-Pérez, J.A., 1995, CATALOGO DE LOS CRUSTACEOS DECAPODOS DE LAS ISLAS CANARIAS ; GAMAS. LANGOSTAS. CANGREJOS, Publicaciones Turquesa, Santa Cruz de Tenerife. 282p.

Milne-Edwards H., 1837, HISTOIRE NATURELLE DES CRUSTACES comprenant l'anatomie, la physiologie et la classification de ces animaux, Librairie encyclopédique de Roret, 534p.

 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  DORIS, 13/12/2009 : Gnathophyllum elegans (Risso, 1816), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=334