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  Fiche Espèce   (N°2116)
 
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(N°2116) Espèce réglementée  
Charonia tritonis (Linnaeus, 1758)
Indo-Pacifique
Triton géant
 
Gastéropodes Prosobranches
 
 
Grand triton, conque, corne d'abondance, triton-conque, trompette de triton
Triton's trumpet shell, giant triton, Pacific triton (GB), Tritone lucido (I), Tritonshorn (D), Pu (Polynésien)
 Critères de reconnaissance
Grande coquille longue spiralée
Couleur crème, taches brunes et chevrons
Apex pointu
Ouverture orange
Lèvre ornée de bandes crème et marron
Large opercule corné
Bord columellaire strié noir et blanc
 Distribution
On trouve Charonia tritonis à l'ouest de l'océan Indien (Aldabra, île Maurice, Madagascar, Tanzanie), en Indonésie, au sud de l'océan Pacifique (Nouvelle Zélande, Polynésie, Australie, Papouasie Nouvelle Guinée), à l'est de l'océan Pacifique (Galapagos), en mer Rouge, en Atlantique Est (Cap Vert) et en mer de Chine.
Deux sous-espèces sont identifiées : Charonia tritonis variegata (Lamarck, 1816), et Charonia tritonis tritonis, Linnaeus, 1758.
Selon WoRMS, la première serait Charonia variegata. On la trouve en Amérique du Nord, dans les Caraïbes et le golfe du Mexique, en Méditerranée orientale et en Atlantique Est (Cap Vert, Madère). Ce qui concerne Charonia tritonis variegata est traité dans la fiche de Charonia variegata.
 Biotope
Charonia tritonis affectionne les récifs coralliens peu profonds et les fonds sableux.
 Description
Charonia tritonis est l’un des plus grands gastéropodes de l’Indo-Pacifique, pouvant mesurer jusqu’à 50 cm. Sa coquille spiralée à l’apex* pointu est de couleur crème ornée de taches brunes et de chevrons. Elle présente de fortes varices* axiales qui interrompent les bandes s'enroulant en spirale. Le dernier tour de spire* est très développé. L’ouverture est large, de couleur orange avec un bord externe dentelé et orné de bandes de couleur crème alternant avec des bandes sombres. L’ensemble du bord collumellaire* est strié de noir et blanc. L’ouverture mesure la moitié de la hauteur totale de la coquille. Charonia tritonis possède un large opercule* corné et un pied* musculeux puissant de couleur crème avec de nombreuses taches irrégulières marron. Il dispose d'une paire de tentacules* rayés de jaune et noir, portant chacun à leur base un petit œil noir cerclé de crème.
 Espèces ressemblantes
Il n'existe pas d’espèce semblable dans la même aire géographique.

Charonia variegata mesure 10 à 40 cm. Au niveau de l’ouverture, on note une alternance de zones claires lisses et de zones brunes comportant des côtes blanches courtes et saillantes. Le bord columellaire est brun à bordure nette et orné de côtes blanches saillantes.

Charonia lampas est présent en Atlantique Nord-Est (jusqu'aux côtes irlandaises) et plus au sud, en deçà des côtes marocaines. Il fréquente également la Méditerranée occidentale. Il mesure 10 à 40 cm. La forme de la coquille est moins effilée, l'ouverture est blanche, le bord columellaire* est peu strié.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Eutritonium tritonis, Linnaeus, 1758
Murex tritonis, Linnaeus, 1758
Triton marmoratum, Link, 1807
Cymatium (Septa) tritonia, Perry, 1810
Septa tritonia
, Perry, 1810
Triton imbricata, Adams, 1868
 
   
  Un spécimen de la Réunion  
   
  Posé sur le récif  
   
  Coquille concrétionnée  
   
  L'heure du repas  
   
  Un spécimen indonésien  
   
  Coquille  
   
  Pour mieux comprendre  
   
  Pour ne pas confondre  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Nadine SABOURIN Détail
Vérificateur  
Bruno MATHÉ Détail
Responsable régional  
Sylvie HUET Détail
 
     
Création le : 28/07/2012
Dernière modification le 01/10/2012 13:24:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Mollusca Mollusques  Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. 
Classe Gastropoda Gastéropodes  Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. 
Ordre Neotaenioglossa Néoténioglosses   
Famille Ranellidae Ranellidés   
Genre Charonia     
 
Espèce tritonis     
 
 
 Origine du nom français
Triton : fils de Poséidon le dieu de la mer, était souvent représenté avec une conque dans laquelle il soufflait comme dans une trompe pour apaiser la mer déchaînée. On réserve en général le nom générique "triton" au genre Charonia.

géant : en rapport avec sa taille.
 Origine du nom scientifique
Charonia : du nom de Charon, personnage mythologique, qui faisait faire aux âmes des défunts la traversée du Styx, le fleuve des Enfers. En Grèce, le nom de Charonia a été donné à certaines grottes qui passaient pour être l'entrée des enfers. On peut imaginer que la grande ouverture de ce grand gastéropode évoque l'entrée d'une de ces grottes.

tritonis : nom du fils de Poséidon, le dieu de la mer.
 Alimentation
Charonia tritonis est un carnivore qui recherche activement ses proies. Il se nourrit d’échinodermes, en particulier de nombreuses espèces d’Acanthaster. C’est le principal prédateur d’Acanthaster planci, espèce invasive prédatrice des récifs coralliens.
 Reproduction - Multiplication
Les Charonia sont de sexes séparés et la fécondation est interne. Ils sont ovipares*. Les œufs déposés par la femelle sont enfermés dans une sorte de cocon spongieux. Charonia tritonis doit sa large distribution à l’existence d’une vie larvaire planctonique* relativement longue ce qui permet une bonne dispersion des larves* par les courants océaniques.
 Divers biologie
Charonia tritonis est l’un des rares prédateurs de l’étoile de mer Acanthaster planci. Cette grande étoile de mer qui se nourrit de polypes* coralliens, peut détruire de larges zones récifales. Les récifs de la grande barrière de corail en Australie ou ceux de la côte pacifique Ouest subissent de temps en temps des invasions destructrices d'acanthaster. Savoir si ces invasions sont naturelles, ou bien si elles sont la conséquence de la surpêche des quelques mollusques et poissons qui se nourrissent de cette étoile de mer, fait l'objet de nombreux débats.

Le grand triton résiste aux toxines de nombreuses espèces d’Acanthaster.
 Espèce réglementée
Le triton géant est ramassé pour sa magnifique coquille, qui est vendue aux touristes ou utilisée comme instrument de musique traditionnel.

L'espèce est protégée localement. En Nouvelle-Calédonie, le Code de l'environnement en interdit la destruction. Au Vanuatu, la réglementation des pêches interdit la prise d’animaux de moins de 20 cm de longueur, taille en-dessous de laquelle on estime que le triton est encore trop jeune pour s’être reproduit. La France, Madagascar, les Seychelles et la Somalie ont signé une convention pour la protection, la gestion et la mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de l'Afrique orientale ainsi que deux protocoles relatifs à la faune et la flore sauvages. Dans ce cadre, capture et commerce des animaux vivants ou morts sont interdits.
En 1994, l'Australie a proposé que l'espèce soit portée sur la liste de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction). Mais cette demande n'a pas abouti car les critères nécessaires à l'inscription sur la liste ne sont pas remplis. Néanmoins, l'espèce est protégée dans le Queensland (Nord-Est de l'Australie).
 Informations complémentaires
Depuis des siècles, la conque percée sur le côté de l’une des premières spires est utilisée en guise de trompe d’appel dans de nombreux rites. Aux îles Fidji et au Vanuatu, le son de la conque accompagnait l’absorption de breuvages magiques. Aux îles Tonga, on ne s’en servait que pour les funérailles des chefs. Dans les îles de la Société, leur son accompagnait les processions au temple ou encourageait les guerriers au combat. Elle est encore utilisée dans les îles d’Océanie comme en Papouasie Nouvelle Guinée ou en Polynésie.
Au Japon, l'horagai est utilisé depuis des siècles pour certains rites bouddhistes et aussi dans l'armée pour l'appel des troupes. Il peut produire 3 à 5 notes différentes, une embouchure en bois ou en bronze étant fixée à l'apex* de la coquille. La musique traditionnelle associée à la conque est toujours enseignée dans certaines écoles.
 Références bibliographiques
Abbott R.T., Dance, S. P., 1982, COMPENDIUM OF SEASHELLS : A COLOR GUIDE TO MORE THAN 4,200 OF THE WORLD'S MARINE SHELLS, Odissey, USA, 412p.
Salvat B., Rives C., 1975, COQUILLAGES DE POLYNESIE, ed. du Pacifique, 391p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce

 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  SABOURIN Nadine, MATHÉ Bruno, HUET Sylvie,  in : DORIS, 1/10/2012 : Charonia tritonis (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=2116