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  Fiche Espèce   (N°1576)
 
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(N°1576)  
Melarhaphe neritoides (Linnaeus, 1758)
Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, mer Noire
Littorine bleue
 
Gastéropodes Prosobranches
 
 
Mélarhaphe
Small periwinkle (GB), Kleine alikruik (NL)
 Critères de reconnaissance
Espèce des anfractuosités rocheuses du haut de l'estran
Coquille turbinée* de 3 à 4 mm de long pour 2 de large
Ouverture ronde côté dernier tour, pointue côté apex
Couleur gris-bleuté (coquille sèche) ou noire (coquille humide)
 Distribution
La littorine bleue est présente sur l'ensemble de la façade atlantique européenne et sur les côtes nord-africaines jusqu'en Mauritanie, aux îles du Cap Vert et aux Açores. Elle est présente également en mer du Nord, en Manche, en Méditerranée et en mer Noire.
 Biotope
La littorine bleue est une espèce caractéristique et indicatrice du supralittoral rocheux. Elle est commune sur les roches granitiques, observable surtout dans les fissures et anfractuosités à l'abri des grosses vagues. Elle est localement abondante dans les endroits humides bien exposés aux embruns, et d'autant plus abondante que le mode est battu, jusqu'à plusieurs mètres au dessus de la limite des plus hautes marées de vives eaux. Il est possible d'en rencontrer plus bas dans le haut du médiolittoral lors de grandes périodes de mer calme, notamment dans des carapaces de balanes vides.
 Description
Melarhaphe neritoides est un petit gastéropode à coquille conique et à apex* pointu. Elle est turbinée*, à spire haute, et présente jusqu'à 6 tours séparés par une suture peu profonde. Sa longueur habituelle est de l'ordre de 3 à 4 mm (rarement 9 mm) pour un diamètre de 2 à 3 mm.
La couleur varie du gris clair au gris-noir (selon que la coquille est sèche ou humide) avec des reflets bleus pour les individus de l'Atlantique, ou brun clair avec des taches sombres ou des bandes claires à bleutées pour les individus de Méditerranée.
L'extérieur est finement sculpté de nombreuses et fines stries d'accroissement. Le labre est à peu près parallèle à la spire au point de jonction. L'ouverture est ronde côté dernier tour et pointue côté apex et est fermée par un opercule corné qui a donc la forme d'une goutte.
L'intérieur est brun foncé, poli, et brillant.
La tête porte un mufle renfermant une radula*, entouré de deux tentacules céphaliques translucides portant chacun un œil à sa base.
Le pied est blanc et la surface du corps est nettement plus sombre.
 Espèces ressemblantes
Littorina saxatilis (Olivi, 1792) : la confusion peut être possible avec les jeunes individus, même si cette espèce vit légèrement plus bas.

Littorina punctata (Gmelin, 1791) : les tours sont un peu plus marqués et l'apex un peu plus pointu. Cette espèce est plus grande (6 mm) et ne vit qu'en Méditerranée.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Littorina neritoides (Linnaeus, 1758) est encore très fréquemment utilisé dans la littérature naturaliste. Citons aussi :
Littorina petraeus (Montagu, 1803)
Helix petraea (Montagu, 1803)
Turbo caerulescens (Lamarck, 1822)
Paludina glabrata (Pfeiffer, 1828)
Littorina insularum (Locard, 1892)

Certains sites de référence citent Melaraphe neritoides (avec un "h" en moins).
 
   
  Une littorine bleue  
   
  Gros plan, en Méditerranée  
   
  Dans une faille supralittorale  
   
  De plus près...  
   
  La plus petite des littorines  
   
  Tête et pied  
   
  Un opercule en forme de goutte  
   
  Un gastéropode herbivore  
   
  A Belle-Ile-en-Mer  
   
  En Méditerranée  
   
  Une espèce localement répandue  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Christian SCOUPPE Détail
Vérificateur  
Frédéric ZIEMSKI Détail
Responsable régional  
Frédéric ZIEMSKI Détail
 
     
Création le : 12/08/2009
Dernière modification le 11/02/2012 08:40:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Mollusca Mollusques  Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies. 
Classe Gastropoda Gastéropodes  Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules. 
Sous-classe Prosobranchia Prosobranches  Branchies en avant du coeur. Aspect de limace avec une coquille protégeant une masse viscérale enroulée (spiralée). Pied large pour ramper, tête bien développée avec deux tentacules céphaliques portant à leur base un œil. 
Ordre Neotaenioglossa Néoténioglosses   
Famille Littorinidae Littorinidés   
Genre Melarhaphe     
 
Espèce neritoides     
 
 
 Origine du nom français
Littorine : francisation de l'ancien nom de genre Littorina ; ce gastéropode vit sur le littoral,
bleue : la coquille présente des reflets bleus caractéristiques.
 Origine du nom scientifique
Melarhaphe : du latin [mela] = noir, et [rhaphe] ou [raphe] = suture,
neritoides : du grec [neritos] = coquillage marin, et suffixe [-oides] = en forme de, qui ressemble à...
 Alimentation
La littorine bleue est herbivore. Elle se nourrit principalement de lichens, mais aussi d'autres végétaux.
Elle se déplace en rampant sur son pied sur de courtes distances à la recherche de nourriture dès que la mer se retire, en laissant derrière elle un reste d'humidité. Elle affectionne de préférence les lichens Verrucaria sp. et Caloplaca sp. dont elle râcle la surface au moyen de sa radula* mais aussi les diatomées, les cyanobactéries et quelques détritus végétaux. Le régime alimentaire de la littorine bleue est une adaptation secondaire aux conditions extrêmes de l'étage suppralittoral.
Elle cesse de s'alimenter durant les heures les plus chaudes et se réfugie au fond des crevasses.
 Reproduction - Multiplication
Melarhaphe neritoides est une espèce gonochorique* c'est-à-dire à sexes séparés. La reproduction a lieu entre septembre et avril avec un pic à la fin de l'hiver. La fécondation est interne. Les œufs sont libérés en pleine eau. Leur éclosion donne des larves planctoniques qui dérivent pendant environ deux à trois semaines, puis retombent sur le substrat pour donner de jeunes littorines benthiques.
 Vie associée
Il n'y a pas d'association particulière avec cette espèce, mais les zones rocheuses encroûtées par le lichen noir Verrucaria maura sont fort propices à sa présence.
 Divers biologie
Un opercule corné étanche permet à l'animal se s'isoler dans sa coquille pendant les périodes de sécheresse.

Les mélarhaphes n'ont plus de branchies. C'est la cavité palléale très vascularisée qui permet les échanges gazeux. Il s'agit ici d'une adaptation à la vie quasi terrestre dans l'étage supralittoral.
Cette adaptation est poussée à l'extrême : les mollusques résistent au vent, à la déshydratation, à la pluie, et donc à de très fortes variations de température et de salinité !

Lors de grandes périodes de calme quelques individus peuvent se rencontrer dans le haut du médiolittoral à la recherche de nourriture. Ensuite ils se réfugient au fond des crevasses et sécrètent un mucus qui durcit au contact de l'air, ce qui permet de limiter les pertes en eau par évaporation. La perte de la branchie est un signe d'évolution. Elle montre le passage du milieu aquatique à la terre ferme. De ce point de vue Melarhaphe neritoides peut être considérée comme une forme de gastéropode prosobranche pratiquement terrestre !
 Références bibliographiques
(Ouvrage collectif), 2000, EUROPE, MOLLUSQUES ET AUTRES INVERTEBRES, Géo Collection Nature en 20 tomes, Tome 6, 359p.
(Ouvrage collectif), 1995, FAUNE ET FLORE DU BORD DE MER, ed. France Loisirs, Collection La Nature en couleur, 287p.
(Ouvrage collectif), 1982, LA GRANDE ENCYCLOPEDIE, ATLAS DES ANIMAUX en 12 tomes, tome 8: les invertébrés, pages 2077 à 2372.
Audibert C., Delemarre J.L., 2009, GUIDE DES COQUILLAGES DE FRANCE - Atlantique et Manche, ed. Belin, collection "Fous de Nature", 225p.
Augier H., 2007, GUIDE DES FONDS MARINS DE MEDITERRANEE. ECOLOGIE, FLORE, FAUNE, PLONGEE, Guides du naturaliste, ed. Delachaux et Niestlé, 456p.
Campbell A.C., Nicholls J., 1986, GUIDE DE LA FAUNE ET DE LA FLORE LITTORALES DES MERS D’EUROPE, coll. « Les guides du naturaliste », ed. Delachaux & Niestlé, 322p.
Hayward P.J., Nelson-Smith T., Shields C., 1998, GUIDE DES BORDS DE MER, MER DU NORD, MANCHE, ATLANTIQUE, MEDITERRANEE, ed. Delachaux & Niestlé, 351p.
Lindner G., 2004, COQUILLAGES ET BIVALVES D’EUROPE, Vigot, Guides Vigot Nature, 96p.
Mahéo B. & R., 1977, LES COQUILLAGES, ed. Ouest France, 32p.
Poppe G.T., Goto Y., 1991, EUROPEAN SEASHELLS VOLUME I (POLYPLACOPHORA, CAUDOFOVEATA, SOLENOGASTRA, GASTROPODA), Hemmen, Wiesbaden, Allemagne, 352p.
Rozen S., Rozen A., 2006, COQUILLAGES, MOLLUSQUES DE NOS CÔTES, ATLANTIQUE, MANCHE, ed. Le Télégramme, 136p.
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  SCOUPPE Christian, ZIEMSKI Frédéric,  in : DORIS, 11/2/2012 : Melarhaphe neritoides (Linnaeus, 1758), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1576