DORIS  
DORIS   
   
 
 
   
  Votre recherche :
   
   
  Chercher par son nom commun :
 
   
  Chercher directement par tous les mots des fiches :
 
   
  Zone recherchée :
 
France
Eau douce
Atl. Nord-Ouest
Indo-Pacifique
Caraïbes
   
Toutes zones
   
  Fiche Espèce   (N°1368)
 
Photos Imprimer cette fiche    
 
 
(N°1368) Espèce réglementée  
Strongylocentrotus droebachiensis (O.F. Müller, 1776)
Atlantique Nord Ouest, Pacifique Est, Arctique
Oursin vert
 
Échinides (oursins)
 
 
Oursin commun
Green sea urchin, northern sea urchin (GB), Drøbakkråkebolle (NO)
 Critères de reconnaissance
Oursin vert pâle à vert foncé
Rouge sur la partie orale
Forme hémisphérique
Diamètre du test : 90 mm, maximum
Taille moyenne des épines : 1 cm
 Distribution
Il est présent sur les deux côtes de l’Amérique du Nord : est et ouest. A l’est dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent dans sa partie nord et sud, dans l’estuaire maritime du Saint-Laurent dans sa partie nord et sud, dans le fjord du Saguenay, en Haute-Côte Nord, en Gaspésie, aux abords de l’île d’Anticosti, des îles-de-la-Madeleine, de la côte du Labrador et Nouveau Brunswick. A l’ouest sur les côtes de la Colombie britannique. Il est également disséminé sur les côtes nord-est de la Grande Bretagne et de l’Irlande, au nord jusqu’au Spitzberg.
 Biotope
L’oursin vert est présent sur les habitats rocheux à proximité des algues de type laminaires de l’infralittoral: entre 0 et 10 m de profondeur. Il est fréquent de voir alors des agrégations d’oursins extrêmement denses. On le trouve également sur des fonds meubles et graveleux et dans des eaux profondes comprises entre 200 et 300 m. L’oursin vert ne craint pas les endroits moyennement exposés aux vagues et aux courants. C’est un oursin nordique qui ne tolère que les basses températures. Sa présence est signalée dans des zones de salinité variable.
 Description
L’oursin vert est pourvu d’un corps hémisphérique inclus dans un squelette calcaire appelé test*. Celui-ci est recouvert de longues épines effilées, il assure la protection des organes internes. Ses épines mobiles sont de couleur vert pâle à vert foncé sur la partie exposée et rouge ou pourpre sur la partie orale (face orientée vers le bas). Elles ne dépassent pas le tiers de la longueur du test (en moyenne 1 cm).  Strongylocentrotus droebachiensis peut atteindre jusqu’à 90 mm de diamètre et 38 mm d’épaisseur. Un individu de 50 à 62 mm peut peser de 55 à 82 g. Sa bouche de forme sphérique est située sur le pôle ventral, elle comporte 5 dents broyeuses appelées « lanterne d’Aristote ».  La zone entourant l’anus située sur le pôle dorsal est constituée de plusieurs petites plaques (une grande et plusieurs petites chez les juvéniles). La locomotion de l’oursin vert est assurée par les tubes ambulacraires* terminés par des ventouses. Ces tubes sont appelés podias*; ils sont situés entre les épines. Le contrôle des tubes est assuré par un système hydraulique appelé système aquifère*. L’oursin va actionner les tubes ambulacraires en poussant et en aspirant l’eau au travers.
Il ne doit pas être confondu avec Psammechinus miliaris (Gmelin, 1778) autre oursin vert de la mer du Nord.
 Espèces ressemblantes
Une espèce apparentée de couleur pâle Strongylocentrotus pallidus (Sars, 1871) est présente dans le Saint Laurent à des profondeurs allant de 20 à 200 mètres.
 Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Strongylocentrotus droehbachiensis
 
  Oursins réguliers
   
  L'oursin vert et son environnement  
   
  Un corps hémisphérique  
   
  Les épines  
   
  Agrégation  
   
  Parmi les anémones et les ophiures  
   
  Environnement  
   
  Prédation par le homard  
   
  Prédation par l'étoile polaire  
   
  Étreinte fatale  
   
  Prédation par le crabe commun  
 
 
 Participants
Rédacteur principal  
Laurent FEY Détail
Vérificateur  
Marie-Pierre LESSARD Détail
Responsable régional  
Laurent FEY Détail
 
     
Création le : 17/09/2008
Dernière modification le 04/12/2014 21:47:00
Les * dans les textes
renvoient au glossaire
 
     
 
 Classification
 
 

Termes scientifiques
(international)

Termes en français Descriptif/ caractéristiques
succinctes du groupe
Embranchement Echinodermata Echinodermes   Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement. 
Sous-embranchement Echinozoa Echinozoaires  Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer. 
Classe Echinoidea Echinides  Ce sont les oursins. Forme globuleuse ou hémisphérique, squelette qui porte des piquants mobiles, des pédicellaires et des pieds ambulacraires. Pouvoir de régénération limité. 
Sous-classe Euechinoidea Euéchinides  Oursins plus ou moins sphériques, dits "oursins réguliers". Plaques ambulacraires composées. Bouche ventrale et anus dorsal.  
Super-ordre Echinacea Echinacés   
Ordre Echinoida Echinoïdes   
Famille Strongylocentrotidae Strongylocentrotidés   
Genre Strongylocentrotus     
 
Espèce droebachiensis     
 
 
 Origine du nom français
L’origine de son nom est associée à sa couleur verte.
 Origine du nom scientifique

Du grec [strongly] = rond, compact  et [kentron] = pointe, épine,
Dobrak est le fjord norvégien où il a été décrit pour la première fois.

 Alimentation
Au stade larvaire l’oursin vert se nourrit de plancton végétal. Lorsqu’il évolue au stade benthique*,  il s’alimente en broutant la plupart des algues et des détritus qu’il rencontre. Il affectionne particulièrement les laminaires. Les activités de broutage intensives peuvent occasionner des disparitions localisées de ces mêmes forêts de laminaires. En l'absence d'algues il s'alimente de micro-organismes et de cadavres déposés sur le substrat.
 Reproduction - Multiplication
La période de reproduction a lieu en avril dans le golfe du Saint-Laurent, elle s’échelonne entre mai et juin dans l’estuaire. La reproduction est sexuée avec émission de gamètes dans l’eau de mer : la fécondation est donc externe, comme chez la plupart des échinodermes. L’œuf fécondé évolue en une larve pélagique qui dérivera dans les eaux de surface entre 2 et 5 mois avant de se poser sur le fond, l’oursin mesure alors 0,5 mm.
 Vie associée
Les broutages intensifs de forêts de laminaires sont étroitement associés à la présence massive de l’oursin vert. Dans les zones dénudées d'algues après de tels broutages on peut dénombrer plus de cent individus par mètre carré.
Des opérations d’inventaire à l’aide de caméras numériques sont réalisées de façons ponctuelles par le ministère des Pêches et Océans du Canada. Elles visent à acquérir de l'information sur la distribution, l'abondance et la taille des oursins verts de même que sur leur environnement physique dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.
 Divers biologie
La croissance de l’oursin vert est étroitement associée à la qualité et à la quantité de nourriture disponible. Les oursins vivant parmi les forêts de laminaires ont une croissance bien plus rapide que les individus reposant sur des substrats dénudés de végétation. Les examens des anneaux de croissance sur les rotules de la lanterne d’Aristote effectués dans la zone de la Baie des Chaleurs (Gaspésie) variant de 47 à 73 mm de diamètre indiquaient que les individus étaient âgés de 4 à 23 ans. La principale cause de mortalité en milieu naturel est la prédation exercée par le homard (Hommarus americanus), le crabe commun (Cancer irroratus), les astérides (Leptasterias polaris, Solaster endeca, Crossaster papopus);  le loup de mer (Anarhichas lupus), l’anémone rouge du nord (Urticina felina) et les oiseaux marins.
 Espèce réglementée
Le marché alimentaire principal des gonades* se situe au Japon. Au Canada, il est limité aux restaurateurs et aux commerces spécialisés. La Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine a entrepris en 2003 des travaux sur le potentiel biotechnologique des oursins verts du Saint-Laurent. Cette opération vise à valoriser des parties autres que les gonades de l’oursin. L’activité est valorisée au Québec depuis 1997. Trois activités conditionnent l’élevage des oursins : le prélèvement, le conditionnement et  la stratégie d’élevage. Les méthodes de pêche permises au Québec  sont la capture à l’aide de casiers et le prélèvement manuel en plongée sous-marine. L’obtention d’un permis est nécessaire. La capture avec engins remorqués, dragues ou autres, est interdite. La pêche commerciale débute au printemps (mars ou en avril en fonction de la fonte des glaces), pour s’achever en mai à la période de ponte. La cueillette en plongée sous-marine est parfois appuyée par l’utilisation d’appareils à succion ou d’aspiration. Elle  permet une sélection optimale des prises dans le respect des tailles légales. L’autre technique de prélèvement consiste à utiliser des casiers à buccin remplis d’appâts. La qualité de l’eau, l’indice gonadique, la quantité et la qualité de nourriture sont les facteurs qui influent de façon critique le succès du conditionnement des oursins. Des viviers ou des enclos naturels peuvent être utilisés pour l’élevage. L’objectif final visé étant l’augmentation de l’indice gonadique dans un souci d’exportation (le pourcentage commercial visé est aux alentours de 12%).
 Informations complémentaires
Lorsque les épines d'oursins pénètrent la peau il faut les retirer pour éviter la formation de kystes. L'acidité du vinaigre permet de ramollir et de retirer plus facilement les épines.
 Références bibliographiques
Bourget E., 1997, LES ANIMAUX LITTORAUX DU SAINT LAURENT : GUIDE D’IDENTIFICATION, ed. Presses de l’Université Laval, Québec, 268p.
Chabot R. , Rossignol A., 2003, ALGUES ET FAUNE DU ST LAURENT MARITIME : GUIDE D’IDENTIFICATION, ed. Institut des sciences de la mer de Rimouski, Pêches et Océans Canada Institut Maurice Lamontagne, Mont-joli, 113p.
Fontaine P.H., 2006, BEAUTÉS ET RICHESSE DES FONDS MARINS DU ST LAURENT, ed. Multimondes, Québec Canada, 261p.
Hayward P.J., Nelson-Smith T., Shields C., 1998, GUIDE DES BORDS DE MER, MER DU NORD, MANCHE, ATLANTIQUE, MEDITERRANEE, ed. Delachaux & Niestlé, 351p.
 Liens de références et publications spécifiques sur cette espèce
Comité sectoriel de main-d’œuvre des pêches maritimes (CSMOPM), 2005, Guide de démarrage d’une entreprise maricole, Québec, Canada, 274 p.

Fournier R., Cartier S., 2006, Étude sur la valorisation de l’oursin vert (Strongylocentrotus droebachiensis) de la rive sud de l’estuaire du Saint-Laurent par des techniques de conditionnement en cages et de reparquage, Gaspé (Québec, Canada), 42 p.

Gibson I., 1997, L'oursin vert du Saint-Laurent, Projet de fin d'étude, Département d'inventaire et recherche en biologie, Cégep de Sainte Foy, Québec, Canada, 42 p.

Ministère pêches et océans du Canada., 2000, L’oursin vert des eaux côtières du Québec, MPO, Sciences, rapport sur l’état des stocks C4-13 (2000), 8 p.

Pelletier L., Gauthier P., Nadeau M., 2001, L'oursin vert (Strongylocentrotus droebachiensis) des Îles-de-la-Madeleine: description des agrégations et potentiel d'exploitation,  Rapport, Technique  canadien des  sciences  halieutiques et  aquatiques, 2362, 28 p.

Pelletier L., Gauthier P., 2002, Inventaire de l'oursin vert (Strongylocentrotus droebachiensis) au Bas-Saint-Laurent à l'aide d'une caméra vidéo sous-marine, Rapport, Technique canadien des sciences halieutiques et aquatiques, 2394, 30 p.

La page sur Strongylocentrotus droebachiensis sur le site du réseau de suivi de la biodiversité aquatique: rsba
 
Comment citer cette fiche (How to cite this page) :
  FEY Laurent, LESSARD Marie-Pierre,  in : DORIS, 4/12/2014 : Strongylocentrotus droebachiensis (O.F. Müller, 1776), http://doris.ffessm.fr/fiche2.asp?fiche_numero=1368