Silure glane

Silurus glanis | Linnaeus, 1758

N° 364

Europe septentrionale

Clé d'identification

Espèce massive et de grande taille
Une seule petite nageoire dorsale
Longue nageoire anale
3 paires de barbillons
Le tronc représente 1/3 du corps

Noms

Noms communs internationaux

Danube catfish, european catfish, sheatfish, som catfish, wels, wels catfish (GB), Siluro (I), Siluro (E), Europäischer Flußwels, Uwelra, Waller, Welro, Wels (D), Meerval (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Siluris glanis (Linnaeus, 1758)
Silurus silurus (Wulff, 1765)
Silurus glanis arealensis (Kessler, 1872)

Distribution géographique

Europe septentrionale

Zones DORIS : Eau douce d'Europe

De l'Europe baltique aux Alpes et de l'Atlantique à l'Oural (mer Caspienne). Il a été introduit dans le sud de l'Angleterre, en Espagne près de Barcelone et en Italie dans la plaine du Pô.
Déjà présent à l'ère tertiaire dans la vallée du Rhône, il a ensuite disparu. Il a été réintroduit dans le milieu du XIXème siècle en Alsace. Ensuite, son caractère halieutique*, a facilité son développement et il est potentiellement présent partout en France sauf peut-être en Corse.
Le silure glane a également été introduit en Belgique.

Biotope

Le silure fréquente les canaux, les plaines et les grands lacs (zone des brèmes). Plutôt dans les zones calmes et turbides aux eaux chaudes. Il peut effectuer des déplacements importants dans les bassins versants.
C'est un poisson de fond. Il aime se tenir dans les fosses, les abords des piles de pont, les berges creuses, les grosses roches, et les zones d'herbiers et de branchages immergés.

Description

La taille habituelle est de 1 m pour 10 kg mais elle peut atteindre un maximum de l'ordre de 5 m pour un poids voisin de 300 kg.
Cette espèce massive a une tête plate et large avec de petits yeux et trois paires de barbillons. Deux paires non mobiles sur la mâchoire inférieure, une paire plus longue et mobile sur la mâchoire supérieure.
Le tronc représente 1/3 environ de l'animal et possède les nageoires paires rayonnées et une petite nageoire dorsale rudimentaire. Le ventre est plus clair. La partie postérieure du corps est aplatie latéralement et possède une longue nageoire anale. La queue se termine par une nageoire caudale homocerque* en éventail. La livrée est variable et fluctue du vert olive au gris, tant unie qu'avec des taches claires.
La peau est visqueuse et sans écailles. Pas de ligne latérale visible.
Le silure glane possède de nombreuses petites dents.

Espèces ressemblantes

Ameiurus melas (Rafinesque, 1820), le poisson chat : il possède deux nageoires dorsales dont la seconde est adipeuse, et quatre paires de barbillons.

Alimentation

L'alimentation est quasi exclusivement nocturne chez cette espèce. C'est un carnassier opportuniste et vorace qui chasse de préférence à petite profondeur. Les jeunes se nourrissent de petits invertébrés alors que les adultes mangent des poissons, des grenouilles voire des rongeurs et occasionnellement des oiseaux.
Son appétit diminue avec l'arrivée de l'automne et il passe l'hiver en état de léthargie.
Il pratique le cannibalisme.

En 1983, il a été introduit dans le Tarn où depuis peu, certains individus ont un comportement inhabituel. Avertie par les pêcheurs, une équipe scientifique a observé de juillet à octobre 2011 une gravière sous un pont d'Albi où les pigeons ont l'habitude de se baigner et de boire. Semblables aux orques attaquant les phoques sur certaines plages, certains silures jaillissent hors de l'eau pour les saisir et n'hésitent pas à brièvement s'échouer. Il est établi que tous les silures de la rivière n'ont pas adopté ce comportement mais, pour certains d'entre-eux, le régime alimentaire est désormais basé à 80 % sur le pigeon. Leur rythme de vie est devenu diurne comme celui de cet oiseau. En 2012, les raisons de ce nouveau comportement ne sont pas établies car les proies habituelles ne font pas défaut. Les pigeons quant à eux, ne réagissent pas encore à cette nouvelle menace.

Reproduction - Multiplication

La période de reproduction s'étale de mai à juin et n'a lieu que si la température de l'eau est supérieure à 20 °C pendant une période de deux à trois mois. Le mâle nettoie au milieu des racines ou parmi les roseaux, une zone de ponte entourée d'une paroi basse de débris de végétaux. La femelle y pond sur les racines de 20 000 à 30 000 œufs par kg de son propre poids. Les œufs, jaune clair, d'un diamètre de 3 mm, adhèrent au substrat et sont gardés durant 2 à 3 jours par le mâle. Il les nettoie et les ventile jusqu'à leur éclosion.
Les larves, longues de 7 mm, possèdent déjà des barbillons. Même équipées d'une grande vésicule, elles mangent du plancton*. Grâce à cette voracité, la croissance est rapide et, à un mois, elles atteignent déjà 3 à 4 cm. Et 20 cm à un an.
La maturité sexuelle est atteinte au bout de 3 à 4 ans chez les mâles, 4 à 5 ans chez les femelles soit aux environs d'une taille de 50 cm pour un poids de 2 kg.
L'espérance de vie est de 15 à 20 ans (maximum 40 ans).

Divers biologie

Ses petits yeux ne lui donnent pas une très bonne vue. Mais une excellente ouïe et des barbillons compensent largement cette « faiblesse » dans les eaux troubles qu'il fréquente.
Jeune, il vit en petits groupes.

Informations complémentaires

Dissémination
Son aire de répartition initiale est l'Europe centrale jusqu'à l'Oural. La pisciculture de Huningue (Haut-Rhin), développe son élevage au milieu du XIXe siècle. Mais l'espèce s'acclimate mal et finit par disparaître des cours d'eau. Ce n'est qu'à partir de 1960 pour les étangs et 1968 pour les cours d'eau, qu'une deuxième tentative avec 29 poissons originaires du Danube, réussit et que l'espèce fait souche (ce qui explique la faible diversité génétique constatée chez les populations présentes en France). Ensuite, le silure glane est introduit un peu partout en particulier par les fédérations de pêche. Il semble que son introduction n'a pas de conséquences notables sur les espèces indigènes.

Élevage
Son élevage est important en France : environ 200 tonnes par an. Les techniques sont les mêmes que pour l'élevage du poisson chat américain.

Boules de silures
Des pêcheurs du Rhône ont découvert à l'échosondeur des rassemblements impressionnants de silures. Plusieurs dizaines d'individus se rassemblent chaque année de l'automne au début du printemps, dans les endroits assez profonds où le courant est moins fort.

En 2009, Rémi MASSON, participant de DORIS, a plongé sur ces "boules de silures" pour les photographier et les filmer. Voici son témoignage :
"Je n'ai pas pu les observer sur une longue période car les moments où il est possible de plonger dans le Rhône sont très limités à cause des crues et des eaux trop troubles. Les poissons ne sont pas du tout agressifs, mais curieux (ce qui est une des caractéristiques de l'espèce). Ils se frottent les uns contre les autres et tournent en rond. Les individus sont de toutes les tailles, de 80 cm à plus de 2 mètres. Généralement les plus gros se trouvent au centre de la boule et les petits tournent autour. Il arrive que d'un seul coup la boule éclate. Elle se reformera un peu plus loin, les petits silures se rapprochant des plus gros. Si on se trouve à côté d'eux à ce moment là, il arrive que la boule se forme autour de nous... sensation garantie."

Une étude menée en 2010-2011 par une équipe du CNRS a donné des premiers résultats :
C'est la première fois que des grands rassemblements de silures glanes sont rapportés. Ces agrégations ont toujours eu lieu dans le même endroit du Rhône sans qu'il soit possible d'en expliquer la cause car aucune recherche de nourriture, de comportement reproducteur ou anti-prédateur n'a été observée.
Les groupes sont composés de 15 à 44 individus adultes ayant une taille corporelle estimée de 120 à 210 cm pour un poids estimé de 12 à 65 kg. La biomasse totale moyenne est de 651 kg (elle va de 386 à 1132 kg). C'est la plus forte jamais observée pour des poissons en eau douce.
Ces regroupements pourraient avoir un impact écologique important sur l'environnement immédiat, notamment via les fèces (excréments) émis par les poissons. Les taux de phosphore et d'azote sont respectivement de 83 à 286 et de 17 à 56 fois plus importants que les plus forts décrits jusque là dans la littérature. Ils pourraient modifier la productivité primaire et le cycle des nutriments.

Réglementation

Espèce inscrite à l'annexe III de la convention de Berne. C'est une espèce qui a été acclimatée.

Origine des noms

Origine du nom français

Traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Silurus : du grec [silouros] = silure, sorte d'esturgeon,
glanis : du latin [glanis] = silure, sorte de poisson.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Ostariophysi Ostariophysaires
Ordre Siluriformes Siluriformes Cet ordre regroupe l'ensemble des poissons-chats. La grande majorité des 580 espèces de siluriformes vit en eau douce.
Famille Siluridae Siluridés
Genre Silurus
Espèce glanis

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