Sépiole atlantique

Sepiola atlantica | d'Orbigny, 1839

N° 1023

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique

Clé d'identification

Allure de seiche miniature, 5 cm maximum
2 nageoires latérales postérieures évoquant des oreilles
2 gros yeux globuleux
Extrêmité postérieure arrondie
Manteau et tentacules mouchetés d'une mosaïque de motifs discoïdes colorés
Coloration extrêmement variable et changeante (mimétisme)

Noms

Autres noms communs français

Sépiole grandes oreilles, supion, souchet

Noms communs internationaux

Little cuttlefish, bob-tailed cuttlefish, atlantic bobtail, bobtail squid (GB), Sepiola atlantica, sepiola frenetica, globito (E), Kleine Sprutte, Zwerg(sepia), Sepiole, Tintenfish (D), Kleine zeekat, (gewone) dwerginktvis (NL), Sepiola, choco-anao (P), Dvergblekksprut (N)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Sepiola vulgaris Gervais & Van Beneden, 1839

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, océan Atlantique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

On pourra trouver Sepiola atlantica depuis l'Islande jusqu'au Maroc. Elle est absente de Méditerranée.
Il s'agit d'une espèce très présente sur tout le littoral atlantique, mais à cause de sa petite taille et de son mimétisme, elle passe en général inaperçue...

Biotope

La sépiole est théoriquement inféodée aux eaux peu profondes de l'étage infralittoral, bien qu'on puisse parfois la trouver plus profondément. En ayant l'œil, on s'apercevra qu'elle peut être relativement fréquente dans les cuvettes rocheuses à marée basse !
Cette espèce affectionne surtout les petits fonds sablo-vaseux plus ou moins grossiers dont elle imite la coloration, et au-dessus desquels elle nage doucement. Elle n'hésitera pas à s'enfouir à la moindre alerte. Alors, seuls ses yeux globuleux seront visibles à la surface du sédiment.
Occasionnellement, en période de chasse, on pourra la trouver en pleine eau, notamment la nuit.

Description

Bien qu'elle ressemble à une seiche en miniature, Sepiola atlantica n'est pas un "bébé seiche" mais bel et bien une espèce de céphalopode à part entière ! D'une longueur n'excédant pas les cinq centimètres, la sépiole est caractérisée par deux nageoires latérales arrondies plutôt larges dont la forme n'est pas sans évoquer des oreilles, d'où le qualificatif de "grandes oreilles" dont elle est parfois affublée dans la littérature naturaliste ! Ces nageoires s'enracinent postérieurement et de chaque côté, sur le bord du manteau. La longueur de cet enracinement est inférieure à celle de la nageoire elle-même.
La tête porte deux gros yeux globuleux, entre lesquels elle fusionne dorsalement avec le manteau. La bouche est flanquée de huit tentacules courts (2 cm), et de deux tentacules préhensiles plus longs et plus fins, non visibles en plongée sauf en période de chasse... Chaque bras porte 2 à 8 rangées de ventouses.
Le manteau et les tentacules sont mouchetés d'une mosaïque de motifs argentés de forme plus ou moins circulaire, dont la teinte, extrêmement variable, oscille entre le jaune et le noir, en passant par toutes les nuances de l'orange et du brun. L'arrière du manteau est parfaitement arrondi. Sous la tête, le siphon est court et large.
La face ventrale enfin, est plus pâle, et plus finement mouchetée.

Espèces ressemblantes

La sépiole de Rondelet, Sepiola rondeleti, est une espèce très proche et fort semblable, mais que l'on ne pourra pas confondre avec la sépiole atlantique, puisqu'elle est uniquement méditerranéenne, les aires de répartition de ces deux espèces ne se chevauchant pas (pour le moment !)

De même il est fréquent d'entendre, au retour d'une plongée, que des plongeurs ont observé des bébés seiche... On distinguera aisément la sépiole atlantique des juvéniles de Sepia officinalis (entre autre) à la disposition des nageoires. Celles de la seiche s'enracinent sur toute la longueur du manteau, celles de la sépiole dans sa partie postérieure seulement.

Les espèces du genre Rossia sont très proches de Sepiola, mais ici le bord dorsal du manteau ne fusionne pas avec la tête,

Les espèces du genre Sepietta ressemblent beaucoup à Sepiola atlantica, mais leur corps est un peu plus long (taille supérieure à 5 cm), et elles vivent à des profondeurs plus importantes.

Alimentation

La sépiole est un prédateur carnivore qui chasse essentiellement des petits crustacés, surtout des mysidacés et des crevettes, mais aussi des petits poissons. Lorsqu'elle localise sa proie, elle s'en approche doucement et en une seconde elle projette sur elle ses deux tentacules préhensiles munis de ventouses (uniquement la partie terminale renflée) qui, au repos, sont enroulés près de la bouche, entre les autres tentacules. Ils sont ensuite rapidement rétractés et la proie est alors déchiquetée par une mâchoire puissante composée de deux pièces calcifiées, le "bec de perroquet".

Reproduction - Multiplication

Chez les sépioles, les sexes sont séparés et il y a accouplement.
Au moment de la copulation le mâle étreint la femelle de ses longs tentacules afin qu'ils soient disposés dans le même sens, la femelle étant au dessus du mâle. Puis ce dernier introduit dans la cavité palléale de la femelle son bras hectocotyle (le premier tentacule gauche modifié pour l'occasion) pour y déposer des sacs de sperme, les spermatophores. La fécondation est alors interne.
Après l'accouplement la femelle recherche un support (coquille vide, algue...) pour y déposer ses œufs. Elle les expulsera un par un par son siphon sous forme de petites grappes jaunâtres, puis les dissimulera sous le sable.
Peu après la ponte, les femelles meurent.
L'éclosion des œufs se produit deux mois plus tard, et les jeunes sépioles, minuscules, sont déja très voraces et n'hésitent pas à s'attaquer à des proies parfois plus grosses qu'elles !



Les sépioles sont abondantes de mai à septembre, et sont plutôt rares le reste de l'année.

Vie associée

Des bactéries symbiotiques colonisent les photophores, des organes lumineux situés près de la poche à encre, et sont à l'origine d'une luminescence chez Sepiola atlantica.

Divers biologie

La sépiole est, comme de nombreux céphalopodes, un organisme extrêmement bien adapté au milieu marin. Sa petite taille en fait une proie facile ! Pourtant elle est capable d'échapper à la vue de n'importe quel animal (l'homme le premier !), en se fondant parfaitement dans son environnement. Son manteau est parsemé de cellules spécialisées, appelées chromatophores*, qui peuvent en une fraction de seconde absorber ou au contraire se vider d'une certaine quantité de pigments. L'animal prend alors instantanément la couleur qu'il souhaite, qu'elle soit mimétique ou aposématique !



De plus cet animal a la faculté d'émettre de petits jets d'encre pour dérouter ses prédateurs, le temps de lui permettre de fuir ou de s'enfouir. La taille de ce nuage d'encre n'est pas forcément à corréler avec celle de l'animal : malgré cette dernière (5 cm maximum), il arrive que le nuage d'encre lâché soit étonnamment dense et volumineux !



Les sépioles possèdent un "os", le gladius, qui est une petite baguette très fine, non calcifiée mais chitineuse.

Informations complémentaires

En plongée, les sépioles sont plus aisément observables la nuit, étant d'ordinaire enfouies le jour.



Les sépioles sont comestibles et sont parfois pêchées. Cette pêche n'est pas dirigée, mais accessoire. Elles sont alors plus connues en gastronomie et sur les étalages des poissonniers sous le nom de "supions".



Congelées, elles servent aussi d'appâts pour la pêche en mer.

Origine des noms

Origine du nom français

Sépiole atlantique est la traduction directe du nom scientifique Sepiola atlantica.
Dans les ouvrages naturalistes, on trouvera simplement le nom "sépiole". Néanmoins, pour la différencier de sa cousine méditerranéenne Sepiola rondeleti, nous avons choisi ici de lui adjoindre le qualificatif "atlantique".

Origine du nom scientifique

Sepiola : diminutif de Sepia = nom de genre de la seiche : la sépiole est une "petite seiche",
atlantica : cette espèce est trouvée sur toute la façade atlantique.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Cephalopoda Céphalopodes Yeux complexes, coquille interne, externe cloisonnée ou absente, cavité palléale musclée, siphon musculeux, tentacules ou bras (munis de ventouses), poche à encre.
Sous-classe Coleoidea / Dibranchiata Coléoïdes / Dibranchiaux Ventouses sur les bras, au nombre de 10 au moins. Bras hectocotyle pour le transfert du spermatophore. 2 branchies, 2 néphridies, une coquille interne ou vestigiale, des chromatophores, une poche à encre, un grand cerveau.
Super ordre Decabrachia Décapodiformes 4 paires de bras spécialisés pour la capture des proies et 2 tentacules plus longs. Ventouses pédonculées, mobiles, avec un anneau corné. Une coquille interne.
Ordre Sepiolida Sépiolides Corps globuleux avec une paire de nageoires arrondies ou en forme de reins. L'extrémité postérieure des nageoires est libre et bien séparée de l'extrémité du corps. Queue courte, avec une plume petite, interne, et chitineuse.
Famille Sepiolidae Sépiolidés Nageoires arrondies. 1 ou 2 tentacules supérieurs sont modifiés chez le mâle adulte.
Genre Sepiola
Espèce atlantica

Nos partenaires