Sagartie des vases

Sagartia troglodytes | (Price in Johnston, 1847)

N° 824

Atlantique Est, Méditerranée

Clé d'identification

Colonne complètement enfoncée dans le sédiment
Tentacules pas plus longs que le diamètre du disque, en couronnes régulières autour de la bouche, de couleur très variable
Petite tache plus foncée à la base des tentacules

Noms

Noms communs internationaux
Mud-Sagartia (GB), Sagartia de fango (E), Schlamm-Sagartia (D), Sagartia de areia (P), Slibanemoon, zeemadeliefje (NL)

Distribution géographique

Atlantique Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette anémone est commune sur les côtes de l’Atlantique Est, de la Norvège, tout autour des îles Britanniques, de la mer du Nord, plus rare en Manche, et en Méditerranée.

Biotope

Cette Sagartidée vit fixée à un rocher, soit dans un trou, soit une crevasse, soit sur les crampons des laminaires, parfois sur une pierre ou un coquillage vide enfoncé dans le sédiment (vase le plus souvent) mais proche des rochers, du milieu du médiolittoral* jusqu'à 50 m de profondeur. Sa base, en forme de ventouse, sécrète des produits adhésifs puissants et on risque de l'endommager en la prélevant.
On peut l’observer facilement à marée basse, dans des zones peu fréquentées, parfois submergée par quelques centimètres d'eau dans les mares intertidales*.

Description

Anémone de mer solitaire, la sagartie des vases a une colonne cylindrique, molle, d’un diamètre qui peut atteindre 4 cm maximum, complètement enfoncée dans le sédiment. Elle a une hauteur de 4 à 10 cm et peut atteindre 12 cm de haut.
Elle porte à l'état adulte environ 200 tentacules. Les tentacules varient du blanc presque transparent au blanc sale en passant par quelques couleurs pâles sauf le bleu. Ils ne rentrent que si l'animal est franchement dérangé et ils ne sont pas plus longs que le diamètre du disque.
Ces tentacules sont disposés en couronnes régulières autour de la bouche, en 5 à 6 verticilles*, avec un large éventail de couleurs. A leur base, on peut observer une tache un peu plus foncée.
Les aconties* sont rarement émises.
Sa colonne porte des verrues auxquelles s'accrochent des débris divers (souvent du gravier) et présente une coloration variant du brun clair au blanc sale.
Son disque oral, de 4 à 5 cm de diamètre, s’ouvre sur un orifice qui est à la fois bouche et anus.
Émergée, elle se rétracte et ressemble alors à un cylindre gélatineux.

Espèces ressemblantes

Sagartia elegans, mais sa colonne est plus lisse et plus petite.

Alimentation

Carnivores, les Sargatidées se nourrissent à 80 % de zooplancton* et 20 % de très petites proies qu’elles capturent en étendant leurs tentacules. Les proies sont alors paralysées et amenées à la bouche. Il peut leur arriver très occasionnellement d'attraper une proie plus importante. Après digestion, les déchets sont rejetés par le même orifice.

Reproduction - Multiplication

Les Sagartidées sont hermaphrodites*. Elles sont vivipares* (animal dont les petits naissent déjà développés et sans enveloppe).
Les spermatozoïdes* sont libérés en pleine eau et pénètrent dans le corps d’un autre animal où se déroule la fécondation. Le développement des larves* se réalise jusqu'à la maturité dans la cavité gastrique. On peut trouver en même temps dans un animal des individus à tous les stades de développement : de la larve planula* jusqu'à un jeune individu.
Les jeunes individus ont déjà 12 tentacules et s’installent autour de l’anémone - mère.
La multiplication peut se faire par lacération. Quand l'animal rencontre des conditions de vie difficiles (absence de courant, vivant prisonnière d'une mare, absence de congénères), il se divise verticalement du haut du corps jusqu'à la sole. Les deux parties reconstituent les parties manquantes jusqu'à reformer deux individus viables. On parle de clonage naturel.

Divers biologie

Cette espèce (avec ses variétés) est commune le long des rochers, proche de la surface et dans une moindre mesure dans le sable. De ce fait elle est parfois plus connue des observateurs de la nature sur l'estran que des plongeurs et des nageurs.

Informations complémentaires

Il existe deux variétés Sagartia troglodytes decorata et S. t. ornata qui ne se différencient que par leurs jeux de couleurs.
Les anémones ont très peu évolué dans leur aspect et leur fonctionnement depuis leur apparition.

Origine des noms

Origine du nom français

Elle est nommée sagartie des vases car on la trouve le plus souvent enfoncée dans la vase.

Origine du nom scientifique

Sagartia du grec [sagartians] et [asagarta] venant d'un peuple nomade de la Perse antique.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Actiniaria Actiniaires Polypes solitaires souvent colorés, en général fixés à un substrat dur par un large disque pédieux. Organismes parfois mobiles.
Sous-ordre Nynantheae Thenaria Nynanthées Thenaria
Famille Sagartiidae Sagartiidés
Genre Sagartia
Espèce troglodytes

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