Pélagie

Pelagia noctiluca | (Forsskål, 1775)

N° 87

Cosmopolite

Clé d'identification

Méduse en forme de champignon bleu et rose
Ombrelle de 17 cm de diamètre maximum
8 tentacules blanchâtres très urticants de parfois 40 cm de long
Nombreuses verrues roses et mauves sur l'ombrelle et sur les bras buccaux
Bras buccaux festonnés de la taille du diamètre (8 cm en Atlantique, 15 en Méditerranée)

Noms

Autres noms communs français

Acalèphe brillante

Noms communs internationaux

Luminescent jellyfish, pink jellyfish, mauve stinger, purplestriped jelly, purple jellyfish (GB), Pelagia, acalefo luminescente (E), Leuchtqualle, Feuerqualle (D), Pelagia, medusa luminosa (I), Parelkwal (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Medusa noctiluca Forskål, 1775
Pelagia discoidea Eschscholtz, 1829
Pelagia flaveola Eschscholtz, 1829

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes

Pelagia noctiluca est une espèce cosmopolite des trois océans et de la Méditerranée.

Biotope

La pélagie nage toujours près de la surface, dans les premiers mètres. Elle affectionne les zones tempérées et chaudes. Elle est commune au large, et des épisodes de courant et de vent la rapprochent fréquemment près des côtes.

Description

Pelagia noctiluca est une scyphoméduse (méduse vraie) dont l'ombrelle bleue et rose peut atteindre 17 centimètres de diamètre. Elle présente 4 longs bras buccaux festonnés (prolongement de la bouche ou manubrium*) pouvant atteindre 15 centimètres de longueur. Le bord de l'ombrelle présente 16 lobes, 8 rhopalies* alternant avec 8 longs tentacules fins et très urticants pouvant atteindre 40 centimètres (voir ponctuellement beaucoup plus !). L'ombrelle et les bras buccaux sont parsemés de très nombreuses verrues mauves qui contiennent des cnidocytes* (cellules urticantes). C'est la méduse méditerranéenne type, qui abonde sur le littoral certains étés.

Espèces ressemblantes

La pélagie est caractéristique et ne peut pas en principe être confondue avec d'autres espèces.

Alimentation

Pelagia noctiluca capture ses proies (crustacés, cténaires, méduses, thaliacés voire petits poissons) à l'aide des très nombreux cnidocytes* qui garnissent ses huit tentacules, son ombrelle et ses bras buccaux. Un film de mucus ramène ces proies vers le manubrium*. La digestion est extracellulaire et a lieu au sein de le cavité sous-ombrellaire. Les restes non digérés sont rejetés par la bouche.

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée, l'espèce est gonochorique* (sexes séparés). En automne, les méduses mâles libèrent en pleine eau leurs spermatozoïdes, la fécondation est interne, au sein de la cavité sous-ombrellaire. Les méduses femelles relâchent ensuite leurs œufs sous forme d'un nuage jaunâtre qui s'échappe par la bouche. Chaque oeuf donne une larve* ciliée, la planula*, qui se développe directement en une minuscule méduse. Il n'y a pas de fixation de la planula, et il n'y a pas de phase scyphopolype*. On observe donc une perte de la phase asexuée dans le cycle de reproduction de Pelagia noctiluca. Passant toute sa vie dans le plancton (sans phase fixée), Pelagia noctiluca est dite "holoplanctonique".

Vie associée

On peut trouver au sein de la cavité sous-ombrellaire de la pélagie des crustacés hyperiidés, et sous l'ombrelle, ou à proximité, des petits poissons (juvéniles de chinchards, de bogues, etc...) qui profitent de la protection apportée par les longs tentacules urticants. Adultes, ces poissons s'éloignent de la méduse.

Divers biologie

Chez les jeunes individus, la teinte de l'ombrelle peut être brune, et les tentacules peu urticants.

Les bras buccaux sont parfois rose foncé voire rouges.

De nuit, le plongeur peut observer la luminescence de cette méduse en la taquinant délicatement avec son tuba ; attention alors à bien le rincer ensuite !

Il semble que les pélagies pullulent le long du littoral méditerranéen de manière cyclique, tous les 12 ans. La pollution marine jadis évoquée n'aurait en fait aucune répercussion sur ce cycle. Il s'agirait plutôt de fluctuations liées à des phénomènes climatiques (pluviosité…). Ces cycles paraissent se réduire depuis les années 2010.

Informations complémentaires

Attention à la piqûre qui peut être très douloureuse chez certains sujets. La réaction anaphylactique (allergie) qui fait suite à de précédentes piqûres (une seule ou plusieurs) peut être importante.

Origine des noms

Origine du nom français

Pélagie est la traduction directe du nom de genre scientifique.

Une méduse acalèphe est une méduse vraie (scyphoméduse) qui ne possède donc pas de velum* (ou voile sous-ombrellaire). On emploie aussi le terme "acraspède". La luminescence* de cette méduse lui a valu le nom d'acalèphe brillante et son nom scientifique d'espèce : noctiluca.

Origine du nom scientifique

Pelagia : du latin [pelagus] = haute mer. Pélagie est la déesse de la haute mer. Les animaux pélagiques sont ceux qui vivent au large, en pleine eau.

noctiluca : du latin [nox] = nuit, et du latin [lux] = lumière : de nuit cette méduse est lumineuse, d'où son nom dans plusieurs langues.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Sous-embranchement Medusozoa Médusozoaires Cnidaires présentant une phase méduse acraspède (le plus souvent libre et pélagique) dans leur cycle de reproduction. Scyphoméduses, cuboméduses et stauroméduses.
Classe Scyphozoa Scyphozoaires Méduses vraies (ou acraspèdes). Phase polype réduite à absente. Le plus souvent strobilisation du polype (de petite taille) pour produire des méduses pouvant atteindre une grande taille. Cavité gastrale cloisonnée en quatre.
Sous-classe Discomedusae Discoméduses Scyphoméduses à ombrelle discoïde, non sillonée.
Ordre Semaeostomeae Séméostomes Grandes méduses au manubrium allongé et divisé en quatre bras oraux. L'ombrelle porte des tentacules marginaux et huit rhopalies.
Famille Pelagiidae Pélagiidés
Genre Pelagia
Espèce noctiluca

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