Salpe Pégée

Pegea confoederata | (Forskål, 1775)

N° 2851

Cosmopolite

Clé d'identification

Animal planctonique en tonneau allongé et ovoïde
Tunique translucide, gélatineuse et coriace
Siphons diamétralement opposés
4 bandes musculaires croisées deux par deux
Système digestif en boule orange vu par transparence
Forme libre ou forme agrégée en double-chaîne spiralée

Noms

Autres noms communs français

Salpe Pégéa

Noms communs internationaux

Pegea salp (GB), Sálpido pegea (E)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Salpa confoederata Forskål, 1775
Biphora confoederata
(Forskål, 1775)
Salpa octofora Cuvier, 1804
Salpa scutigera Cuvier, 1804
Pegea octofora (Cuvier, 1804)
Salpa vivipara Péron & Lesueur, 1807
Salpa informis
Quoy & Gaimard, 1824
Salpa femoralis Quoy & Gaimard, 1833
Salpa dolium Quoy & Gaimard, 1834
Salpa quadrata Herdman, 1888

Pegea confederata (Forskål, 1775) est une erreur d'écriture.

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Atlantique Nord-Ouest, Caraïbes

Cette espèce très répandue est cosmopolite, rencontrée sous la surface de tous les océans du globe, depuis le 50° parallèle nord jusqu'au 45° sud.

Biotope

Cette salpe est une espèce planctonique* que l'on rencontre en pleine eau, à faible profondeur. On dit qu'elle est "holoplanctonique", ou plancton permanent, puisqu'elle passe sa vie entière entre deux eaux.
Elle est capable d'avancer par ses propres moyens, d'une nage lente mais efficace dans sa propulsion, qui lui permet ainsi de se nourrir en filtrant le pico et le nano phytoplancton*.
De grandes concentrations se forment parfois, poussées près des côtes par les courants. Elles sont éphémères.

Description

La salpe Pégée est un animal planctonique* en forme de tonneau allongé, ovoïde, proche cousin des ascidies, si ce n'est qu'elle mène une vie pélagique*, que sa tunique* est translucide, gélatineuse, lisse et coriace, et que ses siphons sont diamétralement opposés : en partie haute, le siphon buccal (ou inhalant), dont l'orifice est en fente, donne accès à un vaste espace creux dans lequel la branchie tubulaire marque la chambre pharyngienne à l'avant et la chambre cloacale à l'arrière. Un siphon exhalant (ou cloacal*) tubulaire, de diamètre un peu plus réduit que le siphon buccal permet d'évacuer l'eau inhalée par l'animal. En fait, il n'y a pas de cloison entre ces deux chambres et leur limite est matérialisée par le filet muqueux que l'animal fabrique pour capturer sa nourriture.
La fermeture alternative des deux siphons, grâce à leurs muscles, et la contraction du corps produisent un courant d'eau permettant la propulsion de l'animal. Autour de ce corps cylindrique, quatre bandes musculaires presque circulaires, croisées deux par deux en "X", sont visibles.
La tunique des jeunes individus est parfois légèrement granuleuse dans sa partie centrale.
Dans la partie inférieure de la salpe, on voit par transparence une boule orange compacte, située dans le tiers postérieur du corps : c'est le système digestif, ou nucleus, qui comprend l'estomac, l'intestin et les glandes digestives.

La salpe Pégée a, comme toutes les salpes, deux générations dans son cycle de vie * des individus solitaires et
* des individus en chaîne.
Le développement de l'œuf donne un individu qui reste isolé (oozoïde*) : c'est la première génération, solitaire.
Ensuite, par reproduction asexuée (bourgeonnement* le long d'un stolon*), cet individu produit les individus de deuxième génération (blastozoïdes*). Ces individus, qui restent agrégés en chaînes caractéristiques, grandissent et forment des lignes simples ou repliées ou même en spirale de plusieurs dizaines de centimètres de longueur.
Le cycle se perpétuant, chaque individu de cette deuxième génération aura ensuite une reproduction sexuée qui produira un oozoïde (solitaire), etc... (voir § Reproduction).

Les individus solitaires atteignent une longueur de 8 à 12 cm ; les individus agrégés, de 10 à 15 cm. Ces derniers, dont l'allure est proche de celle de l'individu parent, ont une forme plus cylindrique avec parfois deux excroissances à l'arrière du corps. Les liens entre les individus de la chaîne, qui permettent une communication d'informations entre individus, demeurent fragiles et sont facilement brisés. C'est pourquoi on peut observer des chaînes de longueurs diverses, comptant un nombre variable d'individus.

Espèces ressemblantes

La forme solitaire de Pegea bicaudata mesure 7 cm de longueur et présente une couleur diffuse rouge. Son noyau est orange. Les individus de la forme agrégée sont un peu plus longs (8 cm) et portent 2 prolongements aux angles.
Ces deux taxons sont reconnus, avec comme différence la musculature des siphons, mais certains scientifiques ne retiennent qu'une seule et même espèce, avec P. bicaudata présentée comme une variété de P. confoederata.

Alimentation

C'est un animal filtreur* : il pompe l'eau à travers son corps par contraction des bandes musculaires circulaires. Natation et alimentation découlent du même processus de pompage : l'eau entre par le siphon inhalant ; elle est rejetée à l'opposé, après filtration du phytoplancton* (d'une taille variant de 0,1 à 1 mm), par le siphon exhalant.
Le sas alimentaire est un filet muqueux qui capte ainsi des particules beaucoup plus petites (bactéries, virus, ...) que la taille de ses mailles.

Reproduction - Multiplication

Cette salpe est un tunicier avec alternance de générations : les individus solitaires, issus d'œufs fécondés, donnent naissance, par bourgeonnement à partir d'un stolon (multiplication asexuée), à une chaîne de nouveaux individus constituant la génération agrégée sexuée, formée de longues chaînes d'individus sexués et hermaphrodites* qui se détachent, vivent solitaires, puis forment une nouvelle génération agrégée.

En phase de bourgeonnement, la salpe Pégée développe une spirale composée des futurs individus coloniaux. Une fois détachés, ces bourgeons forment de longues chaînes doubles de blastozoïdes côte à côte.
Ceux-ci sont d'abord femelles et changent de sexe en vieillissant. Les vieux ensembles fécondent donc les plus jeunes. Les embryons sont relâchés et vont former un individu solitaire asexué (oozoïde) qui produira une nouvelle chaîne.
C'est un des modes de reproduction asexuée les plus rapides du monde vivant.

Vie associée

La salpe Pégée est une proie pour les poissons, les tortues, les oiseaux et les méduses.
Elle peut être la proie de plusieurs espèces d'amphipodes hypériens qui s'introduisent dans la cavité pharyngienne.
Elle peut servir à la phronime sédentaire, Phronima sedentaria, pour fabriquer le "tonneau" qui abritera sa progéniture.

Divers biologie

Les salpes en chaîne sont disposées côte à côte. On remarque souvent que, pour nager, les animaux pompent tous l'eau au même rythme. On peut aussi remarquer que la nage peut être inversée au contact du premier individu de la chaîne. L'information se transmet rapidement d'un individu à l'autre tout le long de la chaîne. Cela permet de maîtriser la direction et d'éviter les obstacles.

Informations complémentaires

La classification des salpes est principalement basée sur le nombre, la forme et la disposition des bandes musculaires du corps et des siphons, la forme de l'appareil digestif et l'existence d'appendices sur la tunique.

Origine des noms

Origine du nom français

Salpe Pégée : francisation du nom scientifique du genre : Pegea.

Origine du nom scientifique

Pegea : probablement de [pegaeae], du nom latin des nymphes Pégées, dans la mythologie grecque et romaine. Ce sont des naïades qui peuplent les sources et les fontaines (dans ce cas-là également appelées les Crénées).

confoederata : du latin [confœdero] = unir par un traité, lier, unir. Ce nom est probablement utilisé pour la forme en chaînes de blastozoïdes.
Salpa confoederata Forskal, 1775 est l'espèce-type* du genre Pegea.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Thaliacea Thaliacés Tuniciers pélagiques qui ont perdu leur chorde larvaire. Organismes transparents libres et planctoniques, les siphons buccal et atrial sont terminaux et diamétralement opposés.
Ordre Salpida Salpides

Thaliacés toujours solitaires, ou en chaînes de plusieurs dizaines d'individus mais jamais coloniaux. Bandes musculaires périphériques incomplètes.

Famille Salpidae Salpidés Unique famille de l'ordre des Salpides.
Genre Pegea
Espèce confoederata

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