Ragondin

Myocastor coypus | (Molina, 1782)

N° 2542

Amérique, Europe, Moyen-Orient, Japon

Clé d'identification

Grand rongeur d'eau massif
Corps recouvert d'une épaisse fourrure brune
Museau blanc à longues moustaches blanches
Incisives orange chez l'adulte
Queue cylindrique, avec peu de poils

Noms

Autres noms communs français

Castor des marais, lièvre des marais, castor du Chili, myocastor, rat du fleuve
Les fourreurs l'appellent nutria ou loutre d'Amérique.

Noms communs internationaux

Coypu, nutria (GB), Nutria, castorino (I), Coipo (E), Biberratte, Sumpfbiber (D), Beverrat (NL), Ratão-do-banhado (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Myopotamus coypus Geoffroy Saint Hilaire

Distribution géographique

Amérique, Europe, Moyen-Orient, Japon

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce, Atlantique Nord-Ouest

Le ragondin est originaire d'Amérique du Sud, depuis l'Uruguay, le sud du Brésil et la Bolivie au nord jusqu'à la Terre de Feu au sud, à l'exception des zones de montagne. En 1882, il a été introduit volontairement en France pour la pelleterie et les élevages se sont multipliés. Après les années 30 et la faillite de cette activité, de nombreuses populations captives sont retournées à la vie sauvage.
Le même scénario s'est déroulé dans la plupart des pays d'Europe mais aussi au Moyen-Orient, au Japon et en Amérique du Nord.
Des ragondins, adaptés à la vie marine, sont signalés aux îles de Saint-Marcouf et de Tatihou, proches de la presqu'île du Cotentin. Une autre population est relevée en eau saumâtre dans l'estuaire de la Seudre (Charente Maritime).

Biotope

Le ragondin s'installe le long de hautes berges d'eaux claires, généralement courantes. Il préfère les rives envahies de végétation. Il peut aussi vivre près d'eaux saumâtres. C'est un excellent nageur. Pour fuir ou pour se nourrir, il peut rester immergé 5 minutes.
Son activité est surtout crépusculaire, bien qu'il soit parfois nocturne (ou diurne en saison froide).
Il creuse des terriers très profonds dont l'entrée est partiellement immergée. Il y vit en groupe. Ce terrier est plutôt une adaptation aux régions froides (mise bas et protection contre le froid) mais ce n'est pas une généralité.
Il supporte mal les hivers rigoureux, ce qui freine son expansion. Il ne survit pas quand l'eau est recouverte de glace. Il ne s'installe pas au-dessus de 800 m d'altitude. Les fortes chaleurs sont aussi une cause de mortalité.

Une population s'est installée sur les côtes des îles Saint Marcouf, pourtant sans eau douce, situées à 8 km des côtes. Le groupe comprend un individu albinos. Le même phénomène est relevé à l'île Tatihou, proche de la presqu'île du Cotentin.
Enfin, les ragondins sont également capables de vivre à proximité des eaux saumâtres (estuaire de la Seudre en Charente Maritime).

Description

Le ragondin est un grand rongeur d'eau, massif et trapu. Son corps mesure de 40 à 60 cm, la longueur de la queue varie entre 25 et 45 cm. Son museau blanc est court et aplati, portant de longues moustaches blanches. Ses narines, à valves pour l'immersion, sont très écartées et positionnées sur le dessus de la tête, de même que ses yeux. Ainsi, ils restent hors de l'eau quand l'animal flotte. Ses quatre incisives sont nettement orange chez l'adulte (émail de protection). Ses lèvres peuvent se refermer tout en laissant travailler les incisives sous l'eau.
Tout son corps est recouvert d'une épaisse fourrure brune ou brun-jaune, brillante, composée d'un duvet doux, dense et imperméable, et de longs poils raides (appelés poils de jarre), graissés par des glandes sébacées situées vers la bouche.
La queue du ragondin est cylindrique, écailleuse, avec de rares poils.
A la nage, toute la tête, aplatie sur le dessus, et une partie du dos du ragondin émergent. Les quatre pattes sont alors utilisées pour la propulsion ; la queue n'est pas utilisée.
Les traces de l'animal montrent quatre pattes composées de cinq doigts à longues griffes. Les doigts de la patte antérieure sont libres alors que, pour quatre d'entre eux, les doigts de la patte postérieure sont reliés par une palmure. La marque de la patte arrière est beaucoup plus longue que celle de la patte avant. La trace de la queue est continue.

Espèces ressemblantes

Ondatra zibethicus, le rat musqué, est plus petit et sa queue est aplatie verticalement.
En nageant, le ragondin peut être confondu avec le castor (Castor fiber) mais celui-ci est presque totalement dans l'eau : seules la nuque et une partie de la tête sont hors de l'eau.
Dans l'eau, on peut aussi le confondre avec la loutre (Lutra lutra).

Alimentation

Le ragondin est strictement herbivore. Son régime alimentaire se compose de nombreuses plantes, en particulier des graminées, selon les milieux et les saisons. C'est un opportuniste.
Il est également attiré par les plantes cultivées comme le maïs ou le riz.
Il peut aussi avaler des bivalves d'eau douce et quelques poissons.
Il ne fait pas de provisions de nourriture.
Il utilise ses pattes avant pour tenir les aliments.

Reproduction - Multiplication

Cette espèce est très prolifique : mâles et femelles sont aptes à la reproduction toute l'année et 3 portées par an (en moyenne 2,7) sont possibles. La gestation dure 4 mois et demi. La femelle met bas 4 à 6 petits, poilus et très actifs, qui pourront à nouveau se reproduire 6 mois plus tard.
Les 6 mamelles des femelles sont placées en rangée sur chaque côté du dos. Cela permet l'allaitement pendant le transport dans l'eau.
Le terrier n'est pas systématique. En son absence, un nid d'herbes sèches est bâti dans la végétation.
Les jeunes sont précoces. Ils naissent velus et apprennent vite à nager.

Vie associée

Les principaux prédateurs naturels du jeune ragondin sont, en France, le renard, l'hermine et le putois, ainsi que certains oiseaux (busard des roseaux et héron). En Amérique du Sud, ce sont la loutre, les caïmans, le jaguar, le puma et l'ocelot.



Le ragondin n'a pas de compétiteur, mis à part le castor. Il chasse facilement le rat musqué.



C'est un animal vecteur de différents agents pathogènes : la leptospire et la turalémie (maladies bactériennes).
Il est souvent infecté par un ver intestinal : le ténia Echinococcus multilocularis.

Divers biologie

Le ragondin adulte atteint un poids de 6 à 7 kg : c'est l'un des plus gros rongeurs.
C'est un animal grégaire. L'organisation du groupe semble basée sur la femelle.
En Amérique du Sud, trois sous-espèces sont répertoriées : Myocastor coypus coypus au Chili, Myocastor coypus bonariensis au nord de l'Argentine, Myocastor coypus santae-crusae au sud de l'Argentine.

Informations complémentaires

Le ragondin a été acclimaté en France pour utiliser sa fourrure, en imitation de fourrure plus précieuse comme celle de la loutre ou du castor. On utilise aussi son poil dans la fabrication de feutre à chapeau. Sa chair est comestible, cuisinée en pâtés.



Il émet des grognements ressemblant à des miaulements.



On reconnait son passage à la forme de ses traces mais aussi aux coulées d'une largeur de 15 cm qu'il laisse derrière lui, menant souvent à l'eau.



Le ragondin n'a pas de glande odorante.



Il existe des individus albinos, plus souvent victimes de la prédation.

Réglementation

Cet animal détruit les frayères et élimine la végétation des rives. Il cause des dégâts aux cultures ainsi qu'à la tenue des berges.
Selon les préfectures, le ragondin peut être classé comme nuisible. Le contrôle des populations est alors autorisé sous certaines conditions (piégeages, chasse). Depuis 1987, le ragondin est classé gibier.
Les régions les plus régulièrement infestées sont le Marais Poitevin et les zones atlantiques.

Origine des noms

Origine du nom français

Ragondin : origine inconnue, même si le mot est annoncé comme une contraction, au XIXe siècle, de rat et gondin.
Le mot qui désignait autrefois sa fourrure était "raconde".

Origine du nom scientifique

Myo : du grec [mus, muos] = rat et castor, du grec [kastor] = nom d'un des deux Gémeaux Castor et Pollux, fils de Léda et de Zeus (transformé pour l'occasion en cygne).
coypus : latinisation du nom de l'animal dans la langue araucane [coipú]. L'Araucan est un amérindien de l'Araucanie, au Chili.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Mammalia Mammifères Vertébrés possédant des poils et des glandes mammaires produisant du lait.
Sous-classe Theria Thériens La paroi latérale du crâne est constituée de deux os particuliers: l'alisphénoïde et le squamosal.
Super ordre Eutheria Euthériens Présence d'une dentition lactéale et d’un développement embryonnaire effectué entièrement dans l'utérus (mammifères placentaires).
Ordre Rodentia Rongeurs
Sous-ordre Hystricognatha Hystricognathes
Famille Echimyidae Echimyidés
Genre Myocastor
Espèce coypus

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