Bryozoaire encroûtant ajouré rosé

Mollia patellaria | (Moll, 1803)

N° 2052

Méditerranée et Atlantique proche

Clé d'identification

Colonie encroûtante rose orangé pâle et luisante
Autozoïdes disjoints
Autozoïdes reliés entre eux par 6 à 8 petits tubules
Observé sur les thalles des algues calcaires foliacées

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Eschara patellaria Moll, 1803
Membranipora patellaria Moll, 1803

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique proche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Méditerranée occidentale, Adriatique et Atlantique proche (Maroc au moins).

Biotope

Le bryozoaire encroûtant ajouré rosé s'observe surtout sur des algues calcaires foliacées (Lithophylum spp., Mesophyllum spp.) entre 10 et 50 m et sur des algues calcaires noduleuses vers 80 à 100 m.

Description

Mollia patellaria forme de petites colonies bien ajourées, encroûtantes mais peu adhérentes, de couleur rose orangé pâle, luisant. Ce bryozoaire est constitué de plusieurs séries de petits autozoïdes* ovales, disjoints et organisés en une seule couche (unilamellaire). Les autozoïdes sont unis entre eux par de petits tubes rendant la colonie flexible. La taille des croûtes est de l'ordre de 1 à 2 cm.

(Voir "Divers biologie" pour la description microscopique)
(Voir "Informations complémentaires" pour les généralités sur le genre Mollia)

Espèces ressemblantes

Mollia circumcincta (Heller, 1867), le bryozoaire encroûtant ajouré orange est très ressemblant. Il est de couleur plus orangée et possède de 8 à 12 connexions tubulaires inter-zoïdales.

Mollia multijuncta (Waters, 1879) est quasi identique, sauf qu'il montre des autozoïdes ovales plus grands (0,20 - 0,60 mm) avec 8 à 14 jonctions et des ovicelles volumineuses et arrondies.

Alimentation

Ce bryozoaire est un filtreur* suspensivore* microphage* actif ; il consomme des bactéries, des diatomées* ainsi que d'autres algues unicellulaires.
La nutrition des zoécies* est assurée de manière individuelle par chaque polypide* de la colonie. Lors de la prise de nourriture, l'opercule s'ouvre et le lophophore* est érigé en entonnoir. Les cils des tentacules*, capables de créer des microcourants, permettent l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche au centre du lophophore.

Reproduction - Multiplication

Chez les bryozoaires, les deux types de reproduction, sexuée et asexuée, concourent au développement.
Au sein d'une même colonie, des zoïdes* mâles et femelles existent, mais on connaît aussi des zoïdes hermaphrodites*.
La fécondation (reproduction sexuée) conduit à la formation d'embryons*, incubés dans de grandes ovicelles* aplaties. Une fois expulsées, les larves* libres et nageuses, assurent la dissémination spatiale de l'espèce. Elles ont d'abord une vie planctonique*, puis, se fixent et se transforment en zoïdes primaires isolés appelés ancestrules*.
Chaque ancestrule forme une nouvelle colonie (reproduction asexuée) par bourgeonnement*, ce qui assure la croissance de la colonie.

Divers biologie

Description microscopique de Mollia patellaria :

  • Autozoïdes* ovales, plats (0,4 x 0,2 mm), disjoints (vus à l'œil nu, principalement à sec), chacun uni à ses voisins par 6 à 8 connexions tubulaires plus ou moins longues (= kénozoïdes*).
  • Cryptocyste* granuleux et très développé.
  • Opesia* semi-elliptique.
  • Autozoïde circonscrit par des parois verticales au bord frontal crénelé formant une ceinture périphérique bien visible.
  • Épines rares.
  • Ovicelle* grande mais aplatie.
  • Lophophore* à tentacules clairs.

Informations complémentaires

Description du genre Mollia :

  • Les espèces du genre Mollia forment des colonies unilamellaires faiblement fixées au substrat* par de courts rhizoïdes* émis par les parois latérales.
  • Les autozoïdes* sont plus ou moins disjoints et unis entre eux par de petits tubes (kénozoïdes*).
  • L'opésie* (ou opesia) distale triangulaire à bords arrondis est nettement plus large et plus longue que l'orifice.
  • Le cryptocyste* est très développé.
  • L'ovicelle globuleuse n'est pas close par l'opercule.
  • L'opercule simple n'est pas divisé en deux.
  • Les épines latérales et les aviculaires sont absents.

Origine des noms

Origine du nom français

Bryozoaire encroûtant ajouré rosé est une proposition des auteurs du site DORIS.

Origine du nom scientifique

Mollia : du latin [mollis] = mou, flexible.

patellaria : du latin [patella] = petit plat. Probablement en référence à l'aspect presque rond, creusé et à bord régulier des zoïdes sur les échantillons prélevés.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Flustrina Flustrine
Famille Microporidae Microporidés Colonie encroûtante, uni ou bilamellaire, ou érigée en fronde ou ramifiée. Zoïdes joints ou disjoints. Gymnocyste absent. Surface frontale membraneuse. Lacunes paires (opésiules) formées par le passage des muscles dépresseurs de la membrane frontale.
Genre Mollia
Espèce patellaria

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