Littorine des rochers

Littorina saxatilis | (Olivi, 1792)

N° 1426

Atlantique nord, mer de Barentz, Manche, mer du Nord, ouest Baltique

Clé d'identification

Coquille plus longue que large à apex pointu
Spire de trois à cinq tours marquée de côtes et de sillons
Sillons parfois marqués de bandes brunes régulières
Couleur jaune-orange ou blanc crème
Ouverture ronde avec un angle orienté vers le haut
Longueur de 8 à 14 mm

Noms

Autres noms communs français

Littorine rugueuse, bigorneau des rochers, bigorneau strié, littorine striée

Noms communs internationaux

Rough periwinkle, rough bigorneau, rock periwinkle (GB), Dunkle Strandschnecke, kleine Strandschnecke (D), (Echte) ruwe alikruik, rotsalikruik (NL), Spiss strandsnegl (N)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Littorina rudis (Maton, 1796)
Littorina davidus (Röding, 1798)
Turbo obtusatus (Putleney, 1799)
Littorina jugosa (Montagu, 1803)
Littorina obligatus (Say, 1822)
Littorina vestita (Say, 1822)
Littorina nigrolineata (Gray, 1839)
Littorina castanea Deshayes, 1843Littorina neglecta (Bean, 1844)
Littorina vulgaris (Maitland, 1854)
Littorina littorivaga (Winckworth, 1932)
Littorina tenebrosa (Janson & Ward, 1985)
Littorina albida (Dautzenberg)
Littorina fusca (Dautzenberg & Fisher)
Littorina miniata (Dautzenberg & Fisher)
Littorina zonaria (Bean)

Distribution géographique

Atlantique nord, mer de Barentz, Manche, mer du Nord, ouest Baltique

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Littorina saxatilis se rencontre en Atlantique nord, du sud de la mer de Barentz jusqu'au nord du Maroc, tout autour des îles Britanniques et de l'Islande, en Manche et mer du Nord ainsi que dans l'ouest de la Baltique. On la rencontre également sur la côte est des Etats Unis (de l'Arctique au New Jersey), du cap Hatteras jusque dans la baie d'Hudson au Canada.

Deux colonies ont été signalées en Afrique du Sud et deux autres dans deux localités de Méditerranée.

Biotope

Cette espèce s'observe depuis le haut du niveau des pelvéties, dans la zone des embruns, jusqu'aux fucus spiralés (médiolittoral supérieur et supralittoral) souvent en très grand nombre, sous les cailloux (jusqu'à 600 individus au m²) et au sein des fissures et crevasses. Elle se rencontre également dans les bancs de vase et les estuaires où elle peut supporter une certaine dessalure (jusqu'à 8°/oo).

Description

La coquille de Littorina saxatilis est plus longue que large et d'aspect rugueux. La spire, qui peut compter de trois à cinq tours séparés par une suture profonde, est couverte de côtes et sillons réguliers sur son ensemble et débute par un apex pointu. Parfois le creux des sillons est relevé par huit à dix fines lignes sombres. La coquille mesure en général de 8 à 14 millimètres de haut et très rarement jusqu'à 18 millimètres.
La couleur de fond est blanchâtre, jaune-orangé ou crème pour les côtes françaises et jusqu'à gris verdâtre à brun-noir par ailleurs.
L'ouverture est ronde avec toutefois un angle orienté vers le haut. Le bord extérieur retourne presque à angle droit sur le dernier tour.
L'animal, de couleur brune, porte deux tentacules ayant chacun un œil à sa base, et cernant un mufle d'aspect plus aplati que chez les autres littorines.

Espèces ressemblantes

- Littorina compressa (Jeffreys)et Littorina arcana (Hannaford Ellis), sont des espèces très proches et souvent confondues avec L saxatilis
- Littorina littorea (Linnaeus, 1758), le bigorneau, est beaucoup plus gros avec néanmoins quelques confusions très possibles avec les jeunes individus
- Littorina striata (King, 1832) est une espèce plus rousse, signalée aux Açores, aux Canaries, au Cap Vert et à Madeire.



Plusieurs ouvrages naturalistes citent les espèces Littorina rudis et Littorina nigrolineata comme des espèces proches. Il s'agit en fait de la même espèce, dont le phénotype est varié.

Alimentation

La littorine des rochers est un gastéropode herbivore qui se délecte d'algues microscopiques se développant à la surface des rochers (comme les diatomées, notamment), des fucus spiralés, des pelvéties et de divers détritus d'algues qu'elle broute au moyen de sa radula* râpeuse.

Reproduction - Multiplication

La littorine des rochers est hermaphrodite : chaque individu porte deux types de gonades. La fécondation est interne (permise par un pénis) et croisée.

Il s'agit de plus d'une espèce ovovivipare : c'est à l'intérieur même de l'utérus que se constitue après une adaptation la poche incubatrice. Plusieurs centaines d'œufs s'y développent. Après la métamorphose, au cours de laquelle se réalise le passage de la forme larvaire à la forme rampante, les jeunes littorines éclosent et quittent la cavité palléale. Elles sont immédiatement benthiques : il n'y a pas de phase larvaire planctonique.

Divers biologie

Chez Littorina saxatilis les branchies ont disparu, et ont été remplacées par un réseau très dense de capillaires finement ramifiés qui transforment la cavité palléale en un organe qui n'est pas encore une forme de poumon.

Elle cesse de s'alimenter pendant les heures les plus chaudes de la journée et se réfugie sous les roches et au fond des crevasses.

Elle se colle à la roche grâce à une sécrétion de mucus qui se solidifie au contact de l'air. Ce comportement a pour effet de limiter les pertes d'eau par évaporation.

L'ovoviviparité telle que décrite chez Littorina saxatilis est rare chez les mollusques et se trouve confondue avec l'incubation dans la cavité palléale de certaines espèces, comme les turritelles par exemple .

Cette espèce peut survivre plusieurs semaines hors de l'eau.

Informations complémentaires

La famille des Littorinidés a été remaniée à plusieurs reprises et risque encore de l'être longtemps, tant les résultats des observations et des recherches en génétique fournissent d'informations parfois contradictoires.

La couleur, les sculptures, les ornementations ont permis de discerner de nombreuses espèces de littorines, parfois très proches, de créer même des sous-espèces mais ces clivages ne sont pas toujours vérifiés et corrélés génétiquement.

L'espèce Littorina saxatilis est particulièrement victime de son polymorphisme, et cela explique toutes les différences rencontrées dans la littérature spécialisée.

Cette espèce n'est pas consommée car sans saveur.

Les coquilles vides d'individus morts sont parfois "squattées" par des Bernard-l'ermite.

Les prédateurs de la littorine des rochers se rencontrent essentiellement chez les oiseaux et les crabes.

Origine des noms

Origine du nom français

- Littorine est en rapport avec le littoral, traduction directe du nom de genre Littorina,
- des rochers, car ils constituent son biotope,
- rugueuse, striée, à cause de l'aspect de sa coquille.

Origine du nom scientifique

Littorina : du latin [litoralis] et [litus] qui est en rapport avec le rivage ou le littoral
saxatilis : du latin [saxatilis] = qui se trouve dans les failles des rochers.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Caenogastropoda Caenogastropodes
Ordre Littorinimorpha Littorinimorphes
Famille Littorinidae Littorinidés

Coquille solide, épaisse, plus ou moins arrondie ou à spire haute, à surface lisse ou sculptée suivant les deux axes. ouverture ovale, entière. Opercule corné. Lindner 2011:70.

Genre Littorina
Espèce saxatilis

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