Hydracariens

Hydrachnidia (sous-cohorte) |

N° 680

Cosmopolite (essentiellement eau douce)

Clé d'identification

Semblable à une minuscule araignée (mais les acariens ne sont pas des araignées) généralement de couleur rouge ou orange
De forme globuleuse
Excellent nageur en eau stagnante
4 paires de pattes ciliées pour l'adulte, 3 paires pour la larve
Adulte évoluant librement
Larve vivant fixée en parasite sur un insecte

Noms

Autres noms communs français

Hydrachnelle

Noms communs internationaux

Water Mite (GB), Idracnella (I), Hidracna (E), Kugelmilbe (D), Watermijt (NL)

Distribution géographique

Cosmopolite (essentiellement eau douce)

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce, Indo-Pacifique, Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest

Cosmopolite (essentiellement eau douce).

Biotope

La diversité de ces acariens permet d'en trouver dans des mares temporaires qui ne s'assèchent pas rapidement ou dans des étangs, aussi bien dans des eaux surchargées en matières organiques et à la limite de l'anoxie* que dans des eaux oligotrophes* peu minéralisées. Ils privilégient les zones riches en végétaux ainsi que la couche d'eau proche du substrat mais peuvent également se trouver en eau libre. Ils ne sont pas présents dans les zones fortement polluées.
Quelques espèces sont présentes en eau saumâtre et même en mer.

Description

Ils ressemblent à de petites araignées de couleur vive, généralement rouge à orange, d'une taille comprise entre quelques microns et quelques millimètres, de forme globuleuse. Contrairement aux araignées, le corps n'est pas divisé en céphalothorax + abdomen, sauf pour le sous-ordre Oribatei. Chez la plupart des espèces, l'adulte possède 4 paires de pattes ciliées (soies natatoires) qui en font un excellent nageur des eaux stagnantes. Les espèces de ruisseaux possèdent des pattes garnies de soies raides et de grosses griffes pour se fixer plus facilement. La larve vit fixée en parasite sur un hôte (insecte) et possède 3 paires de pattes.
On peut compter environ 420 espèces d'hydracariens groupées en 9 super-familles dont la présence en France est confirmée (chiffres variables selon les auteurs). La moitié d'entre-elles ont une taille inférieure au millimètre. Seuls quelques genres sont suffisamment grands pour être observés en plongée. En particulier :
- Eylais sp. : ils sont grands jusqu'à 6 mm, les pattes comme le corps sont rouge vif ;
- Hydrachna sp. : jusqu'à 2 mm, ils sont de couleur rouge sombre. Hydrachna globosa est une espèce parasite très fréquente ;
- Limnesia sp. : de 2 à 4 mm, ils sont de couleur rouge vif avec des motifs noirs ;
- Limnochares aquatica : d'une taille de 2 à 4 mm, rouge-orangé, sa forme est quasi rectangulaire et il ne nage pas ; c'est un parasite des Gerris ;
- Pentatax sp. : au maximum à peine plus d'un millimètre, ils vivent à l'intérieur des anodontes et des unios ;
- Piona sp. : leur taille est de 2 à 3 mm, de couleur brun-rouge, leur forme est ovale ; ils sont très mobiles.



Remarque : l'utilisation d'un microscope est indispensable pour parvenir à une détermination fiable tout en suivant des clés de détermination pas toujours évidentes.

Espèces ressemblantes

Si Hydrachnidia ne représente pas l'ensemble des acariens aquatiques d'eau douce, c'est le groupe le plus nombreux et le plus présent. Généralement les adultes des espèces des autres groupes ne nagent pas.

Alimentation

À l'état larvaire, le régime alimentaire est celui d'un parasite. Ses pièces buccales suceuses lui permettent d'aspirer les fluides corporels de son hôte. Le juvénile est fréquemment rencontré sur les grandes punaises aquatiques telles que la ranatre et les odonates (libellules et demoiselles). Il est également présent à l'intérieur des mollusques.
Adulte, il devient prédateur. Les proies préférentielles sont des larves d'insectes aquatiques, de crustacés. Les proies de grandes tailles font d'abord l'objet de morsures, afin d'inoculer des toxines, avant de procéder à une attaque groupée.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés. La reproduction de beaucoup d'espèces est encore inconnue. Nous ne traiterons ici que du genre Piona à titre d'exemple.
Chaque femelle pond entre 30 et 50 œufs qu'elle fixe sur un support. L'éclosion a été observée en laboratoire, dans une eau à 15 °C : elle se produit une vingtaine de jours après la ponte.
Le développement chez les hydracariens consiste en une succession de six phases dont trois sont actives : larve, deutonymphe et adulte. Trois autres phases entraînent perte de mobilité et faculté de se nourrir. Le 1er stade nymphal, appelé protonymphe, est souvent visible sur les ranatres : ils ressemblent à des sacs, avec des pattes atrophiées. La larve a une durée de vie courte et doit parasiter un invertébré pour survivre. La dispersion et la dissémination de pièce d'eau en pièce d'eau sont assurées grâce aux insectes ailés qu'elle parasite.

Divers biologie

Ils indiquent la qualité d'une biocénose*, en raison des conditions indispensables aux différentes étapes de leurs cycles de développement.
Ils interviennent comme régulateur des populations d'insectes aquatiques.
La couleur vive (rouge, orange, …) pourrait constituer un répulsif pour les prédateurs (insectes, poissons).
Les hydracariens ne remontent pas en surface pour respirer. Leur système trachéen est constitué de deux stigmates placés sur l'appareil buccal qui vont jusqu'à deux cavités remplies d'air d'où partent les branchies principales.

Informations complémentaires

Une étude récente (2010) a conclu que la faune des hydracariens des Pyrénées, des Alpes françaises et de la Corse est relativement bien connue. Dans le reste de la France : celle des eaux courantes est mal connue, et celle des eaux stagnantes est très mal connue. Une exception : le genre Arrenurus dans le sud de la France.

Origine des noms

Origine du nom français

Hydracarien : du latin [hydr] = eau, qui vit dans l'eau, et du grec [akari] = ciron (un acarien vivant sur la croûte de certains fromages).

Origine du nom scientifique

Hydrachnidia : du latin [hydr] = eau, qui vit dans l'eau, et d'Arachné (jeune fille changée en araignée) en rapport avec la forme qui évoque celle de l'araignée.
sous-cohorte : dans la classification classique des êtres vivants (taxinomie), la cohorte correspond au niveau Super-ordre ; la sous-cohorte se situe entre le Super-ordre et l'Ordre.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Arthropoda Arthropodes Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette.
Sous-embranchement Chelicerata Chélicérates Corps divisé en prosome* et opisthosome*. Chélicères et Pédipalpes. 4 paires de pattes locomotrices.
Classe Arachnida Arachnides Corps formé d’un céphalothorax et d’un abdomen. Présence de chélicères.  Huit pattes (4 paires).
Sous-classe Acari Acariens Chélicérates terrestres ou aquatiques, libres ou parasites, caractérisés par une fusion des 3 régions du corps : le corps n'est pas métamérisé.
Super ordre Acariformes Acariformes
Genre Hydrachnidia
Espèce (sous-cohorte)

Nos partenaires