Holothurie-serpent rouge

Holothuria (Semperothuria) flavomaculata | Semper, 1868

N° 2711

Indo-Pacifique tropical et Pacifique nord-ouest

Clé d'identification

Corps long et fin brun violacé à lie-de-vin
Tégument lisse à légèrement ridé
Bouche ventrale, anus terminal
Courtes papilles coniques ocre jaune

Noms

Autres noms communs français

Holothurie à points jaunes

Noms communs internationaux

Yellow spotted sea cucumber (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Halodeima flavomaculata

Cette espèce est parfois désignée avec son sous-genre : Holothuria (Semperothuria) flavomaculata Semper, 1868.

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical et Pacifique nord-ouest

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Cette espèce se trouve dans l'océan Indien et la mer Rouge, ainsi que dans le Pacifique tropical est et centre jusqu'à Hawaii. Elle est aussi signalée du Pacifique nord-ouest.

Biotope

Holothuria flavomaculata vit dans les lagons et les zones coralliennes, essentiellement sur substrat dur : roches ou coraux morts. On peut aussi la trouver sur fond sablo-vaseux, sous une roche ou un débris corallien en plaque. Elle est le plus souvent rencontrée par petits fonds, mais elle a été aussi signalée à 40 mètres de profondeur.

Description

C'est une holothurie au corps long et fin, atteignant 60 cm de long pour une largeur de 5 cm, à section approximativement circulaire. Le tégument est lisse à légèrement ridé et relativement peu épais (5 à 7 mm).

La couleur, uniforme, va du brun violacé au lie-de-vin. Le bivium* (face dorsale) porte des papilles coniques assez courtes, espacées et organisées par rangées longitudinales. Ces papilles sont ocre jaune. Le trivium* (face ventrale) porte des podia ocre jaune, courts et peu nombreux, disposés en rangées.

La bouche ventrale est entourée par 20 tentacules peltés*: les ramifications sont regroupées en un plateau circulaire au bout des hampes des tentacules. Ceux-ci sont couverts par le rebord cerclé de papilles de l'extrémité antérieure du corps. La hampe des tentacules est à fond blanc orné de taches irrégulières brunes à violet foncé, le bord des arborescences est jaune sale et leur centre gris violacé. L'anus est terminal et entouré de papilles.

Espèces ressemblantes

Holothuria coluber : la ressemblance est forte avec cette autre « holothurie-serpent », mais le tégument de celle-ci est gris-bleu foncé parsemé de très nombreux petits points clairs, son corps est plus large en partie antérieure, les papilles jaunes sont placées sur des verrucosités, et les tentacules sont de couleur crème à jaune.

Holothuria leucospilota : le corps est plus épais, de couleur noire à reflets pourpre, les papilles sont noires et les tentacules brun foncé. Les podia sont bruns à disque podial blanc.

Alimentation

C'est une espèce détritivore qui prélève les particules organiques d'origines végétale ou animale ainsi que les bactéries présentes sur le substrat qu'elle explore, en général une roche ou un corail mort couvert d'algues courtes, mais aussi dans le sédiment. Les fèces se présentent comme une série liée de petits tronçons cylindriques de débris minéraux compactés. Les holothuries en général participent de façon importante à l'équilibre des écosystèmes côtiers par assainissement et remaniement continuel du substrat sableux, mais ce n'est pas notablement le cas d'Holothuria flavomaculata étant donné son habitat électif.

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée : mâles et femelles se dressent alors le plus haut possible pour permettre une large diffusion des gamètes qu'ils émettent dans la colonne d'eau. L'observation peut en être faite le soir et le plus souvent de nuit. Les stades larvaires se déroulent en pleine eau, puis définitivement posé sur le substrat le juvénile va évoluer vers le stade adulte.

Divers biologie

Cette holothurie, qui ne possède pas d'organe de Cuvier*, se fixe par sa partie postérieure dans une anfractuosité du rocher ou à l'intérieur d'un massif de corail mort, la partie antérieure étant la moins engagée possible à l'extérieur et les tentacules explorant les surfaces disponibles. Elle se rétracte dans son abri au moindre danger, et il est impossible de l'en déloger : elle se laissera déchirer plutôt que de lâcher prise. Elle est active nuit et jour ; on peut la trouver, de nuit, entièrement sortie de son abri.

Les spicules* sont en tourelles, plaques et bâtonnets.

Une étude menée sur Holothuria forskali a montré que cette espèce, comme ses cousins Echinodermes oursins et étoiles de mer, possède sur chaque disque podial un système cellulaire complexe permettant l'adhérence au substrat et donc la locomotion. L'épiderme du disque podial est composé de 5 types de cellules. Deux d'entre eux produisent un mucus différent qui, par mélange, devient collant et permet l'adhésion. Un troisième type cellulaire, composé de cellules ciliées dites sécrétrices, permet selon toute vraisemblance de dissoudre la couche superficielle de « colle » fabriquée à la surface du disque et de provoquer le détachement. Les deux derniers types de cellules sont composés de cellules ciliées non-sécrétrices et de cellules de soutien. La stimulation des deux types de cellules ciliées coordonnerait les sécrétions d'adhésion et de détachement, et permettrait ainsi le déplacement. Il est probable que cette organisation du disque podial se retrouve de manière plus ou moins bien conservée chez toutes les espèces d'holothuries, fonction de la modification des podias selon les espèces. La détermination de la nature des sécrétions produites par ces classes d'Échinodermes pourrait à terme déboucher sur la fabrication de colles biomimétiques efficaces en milieu humide ainsi que d'antifouling pour l'entretien des bateaux.

Informations complémentaires

Cette espèce est récoltée dans un cadre de pêche traditionnelle. Sa valeur commerciale est faible. La pression de pêche la concernant s'intensifie cependant du fait de l'augmentation de la demande mondiale en bêche de mer (holothurie traitée pour la rendre propre à la consommation humaine).

Les holothuries en général sont connues depuis très longtemps en Asie pour leurs propriétés médicinales. Du point de vue médical moderne les comprimés ou gélules produits à partir de certaines holothuries sont considérés comme un supplément alimentaire particulièrement riche en protéines. Ils sont aussi capables de diminuer les douleurs articulaires. Certains composants extraits de leur organisme sont encore connus pour ralentir la progression des infections virales (le sulfate de chondroïtine notamment est utilisé par les Japonais dans le cadre d'une thérapie anti-VIH) et pour des propriétés anti-cancérigènes selon des études chinoises. D'autres sont reconnus pour leurs propriétés anti-fongiques, pour leur intérêt en immunologie et pour leur probable capacité à participer au traitement des maladies dégénératives.

Réglementation

Holothuria flavomaculata n'est pas mentionnée en annexe de la CITES (La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), elle ne l'est pas non plus par le rapport sur les espèces commerciales fait à l'issue de la Conférence des Parties du 15 novembre 2002.

De nombreux pays réglementent cependant la pêche des holothuries en général par fixation de quotas, de saisons de pêche, de limitations des aires, de permis divers ou de taille minimale.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom français évoque l'allure serpentiforme de l'animal ainsi que sa couleur.

Origine du nom scientifique

Holothuria : le terme grec [holothourion] est le nom donné par Aristote à un animal que les ambiguïtés de sa description rendent impossible à déterminer. Le mot latin [holothuria] a désigné d'abord des cnidaires, puis a été appliqué aux échinodermes par Linné. Une tentative de décomposition du mot grec holothourion en [holo-] = entier, et [thouro-] = impétueux, produit l'interprétation fréquente qui propose « tout à fait impudique ». La forme phallique de ces animaux motive cette interprétation.

flavomaculata : de l'adjectif latin [flavus], qui signifie jaune, et [maculatus], qui signifie marqué, tacheté. Le terme est donc descriptif et fait allusion aux papilles et podia ocre jaune qui couvrent le tégument.

NB : le nom scientifique complet de cette espèce est Holothuria (Semperothuria) flavomaculata. Le sous-genre Semperothuria a été créé par Deichmann en 1958. La descriptrice ne donne pas les raisons de son choix pour le nom du sous-genre, mais il semble évident qu'il est donné en l'honneur du zoologiste allemand C. H. Semper, descripteur d'un grand nombre d'holothuries. Pour ce qui concerne la morphologie externe de ce sous-genre, il est caractérisé par un corps épais, cylindrique, au tégument mou et peu épais, des podias plus ou moins alignés sur les radius du trivium et des papilles dispersées sur tout le bivium.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Echinozoa Echinozoaires Echinodermes non étoilés de forme globuleuse ou allongée. Ce groupe renferme les oursins et les concombres de mer.
Classe Holothuroidea Holothuroïdes Echinodermes vermiformes, ouverture buccale à l’extrémité antérieure du corps et entourée d’une couronne de tentacules rétractiles, anus postérieur, une seule gonade : holothuries, concombres de mer.
Endosquelette réduit à de microscopiques ossicules ou plaques, inclus dans la paroi du corps.
Ordre Holothuriida Holothuries

(Anciennement: Aspidochirotida / Aspidochirotes) Symétrie bilatérale, avec une sole de reptation et des podia buccaux en forme d’écusson. Présence de poumons, pas de muscle rétracteur de la bouche.

Famille Holothuriidae Holothuriidés Podia munis d’ampoules. La gonade est placée à gauche du mésentère dorsal.
Genre Holothuria (Semperothuria)
Espèce flavomaculata

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