Gobie grimé

Amblyeleotris guttata | (Fowler, 1938)

N° 2172

Pacifique tropical Ouest

Clé d'identification

Corps cylindrique atteignant 11 cm
Corps blanc, gris ou jaune pâle avec de gros points orange
Zone triangulaire sombre en avant et arrière des pelviennes
Caudale lancéolée
Associée à une crevette du genre Alpheus
Proche d'un terrier

Noms

Autres noms communs français
Gobie symbiotique à pois
Noms communs internationaux
Orange spot watchman goby, spotted prawn-goby, yellospotted shrimpgoby, blackchest shrimpgoby (GB), Ghiozzo gambero a macchie, Bavosetta a pois arancioni (I), Gobio de manchas naranjas (E), Orangefleck Neonsternschnecke, Gepunktete Partnergrundel (D)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Pteroculiops guttatus Fowler, 1938

Distribution géographique

Pacifique tropical Ouest

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Le gobie grimé se rencontre dans la partie ouest de l'océan Pacifique tropical, de la Malaisie (Bornéo) aux Tonga et du sud du Japon à l'Australie et la Nouvelle-Calédonie.

Biotope

C'est une espèce benthique*, vivant sur les fonds détritiques* ou sablo-vaseux des lagons ou les herbiers ensablés entre 4 et 35 m de profondeur. Ce gobie vit en association avec des crevettes du genre Alpheus, qui creusent un terrier dans lequel il se précipite au moindre danger.

Description

Amblyeleotris guttata est un gobie au corps cylindrique pouvant atteindre 11 cm de longueur. Il est de couleur blanche à grise voire jaune, pâle, avec de gros points orange, y compris sur les nageoires, à l’exception des nageoires pelviennes qui sont sombres, et des pectorales transparentes. Une zone sombre triangulaire remonte du ventre vers les flancs de part et d'autre de l'insertion des nageoires pelviennes. Parfois, le corps est parcouru de 4 à 5 larges barres verticales pâles.

La tête est grosse, avec des yeux saillants en position supérieure. Il y a parfois de petits points bleus sur les joues. Les yeux sont blancs avec 4 taches sombres, opposées 2 à 2. La bouche est oblique, terminale, garnie de petites dents coniques disposées en plusieurs rangées sur chaque mâchoire. La mâchoire supérieure atteint le dessous du milieu de l’œil.

Les écailles sont de type cténoïde* dans la partie postérieure du corps et cycloïde* dans sa partie antérieure.

Les 3e et 4e rayons de la première nageoire dorsale sont très longs chez le mâle. La nageoire caudale est lancéolée.
Les nageoires pelviennes sont reliées entre elles par une fine membrane mais, dans le genre Amblyeleotris, elles ne forment pas un disque comme dans la majorité des Gobiidés.

Espèces ressemblantes

Il existe de nombreuses espèces dans le genre Amblyeleotris (23 signalées en juin 2014) difficiles à différencier entre elles. Alors que la plupart ont 4 à 6 barres verticales brun rouge le long du corps, chez A. guttata, quand elles sont présentes, elles restent pâles. De plus, cette espèce est la seule à avoir de gros points orange sur le corps. Les 2 zones triangulaires sombres en avant et en arrière des pelviennes sont également caractéristiques.

Les gobies du genre Cryptocentrus vivent eux aussi en association avec des crevettes fouisseuses mais leur livrée est différente et le nombre de rayons mous sur la dorsale et l'anale (<12) est plus faible que dans le genre Amblyeleotris.

Enfin, Valencienna puellaris est également un gobie blanchâtre avec de gros points orange, mais assez grand, atteignant 15 cm. Les points sont disposés en lignes parallèles horizontales et il n'y a pas de zones sombres autour des pelviennes. Cette espèce vit en couple, sur fond sableux, mais s'éloigne plus facilement de son trou. Elle n'est jamais associée à des crevettes fouisseuses.

Alimentation

Amblyeleotris guttata se nourrit de petits invertébrés, principalement de petits crustacés, qu'il capture autour de son terrier ainsi que dans le sédiment déblayé par sa crevette associée.

Reproduction - Multiplication

Lors de la reproduction un couple se forme. La femelle pond dans le terrier creusé par sa crevette. Les larves* sont pélagiques* et dès qu'elles commencent leur vie benthique* elles s'associent à une crevette.

Vie associée

Le gobie grimé vit en étroite collaboration avec des crevettes fouisseuses du genre Alpheus. Ces crevettes sont solitaires ou vivent en couple. Elles creusent un terrier dans les fonds meubles. Les parois de ces terriers ont tendance naturellement à s'effondrer. La crevette passe donc ses journées à déblayer le terrier. Avec l'aide de ses grosses pinces, à la manière d'un bulldozer, elle repousse le sable à la sortie du terrier. Ces crevettes ont une vue faible et prennent de gros risques lorsqu'elles débouchent de leur trou. C'est là qu'entre en scène notre gobie, qui lui a une très bonne vue. Il se tient immobile, à quelques centimètres de l'entrée du terrier, la queue dirigée vers l'ouverture, et est en contact avec les antennes de la crevette quand elle sort. Dès que le gobie repère un danger, il ondule sa queue. C'est le signal de repli dans le terrier pour la crevette, qui sera suivie de près par le gobie.

L'association est donc bénéfique pour les 2 partenaires. La crevette profite des restes du repas du gobie et utilise "ses yeux" pour prévenir le danger. Le gobie profite d'un terrier bien entretenu pour se réfugier en cas de danger.

Divers biologie

La première nageoire dorsale est composée de 6 épines, la seconde dorsale et l'anale de 1 épine et 12 rayons mous.

Informations complémentaires

C'est une espèce active le jour, tout comme sa crevette associée. La nuit, ils restent tous les 2 dans le terrier dont l'entrée est refermée par du sédiment.
La journée, ce gobie ne s'éloigne pas à plus de quelques dizaines de centimètres de l'entrée du terrier. Très craintif, il se réfugie dans son trou si le plongeur s'approche un peu trop près.
Le terrier n'a qu'une entrée mais celle-elle change de position dans la journée au fur et à mesure que la crevette déblaie le terrier. Si le trou est accidentellement bouché, le gobie est capable de retrouver son entrée, ce qui tend à prouver qu'il est capable de mémoriser les alentours.

Le gobie grimé est une espèce territoriale qui défend son terrier contre d'autres gobies qui voudraient l'utiliser.

L'espérance de vie de cette espèce est d'environ 3 ans.

Origine des noms

Origine du nom français

Gobie grimé fait référence à ses gros points orange, comme du maquillage.

Origine du nom scientifique

Amblyeleotris : du grec [amblys] = emoussé, obtus, arrondi et [eleotris] = nom d'un poisson du Nil.

guttata : du latin [guttata] = tacheté.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Gobioidei Gobioïdes
Genre Amblyeleotris
Espèce guttata

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